Compte rendu Chine 2015

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Sam 1 Aoû - 17:28

Samedi 1er Août

Je n'ai pas très bien dormi et me me réveille avec les premiers réveils sonnants de mes différents camarades de chambre. Je fais mon sac, il est peut être 6h et la réception a l'air fermée ; je me rendors. Vers 7h, il y a Leo, un ami que je me suis fait qui travaille dans l'auberge de jeunesse. Il m'a dit la veille qu'il n'y aurait aucun souci pour partir même si j'ai payé, et revenir ensuite ; je lui laisse même mon sac pour ne pas avoir à le transporter chez Siyin.
Mais je suis tête en l'air et fatiguée ; une fois dehors, vers 8h, je me rends compte que je n'ai pas pris mon kawai, je remonte pour le prendre et je repars jusqu'à l'arrêt de bus. Là, je réalise que j'ai aussi oublié de faire quelque chose de très important : prendre mon argent avec moi, et ma carte bancaire. Tout est dans le sac que j'ai laissé à l'auberge. Je commence à paniquer quand le bus arrive ; tant pis, je prend le bus. Je paye 1yuan alors qu'il faut en payer deux ; quand on arrive à mon arrêt que je croyais être le terminus, je le manque et le bus continue sa course. Je m'en rends compte et je demande à quelqu'un ;.. mais j'aurais mieux fait de m'écouter et de descendre tout de suite. Les chinois n'ont pas l'air de savoir dire « je ne sais pas », et le fait de parler chinois me freinerait presque dans mes déplacements. Au bout de 5 arrêts, on fini par me dire « descends ici et fais demi tour ». Ok, je refait les 5 arrêts, je repaye 1 yuan au lieu de deux (autrement j'en aurais jamais eu assez) ; et arrivé à mon changement de bus, j'attends le suivant. J'attends, j'attends, et je stresse toujours de penser à mon argent, à ma fatigue, et à ce que je fais.
Le second bus arrive et j'entre, si sur ma carte il y avait trois arrêts, il y en a en réalité peut être 14. Et je passe une bonne demi heure dans le bus, qui n'avance presque pas à cause du trafic. J'envoie des textos à Siyin, mais elle ne réponds pas. Je me demande dans quelle aventure je me suis encore lancée.

J'arrive enfin à la station, il est 10h -moi qui voulait partir à 9h- ; j'ai faim, mais je n'achète que de l'eau. Je suis heureuse de remarquer que cette station de bus est celle où nous étions arrivée de Guiyang avec Renaud, et de voir les endroits où nous sommes allés me réchauffe le cœur.
Je fais la queue pour acheter mon billet, c'est la première fois que je le fais, alors je remercie intérieurement Siyin de me lancer dans cette nouvelle aventure en solitaire. Même si je ne suis pas d'humeur. Je fini par l'avoir sur Weechat, son téléphone avait des soucis et je ne pouvais pas l'appeler. Tout va bien, j'achète mon billet en montrant ma destination sur la carte : 45yuans.
Je descend d'un niveau, je passe mes sacs au scanner, puis je montre plusieurs fois mon billet pour qu'on m'indique le bon bus. Je me détends un peu, je suis le dernier voyageur à entrer. Le trajet dure 2h30 et j'en profite pour préparer quelque questions pour Li Yuan et terminer mon pavé sur l'université commencé la veille.
Siyin me contacte par sms, inquiète de savoir si je suis dans le bon bus, mais tout va bien. Finalement quand j'arrive à la station de bus de Mile, elle me rejoint un peu plus tard, venant de l’hôpital où elle a vu son oncle qui a eu un accident de voiture.


Son copain l'accompagne, il me demande rapidement « où est Renaud ? », on s'était déjà vus tous ensemble, et Renaud lui manque. Siyin et moi prenons le taxi pour chez elle, quand Michael nous suis en scooter. Là je prends un bol de nouilles puis on monte dans l'appartement des parents de mon amie. Ces derniers ne sont pas là parce qu'ils travaillent dans une autre ville. Quand j'ai rencontré Siyin, elle était étudiante en ethnologie ; elle est maintenant Directeur des ressources humaines ; et son copain travaille pour la télévision locale.

Lorsque la pluie s'arrête, nous prenons un tout petit bus (c'est une grande « petite » ville, les bus sont vieux) pour l'ancien lycée de Siyin, qu'elle me fait visiter. On passe aussi voir les parents de Michael qui vont emménager dans leur nouvelle maison dans peut être 2mois. Ça ressemble à un petit quartier américain, uniforme mais particulièrement joli. J'adore l'architecture de la maison, qui a au moins 4étages. Les parents sont en train de fignoler quelque travaux. Les pièces sont grandes et éclairées par des baies vitrées. Je n'ose pas imaginer le prix de la construction d'une telle maison en France (et la guerre avec l'architecte).


Ensuite nous visitons le lycée, il est grand et aussi très vert ; c'est agréable. Les élèves y passent quasiment un an de leur vie en internat, l'endroit doit être plaisant. Je repense aux universités, lycées et collèges français qu'on veut quitter au plus vite. Où on ne reste pas par plaisir.
Quand Michael nous rejoint, on prend un autre bus pour le supermarché. Parfois des averses soudaines nous obligent à rester assis à un endroit en attendant que la pluie se calme ; puis nous reprenons notre route.
Dans le supermarché, on me parle pour la 2nd fois d'une vidéo qui est pas mal passée sur le web : un escalator qui s'est soudainement ouvert, la mère qui essaie de sauver sa fille mais qui tombe et meurt dans la machinerie. (le coté viral d'internet a une influence redondante sur les discussions)
On achète quelque légumes, dont des fleurs dont le goût me rappellera l'artichaut, puis nous rentrons chez les parents de Siyin. Je les aide à laver les légumes, puis je m'endors sur le canapé.

Ils ont cuisiné quatre plats, on mange en discutant de weechat, des changements en chine etc. J'explique qu'à chaque fois que je reviens (presque tous les 2ans), je suis stupéfaite par des changements qui seraient presque des détails s'ils n'étaient pas aussi marquants. Par exemple, l'utilisation énorme des smartphones, qui bride les discussions ; mais aussi la mode des cheveux « roses et bleus » que je vois à tous les six coins de rue.
Le soir, alors qu'on envisage de se promener, la pluie se remet à battre. On reste donc dans l'appartement, puis Michael rentre chez lui.

Spoiler:

Nouveau quartier

étagère en forme de caractère chinois, une idée de l'ami de Siyin

Le lycée de SiYin


Repas du soir



Dernière édition par mystheria le Dim 9 Aoû - 17:06, édité 2 fois
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Lun 3 Aoû - 2:56

Dimanche 2 Août

ça faisait longtemps que je n'avais pas pu si bien dormir, Siyin m'a laissé sa chambre et est allée dans une autre. C'est plutôt rare pour un étranger d'être accueilli au sein du foyer. Nous nous levons tranquillement puis nous sortons nous promener. On commence par prendre un bol de nouilles dans le restaurant qui est juste en dessous, puis on prend un bus pour visiter un lac artificiel. Nous marchons tout autour en discutant tranquillement. Il y a quelque hôtels, de nombreux touristes qu'on repère par la plaque d’immatriculation de leurs voitures, l'endroit ressemble à une « plage » ou bien est rempli de nénuphars. Mon amie travaille pour une des compagnies touristiques de Mile, l'entreprise n'est « ni grande ni petite », petite à l'échelle de la chine, moyenne à l'échelle du Yunnan. Je dois apprendre à penser la chine par provinces, pour ne pas faire de généralités ou avoir de mauvais jugements.
La vue des hôtels me rappellent le style semi luxueux des chalets de l'entreprise pour laquelle travaille mon père. Le coté « tape à l’œil », même avec des imitations de certains matériaux (marbres etc) n'a pas de honte à se montrer en Chine. Je m'interroge sur comment les occidentaux voient la vie quotidienne dans le pays, et verrait ce genre de structures. Siyin est de mon avis concernant le tourisme, si on veut « vivre » et sentir le pays dans lequel on se trouve, il ne faut pas aller là « où tout le monde va », pour ça, il y a bien assez de photos sur internet. Il faut s'immerger ; et je m'immerge comme je peux.

En rentrant je me rends compte que je n'ai plus d'argent sur ma carte téléphonique ; je décide aussi de rentrer le soir même, malgré sa proposition de rester une nuit de plus pour partir tôt le lendemain avec Michael. Je fais mon sac et nous passons par China Unicom pour acheter une carte de recharge téléphonique à 50yuans. Devant la station de bus, je prends quelque pommes de terre au piment pour manger quelque chose, puis on achète le ticket de retour à 54yuans. Le bus pars une fois que tous les sièges sont vendus.
Le retour est bruyant, le film « Avatar » passe à la télévision. Je remarque plus tard le logo « wifi » écrit sur le bus, mais ça ne donne rien ; je reste quand même surprise. Je regarde dehors, la terre est incroyablement rouge dans la région. Quelque cultures sont faites dans des lieux improbables, voir des lieux où je n'oserais même pas marcher tellement le sol semble s'effriter tellement il est en pente. Entre quelque pierres (nous sommes dans la région des forets de pierre), des plantes poussent où elles en ont la place. C'est terrible, parce que je sais que plus ces lieux sont cultivés, moins il y a de terre ; et sachant l'ampleur de l'étalement urbain, je m'inquiète pour l'avenir de la Chine dans sa capacité à se nourrir. Je vois aussi beaucoup de tombes, car les paysans peuvent être enterrés sur leurs terre, et je me dit que de cette manière nous avons bien plus conscience de notre mortalité ; car nous n'allons pas tous les jours au cimetière. Le bus s'arrête de temps en temps à l'approche de Kunming pour déposer quelque passagers au milieu de l'autoroute.


Enfin à Kunming, je termine mes quelque pommes de terre au piment et cherche des toilettes publiques avant de continuer mon périple en bus. Généralement c'est gratuit et on en trouve facilement ; mais ce coup ci j'opte pour entrer directement dans un restaurant et y aller sans rien demander. Ensuite je descend la route où je vois un petit tas de personnes amassés ; je me demande presque s'il y a un contrôle de billets à la sortie. Mais non, ce sont les motards qui proposent des trajets (type taxi) et qui abordent un peu tout le monde dans cette sortie étroite. Le « Laowai » que je suis (étranger) ne peut pas se cacher ; on me dit quelque chose et je répond que je ne comprends pas ; deux autres essaient de m'aborder en s'approchant vers moi mais je fais toujours mes signes de la main pour dire que je n'ai besoin de rien, et je marche jusqu'à l'arrêt du bus K17 qui est à coté.
Ce dernier tarde à arriver, mais comme on est au terminus j'ai une place assise où je me repose un peu. Il y a 13 arrêts avant le prochain changement. Une fois sortie, le 122 est déjà là, je n'ai pas le temps de vérifier si je suis dans le bon sens alors je sors ma carte en vitesse pour demander au chauffeur « ni qu zheli ma ? » (tu vas là?), il me dit que oui, c'est parti. Vu le profond soupire qu'il a eu en me voyant, je l'ai sûrement rassuré en lui parlant chinois.
Quand j'arrive à l'auberge, je réserve à nouveau jusqu'au 6. Je fais mon lit, toujours au 3ème étage du lit superposé, et je me plonge dans mes mails après avoir pris une douche.


Le soir, comme j'ai faim et mal à la tête, je me décide enfin de bouger. Je sors jusqu'à une ruelle où il y a plein de petits restaurants de rue (en fait un type de marché) où j'étais allée quelque jours plus tôt avec un ami -employé de l'auberge- quand nous tentions de rejoindre les deux coréennes.
Au début j'ai un peu froid, mais l'atmosphère se réchauffe dès que j'arrive dans ce « marché » où il y a du monde. Je prend à gauche à la recherche d'un bol de nouilles, il y a des fondues chinoises, des plats, des brochettes, des nouilles… mais la vendeuse n'a pas l'air avenante, alors je reprend la route à droite. Il y a aussi des marchands de vêtements, de coque de téléphone portable et autre bricoles ; ou bien des bracelets. Même certains vendu par un couple habillé en Miao. Je me demande, s'ils sont Miao, ce qui les a mené ici et leur histoire.
De l'autre coté de la rue je fini par tomber sur un couple qui vend des raviolis, je fais même une jolie phrase en chinois « ni hao, wo xiang che jiaozi », « duo shao qian ? » (10yuans), et quand on me tends gentiment une barquette en disant « man man zou », je range mon argent en demandant si « wo keyi che zheli ma ? » je peux manger sur place. On me désigne une petite table où je mange mes raviolis à coté d'un groupe de 5personnes qui discute tranquillement autour de leur propre plat.

Sur la route du retour, je croise un groupe de jeunes en costard qui s'amusent à sauter par dessus un plot ; je double aussi une dame qui chante, seule mais très bien, en marchant. Je repense à cette question si « je me sens en sécurité en Chine », et je suis toujours persuadée que oui. Est ce parce qu'il y a plus de monde dans les rues, ou plutôt que je sens que ces personnes sont attentives et n'hésiteraient pas à intervenir si besoin ? En tout cas il est 10 du soir passé, et je marche tranquillement jusqu'à l'auberge de jeunesse.

