Compte rendu Chine 2015

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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mer 26 Aoû - 17:39

Mercredi 26 Août


Il y a peu de personnes dans la chambre, c'est une chambre de six mais deux des occupants sont employés par l'auberge de jeunesse, et il reste une fille de Hong Kong, Jessica, et moi. On sympathise et on décide de se promener ensemble. Notre première destination est la « vieille ville » reconstruite, où je suis allée avec Renaud deux ans plus tôt.
Pour s'y rendre, on passe par un tunnel. Elle me dit que c'est amusant, parce que marcher sous un tunnel serait interdit à Hong Kong ou en France, mais en Chine, on peut tout faire. Ses amis de Chongqing n'avaient pas voulu y aller avec elle, donc elle est heureuse d'y aller avec moi. Du tunnel, on rejoint une route suspendue. On descend un escalier et on rejoint la zone touristique de cette manière. Il est encore tôt et on s'amuse à dire qu'on a toute la journée devant nous. On regarde un peu les bricoles à vendre, puis on monte jusqu'au « monument de la libération ». En fait, ce n'est rien d'autre que ce que j'appelais précédemment al « tour Rolex ». Vu le magasin Rolex à coté, je pense qu'ils ont du proposer quelque chose pour se faire un peu de publicité en mettant leur horloge en haut de ce qui était auparavant, le plus haut bâtiment de Chongqing.
Je la questionne sur l'histoire du monument, et elle m'apprends qu'à Hong Kong, ils ne savent rien de l'histoire récente. Bien sûr, à l'école, ils vont apprendre à propos des dynasties chinoises, mais rien sur le communisme etc. Plus tard, je lui demanderais comment ils ressentent la colonisation anglaise, mais c'est une « location » et une « bonne chose pour eux » vis à vis du développement. À croire qu'ils se sentent plus proches de l’Angleterre que de la Chine récente. Elle me dit que ses amis de Chongqing l'avaient questionné sur les manifestations étudiantes cette année « pour la démocratie », en disant « pourquoi vous n'êtes pas contents, on est bien ! ».
On marche un peu et on achète une « spécialité de Chongqing » dans un restaurant de rue. On mange dehors nos nouilles très pimentées. Puis on reprend notre marche.

D'en bas, on voit un pont qui mène à l'opéra, on se donne pour objectif de le traverser. Rejoindre ce premier pont n'est pas trop difficile et offre une belle vue. Le temps nous est encore favorable, c'est à dire qu'au lieu d'une chaleur écrasante, il fait humide mais frais. C'est aussi ce brouillard qui explique qu'on ne voit pas très loin. Une fois passé le premier pont, on se dirige vers l'opéra. Le bâtiment n'est pas plus beau de près, mais on trouve un petit chemin pour aller au bord du fleuve. (en fait ce n'est pas le fleuve jaune, un autre, le « long fleuve », mais il a une autre traduction en français que j'ai oublié).
Là bas, on trouve quelque pêcheurs et familles. C'est un coin de campagne, presque une « plage » au milieu de la ville immense. On s’assied au bord de l'eau, quand une grande vague survient d'un bateau qui passait par là, surprises, on s'éloigne rapidement ; on aura même testé l'eau à Chongqing.
En remontant, on décide de rejoindre un autre pont, pour traverser le second fleuve.
Mais celui ci est beaucoup plus difficile à rejoindre, on se perds dans des quartiers nouvellement construits et non habités. On voit même une église et un restaurant italien qui ressemble à une église, en construction. À croire que ces nouvelles résidences ont d'avance un nouveau style de vie, où la religion vient s'imbriquer comme une marque de richesse. Est ce que la religion en Chine, réparait sous une nouvelle forme ? La forme de « quelque chose de différent dans la vie quotidienne » ?
Pour rejoindre le pont, il nous faudra trouver un petit chemin pour passer une barrière fermée, traverser les rues en construction et rencontrer ses travailleurs, puis rejoindre une route, la traverser pour longer un « coin de campagne » : une colline où on trouve, comme sur chaque carré de terre rencontré, quelque cultures. Enfin, nous rejoignons le second pont.