Spoiler:

Plage & bord de lac





Hotel

Départ en bus

Tombes et terre rouge



Dernière édition par mystheria le Dim 9 Aoû - 13:26, édité 2 fois
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Lun 3 Aoû - 15:30

Lundi 3 Août

Retour des nuits courtes. Le matin je regarde un peu mes emails encore dans mon lit, et j'attends que les coréennes soient réveillées pour déjeuner avec elles. L'utilisation de mon smartphone le met en surchauffe ; moi qui n'en voulait pas, je l'utilise sans cesse. Pour le dictionnaire, pour les textos, pour weechat, pour les emails etc. D'autant plus que la connexion internet est mauvaise et varie entre l'ordinateur et le téléphone sur lequel ça a l'air de mieux marcher.) A présent j'écris des textos en Chinois (avec les coréennes c'est facile, on se dit des choses simples), je commence à m'immerger.
Comme prévu, on pars déjeuner ensemble. Trois œufs, des petits Mianbao, et un lait de soja avec une pâte frite à base de fleur. Ceux qui gèrent le petit restaurant (deux ou trois tables, ouvert sur la rue) sont étonnés de voir deux coréennes avec une française ; on discute de comment et pourquoi on voit de si loin que nous sommes des étrangers, asiatiques ou non. Comment on se fait arnaquer quand on achète quelque chose ou qu'on veut prendre un transport : c'est plus cher pour les étrangers. J'utilise de plus en plus le chinois, les mots d'anglais viennent remplacer les mots chinois manquants. C'est l'avantage avec elles.
Ensuite, nous allons ensemble au supermarché, elles achètent des shampoings, du lait ; et moi, des nouilles en boite (baomian) et une paire de baguettes qui se dévissent pour mes repas à la fac.

De retour à l'auberge de jeunesse, je l’atèle à mon travail : organiser un petit questionnaire sur les entreprises sociales. Mon après midi se résume à ce travail et à l'envoi d'email. J'ai un moment de stress, j'ai beau avoir fini mon année épuisante de M1 et L1, il me faut presque rien pour retrouver une forme de « panique ». Quand ma future directrice de recherche me propose de profiter d'être là pour développer mon projet, et que ce n'est pas impossible d'avoir Kunming pour terrain : moi qui me faisait une joie de tout recommencer à zéro tellement mon projet me rends folle. Après avoir paniqué et envoyé quelque email sans réfléchir, elle me rassure en me disant qu'on travaillera ensemble là dessus en septembre et que je n'ai pas à m'inquiéter.
C'est étrange, ça me change ; la directrice que j'ai eu pendant 2ans me laissait toujours en plan. D'où peut être, cet état de stress quand il s'agit de prendre mes responsabilités face aux choix que je fais qui ne sont jamais jugés cohérents ou non.
Entre temps, dans ce moment de panique, j'ai embêté tout le monde donc. Je dis à Li Yuan et à Fay que je change d'avis, il faut que je rencontre plus d'entreprises sociales. Li Yuan me donne donc le numéro d'une personne qui parle anglais et qui a l'intention d'en créer une. Nous prenons rendez vous pour le lendemain après midi.
Je m'arrange même pour prendre rendez vous avec l'ethnologue et un professeur de l'université de Kunming qui m'avaient aussi proposé leur aide ; je me dit qu'il faut se voir en face à face pour que les choses soient plus claires. J'avais aussi eu un moment de panique pendant l'année à l'idée de faire connaître mes intentions en Chine. C'est un peu étrange mon année scolaire, et comment j'en ressors.
Bref, je m'organise aussi pour la suite ; finalement je prendrais un train de nuit du 7 au 8 pour Guiyang ; là bas je logerais à nouveau chez Limingsong, et mon prof de chinois devrait me rejoindre pour visiter Guiyang qu'il n'a pas vu depuis 1980.


Pendant tout ce temps, quelqu'un parle en chinois, peut être à moi, mais très bas. A un moment il me demande le mot de passe du wifi, je le lui donne. Ensuite, avec son ami, ils me proposent d'aller voir un film. Je dis non, et il me demande si j'ai bien compris ce qu'il a dit, je réponds que oui, mais je suis très occupée. Finalement mon chinois basique est devenu fluide et instinctif. Ce qui est une bonne nouvelle, alors que je doutais de la qualité de la formation en licence.

Spoiler:

Photos auberge de jeunesse et ses chatons :





Mes copines coréennes:

Un resto japonais abandonné en dessous :

Une plante que j'aime beaucoup :

Ramassage des bouteilles :


Dernière édition par mystheria le Dim 9 Aoû - 14:24, édité 2 fois
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mer 5 Aoû - 3:36

Mardi 4 août

L'ambiance de la chambre est plus calme et je dors mieux. Mes amies coréennes m'envoient un message pour signaler qu'elles sont réveillées et nous partons ensemble au même endroit que le jour  précédent pour prendre le petit déjeuner. On discute de pas mal de choses, entre autre la connexion internet en Corée, rapide partout mais pas très sécurisée ; une des deux coréennes parle mieux anglais, alors je discute principalement avec elle. Quand je n'ai pas le mot en chinois, je le sors en anglais. L'autre me montre les photos qu'ils ont pris lors de leurs sorties en vélo -j'avais refusé d'y aller, pour économiser quelque yuans et envoyer mes mails le jour précédent-. Elles prennent des photos et des vidéos avec une Gopro, et je suis surprise par la qualité.
Je fais écouter Malicorne et je passe quelque musiques en racontant les histoires des chansons ; pour ça j'utilise le chinois, l'anglais, un papier et un crayon, je dessine pour expliquer les événements, et elle n'a aucun mal à comprendre.

À midi, nous mangeons dans l'auberge de jeunesse, puis je les quitte pour mon rendez vous. Je prends le bus K12 qui est en fait le 107, je m'en rends compte juste à temps pour frapper à la porte et monter. J'arrive avec une demi heure d'avance, le lieu de rendez vous est un café au centre d'une galerie commerciale. Je fais un petit tour à pieds, parfois une personne avance de quelque pas pour crier une publicité de sa boutique de vêtements. En marchant et aussi aux toilettes, j'ai l'impression de ne croiser que des employés qui sont nombreux. Très peu de consommateurs. Je m'assieds un instant sur les seuls sièges n'appartenant pas à une boutique ; c'est un décors de Mario qui en joue la musique quand quelqu'un s’assied. L'heure venue, il commence à pleuvoir et j'attends à une table du café.


Je suis à moitié surprise de retrouver la professeur de travail social que j'avais rencontré en 2012 ! Elle me raconte qu'elle a quitté la recherche parce qu'elle voulait « faire quelque chose » : sa propre entreprise sociale vient de démarrer.
Dans un village Yi à moins d'une heure de Kunming, elle a racheté une maison, et favorise la permaculture à cet endroit. Ceux qui vivent encore dans le village ont entre 70 et 80 ans, tous les jeunes sont partis. Le but est de partager des savoirs faire auprès de personnes des villes venues chercher un autre style de vie. Ils cultivent donc des légumes frais (biologiques), font un petit restaurant et organisent des événements tous les week ends.
Je lui demande comment elle fait la communication de ses événements : elle me réponds qu'il n'y en a pas besoin tout se fait par weechat. Elle lance une annonce à son réseau proche, qui invite leurs amis, et ainsi de suite.
Elle me dit aussi que comme les entreprises sociales en Chine n'ont pas de statut reconnu, ils s'enregistrent en tant qu'entreprise. Ce qui nécessite d'une part de payer des taxes et d'autre part l'auto financement. Je lui demande ce que pense le gouvernement de cela, et dans combien de temps elle estime qu'un statut défini pourrait apparaître. « peut être 10ans, le gouvernement ne peut pas savoir ce qu'on fait, c'est trop grand ! Et nous sommes enregistrés comme entreprises ». ça peut durer.
Elle m'apprends même que « Heart and Heart Community care » veux changer de statut pour devenir une entreprise sociale. Parce que les ONG doivent récupérer des dons, et que les chinois ne font pas vraiment de dons. Le gouvernement n'aide pas vraiment. Il peut y avoir des ONG qui ne font rien, mais aussi des entreprises qui se disent « sociales » pour faire bien. Ça rejoint Li Yuan qui disait que selon elle le nombre d'ONG chinoises peut baisser au profit des entreprises sociales ; qui corresponds peut être mieux aux enjeux actuels : car les gens sont pauvres et veulent avant tout se faire de l'argent, l'insertion est une chose, l'environnement ou les problèmes à résoudre viennent après.
Il faut trouver un équilibre, et c'est très difficile. Car les gens qui passent d'une ONG à une entreprise sociale ne sont pas entrepreneurs, connaissent mal le marché et comment se faire de l'argent. C'est un gros problème pour le groupe de 40personnes qui travaillent pour Heart to Heart comunity care. Elle, du fait de sa formation dans le travail social, s'est peu à peu préoccupée des questions d'environnement et de santé -elle connaît peu le monde des entreprises- ; Li Yuan était journaliste et connaît peu les phénomènes sociaux.
Elle insiste donc sur la nécessité de travailler ensemble : faire venir des lycéens, travailler avec des designers et des personnes qui connaissent le marché. Travailler avec d'autres entreprises (par exemple faire la publicité d'un sac dans le village où elle agit). Tout fonctionne par réseau, une université à Taiwan et un groupe anglais réapparaît dans la discussion. Elle me donnera même le contact d'un laboratoire de recherche sur les entreprises sociales situé à Shanghai : les portes s'ouvrent.
Je me rends à peine compte à quel point ce monde est invisible et insaisissable. Je me demande encore comment définir une problématique autour de ça. Le temps passe très vite, nous avons discuté deux heures et demi quand on se quitte.


De retour à l'auberge, je me repose un peu puis je retrouve les deux coréennes et trois garçons dont un coréen. On partage de la nourriture et des bières, l'orage s'abat sur le béton.

Spoiler:

Lieu de rendez vous :


Fruits & bières




Dernière édition par mystheria le Dim 9 Aoû - 14:33, édité 2 fois
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mer 5 Aoû - 20:20

Mercredi 5 Août

La journée se passe tranquillement, un bol de nouilles au petit déjeuner (vers 11h), puis on regarde un film coréen sous titré chinois -dommage pour moi-, ensuite un peu fatigués et le ventre vide nous achetons des nouilles en boite, toutes au piment. Comme je n'aime pas le gaspillage je me charge de finir le bol de mon amie coréenne, qui supporte mal le piment.
Pendant qu'elles font un puzzle, je discute avec un étranger d’Azerbaïdjan. Il me raconte son voyage de son pays jusqu'à la Chine en stop (Kazakstan, Mongolie, Chine, Hong Kong -où le tampon de sortie du territoire est surmonté d'un autre « annulé », puis Kunming ; ensuite le Laos etc. Il a prévu un mois et il me montre ses dépenses qui sont moindres. Il galère juste un peu en Chine car peu de personnes parlent anglais.
Le soir, le petit groupe que nous formons avec les coréennes, une ancienne fille de ma chambre et trois garçons, sortons faire un tour après la pluie. La demoiselle qui a changé de chambre a eu cette année sa licence de « buisness english ». Elle m'explique qu'elle étudiait le moins possible pour plutôt profiter de la vie (alors que ses parents la voyaient bien faire une carrière universitaire et partir à l'étranger), et qu'aujourd'hui elle voyage comme elle peut à travers la Chine à la recherche d'un emploi qui peut être soit professeur d'anglais pour des enfants, soit de chinois pour des étrangers.
Son anglais est moins bon que le mien mais c'est un plaisir de communiquer, et j'y ajoute un peu de chinois. Parfois même, je la comprendrais mieux en chinois qu'en anglais vis à vis de la tournure des phrases.

En marchant dans la rue le soir, j'en profite pour passer à la gare pour récupérer mon billet. Elle m'accompagne avec un autre garçon. J'ai totalement perdu le réflexe de parler anglais, je parle tout de suite en chinois et quand la guichetière parle en anglais, je réponds en chinois. Le souci étant que je n'ai pas le numéro de réservation sur internet (j'arrive avec mon passeport comme je l'ai fait à Guiyang). Elle ne veut pas perdre de temps et j'appelle Xuelian qui a acheté mon billet pour avoir le numéro : j'y retournerais le lendemain.
Depuis l'attentat (des voyageurs assassinés à coup de machette), la gare de Kunming se veut plus sure. On y entre qu'après avoir passé les bagages au rayon x et être palpé rapidement. Je ne vois pas ce que a change à part repousser le danger plus loin. Je ne vois plus les « robots policiers » qui jouaient un rôle de dissuasion. En fait, je ne reconnaît plus vraiment la gare de Kunming que j'ai vue en 2012.


Nous rejoignons la bande dans un restaurant à ciel ouvert ; on mange du riz en bouillie puis des brochettes, autour de quelque bières. Je discute avec les coréennes et la nouvelle prof d'anglais principalement. Puis nous rentrons fatigués, mais rassasiés.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Ven 7 Aoû - 6:14

Jeudi 6 Août

Un coup de téléphone des deux coréennes me réveille, j’émerge encore quand nous partons enfin ensemble avec les trois garçons et la jeune professeure d'anglais, prendre le petit déjeuner au même endroit que d'habitude. Puis elle pars donner cours pendant que nous rentrons. Je me repose encore un peu puis je les rejoins, une autre coréenne est de passage ici. On mange toutes les quatre le repas de midi juste en dessous de l'auberge de jeunesse puis j'achète des fruits avec 20yuans. C'est assez difficile de s'imposer pour payer quelque chose quand on n'a pas l'habitude de la culture asiatique. Ici une personne paye pour tout le monde, puis on le rendra plus tard. On ne paye jamais chacun séparément.

Heureuses de passer du temps ensemble, je les regarde jouer aux échecs chinois. C'est un peu comme le notre sauf que la reine est remplacée par deux catapultes. Demain nous partons chacune de notre coté, je leur ai offert deux petits savons à la lavande, et on m'offre en échange une robe et un porte clefs de Corée.
Puis tout le monde se repose, alors je décide qu'il est temps d'aller chercher un billet de train. L'ethnologue que je devais rencontrer est encore en route et nous reportons notre rendez vous au lendemain. Je retourne donc à la gare après avoir proposé un plan pour l'après midi : il y a une montagne à coté du lac de Kunming d'où on peut voir toute la ville, j'ai très envie d'y aller mais j'ai peur qu'il n'y ai plus de bus le soir.
Une fois à la gare, je reprends la même file que le jour précédent, les deux chinois devant moi râlent de ne pas être dans la bonne file et ne pas pouvoir avoir ce qu'ils demandent ; pour moi c'est ok, ouf ! Ça va tout de suite mieux avec le numéro de réservation et le numéro de passeport. J'ai juste un petit mot qui dit « je viens chercher mon billet » et le numéro. A présent je connaît le fonctionnement. Même si ce n'est pas la première fois que je prends le train en Chine, je me rends compte que les personnes au guichet ont souvent fait la démarche à partir du seul numéro de passeport, ce qu'elles n'ont peut être pas la permission de faire. Mais comme on ne m'a jamais expliqué comment ça se passait, je n'étais jamais très à l'aise. À présent je pense pouvoir prendre le train en Chine sans encombre.