Ça nous redonne de l'énergie, ces objectifs atteints. Et à vrai dire, nous n'avons pas beaucoup d'autre choix que de continuer. Le pont donne sur une route qui continue encore très loin, alors dès le premier passage, nous rejoignons la terre ferme. On trouve un petit chemin qui est plus un abri pour des cables électriques qu'une voie pour les piétons. Mais ça ne nous empêche pas de rejoindre une ruelle sous le pont, et le marché qui s'y trouve ; viande, vêtement, fruits…
On achète quelque chose à boire et rejoignons des rues plus importantes. Puis on s'enfonce dans un petit passage, pour trouver un « village » dans Chongqing. C'est agréable, ce coin de paix et ces vieux bâtiments en briques ; mais aussi un peu triste : car on comprend bien que ça ne durera pas. Certaines cultures sont déjà grignotées, balayées par les pelleteuses qu'on entends au loin. Des immeubles viendront bientôt balayer cet endroit.
Quand on passe quelque ruelles pour trouver enfin notre chemin, on s'arrête se reposer les jambes et manger quelque chose. Il nous reste un pont à traverser pour rejoindre l'auberge de jeunesse, et il est encore loin. A un moment, on rejoint un temple qui était indiqué sur ma carte, mais il est fermé. On ne voit plus le fleuve depuis longtemps, une petite montagne le cache, on se fie au nom de la rue, on continue tout droit. Le temple est fermé. Sur la montagne j'ai l'impression que la végétation cache des vieux bâtiments. Puis lorsque nous terminons de la contourner, le dernier pont s'offre à nous. Heureuses de trouver la fin du périple, nous le traversons jusqu'à l'auberge.


Enfin arrivées, après une bonne douche, nous n'avons qu'une envie, boire une bière. On sort jusqu'à un super marché pas très loin d'ici, elle prend une bière locale et moi une Tsin Tao noire, pour goûter. On les boit dans l'auberge de jeunesse et le patron nous offre un petit verre de saké de Chongqing. Pas mauvais, la bière non plus.
De là, on organise la suite : voir Chongqing de nuit. On est encore pleine d'énergie de ce moment de repos, et on a l'impression de mieux connaître la ville que les locaux, d'avoir vécu cette aventure. Parce qu'on a peut être marché six heures sans vraiment s'arrêter. Et c'était agréable. On a en commun de ne pas vouloir dépenser beaucoup d'argent. Alors quand on envisage de prendre le funiculaire jusqu'à un point de vue en hauteur pour prendre des photos, vu les 20yuans pour le funiculaire puis le taxi pour le point de vue ; on fini par décider après de nombreuses possibilités, de n'aller que sur le pont en marchant, et voir la « vieille nouvelle ville » de nuit.

Aussitôt décidées, nous partons. On repasse dans le tunnel. Le soir se pointe doucement, et on voit des personnes brûler des encens et du papier monnaie sous le pont. Je demande pourquoi. Elle me répond que ce soir, et surtout demain, est un jour important pour les fantômes. Parce que demain les portes de l'enfer vont s'ouvrir et les fantômes vont remonter. On discute de tout ça, puis on rejoint le lieu touristique. On prend un bol de nouilles, trop petit pour son prix, puis on passe par un escalier peu pratiqué pour rejoindre le premier pont que nous avions traversées, pour prendre des photos de nuit. Fatiguées mais contente du périple, on rentre.

Là, le patron nous invite à boire des bières, j'en ai déjà bu avec lui le soir précédent pour l'anniversaire d'un de ses frère. Maintenant il nous présente un autre frère. On discute, mais il parle principalement chinois avec Jessica. Elle traduit pour moi de temps en temps.
Il explique qu'il n'aime pas les étrangers, principalement les jeunes hommes. « Parce qu'ils ne font que deux choses : la première est d'être professeur d'anglais, et la seconde est d'avoir beaucoup de petites amies chinoises ». J'essaie de tempérer, de dire que le fait d'être prof d'anglais force à rencontrer des étudiantes qui cherchent aussi une expérience avec un étranger. Je sais que des Français ou d'autres étrangers se comportent vraiment mal en Chine. Pour lui, ce sont surtout ceux qui restent longtemps, alors je dit que mon père est depuis longtemps en Chine, ce à quoi il riposte avec l'argument des jeunes hommes. Je lui dit que pour moi, ceux qui restent longtemps en Chine respectent mieux la Chine que ceux qui viennent un an. Mais il ne change pas d'idée. Même quand je raconte ce qu'il c'est passé deux semaines auparavant : un français et une chinoise se sont mariés à Beijing, et un homme chinois a tué la fille et blessé l'homme en disant « je n'aime pas les américains ». Parce que certains considère qu'une fille chinoise est traître à son pays en se mettant en couple avec un étranger, à comprendre que le problème est vaste. Par contre, les filles ne lui posent pas de problème. Et s'il dit ça c'est parce qu'il a souvent vu des étrangers dans l'auberge de jeunesse collectionner les chinoises sous ses yeux.
C'est là qu'un groupe de 7 françaises arrivent. J'en profite pour trouver un nouveau sujet de conversation et éviter sous prétexte de mon compte rendu, l'invitation au karaoké. Jessica par contre, n'arrivera pas à y échapper…
Les françaises viennent de Mongolie, c'est la fin de leur voyage, un petit tour aux alentours, puis elles vont à Shanghai pour étudier 4mois.
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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Jeu 27 Aoû - 14:40

Jeudi 27 Août

Je me couche assez tard, j'espérais recroiser le groupe de françaises mais elles ne rentreront à l'auberge de jeunesse que vers 4h du matin. Du coup, je suis assez fatiguée en commençant la journée. J'ai proposé à Jessica de l'accompagner dans la rue peinte de haut en bas, vers le musée d'art, vers 9h on décide de partir, les françaises dorment encore. Comme il pleut, on commence par prendre un bol de nouilles avant de rentrer à l'auberge pour que je mette de meilleures chaussures, j'en profite pour échanger deux trois mots avec une des filles qui s'est réveillée. Elles sont en école de commerce, et commencent leur M2 par un stage en Chine. Je leur demande comment elles se financent : elles ont bossé avant de partir, mais n'ont aucune bourse. Elle me précise que les loyers sont à Shanghai, aussi chers qu'à Lyon. Je leur souhaite bon courage.
J'évite de m'attarder parce que je vois bien que le patron de l'auberge de jeunesse s'est assis à coté de Jessica ; hier au karaoké, il lui a demandé si elle voulait être / jouer le rôle de sa petite amie, ce qui a tout de suite refroidi l'ambiance. Je me moque intérieurement de son sentiment pour les jeunes étrangers masculins, et le choix des femmes dans tout ça ?

On prend le métro et on décide de faire une petite boucle pour profiter de la vue, lorsque le métro est de sortie, on voit très bien la ville. Une fois à la station, la pluie est devenue plus forte ; on demande notre chemin et on fini par prendre un bus jusqu'au quartier peint.
Le musée est fermé. Jessica a repéré un salon de thé sur internet, et on se met en quête d'un vieux bâtiment. Nous sommes toutes les deux surprises de voir un petit couloir carrelé qui ne ressemble à rien, un petit escalier qui descend vers une porte qui donne sur un abri d'un autre temps. Piliers de briques et toit en tuiles, nous voila dans le « salon de thé ». ça a quelque chose de très chinois, que j'aurais du mal à décrire. Mais cette ambiance, le sol presque de terre ou de béton, les petites tables carrées et les petits bancs en bois, l'estrade… Les gens sont là comme des habitués, à fumer et boire du thé, tout en jouant aux cartes et aux échecs chinois. Personne ne prête attention à notre présence, sauf un photographe aussi venu d'ailleurs qui nous propose de rejoindre sa table.
Je prend du thé rouge, elle prend du thé vert, et on papote de choses et d'autres. Chacun a son récipient d'eau chaude pour se resservir. On peut même y manger, mais nous décidons de manger plus tard, vers l'auberge de jeunesse.