Une fois de retour, il est peut être trois heures. Je me rends compte que les gens se plient à mon désir d'aller sur cette montagne ; le petit groupe y est déjà allé, mais on ira quand même pour moi. Je suis contente de ne pas être seule, mais j'ai peur qu'il se remette à pleuvoir après ce grand soleil de début d'après midi.
Une fois habillés plus chaudement, et peu chargés, deux lampes en poches, nous partons à six d'abord au supermarché. Chacun prend à boire, des biscuits et du chocolat. À la caisse, nous jouons à pierre feuilles ciseaux pour savoir qui payera pour tout le monde. Ça tombe sur Kim Sooji. On fait de même ensuite pour prendre le bus qui est à 2 yuans. J'y échappe encore mais je préfère cette méthode à l'incompréhension. Nous sommes six, et par paires nous partageons les oreillettes de trois mp3. Il se met à pleuvoir.

Nous attendons un peu que la pluie se calme avant de sauter dans un autre bus, plus petit. De là nous traversons une route qui coupe le lac. L'eau est agitée et très verte, il y a même un funiculaire qui passe par dessus le lac à coté de la route. Mais tout est arrêté.
Nous descendons à une route qui se trouve sous un pont, puis nous commençons à marcher. Une fois sur le chemin et un des escaliers de pierre qui monte jusqu'au sommet, la pluie s'abat à nouveau. Nous restons une dizaine de minutes sous le grand parasol d'une dame qui vends des légumes et des plats sur une petite table. Très rapidement, l'endroit où je me trouve devient une flaque conséquente, un peu rouge de terre.
Quand ça se calme enfin, nous montons. Nous arrivons un peu mouillés à une première pagode où nous partageons quelque biscuits et regardons la vue. Puis on reprends l'ascension en nous abritant sous nos habits de pluie ou parapluies. Enfin nous arrivons à l'entrée d'une attraction touristique, derrière les guichets pour acheter les billets. De toute façon il n'y a personne, sûrement à cause des jours pluvieux.

Là, les coréennes si bien équipées sortent la Gopro pour quelque photos, et accrochent un petit ampli au kawai d'un des garçons pour écouter la musique d'une carte SD. Ça donne une petite atmosphère joyeuse et nous rigolons de peu de choses. Nous prenons des photos à coté de personnages de dessins animés fait de paille. Puis au bout de la route, une nouvelle attraction qui a l'air intéressante est fermée. Nous prenons donc quelque photos de la vue qu'on a de Kunming ; déjà impressionnante.
Mais pour ne pas nous arrêter là, et puisque la pluie s'est calmée, nous montons un nouvel escalier de pierre. Je tarde toujours parce que je prends des photos. J'ai ma mini forêt de pierre à moi ; qui ne suis pas partie faire du tourisme. Je me promet de revenir en touriste un jour, mais pas seule.
Enfin au sommet, nous restons longtemps sur une nouvelle pagode. Celles ci sont nombreuses et se situent à chaque point de vue intéressant. C'est alors que commence un grand moment de séance photo. Chacun prend une pause, seul ou ensemble ; nous continuons comme ça jusqu'à la nuit tombée.
De là on se croirait presque proches des avions, et on touche parfois quelque nuages, le vent peut être très frais. La nuit nous offre une vue sur la ville illuminée. Et je suis heureuse d'enfin voir l’immensité du lac de Kunming que je ne connaissais que sur ma carte.

Nous redescendons dans la nuit. Deux par deux, deux lampes et un téléphone pour nous éclairer ; la musique toujours, pour nous accompagner. C'est très agréable et je me sens enfin en paix avec moi même.
Arrivés à la route, il n'y a plus de bus, nous traversons donc le lac sur cette même route prise à l’allée. Même s'il fait plus chaud en bas, le vent est fort et quelque vagues soudaines nous surprennent. Nous marchons donc du coté gauche. Le lac a une mauvaise odeur.
Nous marchons peut être une heure avant de trouver un bus. Les gardiens de parcs ne nous autorisent pas à prendre un « raccourci », nous croisons parfois d'autres marcheurs et même un groupe de cyclistes. Il ne pleut plus.


C'est au parc des minorités où j'étais allée qu'on retrouve un bus qui nous dépose un peu plus loin. Contents de nous reposer un moment, on écoute encore un peu de musique ; puis on nous dépose au milieu d'une plus grande rue d'où on prends deux taxi. Il est peut être une heure du matin quand nous commençons à manger quelque brochettes accompagné de quelque bières à coté de l'auberge de jeunesse.
On parle de tout, comme un des garçons parle coréen et un autre s’endort, le coréen prends souvent le dessus. Cependant je participe plus ou moins facilement aux conversations, qui parfois parlent des manières/rites sur les appellations en Chine et en Corée ; ou bien sur le QI. Je place même un peu de sociologie. Parfois je fais appel à Kim Sooji pour ajouter quelque mots en anglais, puis elle traduit en coréen, qui est ensuite traduit en chinois. Auparavant dans le bus, avec elle, nous avons parlé de la « sécurité » dans les villes. Car un écran dans le bus faisait l'éloge de tous ces policiers armés aux quatre coins de rue de Kunming depuis l'attentat. Elle me dit avoir entendu dire qu'il s'agissait de tibétains, je lui dit que de mon coté j'avais entendu parler des ouïgours, c'est aussi la version des chinois ; mais finalement qui sais ? Je lui parle de la situation en France et que je ne suis pas à l'aise avec ça. Elle me dit qu'en Corée on ne trouve pas ce genre de militaires dans les rues, mais que c'est très sur. Que si tu perds ton téléphone ou ton porte monnaie, il y a un service, ou bien que tu veut rentrer chez toi la nuit, tu peut appeler un numéro de téléphone et être accompagné par quelqu'un.

Vers 4h du matin, après avoir passé acheter à manger au Mac Donald, je vais enfin me coucher. On se sera bien amusé, d'ailleurs à présent lorsque quelqu'un veut aller aux toilettes, il dit « je veux aller au Mac Donald ».

Spoiler:

Echecs chinois :

Début de la balade :




On rejoint la route et les aménagements :



vues :


Mini forêt de pierre :



Fin de la grimpette :







Brochettes


Dernière édition par mystheria le Dim 9 Aoû - 17:00, édité 4 fois
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Sam 8 Aoû - 6:13

Vendredi 7 Août

Je me réveille tôt, dans le couloir des douches/toilettes je croise plusieurs personnes en train de préparer leur cosplay pour un événement qui se déroule peut être dans le « exibitional center » qui n'est pas bien loin. Je me force un peu à dormir en vain, alors je fini par manger mon dernier paquet de « nouilles en boites » puis je vais rendre la carte de la chambre. Je laisse au passage ma valise au guichet jusqu'au soir.
Le petit groupe dont les deux coréennes partent aussi aujourd'hui pour un festival à deux heures de là. Je pense qu'il faut rester longtemps au même endroit en Chine pour voir plein d’événements de ce genre, on a toujours l'impression de « partir » quand les choses « commencent » à peine. Je dors un peu sur une des banquettes qu'il y a dans l'auberge de jeunesse, puis à midi nous allons manger toutes les trois. Nous retrouvons alors un des trois garçons puis les deux autres finissent par nous rejoindre par hasard. On déjeune donc ensemble. Un groupe d'une ou plusieurs minorités du Yunnan vient aussi manger, le patron du restaurant fait tout ce qu'il peut pour accueillir le plus de monde, en donnant des sièges dès qu'il y en a. C'est peut être un restaurant Hui, en tout cas d'une minorité musulmane, et les nouilles sont fraîches. Le petit groupe en costume « ethnique » s'installe, elles ont une carte et je suppose qu'il y a aussi un événement à ce sujet pas très loin d'ici.

À trois heures nous sommes tous prêts pour partir, moi toute seule de mon coté pour rejoindre une jeune docteure chinoise en ethnologie/anthropologie. J'écris un petit poème pour Kim Sooji, puis nous nous quittons devant l'arrêt de bus.
Il est 4h pile quand je trouve enfin le lieu de rendez vous. Je prends d'abord un bus sur une longue distance puis, comme d'habitude, je suis le tracé de la carte de Baidu pour trouver mon chemin. Quelque chose me surprends, je suis dans une ruelle qui a tout d'une banale ruelle chinoise, dans son bazar et sa simplicité. Puis tout à coup, dans la rue qui suit, je croise une 10aine d'étrangers.
Comme je met du temps à trouver le café, je demande à un groupe anglophone qui connaît bien la rue et qui m'indique très rapidement l'endroit. J'en profite pour demander pourquoi il y a autant d'étrangers dans cette rue, la demoiselle me réponds qu'ils sont étudiants à l'université de Kunming qui n'est pas très loin, je suppose pour un programme d'été. Un peu envieuse je ne pose pas plus de questions, je n'aime pas bien parler anglais et à présent ce sont des mots en chinois qui me viennent à l'esprit.


Au « french café » j'ai de l'avance. Je souris en regardant la carte des produits et en y voyant que des noms en français, j'imagine la galère des chinois pour prononcer le nom des plats, comme nous en France. Il y a des crêpes, des sandwichs, et même du café du Yunnan !
Moo Li me rejoint et nous discutons. Je l'ai « rencontrée » par réseau, c'est à dire que sans avoir presque rien demandé, elle est arrivé jusqu'à moi. Je lui raconte comment en ayant son contact par email durant l'année j'ai eu l'impression que la Chine est « un lac très calme, dans lequel si on y jette le moindre petit gravier, un tsunami peut apparaître ». Ce que je veux dire par là c'est que c'est par un ami de mon père que j'ai eu le mail d'un professeur à l'université du Yunnan, à qui j'ai demandé s'il était possible de me mettre en contact avec des étudiants étudiant le français pouvant servir d'interprètes. De fil en aiguille, en un moindre temps, Moo Li et Liu Hong m'ont contacté en chinois en me disant qu'elle pourrait m'aider à me mettre en contact avec des ONG environnementales. Par crainte de ne rien maîtriser, j'avais décliné l'invitation, et notre rencontre me permet de voir les choses plus clairement.

Elle est aussi intéressée par les entreprises sociales, je lui parle des changements dans mes études et de mon nouveau projet qui se dessine. En fait, elle aimerait créer une entreprise sociale elle aussi. Le monde universitaire ne semble pas être un aboutissement dans les sciences sociales, et les chinois veulent agir. Elle a fait sa thèse sur la fabrication du papier dans un village d'une minorité Dai. Notre discussion me permet d'éclaircir certains points, comme l'enregistrement des ONG chinoises, leur financement, le « départ » des ONG occidentales qui choisissent d'autres pays que la Chine, et encore ces entreprises sociales sans statut légal.
C'est une évidence, je dois faire du terrain pour préciser mon projet ; elle me promet de me mettre en contact avec un étudiant français qui travaille dans une ONG française dans le Yunnan. Elle me dit qu'il y a beaucoup d'ONG dans le Yunnan, et beaucoup d'entreprises sociales à Shanghai. Je pense que je devrais creuser la question du centre de recherche sur les entreprises sociales ; mais comment savoir quel type de recherche a été fait en Chine ?

Je décline son invitation à aller manger ensemble, parce que je préfère être large pour prendre mon train le soir. Je rentre en bus et je retourne à l'auberge de jeunesse où je discute avec la jeune professeure d'anglais. Histoire de manger quelque chose, je sors acheter quelque pommes de terres et un œuf ; j'achète aussi quelque chinoiseries. Même s'il est encore tôt, je ne tiens pas en place ; c'est souvent comme ça quand je dois faire un voyage, je veux commencer le départ, bouger.
Il fait déjà nuit quand je récupère ma valise et je marche jusqu'à la gare. Je passe un premier contrôle de bagages, puis un premier contrôle de tickets. Puis après l'escalier, je passe un second contrôle de bagages, je suis en avance mais je trouve quand même la salle d’attente pour le train qui m’emmènera à Guiyang ; la fin de sa course est Shanghai. Un autre contrôle de tickets m'attends, mais pas maintenant, il est 22h et le train pars à 22h50. Je suis de nouveau dans une couchette et j'arriverais vers 8h le lendemain.

Spoiler:

Petit déjeuner

Gare et train




Dernière édition par mystheria le Dim 9 Aoû - 17:02, édité 1 fois
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Sam 8 Aoû - 17:05

Samedi 8 Août

Dans ma petite couchette à mi niveau du compartiment de 6 lits, je dors plutôt bien. Le matin je m'amuse à descendre en me pendant aux barreaux. Le soleil est levé et il reste un peu plus d'une heure avant l'arrivée à Guiyang. Une dame entame un peu la conversation, parfois je ne comprends pas mais j'ai une expression qui donne l'impression que j'ai compris, parfois je trouve une réponse probable à une question probable et la discussion continue, quand je n'en peut plus je dit que « je ne comprends pas ».
à Guiyang, je sors tranquillement de la gare jusqu'aux arrêts de bus. J'ai eu le temps de jeter un coup d’œil sur ma carte pour rentrer chez Linmingsong en Bus, je prends le n°17 et j'arrive rapidement devant sa maison. Mais je suis mal organisée, et quand mon père me dit que « c'est bon je peux loger là bas, pas de souci », j'insiste pour avoir le numéro de Rebecca -la femme de Linmingsong- pour les prévenir. Comme je fonctionne par textos plus que par appel, ma présence est inattendue. J'avais laissé quelque messages sans attendre de réponse. Du coup j'appelle mon père puis je reçoit un appel de Rebecca, j'attends peut être une heure dans la rue avant qu'un chinois que je ne connais pas vienne m'ouvrir. La mère de Linmingsong vient ensuite me donner une clef ; je suis un peu gênée de demander à rester 7jours, alors qu'un groupe de personnes apparemment sont déjà accueillies ici -mais en week end actuellement-.
Normalement, un ami doit passer me voir à Guiyang, mais je ne sais pas vraiment quand. La connexion est instable à mon arrivée et j'essaie de lui donner mon numéro de téléphone et mon adresse. Après avoir bataillé, je sors me promener.