A notre retour et après le repas, on m'appelle. Xuelian m'a envoyé par colis de la viande de bœuf à rapporter en France. Je ne sais pas trop quoi en faire, mais on attends donc une demi heure pour voir venir à moto un homme chargé de colis qui me fait signer la bonne réception de mon paquet.
Fatiguée, je me repose un peu puis je réorganise ma valise. Ensuite je descend au premier étage de l'auberge pour m'occuper un peu sur internet. Demain je pense dépenser quelque yuans qu'il me reste pour trouver quelque cadeaux pour les amis ; au fond de moi je pense aux études et au retour. J'ai hâte de revenir, mais j'ai aussi peur de ce que sera la rentrée, et à quels frais. Parfois je doute encore de ce M2. Comme une envie de souffler, que je n'aurais pas réussi à satisfaire.
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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Ven 28 Aoû - 15:27

Vendredi 28 Août

Dernier jour. J'entends Jessica se lever vers 5h50. On se dit au revoir et je me rendors. J'essaie de dormir le plus possible pour ne pas être trop fatiguée les jours suivants. Vers 9h elle m'écrit qu'elle est à l'aéroport et ne va pas tarder à embarquer, elle estime finalement à peine plus d'une heure pour faire le trajet en métro.
Une fois levée, je pars prendre un bol de nouilles comme petit déjeuner et je prend la route qui passe sous le tunnel, donne sur un escalier, puis un garage automobile, puis un nouvel escalier qui donne sur la rue où sont installées les « nouvelles anciennes constructions » pour les touristes. Il me reste un peu d'argent et je veux acheter quelque bricoles à offrir. Mais aussi des baguettes qui se dévissent, et une paire de chaussures chinoises. Je prend mon temps.

De retour à l'auberge, je pose mes affaires et je prépare ma valise. Ensuite j'achète pour 3yuans une espèce de galette pour couper ma faim. J'essaie de dormir encore l'après midi. Mais la musique répétitive fini par m'offrir un mal de crâne plutôt que le repos espéré.
Renaud me contacte, on prévoit de se voir sur weechat à midi en France, ce qui me fait attendre un peu. Mais finalement le mal de tête et la faim m'encouragent à sortir, j'achète 3mianbao dont deux fourrés à la viande, une bouteille d'eau, et je vais dans le supermarché où j'achète des nouilles toutes prêtes qui me serviront de petit déjeuner le lendemain. Ensuite on discute un peu avec Renaud, mais la connexion dans l'auberge n'est pas très bonne. Comme la majorité des prises électriques ne fonctionnent pas, je fini dans un espace « bar » de ce vieux bâtiment Ming. Il y a un billard, une télévision, et des photos de joueurs de foot épinglés sur les murs.
Je repense au patron qui critiquait comme n'importe quel chinois la corruption en Chine, en disant que le nouveau président ne mettait en prison que ceux qui le dérangeaient. Mais quand j'ai voulu avoir plus d'informations sur comment il a eu ce bâtiment pour en faire une auberge de jeunesse, ça ne peut se faire que par « relations » au gouvernement local et corruption.

Une fois la conversation terminée, je repars chercher des nouilles, mais je ne veux pas aller très loin. Finalement j'opte pour un bol que je peux rapporter, et profiter de ce temps pour charger mon téléphone et écrire mon compte rendu. Peut être, sûrement, la dernière page.
Demain matin je ferais le même trajet que Jessica, levé 5h50, premier métro à 6h30, arrivée à l'aéroport vers 7h40, recherche des départs internationaux, et départ finalement, à 9h50. Je devrais arriver à Genève à 18h18, heure locale.
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