Je prends une rue que je ne connaît pas, je marche assez loin puis je fais demi tour. De nombreux vendeurs dans la rue proposent sur le trottoir des légumes frais. Je croise aussi un groupe de travailleurs qui attendent dehors qu'on leur propose un travail, peut être à la journée.
Finalement je prend une ruelle étroite, où j'attends mon tour pour acheter des Baozi, des pains farcis normalement à la viande. Pas de chance, quand je dit que je veux « trois de ça », elle m'en vends quatre malgré mon rappel, ça m'apprendra à faire des vraies phrases en chinois. Le dialecte de Guiyang est aussi décourageant pour parler chinois, d'autant plus que lorsqu'ils parlent mandarin, certains sons sont différents, notamment les « s ». En plus, les pains que j'ai achetés ne sont pas à la viande, mais au sucre et cacahuètes, le genre de chose que je n'aime pas du tout ; en marchant j'hésite à en donner à un mendiant, mais bêtement je n'ose pas et je continue de marcher pour reconnaître quelque rues. Au bout d'un moment, après avoir retrouvé comment aller où j'avais mangé avec Zoé et ses amis un « chiwawa », j'achète une bouteille d'eau et je fais demi tour jusqu'à l'appartement.

De fatigue, je m'endors un moment ; puis Renaud m'appelle sur Weechat et nous discutons, ça m'évite d'user trop vite mon crédit téléphonique. Plus tard, je sors à nouveau manger quelque chose, je prends des rues que je ne connaît pas, pour un petit bol de nouilles. J'essaie de continuer mon exploration, mais je m'arrête à un passage sous terrain peu éclairé. À un moment un jeune homme propose son aide, je lui demande où nous nous trouvons sur la carte ; il m'indique un autre endroit. Je reformule ma question, toujours en chinois, et il me réponds en anglais que son anglais n'est pas bon. Tant pis, je repars dans l'autre sens et repère quelque restaurants à raviolis, puis je rentre enfin par la petite ruelle, après avoir fait une boucle.

Le soir, j'ai besoin d'envoyer quelque mails, je retrouve quelque infos sur les entreprises sociales. Mais l'anglais me décourage. J'aimerais aussi ajouter les photos au compte rendu, mais le temps passe à la fois trop vite et trop lentement, et la fatigue me gagne.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Dim 9 Aoû - 16:55

Dimanche 9 Août

Un grand besoin de sommeil me fait me réveiller à 11h. Je me lève tranquillement, entre la douche froide et l'envoi de mails, puis je sors vers 1h avec bien l'intention de passer l'après midi dehors. Mes promenades à Guiyang sont comme un puzzle, des pièces de ma mémoire représente des lieux que je connais mais que je ne peux situer que vaguement, alors je fais toutes les ruelles et les rues principales pour retrouver ces endroits et les noter sur ma carte. Aujourd'hui je veux retrouver un magasin d'informatique sur quatre étages, où j'avais rencontré une amie -dont j'ai perdu la trace- en 2006.

Je commence par partir à droite, jusqu'au « tripode » : une passerelle qui contient quelque mini boutiques comme on en trouve beaucoup à Guiyang. Je marche sur le trottoir de gauche, ce qui me permet de passer devant une boutique où j'achète un tee shirt et une culotte, dans le cas où je n'arriverais pas à faire la lessive cette semaine (la question serait, où acheter de la lessive en poudre pour une utilisation ? Je préfère la remettre à plus tard). Ensuite, je descend la rue jusqu'à PengShuiChe, l'ancien rond point disparu. De là, je décide d'aller sur la voie en face, c'est amusant parce que pour y aller il faut cette fois passer par un passage sous terrain ; qui forme un carré inverse au sens des rues, ce qui fait qu'on s'y perds facilement. Mais à présent, je connaît suffisamment Guiyang et le principe pour ne jamais me tromper.
Entre temps je m'arrête à un petit restaurant pour acheter des nouilles, je ne peux pas lire le panneau qui propose les plats, mais on me tends une tapette à mouche pour que je puisse indiquer ce que je veux manger. Au hasard je choisi un plat à 9yuans, et je suis contente de trouver des nouilles de blé au tofu, un peu comme ce que j'avais mangé à Kunming quelque années auparavant. On me demande en me montrant le plat si « je sais manger ça ? », l'utilisation du « Hui » que je traduit dans ma tête par « avoir acquis par l'expérience » me perturbe. Un peu comme si on me demandait si « je peux ou non manger ça ».
Après avoir fini mon bol je reprend ma route. De PengShuiChe, je marche tout droit dans l'intention de prendre le premier grand axe à gauche ; ce que je fais. Pourtant, je ne comprends pas comment j'arrive si rapidement à SuShiLu ; alors que je me croyais une rue avant.

Puisque j'y suis, pour m'occuper, je visite le 2nd étage de « Shushilu ». On pourrait comparer cet endroit à une « galerie marchande » clandestine. J'en ai déjà parlé précédemment, c'est comme vous aviez comblé le dessous d'un pont, et que vous y aviez construit trois ou quatre étages qui forcément rétrécissent au fur et à mesure qu'on approche l'extrémité du pont. Ce qui fait que beaucoup d'escaliers montent, mais les magasins et la voie étroite où on marche en réalité descend. Le premier étage a des vêtements, le second qui est très court a des affaires pour enfant, le troisième a des chaussures, le quatrième c'est un mystère. Je me rappelle m'y être perdue avec mon père, on avait fini dans un endroit mal éclairé semblable à un garage. Mais si c'était en bas ou en haut ? Qui sait. Il y a aussi des escalators, mais ils semblent ne plus marcher depuis quelque années vu la poussière qui s'y amasse.
À un moment j'en prends un pour aller de l'étage des chaussures à l'étage des vêtements pour enfant, je suis à moitié dans une boutique et je passe devant un garçon qui fait ses devoirs, le tabouret en plastique posé sur les marches de l'escalator abandonné. Pour s'y promener, il faut se faufiler. L'étage pour les enfants est le pire pour marcher vite, puisque beaucoup de petits sont suivis par leurs parents. Parfois je me renseigne, je demande les prix, par exemple de ce que j'ai acheté sur le tripode : trois yuans de plus. Finalement, si Shushilu est un vrai bazar, ce n'est pas pour autant moins cher.
À la sortie (et l'entrée), comme à l'intérieur, il y a toujours du monde. Parfois j'ai l'impression qu'il s'y passe des choses, que ce lieu de rencontre n'est pas seulement de rencontres agréables. Il y a toujours des badauds pour regarder un quelconque événement que je ne comprends pas. Et je ne veux pas m'attarder avec ma figure d'étranger. D'ailleurs, je croise pour la première fois un policier qui fait un contrôle d'identité. Ça me rappelle qu'au début de mon voyage, j'ai aussi croisé des policiers qui posaient des amandes à qui est à plus de deux sur un scooter (le plus commun est un ou trois, parfois quatre).


Je traverse à nouveau la rue sur une passerelle, et je décide de continuer la route que je suivais auparavant. Je me dit que « normalement un peu plus loin je devrais trouver l’hôtel où j'ai logé avec Renaud » : ça ne loupe pas, il est juste sous mon nez. Je continue donc, jusqu'au prochain axe perpendiculaire où je tourne. Perdue dans mes pensées, je continue à marcher. Et puis je le vois, ce magasin d'informatique, devant moi.
J'entre, c'est aussi un bazar, mais plus espacé que Sushilu. Il y a des escalators pour chaque étage, et chaque étage est étrangement grand ; tellement que je n'en voit pas les extrémités et que je n'ose pas m'y aventurer. Le premier étage est bourré d'ordinateurs. Il y a du monde, parfois en Chine je suis surprise par le nombre d'employés ; il y a presque une impression au fond de moi qui dirait « qu'il y en a trop »… Est ce l'habitude de voir si peu d'employés en France pour beaucoup de travail ? Après cette seconde réflexion je me demande ce que serait la Chine si chaque boutique, station essence, banque, pharmacies -j'ai été dans une pharmacie à Guiyang en ressortant avec l'impression qu'il y avait plus d'employés que de clients pour un si petit endroit- ; avaient autant d'employés qu'en France. Si la Chine avait un si fort taux de « chômage », est ce que le gouvernement tiendrait longtemps ? Il n'y aurait peut être plus cette « satisfaction » profonde que je suppose chez les Chinois de pouvoir encore « réussir », et d'avoir beaucoup avancé jusqu'à aujourd'hui. Car plus personne ne souffre de la faim ; et les exigences d'une génération sont modestes. Cependant une nouvelle génération je pense, se distingue par leur volonté de « mieux », comme peut être, ces créateurs d'entreprises sociales, et rêveurs de villages de permaculture. Ceux qui veulent, en plus qu'un bol de riz et quatre plats, du temps libre et le droit de décider pour leur vie.


Passé cette réflexion, je monte au second étage où je demande le prix d'une petite enceinte portative comme celle de Kim Sooji. Puis je vais au 3ème étage. Beaucoup d'employés dorment, ou bien jouent à Lol ; ils tiennent tous un petit stand dans ce grand espace.
Je m'arrête devant un vendeur de cd-roms. Je consulte l'étalage par curiosité. Ça y va de versions de Windows, de la suite office, adobe, logiciels en tout genre. Il y a aussi des jeux, des boites plus grosses que la normale ; ou des petits sachets contenant un ou deux cds. Je m'arrête un instant sur « Tomb raider 10 », le jeu n'est pas encore sorti. Alors je décide que l'idée d'acheter un jeu en chine n'est pas bonne. Pour avoir déjà testé des versions d'adobe « chinois », le chinois est incompréhensible autant pour moi que pour l'ordinateur qui affiche des « ??? » à chaque message important.
Je redescend où une chinoise me propose de regarder un peu mieux son stand, il y a quelque enceintes portatives mais pas celle que je cherche. En fait celle ci est cachée derrière un stock de bric à brac. Je demande le prix, quelque yuans plus cher que l'autre ; finalement à force de poser des questions, de consulter le dictionnaire ; elle baisse le prix à 120yuans. Je réfléchis encore « est ce que j'en ai besoin ? » ; puis je fini par l'acheter.

Je reprends ma route, en suivant les panneaux je retrouve DaShiZi, la « bouée-passerelle » ; aussi pleine de boutiques. Je la prend jusqu'à la petite cour où jouaient autrefois des vendeurs de toupie. Une activité peut être le la minorité Zhuang. Les toupies sont fouettées pour tourner, et il y en a de taille impressionnantes. Les dalles au sol en sont presque marquées, creusées par les toupies.
Mais à présent on les entends, mais on ne les voit plus. Je les retrouve sous quelque arbres dans un cul de sac du parc, à croire qu'on leur a demandé « d'aller jouer ailleurs ».


Cela fait presque deux heures que je me promène et je commence à avoir soif, je passe dans la rue perpendiculaire à l'ancien « zoe café », et je prends le 2nd passage sous terrain. D'ici, je remonte un petit escalator qui ne va pas dans les rues, mais dans une boutique en sous sol. On peut y acheter différentes bricoles à boire, et comme je n'ai pas envie d'un jus en bouteille, je dépense 13yuans pour une espèce de lait végétal, des graines et une espèce de flan non identifiable. Je ne sais pas ce que c'est, mais j'aime bien. Je remonte les ruelles en sirotant mon mélange. Jusqu'à une boutique de vêtements où tout est trop cher (entre 200 et 300yuans). Je rentre enfin chez Limingsong.

Je passe le reste de la journée à upload des images pour le compte rendu, et à m'organiser pour la suite. J'écoute de la musique via ma petite enceinte, et je me sens bien de m'occuper comme ça. Mon professeur de chinois viendra demain soir, après 10h de train rapide de Pékin à Guiyang. Vers 8h j'ai faim, et je sors acheter 8raviolis et un petit bol de sauce soja que je peine à ramener à l'appartement. Je sors mes baguettes qui se dévissent, et je termine mon compte rendu en mangeant.

Spoiler:

Nouilles


Dernière édition par mystheria le Dim 23 Aoû - 10:39, édité 1 fois
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Lun 10 Aoû - 17:49

Lundi 10 août

Je me réveille vers 8h, je prépare quelque bricoles avant de sortir à 11h. Comme il n'est pas encore midi et que je n'ai plus grand-chose à faire, je traverse le trottoir en vue de monter sur un petit python en face de l'endroit où je loge. J'y ai repéré une petite pagode, alors j'ai envie d'y monter.  J'essaie d'abord une petite ruelle qui donne sur des vieilles maisons en briques ; mais le passage est rapidement bouché et je fais demi tour pour opter pour une route bien en pente. Quelque motards sont là à regarder les voitures qui prennent le virage avec peine. Je monte encore un peu, je passe devant des « boutiques » où une couturière propose ses services ; puis je m'arrête devant un tunnel étroit, au bruit du klaxon du San Mao qui passe. Il y fais très froid et je soupçonne le tunnel de traverser le python.
C'est juste après que je trouve un escalier qui monte dans la végétation, je l'emprunte et prends à droite. Les marches sont anciennes et s'effritent, la végétation reprend même ses droits ; mais je monte quand même. Le python n'est pas très grand mais la vue donne sur la ville et les travaux. On entend le bruit des véhicules, mais aussi des criquets, voir un instant, d'un chinois qui « crie ou qui chante ». En haut je croise quelque enfants armés de lance pierres, une dame qui fait quelque étirement accrochée à un arbre, un homme assis là. Je prends quelque photos puis je redescend par un autre passage qui fini par rejoindre ma route initiale. Je croise aussi un couple assis sur les marches, venu chercher un peu de tranquillité.

Après cette petite excursion, il est midi ; j'achète 5 petits baozi pour 7 Yuans, puis je les mange en marchant. Je retourne à une boutique de vêtements que j'avais quitté sans argent ; c'est bête, je veux acheter un pantalon à 300yuans, mais je n'ai que 600 yuans sur moi ; je ne veux pas prendre de risques. Cependant on m'avait indiqué qu'ils « prenaient la carte », alors j'y retourne pour voir de quoi il s'agit : « UnionPay ». Je leur dit que je vais passer voir à la banque ; alors je me met en quête d'une banque.
Ce genre de choses, c'est sans souvenirs marquants ; alors je ne sais pas trop où chercher. Quand je suis un peu sur le sentiment de faire demi tour, je fini par trouver une Bank of China. J'entre et je regarde les distributeurs, je demande s'ils prennent Mastercard ici, on me dit que non. Je demande où je peux aller, on me réponds je ne sais trop quoi puis je ressors. Finalement en remontant la rue et après avoir mis le nez dans quelque banques en tout genre (postale ou du guizhou), je fini par trouver des distributeurs qui correspondent dans une autre Bank of China ou chez ICBC.
J'essaie un peu pour voir, mais j'ai trop peur d'avoir des frais ou de ne pas bien comprendre les requêtes en anglais ; alors je repars. Dans la boutique j'essaie de négocier, mais c'est non. Tant pis, je rentre et me repose quelque heures.


Vers 4h, je me prépare à prendre le bus. Je vais accueillir mon prof de Chinois de passage à Guiyang. Mais son train arrive gare du Nord, autrement dit dans le « nouveau Guiyang » dont je ne sais rien et dont je ne veux pas savoir grand-chose. Je n'en suis pas très loin puisqu'il suffit de prendre le bus 626 pendant 25min pour arriver. Le nouveau Guiyang est toujours en construction ; entre les grues et les pythons rasés, les pentes de terres bétonnées, et les grands panneaux pour dire « ici il y aura quelque chose de grandiose, mais pour l'instant il n'y a rien ».
Je suis largement en avance, je prends des photos de la gare qui est impressionnante. Elle accueille les trains à grande vitesse (300km/h). Je ne peux pas entrer puisque je n'ai pas de ticket. Finalement j'attends mon prof en haut des escaliers ; c'est lui qui me reconnaît en premier. Le nombre de voyageurs est impressionnant, comme une marée de personnes qui n'en finit pas.
On prends le bus de retour et on discute ; je fini par comprendre que malgré mes indications par mail il n'a pas bien prévu où loger, il a trouvé une auberge de jeunesse à Huaxi, mais Huaxi est à 1h de Guiyang. Je suis un peu gênée quand je demande à Rebecca s'il peut dormir chez Limingsong ; elle répond que demain un groupe viendra dormir ici pour le travail et nous donne l'adresse d'une auberge de jeunesse. Mais finalement le frère de Limingsong passe avec un ami, et mon prof leur raconte en chinois qu'on cherche un logement pas cher, ce à quoi il répond que « pour cette nuit il peut dormir ici ». Nous restons à discuter le temps que les deux sortent, pour pouvoir rouvrir la porte au retour de l'un d'eux, qui repartira ensuite.
Nous marchons donc dans Guiyang, comme mon prof est affreusement bavard je loupe une rue mais on fini quand même à PengShuiChe d'où on cherche un endroit où manger. On trouve un petit restaurant et je le laisse commander 3plats. Il peut tout lire (ou presque) et parle directement en chinois. Nous remontons finalement la rue pour dormir, chez linmingsong la pièce a 4lits mezzanines, dont d'autres dans une autre pièce où il y a toujours l'oncle qui y est logé. C'est un peu gênant vis à vis du fait qu'il faudrait qu'on déclare à la police le fait d'être hébergé par quelqu'un, il faudra trouver une autre solution demain.
En tout cas, Guiyang lui fait bonne impression, il n'y fait pas trop chaud et on y retrouve une « vieille chine » disparue à Pékin.


Dernière édition par mystheria le Mer 12 Aoû - 5:58, édité 1 fois
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mer 12 Aoû - 5:57

Mardi 11 Août

Au petit matin nous nous levons vers 7h. Après avoir faits nos sacs au cas où le groupe de parapentistes arrive dans la matinée, nous partons prendre quelque petits baozi comme petit déjeuner. On trouve assez rapidement, puis nous retournons à l'appartement pour vérifier l'adresse de l'auberge de jeunesse.
Nous partons vers 8h30 puis nous trouvons tant bien que mal l'auberge où nous laissons nos sacs. On marche ensuite en discutant, parce que je me concentre sur mon cher professeur, bavard, j'ai du mal à retrouver la bonne route au milieu des passages sous terrains et des passerelles ; mais on fini par trouver. Ensuite, assez assoiffée, nous cherchons un endroit où boire du thé ; il me raconte comment à Hong Kong on trouve à tous les coins de rue quelqu'un pour vous vendre un verre. En quelque sorte, combien Hong Kong est « plus traditionnel » que la Chine. Par défaut, nous montons dans un cybercafé pour boire quelque chose, mais nous sommes vite déçus par la qualité des jus de fruit. Mon prof a quelque chose qui ressemble largement à une boisson en poudre, et le peu de clients sont là pour jouer à Leage of Legend.

Un peu déçus nous descendons à la recherche d'un vrai salon de thé. J'ai un vague souvenir qui nous dépose devant un café-lecture. Mon ami cherche de quoi lire -en chinois- pour le reste de son voyage, puis comme personne n'est au bar pour acheter quelque chose, nous trouvons juste à gauche un grand salon de thé. C'est un vieux temple, qui aujourd'hui est une maison de thé. On entre et on s'installe dans une vieille terrasse traditionnelle où il veut d'abord commander un certain thé. Mais quand on voit le prix -300yuans-, on se ravise pour deux verres dont le total revient à 100yuans. Le thé est bon et on prend le temps de parler de divers choses en français.
Vers 12h, je l’emmène manger un « Shiwawa » au restaurant que Zoé m'avait présenté. On mange tranquillement puis nous nous arrêtons dans une librairie. Mais les dictionnaires de poche sont chers (200yuans). On nous indique une autre adresse mais en s'arrêtant à la banque, mon ami se rends compte d'un souci avec la banque, il ne peut pas retirer plus -au final ce sera du à un plafond qu'on ne lui aura pas signalé.-
On retourne ensuite à l'auberge de jeunesse où on nous donne une carte pour une chambre de 4 (deux lits superposés). On s'installe et après avoir résolu les affaires liées à la banque, mon prof fait une sieste.


On repars ensuite chercher une serviette et des mouchoirs en papier. Je suis encore mauvais guide, mais on s'amuse bien une fois dans la grande surface à chercher le plus « hello kitty » des produits. Ensuite nous rejoignons l'auberge de jeunesse en attendant Xuelian. Elle nous rejoins vers 7h, puis après avoir déposé ses affaires, nous partons dans le bar « local » pour boire un ou deux verre. On discute un peu ; je comprends le chinois mais je ne parle pas. Finalement c'est surtout mon prof et elle qui parleront. Il bifurquera même sur le sujet de l'environnement ; mais le sentiment de mon ami n'est pas très bon « elle est très chinoise ; ça l'énerve presque de parler de ça. Pour elle le modèle chinois est le meilleur et rien ne peut l'arrêter, tant pis si on pourri un endroit, on ira ailleurs ».
Je suis contente d'avoir son avis, puis nous partons sur des discussions sur l'égalité homme femme, où je demande plus de temps pour exposer mon point de vue. Je n'en ai pas assez ; on s'arrête dans un restaurant de rue, on mange quelque brochettes puis ils me suivent sous la pluie jusqu'à la porte de l'auberge de jeunesse.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mer 12 Aoû - 17:46

Mercredi 12 Août

Je suis réveillée vers 7h, je commence par prendre une douche puis Xuelian se réveille. Vers 9h je décide d'aller chez Linmingsong pour rendre la clé de l'appartement à Rebecca. Je la préviens par texto et lorsque je m'apprête à sortir je me rends compte qu'il pleut ; je rentre prendre mon kawai et des baskets puis je marche rapidement pour arriver 15min plus tard chez Limingsong. Je frappe à la porte et un étranger vient ouvrir, je lui parle bêtement en chinois et je lui laisse la clé avant de repartir sous la pluie. Au passage, comme mon père m'a fait passer un peu d'argent par Xuelian, j'en profite pour acheter le pantalon que je voulais. Lorsque je rentre vers 11h, mon prof dors encore.
Ensuite nous partons en quête de raviolis, on retourne dans la ruelle où on avait commandé quelque plats, et on y trouve notre bonheur. Après trois plats de raviolis nous nous mettons en quête de la librairie que nous avions manqué le jour précédent.

Puisqu'on manque sûrement un virage, on continue jusqu'à DaShiZi ; on a le temps, donc je l'emmène jusqu'à la grande place où on trouve Mao et cette espèce de pyramide en tubes dorés. Ensuite on marche jusqu'à une pagode, et on entre dans un petit temple où on s’assied pour boire des bouteilles de thé tout juste achetées. Nous sommes à cotés d'un groupe de 4cantonais qui font autant de bruit en parlant que s'ils étaient 10 ; il me dit que c'est toujours comme ça à Canton, ils parlent fort.
Ensuite, on fait demi tour en arrivant à l'autre rive. On s'arrête devant quelque joueurs de toupie « zhuang », l'un d'entre eux a l'air d'avoir tellement l'habitude qu'il joue avec un fouet dans chaque main, habillé semblable à un cow boy. On reprend notre route jusqu'à un groupe de danseurs de rue, on s'arrête à nouveau pour regarder, puis on retourne à DaShiZi. De là on fait demi tour parce qu'on manque un passage sous terrain ; sous l'un d'entre eux d'ailleurs on achètera un dictionnaire et quelque cahiers d'écriture. On retourne au café-lecture/ salon de thé, et on prends deux café (presque au même prix que le moins cher des thés). Mon prof achète un roman en chinois classique. Bon courage.

Ensuite nous remontons la rue jusqu'à l'auberge de jeunesse où on se repose une heure après avoir mis nos vêtement dans la machine à laver pour 10yuans. Une heure plus tard on étends le tout, et j'attends mon père qui est sur la route jusqu'à Guiyang. Lorsqu'il arrive, je le rejoins devant la poste pour lui indiquer l'auberge de jeunesse. Une fois les affaires déposées nous partons tous les trois en quête d'un vieux restaurant à raviolis. Mais après beaucoup de marche nous ne le retrouvons pas, ou bien il est fermé. C'est en remontant une autre ruelle qu'on s'arrête soudainement devant un petit restaurant qui nous sers des raviolis tièdes, avant de nous en servir de nouveaux. Il y a même du très bon piment.
Nous repartons jusqu'à l'auberge en achetant une glace au passage ; le soir je rends à mon père 800 yuans que Xuelian m'avait donné en son nom « tu m'as donné trop d'argent ». En fait, il n'en savait rien.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Jeu 13 Aoû - 17:04

Mercredi 12 Août

Je suis encore en train de dormir quand j'entends mon prof se lever, vers 9h il me dit qu'il est réveillé et qu'on peut se promener. Je m'exécute et le rejoins rapidement après avoir dit à mon père qu'on ne passera pas la journnée avec lui et Xuelian. Ils ont prévu de se rendre à un grand marché de voitures d'occasion à Guiyang. Finalement ils ne trouveront rien d'intéressant, le souci étant que sur 100voitures visitées 20 regardées de plus près, elles seront soit trop cher soit trop mauvaises, et l'effet de saturation fera que la recherche ne donnera rien.
Nous retrouvons donc le vendeur de raviolis du jour précédent, puis nous rentrons à l'auberge de jeunesse après avoir pas mal discuté (de l'université, doctorats, choses et autres). Mais de retour là bas il nous semble que mon père dorme encore. Nous sortons donc à la recherche d'une librairie. La dame à l'accueil de l'auberge nous indique une adresse et on ose prendre un « raccourcit ». Je m'embrouillerais avec le plan puis après un bon détour nous la trouvons à coté du super marché.
Après avoir parcouru les trois étages, je trouve facilement le dictionnaire à couverture souple qu'il cherche, et il l'achète en me donnant celui qu'il a acheté le jour précédent. Je profite aussi d'être là pour acheter une carte de la Chine. Quand on retourne enfin à l'auberge de jeunesse, mon père et Xuelian sont déjà partis.

On cherche donc un endroit où manger ; on fait tout type de ruelles, puis on fini par un endroit asses contrasté. C'est à dire qu'on trouve des boutiques Carrefour et H&M au milieu de ponts et travaux bien chinois ; et dans des bâtiments assez vieux. La ruelle est en pente et on s’attarde dans un salon de thé. On retrouve finalement la muraille que j'avais visité avec l'ami de Zoé, qu'on visite à nouveau. Il y a des grands enfants, des adultes, qui jouent au cerfs volant représentant des masques de l'opéra de pékin.
Dans une ruelle, on prends un bol de nouilles puis on marche jusqu'au bar où nous prenons deux bières. On discute toujours et encore -mon prof est très bavard-, puis Xuelian et mon père finissent par nous rejoindre. Nous rentrons finalement à l'auberge de jeunesse ; le lendemain mon père et moi reprendront la route pour le Guangxi. Mon prof restera à Guiyang, heureux de trouver une ville où il ne fait pas trop chaud et où les gens sont simples et sourillants.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Sam 15 Aoû - 18:49

Jeudi 13 Août

Il est encore tôt lorsque je me réveille, je sors prendre le linge sec et une douche avant de rentrer dans la chambre sombre et humide. Vers 7h mon prof est réveillé et me propose de sortir manger des raviolis, j'en parle à mon père qui regarde si Xuelian dors dans le lit du dessous ; puis il décide de rester. On a prévu de partir dans la matinée, donc on raconte quelque dernières bêtises autour de raviolis à l'eau ou vapeur. De retour à l'auberge de jeunesse, les deux retardataires sont réveillés et nous les accompagnons dans ce même petit restaurant à raviolis. Plus tard, les bagages sont prêts et nous chargeons la voiture. J'abandonne mon prof et ami à Guiyang, il prendra le train plus tard pour continuer son voyage.
De notre coté, mon père peine à sortir de la ville, puis nous prenons l'autoroute quelque heures. Notre destination est GeTuHe. Il a pointé au GPS l'entrée de la grotte, et nous nous embarquons dans quelque petites routes jusqu'aux chemins de terre qui finissent sur une rivière. Il n'y a pas de pont. La grotte est magnifique, très grande ; mon père y était allé en 86. Épuises, nous sommes contraints de faire demi tour ; reprendre les petites et grandes routes, contourner la montagne jusqu'à l'autre coté de la rivière. Fatiguée, je m'endors quelque fois dans la voiture.
On a beau avoir demandé notre chemin, effectivement il menait à Getuhe. Nous n'avons pas de chance parce que deux routes qui y mènent sont en travaux et donc impraticables.

Quand nous retrouvons un bout de ville, en construction, on s'arrête manger différents plats et boire des jus de fruits. Mon père me raconte comment, la dernière fois qu'il est venu, on entendait dès le matin par les hauts parleurs l’hymne national chinois. Aujourd'hui la petite ville, anciennement des plus pauvres de la province la plus pauvre, se transforme pour ressembler à toutes les villes chinoises. Si à l'époque il a pu voir des villages sans électricité, aujourd'hui on trouve du wifi dans le moindre restaurant de rue.
On reprend la route pour finir dans un village, la province est majoritairement Miao et on trouve parfois des personnes âgées en costume bleu foncé.

La raison de notre visite est une compétition d'escalade qui a lieu ici, ça permet à mon père et Xuelian qui travaillent ensemble, de nouer quelque contacts. Mais les hôtels ne sont pas tous pleins, on croise quelque tentes. On trouve donc rapidement un endroit où dormir, et il ne me faut pas longtemps pour m'assoupir sous la chaleur du soir.







Vendredi 14 août

Nous faisons nos affaires dès le matin, qu'on dépose dans la voiture avant de rejoindre la cérémonie d'ouverture du concours d'escalade. Il fait chaud et le soleil se met à taper fort. Il y a quelque étrangers qui forment une équipe contre une équipe chinoise. Plus tard, un des escaladeurs chinois que je rencontre me dira qu'il n'aime pas ce genre de discours sur la compétition et le développement de l'endroit : « trois personnes s'expriment pour dire les mêmes choses ». Il me dira aussi que l'équipe chinoise a tendance à foncer sans se soucier de la sécurité ni de la réelle façon de faire. On croise un peu de monde, mon père et Xuelian parlent affaires. Une jeune fille dira « mais qu'est ce que tu fais ici, c'est une compétition d'escalade pas de spéléologie. Mais GetuHe (ou GebiHe) est avant tout une grotte, et une des plus belles du monde.
Je me renseigne un peu mieux sur son emploi. Finalement l'embauche de la compagnie à ShuangHe vise surtout à faire quelque missions pour le parc, et avoir le visa. Pour cela, il touche 4000yuans/mois, ce qui est peu. Mais en Chine et depuis quelque années, il se fait des contacts, il est rappelé par des compagnies européennes pour faire parfois des via feratta ou faire connaître des produits de Pezl à certains événements. Il est aussi à force connu pour la spéléo en Chine et il n'est pas rare aujourd'hui qu'on le croise en lui disant « je t'ai vu à la télévision », ou bien « oh tu es de fengshan j'ai participé à telle formation secours ». Bref, il est parfois appelé pour des petits contrats, comme par exemple le camp avec les enfants organisé par Limingsong, qui lui a apporté 5000yuans en une semaine. C'est ce qui lui permet de s'en sortir en Chine, et l'emploi ne fonctionne que par le Guanxi qui s'élargit d'années en années.

Comme on nous a donné quelque badges « vip » (qui finalement ne serviront à rien), nous marchons jusqu'à la grotte. Pour cela nous arrivons juste de l'autre coté de la rivière, que nous voulions atteindre hier. On nous mène en bateau sur la rive où nous étions, depuis laquelle nous prenons un grand escalier jusqu'à l'arche la plus haute. Sous la fatigue et la chaleur on réalise rapidement qu'on fait le trajet à l'envers. Tant pis. Une fois en haut quelque escaladeurs s'essaient à la paroi. Certains restent longtemps immobiles ou font quelque maladresses (même les étrangers), et d'autres prennent le temps et bougent régulièrement. J'ai presque envie de me mettre à l'escalade.
Ensuite nous contournons le Tiankieng sur un passage plutôt bien aménagé, au milieu de bambous. Nous prenons quelque photos et redescendons jusqu'à un ascenseur qui descend le gouffre jusqu'à l'autre entrée. La grotte est impressionnante de part sa taille et sa forme, l'entrée est gigantesque et pourtant étroite et lisse pour une grotte de cette taille. Une passerelle nous permet de retraverser la rivière, puis nous passons sur une espèce de pont flottant en plastique.
J'avais remarqué le drapeau rouge au sommet de la paroi, mon père m'explique qu'à l'époque un homme y grimpait à mains nues pour le spectacle. Et ça ne manque pas, il y a quelqu'un qui après avoir attaché son petit radeau de bois, grimpe jusqu'au drapeau et y donne aussi un coup de tambour sous les yeux du petit public. Il redescend aussitôt. Comme s'il faisait ça toutes les heures ou toutes les deux heures.


De retour au village, on décide de rester une nuit de plus, pour pouvoir bien discuter avec tout le monde. On cherche donc un autre hôtel avec du wifi. On trouve quelque maisons plus loin une chambre avec trois lits pour 90yuans. Toujours écroulés sous la chaleur, on s’endort après avoir mangé des nouilles et des patates. Puis Qianzi appelle, il est en bas du bâtiment, on les rejoint jusqu'au soir pour manger et boire des bières. On rencontre un peu de monde, dont quelque chinois de l'équipe d'escalade avec qui j'irais voir le petit concert du soir ; pendant que Xuelian et mon père retournent parler affaire. Le son est très mauvais, et après la premier groupe, la musique deviens insupportable alors nous rentrons. Encore quelque bières puis nous nous couchons.
Pour le lendemain, on a décidé de faire un paris risquée, prendre la route pour 9h au mieux, si le pont qu'on veut prendre existe réellement (est ouvert). Baidumap nous dit de passer par là, mais officiellement le pont devrait ouvrir dans un an. Si il n'y a pas de pont, soit on prendra un bateau si on en trouve un qui propose la traversée, soit on fera demi tour, pour 29h de route au total...
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Lun 17 Aoû - 3:43

Vendredi 15 août

Nous faisons nos affaires dès le matin, qu'on dépose dans la voiture avant de rejoindre la cérémonie d'ouverture du concours d'escalade. Il fait chaud et le soleil se met à taper fort. Il y a quelque étrangers qui forment une équipe contre une équipe chinoise. Plus tard, un des escaladeurs chinois que je rencontre me dira qu'il n'aime pas ce genre de discours sur la compétition et le développement de l'endroit : « trois personnes s'expriment pour dire les mêmes choses ». Il me dira aussi que l'équipe chinoise a tendance à foncer sans se soucier de la sécurité ni de la réelle façon de faire. On croise un peu de monde, mon père et Xuelian parlent affaires. Une jeune fille dira « mais qu'est ce que tu fais ici, c'est une compétition d'escalade pas de spéléologie. Mais GetuHe (ou GebiHe) est avant tout une grotte, et une des plus belles du monde.
Je me renseigne un peu mieux sur son emploi. Finalement l'embauche de la compagnie à ShuangHe vise surtout à faire quelque missions pour le parc, et avoir le visa. Pour cela, il touche 4000yuans/mois, ce qui est peu. Mais en Chine et depuis quelque années, il se fait des contacts, il est rappelé par des compagnies européennes pour faire parfois des via feratta ou faire connaître des produits de Pezl à certains événements. Il est aussi à force connu pour la spéléo en Chine et il n'est pas rare aujourd'hui qu'on le croise en lui disant « je t'ai vu à la télévision », ou bien « oh tu es de fengshan j'ai participé à telle formation secours ». Bref, il est parfois appelé pour des petits contrats, comme par exemple le camp avec les enfants organisé par Limingsong, qui lui a apporté 5000yuans en une semaine. C'est ce qui lui permet de s'en sortir en Chine, et l'emploi ne fonctionne que par le Guanxi qui s'élargit d'années en années.

Comme on nous a donné quelque badges « vip » (qui finalement ne serviront à rien), nous marchons jusqu'à la grotte. Pour cela nous arrivons juste de l'autre coté de la rivière, que nous voulions atteindre hier. On nous mène en bateau sur la rive où nous étions, depuis laquelle nous prenons un grand escalier jusqu'à l'arche la plus haute. Sous la fatigue et la chaleur on réalise rapidement qu'on fait le trajet à l'envers. Tant pis. Une fois en haut quelque escaladeurs s'essaient à la paroi. Certains restent longtemps immobiles ou font quelque maladresses (même les étrangers), et d'autres prennent le temps et bougent régulièrement. J'ai presque envie de me mettre à l'escalade.
Ensuite nous contournons le Tiankieng sur un passage plutôt bien aménagé, au milieu de bambous. Nous prenons quelque photos et redescendons jusqu'à un ascenseur qui descend le gouffre jusqu'à l'autre entrée. La grotte est impressionnante de part sa taille et sa forme, l'entrée est gigantesque et pourtant étroite et lisse pour une grotte de cette taille. Une passerelle nous permet de retraverser la rivière, puis nous passons sur une espèce de pont flottant en plastique.
J'avais remarqué le drapeau rouge au sommet de la paroi, mon père m'explique qu'à l'époque un homme y grimpait à mains nues pour le spectacle. Et ça ne manque pas, il y a quelqu'un qui après avoir attaché son petit radeau de bois, grimpe jusqu'au drapeau et y donne aussi un coup de tambour sous les yeux du petit public. Il redescend aussitôt. Comme s'il faisait ça toutes les heures ou toutes les deux heures.


De retour au village, on décide de rester une nuit de plus, pour pouvoir bien discuter avec tout le monde. On cherche donc un autre hôtel avec du wifi. On trouve quelque maisons plus loin une chambre avec trois lits pour 90yuans. Toujours écroulés sous la chaleur, on s’endort après avoir mangé des nouilles et des patates. Puis Qianzi appelle, il est en bas du bâtiment, on les rejoint jusqu'au soir pour manger et boire des bières. On rencontre un peu de monde, dont quelque chinois de l'équipe d'escalade avec qui j'irais voir le petit concert du soir ; pendant que Xuelian et mon père retournent parler affaire. Le son est très mauvais, et après la premier groupe, la musique deviens insupportable alors nous rentrons.
Qianzi et d'autres chinois sont toujours fidèles au poste, à trinquer. On me raconte l'histoire de l'un d'entre eux qui est gynécologue dans le coin. Il est très célèbre et apprécié pour son acte de "désobéissance civile". Parce qu'il a refusé de stériliser les femmes après le premier enfant comme il devait le faire, les couples ont donc pu rester maîtres de leur fertilité. Encore quelque bières puis nous nous couchons.
Pour le lendemain, on a décidé de faire un paris risquée, prendre la route pour 9h au mieux, si le pont qu'on veut prendre existe réellement (est ouvert). Baidumap nous dit de passer par là, mais officiellement le pont devrait ouvrir dans un an. Si il n'y a pas de pont, soit on prendra un bateau si on en trouve un qui propose la traversée, soit on fera demi tour, pour 29h de route au total...


Dernière édition par mystheria le Mar 18 Aoû - 13:08, édité 1 fois
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Lun 17 Aoû - 3:52

Dimanche 16 août

Nous partons à neuf heures, on rends les badges VIP, c'est le début d'un long trajet interminable. D'abord, mon père essaie de rejoindre l'autoroute suivant les conseils de Qianzi pour « gagner du temps » ; mais lorsqu'on demande notre chemin à deux chinoises elles nous disent de prendre telle direction qui est la mauvaise. On s'en rends compte en faisant le plein et mon père choisit finalement l'option « 12h de route » sans tenter l'expérience du pont.
Neuf heures d'autoroute et on s'arrête dans une petite ville, on nous indique que la route de FengShan est en travaux et donc bloquée ; on mange quelque chose puis on prend donc la direction de Leye.
On retrouve les paysages de montagnes, et tous ses virages. La nuit tombe et nous sommes bloqués par des glissements de terrain. Par deux fois on devra arrêter la voiture en attendant que la voie se dégage. Lorsque la pluie commence à tomber, sans essuies glaces et avec la poussière, on se rends compte qu'on est pas encore arrivés.
Finalement on sera à Fengshan vers 10h du soir, on bois quelque chose et on se repose enfin. Mais de mon coté j'ai bien peur d'être tombée malade et d'avoir attrapé une espèce de grippe. Heureusement on reste une 10aine de jours, ce qui me laissera le temps de me reposer.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mar 18 Aoû - 13:04

Lundi 17 août

Mon père pars le matin jusqu'à son bureau à Fengshan. Il y a encore toutes ses affaires. Je le rejoins après m'être levée avec peine et je marche doucement parce que je me sens pleine de courbatures. Une fois au bureau je lui parle de mon état et je met à jour le compte rendu, il n'y a plus internet dans son appartement depuis que la bibliothèque d'où émettait le wifi, a été refaite. Je m'endors sur la table mais j'ai un peu froid, je prend de l'eau chaude puis du café en poudre, finalement il me ramène à l'arrière de son vélo avant de passer chez le dentiste.
La journée n'est pas intéressante à raconter, puisque je la passerais à me forcer à dormir et à avoir chaud pour faire passer ma grippe. Avant de retourner au bureau mon père me donne deux espèces de gros fruits secs à mettre dans l'eau bouillie pour passer les maux de gorge. Je remplis d'eau le cuiseur à riz, j'en bois des bols de temps en temps. Je m'endors en écoutant tous les albums d'Annkirst. Puis je prend une douche très chaude.

Vers 5h il me demande si j'ai faim, j'ai faim ; on mange deux plats et une soupe avant de retourner à l'appartement. On achète une espèce de médicament à base de plantes pour les courbatures, puis on regarde un film avant de s'endormir.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mar 18 Aoû - 13:40

Mardi 18 août

Je me lève tard mais je me sens mieux. Je lis le livre « Nuit » que mon professeur de grammaire m'a cédé une fois qu'il l'avait terminé. Puis j'essaie d'apprendre les signes chinois. Vers midi mon père me rejoint, mon mange un bol de nouilles et on rentre au bureau où on passe notre après midi. Lui à bosser, moi à farfouiller sur internet, répondre aux mails, écrire un peu. Je vais mieux malgré une fatigue constante.

J'avais oublié de raconter, comment deux jours avant nous avons retraversé le marché de Fengshan, celui là même que j'ai vu passer d'état de bazar sale où on trouve n'importe quoi et où on s'y perds, à un immense champ de ruines où les enfants jouent. C'est aujourd'hui une grande galerie commerciale, au premier étage des boutiques, au second des places pour le « marché », mais plus personne n'y va, la place est surement trop chère.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mer 19 Aoû - 15:11

Mercredi 19 Août

Je dors mal parce qu'il fait beaucoup trop chaud. Au final je passerais bien la journée à lire, le soir j'aurais sûrement fini. Vers midi j'appelle mon père, mais comme il fallait s'y attendre, il n'a pas faim. Je vais donc manger un bol de nouilles à la viande de chèvre avant de le rejoindre au bureau vers 2h30. Là, retour du wifi, mais je passerais l'après midi à lire aussi, jusqu'à ce que Renaud arrive sur Weechat vers 19h. Je n'avais pas réalisé qu'une dizaine de jours encore en chine n'était rien d'autre qu'une grande semaine. Je me rétablis doucement, toujours fatiguée, demain j'espère bouger un peu histoire de raconter quelque chose de plus intéressant.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Ven 21 Aoû - 13:46

Jeudi 20 Août

Finalement c'est une journée comme les autres. Je fini mon livre dans la matinée, puis j'arrange ma valise pour ne plus à avoir balader des affaires inutiles. Vers 1h je prends un bol de nouilles à la viande de chèvre et un œuf, puis je marche jusqu'au bureau. Là bas, je m’attelle à l'organisation de la rentrée, le temps passe vite. Je suis encore fatiguée. On part assez tôt du bureau pour passer à la pharmacie où on me donne un médicament à base de plante pour mon histoire de langue jaune. Ensuite on achète des « crêpes » et des boissons qu'on termine à l'appartement. J'ai bien l'intention de passer quelque films et musiques à mon père, on vide l'espace nécessaire au transfert en en regardant un nouveau.
Quelque bricoles que j'oublie toujours de raconter : à Fengshan, la « tête de vieux » qu'ils sculptaient dans la falaise n'existe plus, ils ont fait d'autres sculptures qui jurent dans le paysage parce qu'elles sont à coté de fausses stalagmites en plastique repeint en gris. Au pied des sculptures, à coté de ce qui me fait penser à un tambour Zhuang, je ne le remarque que la nuit : la piste de rollers a retrouvé une place. À l'époque elle était dans la grotte à l'entrée de la ville, puis elle a disparue. À présent il y a tout un espace où le soir, les enfants jouent.
Je ne me suis pas encore vraiment promenée le soir, mais il y a toujours des petits vieux pour chanter, parler, jouer aux cartes, écouter des musiques ou en jouer.
Ce que j'oubliais aussi, et ça fait longtemps, à notre départ de GetuHe/GebiHe (renomé à cause d'une erreur, le village et la grotte n'avaient pas de nom en 86 quand les spéléo sont passés, et la rivière n'a pas le même nom -getu ou gebi- suivant si on la prend en aval ou en amont) ; on a vu sur la route, deux vagabonds. Des vagabonds comme j'en ai jamais vu, les cheveux hirsutes, comme habitués à vivre dehors. Habillés de ce qu'ils peuvent.
Et on repense à la taille de la Chine et ses inégalités de richesses.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Ven 21 Aoû - 13:56

Vendredi 21 Août

J'ai fais une erreur, la « tête de vieux » existe encore, elle est un peu plus loin et représente un homme assis. J'irais la prendre en photo dans l'après midi. Je me suis réveillée avec une idée en tête : ne pas m'éterniser à Fengshan et partir plus tôt à Chongqing. Même si je suis encore fatiguée, j'ai envie de traîner dans cette ville de fous avant de partir pour la France.
Mais quand je me lève, j'ai encore sommeil, je prends une douche et dors jusqu'à midi.

Je ne m'attarde pas à prendre des nouilles, je vais directement au bureau où je teste des vieilles nouilles déshydratées qui traînent par là ; mais je ne les fini pas tellement elles sont mauvaises. De toute façon, je n'ai pas très faim. Je m'organise un peu, il reste des places assises, pas de couchette, mais comment les acheter ? De Fengshan il y a 3h de bus pour Jinchengjiang puis 14 de train pour Chongqing, le même que j'ai pris en arrivant en Chine. À Chongqing j'opte finalement pour une auberge un peu plus chère (40yuans/nuit) mais un peu mieux placée ; je pense au 29 où je devrais faire plus d'une heure de métro pour atteindre l'aéroport de bon matin. En plus, cette auberge a du charme, dans un vieux bâtiment chinois des Ming. Mais rien n'est encore certain.

Dans l'après midi, LuoHongJie et une petite équipe apparaissent, on mangera ensemble le soir. Entre temps, mon père a eu Mr Wei au téléphone. Il va peut être mettre la pression pour que mon père puisse rencontrer une personne qu'il attends pour recevoir sa paye ; ce n'est pas forcément une bonne chose. En tout cas, ce Mr Wei à qui on ne peut pas refuser une invitation au Karaoké, nous invite le lendemain dans son village natal qu'il veut, depuis qu'il a vu le massif des Bauges, transformer en « village français ».
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Dim 23 Aoû - 7:47

Samedi 22 Août

Il est 10h quand je suis encore couchée, mon père m'appelle pour que je descende le rejoindre lui et Mr Wei, en bas de l'immeuble. Je fais mon sac rapidement, histoire de prendre l'appareil photo, et nous voilà trois passagers et mon père qui conduit une voiture récente.
On roule moins d'une heure puis on s'arrête à mi chemin pour acheter des nouilles comme petit déjeuner, il est peut être 11h. On peut voir comment sont fabriquées les nouilles de riz, je pense qu'on pourrait en faire avec la farine et de l'eau. Elle étale cette espèce de pâte blanche très liquide sur un petit plateau, qu'elle fait cuire peu de temps à la vapeur. La pâte s'est solidifiée, elle en découpe des lamelles et met le tout dans le bol. On ajoute du bouillon et de la viande, du piment et c'est prêt.

En partant, on prend quelqu'un dans la voiture qu'on dépose un peu plus loin, on devait être sur la route. On retrouve des chemins de terre et une route cabossée, et on s'arrête dans un coin de campagne où il n'y a presque rien. Là, Mr Wei nous dit qu'il veut y faire son « village bauju », 10maisons pas plus, ici et là bas, et aussi là. Il demande l'avis de mon père, il hausse les épaules. « oui c'est joli comme endroit ». Un cheval est là au milieu des cultures, à brouter tranquillement. Il y a deux maisons dont une vieille ferme chinoise dont on voit bien la charpente.
Après un petit tour, on se gare juste au dessus, dans le village natal de Mr Wei. Il y a quelque poules, des canards qui barbotent, toutes les maisons sont en moellons et parfois carrelées à l'extérieur. Il fait très chaud. On pose nos affaires puis on va marcher un peu. Mr Wei semble faire le tour d'un chantier qu'il a mis en place.
Nous marchons sur une route de terre et on croise des femmes qui construisent un réservoir d'eau. Ensuite, plus loin, on croise des hommes protégés de chapeaux de paille qui remontent des vieilles charpentes. J'ai l'impression que « ça se construit comme une tente » ; d'abord ils emboîtent plusieurs murs porteurs, qu'ils mettent debout et qu'ils relient pour faire la structure. J'en profite pour prendre des photos. Puis nous continuons de marcher, jusqu'à une espèce de bassin gigantesque -mais non rempli- au milieu duquel trône une espèce de bouddha ou divinité taoïste qui a l'air en jade.
On imagine déjà la suite des événements, le terrain derrière n'est pas stable et la terre remplira peu à peu le bassin. Il y a quelque étals pour faire brûler l’encens, je rigole en disant « elle est loin la révolution culturelle ». Les « nouveaux lieux de culte » semblent réapparaître en masse. Plus loin, sur la route je verrais des nouveaux bâtiments munis d'un espèce d'objet taoïste qui comporte au centre un miroir, et je retrouverais tous les miroirs et ciseaux aux entrées des portes. Nous sommes en territoire Zhuang, mais seuls ces détails et la langue nous laisseraient le deviner.

De retour chez la famille de Mr Wei, ces derniers mangent dans une autre salle, et nous on s'installe, toujours à quatre, à une table de l'entrée principale, où on trouve le tableau en hommage aux ancêtres. La quatrième personne est celle avec laquelle mon père tentera régulièrement mais sans succès de récupérer sa paie et le remboursement de son billet d'avion pour un meeting autour des Géoparks en Finlande. Pour le billet d'avion ça peut aller, pour la paye, elle est dispersée et on ne peut pas savoir qui donnera quoi, et quand. On prend la route pour rentrer à Fengshan.
Parfois, on double des chevaux, il y a encore du monde qui les utilise comme moyen de transport ici. Les deux chinois s'endorment dans la voiture, et nous rentrons par la route qui passe par la grotte à l'entrée de la ville. On croise LiuHongJie et les personnes qu'il forme à la montée sur corde et à la spéléo, mais il ne nous voit pas.
Arrivés au bureau, on se sépare, et mon père et moi traînons encore au bureau, profitant du wifi. Il a terminé le poster qu'il présentera en Finlande. De mon coté j'ai mon billet de train pour partir le 24 à Chongqing, j'ai aussi réservé une auberge de jeunesse, ce qui m'offira quelque jours dans cette ville avant le retour en France.

Le soir, LuoHongJie nous invite manger avec le petit groupe. Je lui laisse des graines de lavande et l'adresse de la professeure qui veut faire un éco-village dans le Yunnan, il faudra qu'il les lui envoie, parce que je ne sais pas comment faire et elle n'a pas confiance en la poste. Il faudra passer par un autre transporteur. Je réglerais les détails le lendemain.
Encore un soir, encore un autre film. Mon père profite de l'occasion pour voir ce que j'ai sur le disque dur.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mar 25 Aoû - 9:54

Dimanche 23 Août

Vers 10h, je suis réveillée et j'emballe tant bien que mal mes affaires, j'en ai beaucoup trop. Mais je réussis quand même à débarrasser mon père d'un pot à thé, ce genre de cadeaux qu'on lui offre et qui prennent la poussière dans son bureau. Ma valise ferme avec un peu de patience, je vais m'amuser à la transporter tout le reste du voyage. Je rejoins mon père à son bureau à midi, de là, encore quelque bricoles sur internet. En marchant jusqu'à son bureau, voici un souvenir d'il y a quelque jours mais qui me revient maintenant : j'entendais des bruits d'oie à tout rompre. Je regarde un peu à droite, dans une maison qui n'a de maison que sa structure en moellons, dont tout le rez de chaussé est rempli d'oies, qui regardent à l'extérieur. C'est un drôle de voisinage. Dans l'après midi et plus tard, je ne reverrais plus ce spectacle.
J'avais envie de me balader un peu, mais non, je reste jusqu'à 5h où je fini par demander à mon père (qui se casse la tête sur un fichier excel) « de la station de bus à Jinchengjiang à la gare, c'est loin ? ». Et là il s'arrête et réalise qu'il faut encore aller acheter mon billet de bus. Sur QQ, il a demandé des nouvelles de son poster, pour aller le chercher. Sauf qu'on lui répond qu'il faut aller « chez machin » « chez machin c'est où ? » « c'est à coté de chez truc ». Il envoie un plan pour que la personne situe le lieu, mais ça ne marchera pas ; alors que nous seront en route en vélo pour la station de bus, nous ferons immédiatement demi tour pour attendre une personne qui amène le poster.

À la station de bus, j'opte pour un bus à 9h, c'est tôt puisque le train pars à 18h, mais je veux toujours être en avance. Il me montre comment m'y rendre le lendemain puis nous mangeons un « chaguofen », du riz frit, trois légumes et trois viandes dans une petite marmite. On rentre à l'appartement et puisqu'il est encore tôt, on regarde un dernier film ensemble. On ressort vers 10h pour acheter une glace et à boire, fatigués, on ne fait pas long feu avant de nous coucher.

avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mar 25 Aoû - 10:09

Lundi 24 Août

Mon père a l'habitude de se lever vers 7h16, aujourd'hui c'est le jour de son anniversaire. Il doit savoir que s'il se lève je me lèverais trop tôt, alors on dort encore un peu jusqu'à 7h50. C'est comme ça qu'on se dit au revoir, il pars au bureau. Je reste encore une vingtaine de minutes, le temps de vérifier ma valise. Je laisse les médicaments, et comme on pouvait s'y attendre, j'arrive avec une demi heure d'avance. Depuis chez mon père, il suffit de suivre le trottoir de droite, puis entrer dans un des trois restaurants qui peuvent servir de raccourci. Cela donne sur la cour où les bus attendent pour le départ.
Je trouve rapidement celui de Jinchengjiang, à sa place habituelle. J'achète à boire puis à tout hasard je montre mon ticket. On m'indique de mettre ma valise dans le coffre et de monter dans le bus. Je suis étonnée -et pas très rassurée- de voir celui ci partir à 8h40 alors qu'il devait partir à 9h. J'essaie de demander à la personne à coté de moi pourquoi, il me répond quelque chose que je ne comprend pas, mais ce n'est pas grave, le but était surtout de montrer mon ticket une fois de plus.

On estime à peu près 2 ou 3h de bus de FengShan à Jinchengjiang. Au bout de deux heures je repère une station essence où je me suis déjà arrêtée, puis nous disparaissons encore une heure dans les montagnes. Je lorgne du coin de l’œil les autres bus qui viennent de Jinchengjiang dans le sens inverse, ça me rassure. C'est un tout petit bus, peut être une vingtaine de places. Parfois on s'arrête au bord de la route pour prendre des passagers qui font un petit trajet, d'autres fois le chauffeur appelle pour savoir si quelqu'un descend à tel village, ou bien s'il y a des candidats pour s'arrêter aux toilettes. C'est très long, les gens dorment mais moi je n'arrive jamais à m'endormir en transport.

A midi je suis enfin arrivée. Je repère les toilettes et je traîne mon sac jusqu'à la route. Je rigole quand des gens à moto me proposent de monter, vu mon sac, on n'irait pas loin. Finalement la réponse de mon père quant au trajet de la station de bus à la gare, a été : en taxi, pas le choix. Pareil pour l'arrivée à Chongqing, il vaut mieux éviter de m'aventurer dans de grandes marches dans cette ville, on est souvent trompé par l'échelle sur la carte.
J'ouvre la porte du taxi et je demande « est ce que c'est possible d'aller à la gare ? » oui, bien sûr. Je met ma valise dans le coffre et on roule bien 20minutes. La chauffeur me pose plein de questions, en chinois. Elle comprend qu'il faut parler lentement pas qu'on peut discuter. Elle me dit que la rivière que nous traversons passe par Lijiang et Guilin, j'aurais eu un goût de tourisme rien qu'en la regardant. Elle me pose plein de questions, je lui dit que je suis française, que je suis allée dans le Yunnan, Guangxi, Guizhou… Elle est impressionnée par le fait d'une femme seule (elle devine mon âge à un an près), étrangère, voyage comme ça. Elle me demande où je vais depuis la gare, je lui parle de mon retour en avion à départ de Chongqing. Elle me demande aussi où j'ai acheté mes différents bracelets, montre, porte monnaie etc. ça occupe le temps, puis elle me montre la gare, je prend mon sac et je descend.

La première chose que j'ai en tête est d'aller chercher mon billet de train. Cette fois j'ai préparé la même phrase qu'à Kunming sur le téléphone, avec le numéro de réservation. Je sors aussi mon passeport. En deux secondes, la personne à compris ; elle fait juste l'erreur fréquente de regarder le numéro de visa au lieu du numéro de passeport, mais j'ai l'habitude et je lui indique le bon numéro.
Billet en poche, je cherche quelque chose à manger. Il fait chaud et ma valise est lourde, même à roulettes, je m'arrête au premier petit restaurant venu où je prend deux plats de raviolis. 10Yuans. Je mange tranquillement puis je décide de retourner à la gare pour attendre à l'ombre dans la salle d'attente. En chemin j'achète de l'eau et du thé froid, 5yuans. Le marchand me dit que ce n'est pas très prudent de mettre mes sous dans la poche arrière de mon sac, ok, je ferais attention, mais je les y laisse. À la gare, je passe ma valise à l'habituelle vérification, et moi aussi, je montre mon billet et je m'installe.
Une femme vient me voir avec cette question qui me fait bêtement rire, pour ne l'avoir jamais entendue comme ça « tu es étrangère ? ». Oui. Elle me dit qu'elle prend aussi le train pour Chongqing, mais en couchette, elle a deux enfants. Elle me regarde en disant que « c'est fou comme on ne se ressemble pas, le menton, les yeux etc ». Puis elle repars. A un moment elle revient me demander si j'ai des photos de Paris. Hé non. « mais tu es française ? » oui, mais j'ai pas de photos de Paris, tant pis. J'essaie de me rattraper en lui montrant une carte pour dire où est la france par rapport à la Chine, et cela lui paraît tout inconnu.

J'ai cinq heures à tuer, et j'en profite pour écrire mon compte rendu et faire un peu de chinois. Ensuite, c'est 14h qui m'attendent, pour arriver à 9h à Chongqing.

Cette fois je n'aurais pas eu beaucoup de chance : la plupart du temps du voyage je partagerais mon siège. Un groupe de 3-4personnes sans siège profitent d'un instant de répit pour s'installer en face de moi. Ils mettent leur affaires (des seaux) sous la petite table. Et je ne suis pas coté fenêtre, mais coté allée. L'allée pendant la nuit, disparaît totalement sous les corps qui n'ont nulle part où s'asseoir. Certains dorment debout, et j'en verrais un dont les pieds dépasseront de sous un siège, pourquoi pas. A un moment, je ne veux plus céder mon coin de place, alors je râle en français, ça marche une petite heure. Celle que je plaint aura été une voyageuse de passage en face de moi, qui a du les déloger pour avoir sa place, et même si celle ci n'était pas partagée, son voisin avait un don incroyable pour réussir à dormir et s'étaler légèrement. Après elle, un autre homme à grandes jambes, bref, j'ai toujours été recroquevillée. Et bien contente d'arriver enfin à 10h du matin. Même le ventre vide…
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mar 25 Aoû - 14:02

Mardi 25 août

Tout le monde se réveille et s’endort, la nuit n'a été facile pour personne. Une petite musique vient du train pour nous rappeler que la journée commence, et qu'on arrivera à Chongqing dans trois petites heures encore. Les deux fois, on m'a aidé à descendre ma valise, j'en serais totalement incapable seule mais d'essayer fait qu'on est bien obligé de m'aider, elle est toujours très lourde. Une petite dame veut même m'aider à la tirer jusqu'à la sortie de la gare, mais je ne lâche pas la poignée pour autant. Je suis enfin rassurée quand je vois que la gare est celle d'où je suis partie.
Je trouve facilement mon chemin, je remercie intérieurement le garçon qui m'avait aidé à l'aller car mes souvenirs me guident vers l'escalator gigantesque qui va de la gare à la station de métro. L'utilisation de l'escalator est de 2yuans, mais ça n'est rien comparé à l'énergie que me demanderait une telle montée à pattes. J'y reste sûrement une ou deux minutes tellement il est long, on en aurait le vertige à regarder derrière le chemin parcouru, et devant, le chemin qu'il reste.

Une fois dans la station de métro, je cherche la ligne 1 et j'achète un billet à 2yuans pour aller à XiaoShiZi d'où je devrais retrouver l'auberge de jeunesse. J'ai chaud car je porte un petit pull pour me protéger de la climatisation, heureusement, la chaleur extérieure n'est pas écrasante, le temps est nuageux.


Heureusement… Car une fois sortie je réalise que je me suis mal organisée cette fois ci, je n'ai pas fait d'itinéraire sur Baidu que j'aurais photographié, uniquement un point approximatif où se trouve l'auberge. Et le souci de Chongqing, c'est son dénivelé… Quand je veux m’orienter avec les points cardinaux, je doute quand je dois entamer une descente. Trop risqué avec ma fatigue et le poids de la valise, j'ai l'estomac vide depuis bientôt 24h, alors je demande mon chemin à quelqu'un qui m'indique l'autre sens. J'ai bien fait.
Ça m'énerve un peu, mais à force de demander je trouve enfin des panneaux qui donnent le nom de la route. À partir de là je suis déjà plus à l'aise. Mais tout de même : lorsque je traverse la voie et que je tombe sur un muret puis une porte chinoise en bois, je ne me serais jamais aventurée dans cet escalier sale s'il n'y avait pas un panneau qui indiquait le nom de l'auberge de jeunesse !
Je descend donc l'escalier, puis marche dans des gravats de briques, verre, béton etc. Pour éviter de me mouiller les pieds, quelque briques sont posées là au dessus d'une rigole d'eau, je porte ma valise encore une fois. Puis la ruelle continue, mieux pavée mais toujours aussi étroite, à gauche une grande porte d'un autre temps sur ce gigantesque mur jaune m’impressionne. À droite, un petit escalier descend, un panneau indique l'auberge de jeunesse. En face de moi, dehors, ils font la cuisine, et j'entre dans ce fameux bâtiment Ming.
Si quelque minutes avant, la mauvaise humeur m'aurait fait croire à un faux et un attrape touristes, je n'y crois plus. C'est un vrai, et vu la ruelle, ce n'est pas un attrape touristes.


Quelqu'un vient vers moi et m'aide par politesse à porter ma valise pour passer les marches à chaque porte. Je montre ma réservation sur booking, mais celle ci n'a bizarrement pas été prise en compte. Ce n'est pas grave, la place est toujours libre. On me facture déjà 180, puis je montre que c'était 160 sur la réservation, va pour 160. On m'indique la chambre, en haut de l'escalier. La chambre est vraiment petite et extrêmement sombre. Mais garde son charme. Le souci c'est qu'il n'y a pas de clef, alors je met ma valise a moitié sur le lit pour l'avoir sous la main. Je pars prendre une douche, il n'y en a qu'une seule et un toilette, mais c'est expliqué qu'ils ne pouvaient pas faire autrement dans un tel bâtiment. Il y a deux parties, deux petites cour et des balcons qui forment un carré au dessus. Des bassins, des poissons, des tortues. Bref, l'endroit est tout de même charmant.

Une fois douchée, j'imaginais donner quelque nouvelles sur internet, mais la faim a enfin raison de moi, et je sors chercher un endroit où manger. D'abord je voulais continuer de descendre, mais on m'indique que j'aurais plus de chances de trouver quelque chose en montant, c'est vrai. Je prend le premier bol de nouilles que je trouve pour 5yuans, j'y passe les pièces que m'a rendu le distributeur à la station de métro.
Je m’apprête à rentrer, mais j'ai mangé vite, et j'ai déjà un peu plus de forces et toute l'après midi devant moi. Alors je repasse devant l'auberge de jeunesse mais je continue la ruelle pour identifier ce bâtiment gigantesque et ancien. Temple ou mémoire de quelqu'un qui a vécu ici, je paye 30yuans pour entrer mais je ne suis pas déçue. Je prend mon temps et de nombreuses photos.
En sortant, comme je veux traîner un peu, je m'arrête boire du thé, c'est presque s'ils n'ouvrent pas spécialement pour moi. La patronne, pour s'assurer que tout va bien, appelle sa fille au téléphone pour qu'elle me parle anglais, mais mon niveau de chinois me permet quand même d'acheter un truc à boire sans avoir besoin d'aide.


Quand je retourne à la chambre, je m'endors directement. Puis je suis réveillée par deux filles qui viennent aussi d'arriver. On discute un peu, mais quand je déciderais de repartir « marcher et manger » ça sera trop tôt pour elles. Alors je repars me promener seule.
J'essaie de repérer ma route, et ne plus avoir de doute quant à l'aventure de la matinée. C'est là que je vois une sortie de station que je n'avais pas sur mon plan, et qui est beaucoup plus rapide et facile à accéder. Je rentre et je vérifie si tout convient pour le 29, quelque part au fond de moi, j'ai hâte de rentrer en France.
Je ressort d'un autre coté, et je m'aventure à franchir un grand pont qui traverse le fleuve jaune (si c'est bien lui). Il y a deux niveau, voitures et en dessous métro (qui prend le soleil de temps en temps). À droite je peux voir un funiculaire qui traverse aussi le fleuve, à gauche en bas, un ferry, en haut, très souvent, les avions passent.
Cette ville est tellement immense que je renonce à faire l'aller retour pour le plaisir. Je m'arrête à mi chemin, et je fais demi tour. Heureusement qu'il ne fait pas trop chaud, mais je me sens comme « écrasée » par la ville. Comme si le moindre mètre en était en fait une centaine qu'on ne voit pas passer. C'est quand même pour ça que je voulais rester quelque jours, pour « ressentir » la vie ici.
Je m'arrête pour prendre des nouilles, encore une fois « avec un peu de piment » (pour dire « pas trop »). Mon chinois ne me permet pas de lire explicitement les panneaux alors quand on me demande si je veux avec de la viande de bœuf ou avec quelque chose que je ne comprend pas, c'est simple, j'opte pour le bœuf. A un moment, la miss est surprise que je comprenne ce qu'elle dit à l'autre client, on échange quelque mots, l'habituel « je suis française » et la réponse que je n'avais pas encore entendue jusque là « il y a beaucoup de beaux gosses en France ? ». Haha, je réponds oui pour répondre quelque chose.
Plus loin, j'achète une boisson non identifiée que je traduis plus tard « goût de fleur d'olivier ». Je m'installe à une table dans une des cour de l'auberge de jeunesse pour faire un peu de chinois et écrire mon compte rendu de la journée. Avant un repos bien nécessaire.
avatar
mystheria

Messages : 148
Date d'inscription : 18/05/2008
Age : 26
Localisation : Savoie (73)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Compte rendu Chine 2015

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum