Compte rendu Chine 2015

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Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Jeu 9 Juil - 5:04

Compte rendu Chine 2015

Lundi 6 Juillet

Partie 1. (excusez, aucune photo, l'appareil était dans ma valise)

Après une année scolaire mouvementée, l'heure du départ pour la chine approche sans que j'aie planifié mon programme. On se lève tôt le matin pour que je puisse partir de Genève pour Helsinki. Au fur et à mesure des années, on voit quelque sacrifices des compagnies aériennes pour maintenir leurs prix, j'ai donc eu la joie de voir qu'aucun repas n'est servi dans un vol entre 10h et 14h. Je me retrouve donc le ventre vide à l’aéroport d'Helsinki, entre toutes les boutiques et restaurants bien trop cher. Je réussi aussi à faire la bêtise de prendre mes yuans ici, et d'avoir mal compris leur système j'en perds 100 d'office. Je finis quelque euros en pièce dans un distributeur pour deux paquets de chips et un de fruits secs, histoire de manger quelque chose.
Le second vol est à 17h, avec le wifi et le temps qu'il me reste je parviens vaguement à donner rendez vous à un ami le lendemain, je lui donne mon itinéraire, s'il n'est pas à l’aéroport on se retrouve à la gare. Le changement d'avion se fait plus facilement qu'il y a deux ans, alors que j'avais fais l'erreur d'aller dans les files « tout passeport » plutôt qu'européen, j'avais pu goûter à la difficulté que les autres rencontrent.
Dans l'avion, je suis à coté d'une fille de mon âge qui voyage aussi seule, elle vient d'Ukraine pour travailler à Chongqing. Je l'aide à remplir le papiers pour les étrangers qui entrent en chine.
A nouveau, j'ai du mal à dormir, ils ne fournissent plus de bouchons d'oreilles ni de cache pour les yeux.

Mardi 7 Juillet

L’atterrissage a lieu vers 7h du matin en Chine. D'en haut je vois quelque montagnes, des usines, et autour de l’aéroport la ville se construit, s'agrandit. Après avoir récupéré ma valise, mon ami n'étant pas là, je pars à la recherche du métro. Me voila à ChongQing, sans téléphone et avec quelque yuans en poche. Le métro (ou « lightway ») à Chongqing est très pratique et simple à utiliser pour un étranger, les stations sont numérotés. Je prend mon ticket à la machine, il y en a environ pour une heure jusqu'à la sortie « liu lu kou » d'où je dois retrouver la gare.
Dans le métro je demande le téléphone à une personne pour appeler mon ami, on m'aide sans souci. De fil en aiguille, ceux à qui j'ai demandé de l'aide indiquent à une nouvelle personne où je vais pour pouvoir m'aider à trouver la sortie. Je suis toujours aidée, une fois en dehors du métro je cherche la sortie B2 pour rejoindre la gare, alors que je lis le plan pour me repérer un jeune homme me propose tout de suite son aide. J'explique que je veux aller à la gare et il se propose de m'accompagner. Il découvre de nouveaux passages. Chongqing est une ville gigantesque et les différences de niveau sont impressionnantes. On paye pour prendre un escalator et descendre jusqu'au niveau de la gare.
A nouveau seule, j'attends comme convenu mon ami devant le guichet, le temps passe. Lorsqu'on se retrouve, il m'explique qu'il m'a cherché à deux autres gares avant de comprendre pourquoi je lui parlait de la station « liulukou », il ne connaissait pas cette troisième gare. Une fois le billet de train en poche, nous avons la journée jusqu'à 19h. Il me propose d'aller voir un musée ; le musée du barrage des trois gorges.

Il m'explique que sa famille fait partie de ceux qui ont été déplacés lors de la création du barrage. Le musée est gratuit, une partie présente des œuvres poteries, art, calligraphie. On trouve de nombreuses chauves souries sur les poteries, puisque la prononciation est proche du « fu » de bonheur. Une partie est sur la ville de ChongQing, les différents billets qui ont été édités à la fin de l'empire. A chaque fois que mon ami, Gordon, voit Mao il sors « ahah zombie ». Il aimerait bien le voir disparaître des billets.Une partie est consacrée à l'exposition temporaire de photographies, différents lieux en Chine. Gordon m'explique que le gouvernement a actuellement une volonté de vider les villages pour encourager le travail dans les villes.
J'imagine déjà la catastrophe à venir. Une amie m'avait aussi parlé de ça, les personnes sont relogées dans des appartements neufs qu'ils achètent. Mais une fois dans ce nouveau confort, pour une famille de paysans qui a perdu leur terre, c'est très difficile de trouver un travail ou une activité. Et se retrouvent coincés.

On sort manger, le lieu est très bruyant, on entre par la fenêtre et commande quelque plats de Chongqing. Puis on retourne au musée. L'exposition qui suit est sur une période plus ancienne et tente l'hypothèse de l'apparition des premiers homme dans la région de Chongqing. Je suis tellement fatiguée que je laisse Gordon continuer et je m'endors dans le hall. On discute beaucoup, j'ai du mal à le suivre avec mon anglais et ma fatigue. Puis on fini par retourner à la gare récupérer la valise et boire quelque chose de frais avant le départ du train.
Différents sujets de conversation nous occupent, il me parle de son entreprise de papier peint, je tente de lui expliquer le système scolaire français, on parle aussi de l'alimentation en chine, pour lui aussi « on ne peut pas savoir ce qui est bon », on pars du principe que tout est plus ou moins mauvais pour la santé, voir trafiqué. Certains sujets le scandalisent, le lait en poudre pour bébé qui est maintenant majoritairement importé de l'étranger. Pour lui « c'est une honte pour la Chine, de ne pouvoir nourrir ou donner une nourriture saine pour ses enfants ».

Après avoir acheté quelque bricoles à manger dans le train, et surtout de l'eau, on se rend à la gare et il m'accompagne toujours. Je lui offre un petit pot de miel de lavande pour le remercier.  Il insiste pour m'accompagner, « la gare n'est pas un endroit « safe », surtout pour une fille occidentale comme moi », je le laisse me suivre. On se quitte à la dernière barrière de contrôle des billets. Je suis de nouveau seule. J'aime être seule et je n'ai jamais eu de souci en Chine, mais l'aide de chinois fait aussi beaucoup dans le bon déroulement des choses. Mais aussi peut être, le fait d'être une fille seule, peut expliquer toute cette aide.
Je trouve mon wagon et mon siège, je suis tellement fatiguée que je tente de « piquer » le siège coté fenêtre plutôt que celui à coté qui est officiellement le mien. Et je m'endors. On me laissera cette place tout le long du voyage. Mes compagnons de route changeront régulièrement, puisque je suis partie pour… 18h de train.

Spoiler:

Photo du musée :


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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Jeu 9 Juil - 9:07

Je dors un peu, les gens autour de moi sont curieux, on échange quelque mots. J'écoute surtout ce qu'ils disent, et quand je comprends que ça me concerne je réponds en chinois. On s'échange quelque trucs à manger, on me donne un biscuit alors je sors le sac de fruits secs acheté à l’aéroport. Même s'ils n'y toucheront même pas. Il y a un couple qui doit avoir la 50aine, ils n'ont pas de place assise (au même prix que la place « debout »), mais ont pris des petits tabourets en plastique. De même, un autre qui balade trois pots de peinture les cale sous les sièges puis fini par s'asseoir dessus tout le long du trajet. Ce qui fait que le train qui comporte une allée, devient bientôt plusieurs petits lieux d'échanges entre les rangées de sièges. Les uns en face des autres.
Ma voisine d'en face fini par quitter le train, un couple avec deux enfants prennent sa place et celle à coté. Un jeune homme a coté de moi qui a tout suivi leur passe le mot, je suis française, je vais à Jinchengjiang. C'est sûrement mauvais pour mon apprentissage du chinois, mais je laisse les gens parler à ma place, n'étant pas d'habitude bavarde. Ils sympathisent et discutent beaucoup, j'attrape une conversation autour de l'avion, combien ça coûte, combien de temps on gagne, le couple en face n'a jamais pris l'avion et est intéressé. Bref, le train est un véritable lieu d'échange.

Des marchands passent souvent entre les allées, pour vendre des bricoles à manger, à boire, des plats chauds, des fruits. Ils passent et repassent. Les gens qui apportent leur siège se décalent, puis s'installent à nouveau. Puis il y a un autre type de marchands, je suis sortie de mon sommeil par l'un d'entre eux, micro devant la bouche pour que tout le wagon l'entende bien. Il vends un baume pour tout type de douleurs, avec des brochures et quelque points d’acupuncture : ça soigne tout... et ça sent rien.
Tout le stock est sur la table devant moi, les brochures aussi. On regarde, on touche, on sent. Certains viennent de l'autre bout du wagon en disant « j'ai mal là », pour tester le produit, le marchand joue le jeu. Il me remarque aussi, il en profite pour glisser que voila, ça m'intéresse aussi, moi et mon petit copain à coté. On rigole. Il vends ça 6yuans moins cher, certains achètent. Puis il fini par partir et moi par me rendormir.
Les discussions me réveillent, ou bien c'est le contrôleur qui crie dans l'allée qu'on arrive à telle gare. Je me re-concentre pour écouter parler chinois. A coté, le jeune homme a mis un film mais il ne le regarde pas, il discute. En face ça sera pareil plus tard, chacun a son gros téléphone. Le jeune lui partage son disque dur pour un film. Ils ne mettent pas d'oreillettes. Ils discutent sans prêter attention aux films, si non de temps en temps ou pour parler de tel acteur. A un moment l'ami du jeune homme, qui est debout, achète à boire. Il me donne une bouteille de coca, moi toute endormie je réponds « wo bu yao », j'en veux pas. Il insiste, moi aussi, « wo bu yao » ; pour m'en sortir, je change pour « wo bu xihuan », j'aime pas ça (le coca). « ni xihuan shenme ? » « wo yao cha ! », je m'en sors avec une bouteille de thé, « xiexie ».

J'aime beaucoup prendre le train en Chine, parce que c'est un grand bazar, tu es plongé dans la situation, et les gens se rencontrent le temps du trajet puis se quittent. Ils échangent et parlent de tout ; a un moment le groupe a droite parle de Xi JinPing. On rigole. Bien sûr, il faut aimer les sièges durs, aimer enjamber les gens quand ils dorment pour atteindre sa valise au dessus ou bien les toilettes. Le sol est une espèce de lino, parfois il n'est pas dur, c'est rafistolé. Les déchets finissent par traîner partout, bouteilles ou enveloppes de graines de tournesol. En avançant dans l'allée, je vois qu'il y a encore du monde sans siège, entre les wagons, qui dorment devant les portes ou devant les toilettes. Et pour ces dernières, il ne faut pas craindre la saleté et les mauvaises odeurs. Il n’empêche que je préfère être là, que dans une couchette ou dans un avion. Même si parfois j'ai eu le sentiment de voler la place à quelqu'un et que j'aurais pu prendre un moyen de transport plus cher, pour laisser la place à ceux qui en ont vraiment besoin.

Une fille, sur la rangée d'en face a commencé à me remarquer, elle a été surprise par ma présence. Elle est toute contente et toute désolée de ne pas parler français « wo bu hui fayu ». Les gens autour de moi lui répondent. Elle tente de me prendre en photos, et sors « I love you » pour dire quelque chose dans une autre langue. Elle ne viendra vraiment me voir que sur la fin du trajet, puisqu'elle est partie deux gares avant moi. Elle est étudiante en art à Chongqing, je lui laisse mon numéro QQ « zhende ma ? ». Avec elle je discute un peu en chinois, mais elle utilise parfois des mots que je ne comprends vraiment pas. Et lorsque je sors mon dictionnaire, elle ne les trouve pas.

Par la fenêtre, je remarque différentes vies, les maisons près de la gare, ou maisonnettes ou cabanes. Ceux qui y vivent. Les paysans, parfois à trois sur un petit bout de parcelle, qui retournent la terre. Le train s'arrête très souvent, parfois longtemps, pour attendre qu'un autre passe. Parfois on a l'impression de ressentir des acoups, mais ça roule, tout va bien. Par la fenêtre, je regarde les gares, je réalise peu à peu à quel point les entrées et sorties sont grillagées.
On ne peut pas entrer sur le quai sans ticket, mais les sorties sont aussi fermées, on attends que les gens sortent, et on ferme derrière eux. J'ai le sentiment de « villages prisonniers », je me questionne sur la mobilité des uns et des autres.
A une des gares, la ville autour ressemble aussi a un village, je veux dire sans immeuble, sans trop d'habitation. Mais je vois un immeuble qui se construit, qui promet d'être immense. Et je repense à ce que disais Gordon sur « l'urbanisation forcée ».
Il y a quelque mois, en voyant les photos qui ont bien tournées d'un village chinois repris par la nature ; je disais que ces gens allaient regretter leur départ et leur installation dans la ville à long terme. Mais je le pensais comme un choix délibéré. Si ça ne l'est pas, tout ça me fait encore plus peur.

Je dors beaucoup dans le train, me réveille et me rendors. Il me reste encore 8h de trajet lorsqu'on arrive à Guiyang. L'arrêt est long et j'en profite pour sortir un pull et un livre de ma valise. J'ai emporté avec moi « Chine, l'âge des ambitions », ou un titre comme ça, prêté par mon professeur de chinois. J'en lis l'introduction tout en regardant cette gare immense, de ma ville préférée chinoise vouée à devenir quelque chose d'énorme. Le livre questionne « l'individu » chinois, par la volonté d'une génération de se construire un destin propre, et la recherche d'une vie meilleure.
Le jeune couple en face de moi a un garçon de 8ans et une petite fille. La petite est toute jalouse de son frère, lui prend la couverture pendant qu'il dors, tout le monde sourit. Le frère a l'air d'avoir l'habitude et ne bronche pas. Lorsque j'achète un bol de nouilles instantané, je leur explique que je ne sais pas où trouver l'eau chaude, alors ils me proposent de me servir dans la gourde plutôt qu'aller à l'autre bout du train. Le jeune homme qui est a coté de moi est sorti à Zhunyi, avant Guiyang, là où j'ai des chances de retourner 3jours après.
Quand j'arrive à Jinchengjiang, j'ai noté l'heure d'arrivée. Si les trajets sont longs, les trains ont le mérite d'être à l'heure. Je prend ma valise, et je remercie le couple pour leur présence, leur gentillesse et d'avoir parfois servis d'intermédiaire pour expliquer ma situation aux autres. Que j'allais à Jinchengjiang, qu'on m'y attendais en voiture. Je leur ai tout expliqué quand ils ont commencé à vouloir m'expliquer comment trouver la gare routière pour aller à Fengshan. La mère des enfants est du district de Hechi.
Je traverse l'allée, descend du train, et je retrouve mon père. Il est 13h30, et nous sommes le 8Juillet.

Spoiler:

Train en Chine




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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Jeu 9 Juil - 9:34

Mercredi 8 Juillet

Comme je n'ai pas faim mais qu'il est encore tôt, nous avons deux solutions. Mon père doit chercher son visa, et passer le contrôle technique de la voiture. J'arrive à peine qu'il m'annonce qu'après ça, nous prendrons la voiture jusque le Guizhou. Je désespère de mes heures de sommeil, qui était déjà fragile avant de partir en Chine.
On cherche le garage en vain, quelqu'un fini par nous attendre pour nous emmener dans un autre centre de contrôle technique. Mais cette fois, les contrôles seront plus poussés que lorsque mon père l'a fait passer l'année précédente. On a droit à une contre visite, les freins arrière ne marchent pas.
Même s'ils n'ont jamais marchés, il faut passer par le garage d'à coté. Il y a beaucoup de camions, de carcasses de voitures, un chien attaché par une chaîne qui ne se laisserait jamais caresser. Le garagiste démonte la roue, nettoie le tout, bricole un peu. Une heure plus tard il nous annonce que c'est fini. 100Yuans. On prend la facture, retour au contrôle. Les freins ne marchent toujours pas.
On nous emmène alors dans un autre garage, les roues sont de nouveau démontées, les freins nettoyés. Mais cette fois les garagistent testent « iiiiik », retestent « iiiiik », redémontrent le tout. Et ainsi de suite.

C'est trop tard pour aller chercher le visa, alors nous restons là jusqu'au soir où le garage ferme. Les freins sont un vrai casse tête, à cause d'une fuite d'huile plus loin, ils sont trop gras pour fonctionner. On tente le nettoyage, mais toujours pas. Comme le garage va fermer, on nous propose de laisser la voiture, mais on refuse. Toutes mes affaires sont dedans, et on ne connaît pas le quartier. On laisse 100yuans et on pars jusqu'à un hôtel, promettant de revenir le lendemain.
Enfin je me repose un peu, mes pieds ont gonflés à cause de la chaleur et l'inactivité dès la sortie du train. Après une douche méritée, on sors à la recherche de raviolis, une glace, et on rentre. Je suis tellement claquée que j'envoie quelque messages et je m'endors tout de suite.

Spoiler:
Photos, vue de l’hôtel :




Jeudi 9 Juillet

7h30 du matin, peut être 1h en France, il faut se lever. Je tente de négocier 10min de sommeil, puis nous sommes déjà dehors. En route pour le bureau des visas.
A l’hôtel, on est enregistrés en tant qu'étranger. Théoriquement, on doit s'enregistrer 24h après l'arrivée sur le territoire. Comme j'ai fais que du transport je vois mal comment j'aurais pu faire, mais je ne m'en soucie jamais. Pour prendre la chambre d’hôtel donc, on nous demande les passeports. Mon père a tellement l'habitude de la Chine, qu'il en oublie son statut d'étranger. Sans passeport puisque celui ci était dans le bureau des visa. Après quelque coups de fils pour voir la procédure à suivre, le papier pour justifier que le passeport n'est pas loin, et le fait qu'il avait déjà dormi dans l’hôtel s'il fallait retrouver le numéro ; tout s'est finalement bien passé.
Je dors un peu dans la voiture, 5minutes plus tard mon père reviens avec son visa. Un an de permis de travail. Si on oublie que son employeur n'existe plus et qu'il n'y a plus de bureau de tourisme à Fengshan (donc son bureau), ça n’empêche pas d'avoir le visa. Les contrôles ou vérifications ne sont pas systématiques, et finalement on fini par comprendre que les demandes de visa a quelque chose de souple derrière cette structure dure et effrayante.

Nous arrivons à 8h40 au garage, et on est attendus. Dans la matinée les freins sont réparés, si le jour précédent on en avait 3/4 qui fonctionnaient, le 4ème a été changé. Dans la salle d'attente à coté, on capte du wifi. Vers midi, alors qu'on regarde un peu l'avancement des garagistes, on vient nous dire d'aller manger. Alors on nous indique un escalier dans le garage qui mène a la salle où mangent les employés. On nous sert du riz, des tripes et du gras de cochon frit. C'est pas si bon mais j'ai faim. On redescend, les voilà à travailler sur les phares. Ceux ci non plus n'ont jamais vraiment marchés, l'un était juste relié par un fil pour qu'il ne pendouille pas. Les garagistes réussissent à faire fonctionner le tout.
Généralement, quand mon père allait dans un garage, les garagistes refusaient de faire ci ou ça « c'est trop pourri c'est pas la peine », « c'est pas possible » ; mais cette fois c'est les garagistes qui vont vers mon père pour lui dire « qu'on a remarqué que ceci était bizarre, on pourrait le réparer », en parlant de ces choses que d'autres garagistes n'ont jamais voulu toucher. Ce qui nous vaut encore quelques heures d'attente. Il est 14h30, et le frein à main est en cours de réparation.

Partie 2 :
« cha bu duo » qu'ils disent, 3h plus tard le frein à main ne marchera finalement jamais. Les réparations, (phares, freins) pour environ 10h de travail et 4personnes à se casser la tête dessus, coûtera 460yuans…(environ 70€)
La mauvaise nouvelle c'est qu'en arrivant au contrôle technique ça ne passe toujours pas. L'autre mauvaise nouvelle c'est qu'hier, on a peut être fait un excès de vitesse, et avoir ce genre de faute en passant le contrôle technique peut poser problème. On croise les doigts. Le souci des phares, c'est qu'ils sont tellement rayés et sales qu'ils n'éclairent plus rien. Alors si les garagistes ont réussi à résoudre le problème d'électricité qui fait que quand tu demande à mettre les phares ça marche, il faut aussi remplacer les phares. Le centre ferme à 17h, on embarque la voiture pour changer les phares, mais ça sera trop tard pour faire passer la voiture une nouvelle fois.  Retour à l'hôtel donc.

Spoiler:
Photo de la voiture dans le garage :

Photo du phare à changer :

Bricolages pour que ça tienne :


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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Ven 10 Juil - 17:08

Vendredi 10 Juillet

A 8h30 nous sommes au centre de contrôle technique, un ami qui nous aide arrive en même temps que nous, et la voiture passe directement aux tests. Freins, ok, lumière… Non. Ils ont une espèce de robot qui s'oriente à la lumière des phares, on les voit tester, régler les phares, puis ils finissent par les démonter. Assez désespérés nous revoilà dans la salle d'attente et je regarde de loin la voiture capot ouvert, puis qui finira par changer de file pour les tests. Garée sur le coté, on attends toujours. Vers 10h l'ami nous dit que c'est bientôt fini, les tests sont finalement passés, reste à faire les papiers. Au bout d'un moment il rejoint mon père et explique deux trois trucs en chinois, entre autre que je peux attendre ici. Les voila parti pour un moment.
En fait, ils ont enchaîné bureau après bureau pour demander à se faire retirer des points du permis suite à l'excès de vitesse du jour précédent, et aller payer l'amande. Tant que l'amande n'est pas payée, les voitures ne peuvent pas avoir la vignette du contrôle technique qui se fait tous les ans.

Une fois cette interminable épreuve achevée, les papiers en poche, nous voila aussitôt partis pour 9h de route pour Zhunyi puis un coin paumé au nord du Guizhou.
Sur la route, que dire. Je vois a un moment une porte dans une montagne, ça me saute aux yeux, c'est trop beau, ça fait rêver ! Pas le temps de prendre une photo, la porte est en face de l'autoroute, celle ci a du prendre la place et casser tout le mystère du truc parce qu'elle passait par là. N’empêche que c'était une montagne, une entrée, des portes de 2mètres de haut peut être, et deux piliers autour, encerclés de deux dragons. J'en saurais peut être jamais plus…

En soi, je refais le trajet fait en train mais à l'envers en voiture. On suit la voie ferrée, les camions sont toujours surchargés, il y a toujours des gens qui marchent au bord de l'autoroute, beaucoup de bâtiments se construisent autour de nous.
On passe par Guiyang, j’aperçois de loin ce que je suppose ne pouvoir n'être que le « nouveau guiyang » ou « the new ark » ; des maisons typées sino-occidentalo-américaines, très étranges mais qu'on devine luxueuses. La politique d'urbanisation viserait à remplir les « nouvelles villes », selon mon père le centre de l'ancien Guiyang (catastrophique pour la circulation) devrait gagner en valeur. C'est ce qu'il se passe la plupart du temps.
L'autoroute passe devant un grand nombre de tombes, les paysans peuvent être enterrés sur leur terre. Quelque tombes donnent l'impression d'être tournées vers l'autoroute. Là encore, on suppose que cette dernière a du en supprimer quelque unes, et ça a du négocier avec les paysans pour la construction de la voie.
Une fois, le camion devant a perdu son chargement, enfin un sac, qui semblait remplis de déchets en plastique. D'ailleurs au bord des routes il y a parfois des personnes qui viennent juste pour espérer trouver quelque bouteilles de plastiques pour les revendre au recyclage.

Au final nous arrivons le soir à Xin Gang Tang, un « village » au milieu des montagnes. Nous sommes passés par des petites routes, les montagnes ne sont pas tout à fait des pitons comme à Fengshan dans le Guangxi, et les maisons ne ressemblent pas « encore » (?) à des pièces de tetris en béton. Encore en bois, nous entrons dans le Géopark de HuangHe. Demain, on se rend à l’inauguration d'un lac, zone touristique. Nous dormons dans un hôtel non loin de là.

Spoiler:

Contrôle technique :

En route !

Camions surchargés


Souvent, des personnes travaillent sur le bord de l'autoroute :

Éoliennes :

Usine de phosphore dans le Guizhou



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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Dim 12 Juil - 2:52

Samedi 11 Juillet

Dès 8h on nous appelle et on est attendus devant l’hôtel, un jeune homme nous emmène jusqu'au lieu de l’inauguration ; au passage on prend deux autres personnes et un stock de casquettes de différentes couleurs. On arrive très rapidement, l'endroit a quelque chose d'original, neuf (ou fini en vitesse), le bâtiment semble s'inspirer des chalets. Très vitré et massivement en béton, on trouve des pièces de bois brut et un coté un peu « rustique » au fin fond de cette campagne chinoise.

Je fais la rencontre de Shuelian qui sera souvent avec nous et qui m'aide a progresser en chinois. Avec d'autres camarades, on se met à la tache pour la journée : coller des étiquettes sur des pinces, et y ajouter des portes clefs reliés d'un élastique, chacun numéroté. Plus loin, des personnes posent les casquettes et une bouteille d'eau sur chaque tabouret face au gradin.
Il fait assez frais le matin mais le soleil viendra taper rapidement sur nos têtes de figurants face aux discours d’inauguration de la piste de rafting. Il y a beaucoup de photographes et caméras, même un drone qui film l’événement. Quand celui ci passe au dessus de nos tête, on ne peut qu'être intrigués et oublier un peu le discours. Coupé d'ailleurs à un moment par un feu d'artifice imprévu. De l'autre coté de la rive on voit quelque curieux qui s’installent pour écouter.

Une fois le discours terminé, tout le monde quitte son tabouret pour aller manger. Le chalet est suffisamment grand et prévu pour accueillir tout le monde. Après le repas, nous nous rejoignons en vitesse un car qui roulera presque à vide, pour nous rendre au point de départ des bateaux. On y va tellement vite qu'on se prépare à peine, alors que les autres ont des sacs et chaussures pour l'aventure, mon père et moi, les deux étrangers barbares, sautons dans un bateau et partons parmi les premiers.
Je négocie en vitesse un changement de bateau pour éviter de mettre constamment mes sandales en cuir dans l'eau… De toute façon, aux premier groupe de chinois croisés, ils nous envoient de l'eau et inversement, il faut avouer qu'en plus de fournir des bouteilles d'eau pleine avant de prendre le bateau (bonjour les bouteilles perdues), ils ont donné des pistolets à eau. On est là pour s'amuser. Enfin, de notre coté, comme mon père a gardé son appareil photo, on trace et on double rapidement le premier bateau gonflable.

Le paysage est très beau, l'eau est très claire et verte « lu lu ! ». Paraîtrait que cette eau là est moins polluée, en effet on trouvera plus de déchets en plastique lorsqu'on rejoindra une autre rivière. Le niveau d'eau est plutôt bas, presque trop pour faire du rafting. On croise parfois quelque troupeaux de chèvres et un buffle qui viennent brouter dans la végétation touffue autour de la rivière. Quelque baigneurs, et quelque personnes sont engagées pour nous crier d'aller plutôt à droite ou plutôt à gauche. Ça n’empêche pas de se coincer sur quelque rochers. Quelque grottes se laissent deviner, l'aventure dure sûrement une bonne heure, puis on rejoint l'autre rivière et on fini par retourner au « chalet » de départ. Les autres arriveront sûrement une trentaines de minutes plus tard, et les derniers seront ramenés en bateau à moteur.
Mais tout cela fini en barbecue, bières, karaoké, danse et feu de joie, tout le monde repars content. La voie de rafting est inaugurée. On serre quelque mains, prenons des photos, et c'est reparti pour 1h de route pour enfin rentrer chez mon père.

Beaucoup de choses ont changées. Il est passé d'un employeur « public », le bureau du tourisme de Fengshan (qui maintenant n'existe plus, affaires de corruption ou je ne sais quoi qui a rendu quelque gens « importants » en « monsieur tout le monde ».), à un employeur « privé », une boite d'aménagement touristique qui travaille avec le parc national de ShuangHe (qui est passé par cet intermédiaire pour pouvoir l'embaucher). Puisqu'en réalité, il est très difficile -voir impossible- d'embaucher un étranger dans le public ; le Guangxi étant une région autonome (Zhuang), on peut imaginer une certaine souplesse qu'il n'aura pas dans le Guizhou. Ici les gens parlent mandarin.
Dans son contrat de travail, il a pu négocier un logement. Demandant d'abord une pièce pour lui et un bureau pour le boulot ; il a peu à peu précisé que le bureau ou le logement pouvaient être le même lieu. On lui attribue alors une pièce au dernier étage d'une maison qu'un particulier loue ; celui ci habite au rez de chaussé. Cette pièce est au centre, en face il y a une grande terrasse. Sur les cotés au fond, deux salles de bains, et les pièces latérales sont des chambres aussi en location. Peu à peu, pour le matériel spéléo et pour les spéléologues qui passent par là de temps en temps, d'autres pièces sont louées par la compagnie, ce qui fait que mon père a quasiment tout l'étage. Ça lui change de la chambre et douche qu'il avait à Fengshan.

D'ici, j'entends les grenouilles dans le champ derrière moi. Il n'y a pas d'éclairage public tellement nous sommes dans la campagne profonde, ce qui fait qu'on voit un magnifique ciel étoilé. Enfin une première nuit, où je peux déposer mes affaires en sachant que je reviendrais demain.

Spoiler:

"chalet chinois" :


Un "petit" drone passe par là pour filmer :


La fête-barbecue-karaoke-feu de bois finale :

Photos prises sur la route :




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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Lun 13 Juil - 2:39

Dimanche 12 Juillet

Je suis remise du décalage horaire, je me lève un peu tôt au doux bruit du vendeur de pastèques qui prépare sa journée sans oublier de vérifier si son mégaphone crache le même slogan en bouche. C'est si désagréable à entendre que je pense qu'il ne l'entends plus par habitude.
On est invités prendre le petit déjeuner dans un autre « chalet » plus tape à l’œil encore que le précédent. Ce dernier se situe en bas du village, un peu plus en profondeur dans la vallée. Nous avançons en direction de la grotte de ShuangHe dont le village prendra le nom. Celle ci est tellement grande qu'au fur et à mesure que nous marchons, l'air se rafraîchit.

Le bâtiment a un an, et est assez bien fini. On trouve une espèce de mélange entre les chalets en bois et un style un peu plus chinois de balcons au bord de l'eau. Ça reste assez lumineux grâce à de grandes vitres. À l'intérieur la décoration mélange plusieurs choses, entre de vieux meubles et bancs chinois, du bois brut, quelque éléments qui tentent de reprendre un « vieux » style occidental et d'autres objets de style moderne. Mais le mélange ne choque pas et est plutôt agréable. Les tableaux  renferment majoritairement des vieux tissus traditionnels et broderies chinoises. Mais j'ai remarqué plus tard de la moisissure sur certains.
A gauche et à droite du hall, on trouve plusieurs salles à manger pour recevoir du monde. En face, un escalier qui donne sur des petits salons qui ont la même fonction.

Nous déjeunons donc avec les patrons de l'entreprise qui embauche mon père et d'autres invités. La raison pour laquelle nous sommes là, est que la nouvelle idée est « d'écrire un livre et parler un peu de l'histoire de mon père, de la patronne, et d'un autre qu'on appelle l’ermite, pour savoir lequel est le plus fou ». L'idée est venue entre autre, lorsque la patronne a demandé à XueLian ce que mon père pensait d'elle ; elle lui a répondu qu'il trouvait « qu'elle était tarée, parce que pour avoir bossé dans l'immobilier et avoir autant de sous, elle laisse la vie citadine de coté pour développer du tourisme dans un coin perdu et faire de la spéléo ». La réponse a bien plu à cette dernière. Elle aurait déjà écrit un livre de poésie, et si je comprend bien, dans ce projet le but est plus d'aller au bout qu'en tirer de l'argent ; puisque l'argent ne manque pas.
À la fin du repas, mon père montre quelque photos prises dans une grotte par un ami qui a la spécificité de prendre des points de vue originaux, comme des photos prises à travers une goutte d'eau.

Tout le monde est content, et nous voilà après le repas dans un petit salon. Un journaliste ou biographe enregistre la conversation et prend des notes, le patron pose des questions à mon père sur ce qu'il fait en spéléologie en chine et ce qui a fait qu'il a fini ici. Ce qui est amusant, c'est que XueLian est là pour aider à traduire du chinois au chinois à mon père. Comme elle est originaire de Pékin, il la comprend tout de suite mieux. Moi je reste et j'essaie de capter le sens, quelque mots, ou au moins de me faire l'oreille… Plus loin, la patronne est interrogée par un journaliste du Guizhou et d'autres personnes.

À midi, nous mangeons dans une plus petite salle à manger avec les enfants des patrons, notre journaliste et un petit groupe de trois personnes. On trinque un peu à la bière pour ouvrir la conversation, mais ça ne va pas loin. Le couple a deux enfants, la petite doit avoir 11ans et s'appelle aussi XiaoYu, le jeune a peut être 13 ou 14 ans, et peut boire de la bière. Je m'interroge un peu sur le parcours de ces personnes, sur le « retour au calme de la nature » (qui ne les empêche pas de recevoir je ne sais combien de personnes par jour), mais aussi sur la vision des enfants qui sont ici avec eux. Bien sûr, je suppose qu'ils logent ici comme maison ce campagne, et qu'en plus des salons et salles à manger, il y a quelque douches et chambres à louer. Je ne sais pas exactement.

Une fois de retour « chez nous », mon père décide de partir en spéléo, parce que ça lui manque et qu'il veut vérifier quelque chose. Un petit trou où on va ramper. Il me prend un peu de court et je décide de rester ici pour lire un peu.
A un moment, comme je m'ennuie, je sors me promener et je marche jusqu'à la grotte. Je prends quelque photos. Je m'interroge sur la longévité de ces installations touristiques et même du chalet lorsque je vois un endroit aménagé pour quelque promeneurs de l'autre coté d'un pont qui n'a plus de planches pour le traverser. La grotte est fraîche, je m'assieds au bord de l'eau et des cendres d'un petit feu de bois encore chaud. En entendant des voix je décide de partir.

Le soir, mon père entame la tomme de chèvre que je lui ai apportée, celle ci a eu assez chaud dans le voyage et la voiture, mais ça ne l’empêchera pas de l'apprécier. Ensuite nous retournons dans le « chalet » car il n'y a plus d'eau dans l'appartement. L'internet que nous avons passe même par un câble tiré entre ces deux endroits. Il prend donc une douche là bas puis nous mangeons quelque restes dans la cuisine. A présent c'est devenu sa nouvelle vie, puisqu'il n'y a pas de restaurant de rue ni même un magasin (sauf pour le quotidien) dans le village de ShuangHe. Il n'y a que les étoiles et les grenouilles qui chantent le soir venu.

Spoiler:

Vue de ma fenêtre:


Petite cour en hauteur :

Une maison voisine :

Le "chalet", à coté :


Photos de la promenade :








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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Lun 13 Juil - 17:10

Lundi 13 Juillet

Pour la journée nous avons prévu de faire de la spéléologie. Au petit matin mon père prépare l'équipement, comme il n'a pas faim je pars jusqu'au chalet pour déjeuner. Ça fait sûrement depuis mon dernier voyage, donc deux ans, que je n'ai pas mis les pieds dans une grotte, et encore… Au départ il prévoyait un enchaînement de puits plutôt profonds, puis il change de programme pour quelque chose d'à peine moins difficile.
Nous prenons la voiture pour le village d'à coté, visiblement un peu plus peuplé. Je regrette de ne pas avoir pris l'appareil photo. Un champ qui était encore une rizière l'an dernier va sûrement disparaître dans les mois qui suivent pour laisser place à des bâtiments. En fait, si les maisons en briques et plutôt récentes ont des toits, c'est uniquement pour faire joli. Quelque années auparavant ces maisons avaient le style qui me rappelle une pièce de Tetris. Fonctionnelles avant tout, certains ont perdu des espaces sur les toits qu'ils utilisaient pour faire sécher des légumes. C'est le cas en face de chez nous, où sont parfois étendus des nattes végétales sur lesquelles sont dorées des pommes de terres coupées en fines lamelles. Les chips peuvent se faire au soleil !

On s'enfonce un peu plus dans la campagne, quittant la route du village pour une route en béton qui serpente dans la montagne, puis nous prenons un chemin de terre jusqu'à une ferme où nous nous arrêtons. Le paysan sourit en reconnaissant le 4x4, ce n'est pas la première fois que mon père passe dans le coin pour chercher une grotte. Plus loin, un arbre « sacré » ou « protégé » se distingue par sa hauteur. C'est le second que je vois depuis mon arrivée ici, le troisième dans ma vie. Ces arbres qui ont survécu à la déforestation sous Mao parce que la population s'y opposait fermement. Un gros ruban rouge est accroché à une des branches. D'ailleurs, pour protéger un arbre il arrive que quelque affaires de corruption soient révélées, l'affaire faisant du bruit lorsqu'un fonctionnaire local tente de forcer la création d'une route.
La ferme est toute faite de bois et de bambou. Quelque poules et un chien gambadent tranquillement, et chaque maison ici est dotée d'une ruche, ici j'en aperçoit cinq. Je suis impressionnée par les charpentes, mais il me faudra un appareil photo pour les décrire. Le fermier et sa femme ne semblent pas très vieux, ils ont aussi un fils qui doit avoir 13ans. On leur demande s'il y a une grotte dans le coin et l'homme répond en souriant que oui, pas très loin d'ici il y a un petit gouffre. On le suit à travers ses champs jusque dans un bout de forêt. Suite aux questions de mon père, il explique qu'il y a du courant d'air l'hiver, et qu'un autre groupe de « laowai », d'étrangers sont déjà passés par là et sont entrés dans cette grotte. Comme le monde de la spéléo est petit, on devrait pouvoir savoir de qui il s'agit, mais non. Mon père décide alors de changer à nouveau le programme et descendre dans ce trou inconnu.

L'aventure commence donc avec un puits et plusieurs nœuds sur la corde qui obligent à se raccorder 3fois de suite. Je ne suis pas très à l'aise sur le départ, j'ai totalement oublié comment faire la clef de sécurité sur le descendeur. XueLian m'aide avec quelque explications en chinois puis je descend. Mon père est déjà loin devant à installer de nouvelles cordes. En tout il y aura je crois 6puits, le dernier ne sera pas descendu par manque de matériel, et heureusement ! Parce que je fatigue, je n'ai jamais fait de grotte aussi difficile que celle ci, nous y restons huit heures.
D'abord la roche n'est pas très stable, elle s'effrite ou casse. Ensuite on passera beaucoup de temps à se faufiler ; je dit à mon père que ma colonne vertébrale s'est transformée en chenille après avoir passé tous ces méandres. C'est qu'on ne sait plus très bien, à force de ramper et de se faufiler, où est la tête et où sont les pieds. Tout, les épaules, les genoux, le dos, les pieds, la tête finissent par avoir la même fonction que les mains. Et ce jeu n'en fini pas ou donne parfois sur de nouveaux puits. Au début je ne veux pas mettre les pieds dans l'eau, mais sur le retour, alors que je traîne mon sac tant bien que mal, je me hisse sur un morceau de roche qui cède, je finis dans l'eau et c'est une chance. Les sacs contiennent les cordes, les piles de rechange, l'eau… Quand mon père est bien devant, avec Xuelian on se passait un sac en avançant, abandonnant l'autre plus loin.

Une fois rentrée, l'eau refonctionne chez nous, c'est une chance. On prends une douche avant de retourner aux cuisines pour manger les restes des repas. On rigole en se disant que ce n'est pas donné à n'importe quel étranger d'avoir la chance de manger dans les cuisines et voir les coulisses des grands repas tape à l’œil. Les serveuses, qui sont aussi des amies, entrent et ressortent, mangeant rapidement avec nous quand elles en ont le temps.
On regarde le résultat de l'exploration de la journée, puisqu'on fait aussi la carte de la grotte. Grâce au Palm on gagne beaucoup de temps. Avant mon père faisait un schéma de la grotte à la main sur un carnet, mais maintenant il peut récupérer directement les données pour voir si notre escapade peut potentiellement entrer en connexion avec d'autres grottes. Dans le cas d'aujourd'hui, si nous avions eu une corde assez longue pour descendre le dernier puits, il u a 80 % de chances qu'on rejoigne une autre grotte. Même si on est loin de l'objectif initial, c'était intéressant. Mais pour moi qui ne fait de la spéléologie que de temps en temps pour être un peu avec mon père, je me suis encore demandé dans quoi il m'a embarqué !


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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mar 14 Juil - 18:56

Mardi 14 Juillet

Le repos est au programme, je reprend la lecture de « Chine, l'âge des ambitions » d'Evan Osnos que mon professeur de chinois m'a prêté. J'attends que tout le monde soit réveillé puis je vais dans la « chambre-bureau » de mon père pour prendre du café soluble. Plus tard, Xuelian me propose d'aller déjeuner au chalet, et cuisine rapidement des nouilles aux œufs et tomates. Je commence à faire partie des meubles, j'écoute un peu les discussions en chinois, j'essaie de déchiffrer quelque caractères rencontrés ou d'en deviner le sens.
En rentrant, mon père commence à déménager le matériel de plongée dans une autre pièce, la première prends trop le soleil. Alors je l'aide à la tâche. Deux coup de vis dans les murs en moellon, puis y il accroche un bambou avec… de la fibre optique. Ramassée dans une grotte où elle a été abandonnée après un événement temporaire. Après avoir déménagé combinaisons de plongées, bouteilles meubles et matériel de spéléo (acheté par l'entreprise de tourisme dans le but de former des personnes dont on attends encore signe de vie), on installe le lit dans l'autre pièce pour en faire une chambre pour les spéléos de passages. Mon regard s'arrête sur un « que sais-je ? » sur la spéléologie ; le livre conclut qu'en France cette dernière n'a pas la reconnaissance scientifique qu'il lui faudrait (un institut du karst manquerait), et que la crédibilité de la branche scientifique est vite déstabilisée par la branche sportive qui prend de l'ampleur. Quand j'en parle à mon père il me réponds qu'il n'y a bien que les universitaires pour se poser des questions pareilles (et d'en faire un problème).

Ensuite, nous farfouillons sur internet à la recherche de quelque bricoles à acheter. Il y a un grand site pour ça, taobao.com. On y trouve des nappes ou du matériel pour visser. Quoique finalement on décidera de partir à Zhunyi le lendemain pour espérer trouver ce qu'il faut pour continuer de fixer des vis sous terre pour y accrocher les cordes. Je continue de lire mon livre, puis j'emprunte le pc de mon père qui est équipé d'un proxi pour vérifier si quelque mails m'auraient été envoyés sur gmail. Pour une fois, je peux dire de ma propre bouche que google est bloqué en Chine. Mais comme cela arrive plutôt souvent et qu'on annonce jamais quand il est « débloqué », je peux parier que c'est temporaire.
On saute le repas de midi, il faut avouer qu'on évite le monde au chalet, de peur d'être embarqué dans un repas trop long et ennuyeux. Le soir, Xuelian pars en reconnaissance pour savoir si la voie est libre ou non ; alors qu'on discute un peu sur la route en l'attendant, elle reviendra deux œufs à la main en faisant signe que non, ce n'est pas le moment d'aller manger. Elle rentre tandis que mon père et moi partons à la recherche d'une potentielle grotte au bord de la route.
En chemin, je remarque un petit espace de moellons dans lequel sont rassemblés quelque ordures qui y brûlent. Je me rappelle les entretiens exploratoires que j'ai passé cette année, où j'apprenais que le papier, le verre et le plastique dur étaient parfois recyclés en Chine. Ici, dans ce coin de campagne, des déchets traînent dans les rivières voire sont jetés dans les ruisseaux au bord des cultures. Dans l'espoir peut être que l'eau les emporte plus loin. Je n'en sais rien pour le verre, je doute que le papier soit récupéré, mais mon père me dit avoir parfois vu des gens qui récupéraient des bouteilles en plastique.

Pour ce qui est de la grotte imaginaire, mon père me raconte que lors de son arrivée dans le village, une rumeur racontait que « cette colline là était creuse ». Que quelqu’un était passé par une entrée et était revenu témoigner du « creux ». Plus tard, des gens ont commencé à creuser un tunnel pour vérifier la rumeur. Mon père n'a rien dit (sur la crédibilité de cette histoire), parce qu'il a compris que les personnes qui creusaient le tunnel avaient été payées pour ça, et que ça leur était égal que ça soit vrai ou faux tant qu'ils récupèrent un petit salaire à la fin. Celui qui a engagé le projet quant a lui, a du être bien déçu. Parce que plus tard quelqu'un expliquera que c'est pas par ici qu'il faudrait creuser et que l'entrée de la grotte qui mène « au creux » de la colline est vers les arbres sous la route. C'est ce dont nous nous mettons en quête. Mais à part l'hypothèse d'une entrée dans des buissons d'herbe touffues et de jeunes bambous, entre la route et la rivière, nous ne trouvons rien et rentrons au « bureau appartement logement ». Xuelian a préparé une spécialité local, du riz, des nouilles, des œufs et sûrement du miel qui donne ce goût très sucré. Ensuite mon père se remet à travailler sur la topographie de la grotte visitée hier. Puis l'heure du repas vient. On retourne au chalet, mais cette fois on entre par une petite porte de derrière pour arriver directement dans la cuisine. On discute avec les différents membres du personnel qui mangent avec nous. Ils rigolent en se demandant pourquoi on vient une fois par jour manger, est ce que c'est parce que « nous n'aimons pas la cuisine chinoise ? ». C'est surtout que nous n'avons pas aussi faim.

En rentrant je propose de regarder un film, on bataillera un petit moment pour faire marcher un petit projecteur. Puis aussi avec le téléphone, LiMingSong appelle parce qu'il veut organiser un événement près de Guiyang du 20 au 27. Il s'agit d'une initiation à la spéléologie pour les parents et leurs enfants, et pour ça il a besoin de mon père et Xuelian pour encadrer la formation. Cette dernière négocie ferme les conditions, puis nous lançons le film avant de nous coucher.

Spoiler:

J'aime bien les poutre des vieilles fermes :

Faire griller des chips au soleil :

Manger du fromage en Chine... :


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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mer 15 Juil - 18:04

Mercredi 15 Juillet

L'orage a été fort cette nuit, au matin nous regardons les rivières en crue. Les déchets s'offrent un voyage vers de plus grandes rivières, s'ils ne s'accrochent pas aux branches… Ce jour là nous avons prévus de partir à Suiyang pour faire quelque courses, commander un pot d'échappement pour la voiture, repérer quelque grottes et manger des raviolis. Nous habitons dans un coin de campagne tellement perdu que pour ce programme, nous en avons pour 2h allé retour.
Sur la route, j’aperçois de loin un enterrement. Il y a énormément de personnes rassemblées autour d'une maison, toutes portent un ruban blanc sur la tête, et des gros cercles de fleurs blanches et roses avec un caractère chinois au centre sont déposés contre un mur de la maison.
Un autre fait que j'avais cru remarquer aussi sur l'autoroute, c'est ces quelque maisons nouvelles en moellons qui semblent cacher les anciennes fermes en bois. Peut être que les propriétaires ne voulaient pas détruire leur ancienne maison et ont fait construire juste devant. En marchant dans la ruelle de Shuanghe où nous habitons, il m'a semblé voir placardé sur chaque porte un écriteau avec un numéro, du « quelque chose crédit union ».

Nous arrivons à midi à Suiyang. Dans le petit restaurant de raviolis où nous mangeons, je fais plus attention aux panneaux qui accordent le droit d'ouvrir le restaurant. Il y a l'identité et les photos des propriétaires, mais aussi un panneau qui donne un avis du contrôle sanitaire via trois smileys allant du « content » au « mécontent ». Ce restaurant est classé « mécontent », mais pas fermé pour autant. Je demande à Xuelian si les chinois y prêtent attention, elle me répond que non. Voire qu'un restaurant avec le smiley « content » risque d'être cher.
Après le repas, nous remontons la rue à la recherche d'une clé pour fixer les vis aux parois des grottes. Nous entrons dans au moins 5 magasins de bricolage avant de trouver quelque chose. Ils se suivent tous. Ensuite, une fois une clé en main se rapprochant de ce qu'on cherchait, on trouve plusieurs fois ce qu'on cherchait exactement. « c'est toujours comme ça » me dit mon père. On achète donc deux clés avant de passer à la banque. Puis nous marchons avec Xuelian jusqu'au supermarché où mon père nous rejoint en voiture. Nous achetons des bricoles à manger, papier toilette et mouchoirs, je trouve aussi des cahiers d'écriture chinoise à 60 centimes de yuans l'un, alors j'en prends quatre.
Nous mangeons des pommes de terre au piment, puis on pars pour le garage où les garagistes prennent des photos du pot d'échappement rouillé pour commander la pièce. Nous patientons sur un véhicule garé par ici, à coté de la poubelle. Je demande à Xuelian si les chinois prêtent attention aux logos des déchets recyclables ou non. Elle me dit qu'ici, les deux bennes reviennent à la même chose. Les déchets seront rassemblés puis sûrement brûlés. Alors qu'à Shanghai ou Pékin, c'est différent, les gens font attention et les déchets sont recyclés.
Sur la route pour quitter Suiyang, nous croisons une manifestation. Il y a environ une 20aine de personnes plus quelque badauds. Les manifestants tiennent des pancartes, ils réclament leur salaire qu'ils n'ont pas perçus.

Après avoir roulés un peu, nous faisons escale dans un lieu touristique. Un ami spéléologue avait fait la carte des grottes ici, et avait pointé les coordonnées GPS de chacune sauf une. A l'entrée on nous explique qu'il faut payer un billet pour entrer. Après avoir bavardé, mon père appelle d'abord QianZi, un ami spéléologue chinois ; plus tard, LiPo appelle mon père qui lui explique la situation ; Après avoir raccroché, LiPo appelle le patron du lieu tourristique ; et un peu plus tard on viens nous voir : nous pouvons entrer.
On se gare un peu plus loin et nous partons à la recherche de ShuiLianDong, la grotte sans coordonnées. L'endroit est très joli. Une fois la coordonnée prise, nous reprenons la route pour ShuangHe, il est l'heure de manger, alors nous attendons un peu.


Spoiler:

Ciel du matin :

Un oiseau dans une cage, accrochée à un arbre :

Manifestation :

Des lapins dans le garage


Cascade :




~

Nous ne parviendrons pas à fuir le repas du soir. Un car est arrêté vers le chalet et un groupe de personnes approchent. La patronne a mis une belle robe, et on demande à repasser le powerpoint de photos prises dans les grottes devant le groupe. Mon père pars le chercher et me laisse avec son téléphone en attendant. C'était sans compter le groupe qui pars manger, et quelque personnes qui m'interpellent et me disent d'y aller aussi. J'explique que j'attends mon père, et qu'on va avoir du mal à l'appeler puisque c'est moi qui ai son téléphone. Plus tard, il arrive avec le projecteur et le powerpoint. On nous fait entrer dans une grande salle où une 30aine de personnes sont déjà installées pour manger. On nous fait asseoir à la table des patrons et les personnes importantes, tour à tour, portent un toast en présentant chaque personnes ou groupe présents.
Mon père est à ma gauche, s'amuse à dire à la patronne qui est à ma droite, que je peux boire plus d'alcool que lui. Elle s'amusera à me faire boire deux verres, en s'excusant elle même d'avoir mis de l'eau dans son propre verre. À un moment je la voie remplir son verre de saké avec son thé. Mais je l'excuse face à la tache qui lui est donnée, de trinquer régulièrement vu sa position.
Un homme dit à mon père qu'il l'a vu, sur CCTV, une chaîne de télévision chinoise. Ils lui posent différentes questions, quand est ce qu'il a visité telle grotte la première fois, quand est ce qu'il est arrivé en Chine… Mais rapidement la barrière de la langue pose souci, car si mon père parle bien chinois après plus de 7ans en Chine, les accents et l'hésitation, en plus du vocabulaire inconnu refait vite tomber la conversation.
La table la plus éloignée se vide, puis celle derrière moi, puis la mienne. Comme mon père est appelé à la quatrième et dernière table, je quitte la salle seule et marche jusqu'à l'entrée du chalet.


J'entends quelque tambours et quelque timbales. J'avais remarqué le long tissu blanc pendu à un arbre à mon arrivé. Et là, je vois des villageois par petit groupes de trois ou quatre se pressés en direction de la maison d'où provient le bruit. Ils ont presque tous un tissu blanc autour de la tête. C'est aussi un enterrement. Certains tournent le regard vers le chalet lumineux, « luxueux » d'où je sort ; quand d'autres les rappellent d'une petite tape qu'ils vont dans la direction opposée.
La maison où a lieu la cérémonie d'enterrement est juste en face du chalet, séparée de la route et de rizières. Les gens se suivent et marchent vite ; ils s'éclairent de leur téléphone ou d'une lampe pour serpenter sur les chemins qui mènent à la maison. Là bas, tout est éclairé, c'est une vieille maison en bois. Je vois grâce à la lumière un groupe important qui se rassemble dans à gauche, dans la partie éclairée plus à droite, il y a peut être trois personnes.


Il est neuf heure du soir. Mon père arrive, j'ai à peine le temps de lui parler de ce que j'ai vu, qu'il retourne à l'intérieur. Il faut préparer le diaporama. On s'installe dans une pièce avec une longue table en bois à l'européenne. Il n'y a aucun mur blanc où projeter les photos. Quelqu'un tente de tirer les rideaux, le test n'est pas très concluant. Et puis, les prises de courant ne donnent plus d'électricité. Je regarde un peu autour de moi, je veux prendre une revue pour m'occuper et je remarque la moisissure qui s'installe dans les rangements en cartons, et sur la revue en question qui en est toute fripée. Je la remet à sa place.
On change de pièce pour le KTV, enfin la pièce prévue à cet effet. En branchant la clé USB sur la télévision, il y a de quoi profiter du diaporama. Le temps passe, et je prête attention à cette odeur de moisissure qui s'installe. Peut être parce qu'il a plu. Et je ne donne pas long feu au chalet et ses différents objets de décoration.

Tout à coup on entend de grands « boum », peut être des pétards pour l'enterrement, mais c'est différent, les pétards seraient plus saccadés. Je sors pour regarder, je vois que les gens autour de moi s'affolent de la tournure des événements, la chienne RongRong, ne cesse d'aboyer.

Ce sont des feux d'artifices. Ça ne dure pas longtemps mais je peux voir lorsqu'ils s'éteignent, un groupe de jeunes gens repasser devant la rizière et faire le tour de cette dernière pour retourner dans la maison où a lieu l'enterrement. Je ne vois pas si bien parce qu'il fait nuit noire, mais j'entends de la flûte et des chants qui se sont ajoutés sur le rythme des timbales et tambours.

Les invités au chalet sont des chefs de différentes entreprises, ils sont venus et sont si bien accueillis dans le but d'ouvrir de potentielles voies touristiques (je pensais voies commerciales, c'est amusant de le dire ainsi). Bref, ramener des touristes par leur intermédiaires. Les chinois ne sont pas si nombreux à adhérer à une religion, mais les superstitions sont encore bien ancrées. Et l'enterrement en face pourrait avoir une mauvaise influence.
Pour l'instant, ils sont tous coincés dans une salle de réunion à discuter. Mon père quant à lui, est en train de batailler avec la télécommande de la télévision pour être sur que tout soit au point. On regarde les photos de plus près, elles sont vraiment intéressantes, et la grotte elle même a quelque caractéristiques relativement rares et curieuses.

Le contraste est frappant, d'un bout à l'autre de la route et des rizières. De cette maison en bois où certains rites ressortent pour la mort, à ce chalet luxueux qui veut développer le tourisme.
Je comprends mieux cette galette de fleurs sur la tombe en face de la route que j'avais aperçue il y a quelque jours en revenant de la grotte.


Finalement, on nous demande de transférer le fichier, et on nous laisse partir.


On raconte que dans cette maison, le grand-père est mort il y a une semaine à peine. Il se serait tranché le ventre pour se suicider. Et il y a quelque jours, la grand-mère est morte à son tour, et c'est son enterrement qui a lieu ce soir. On raconterait facilement l'histoire du grand-père qui se serait découvert une maladie, et pour ne pas trop coûter à sa famille, choisirait de mettre fin à ses jours.

Spoiler:
J'étais passée par là plus tôt, des détritus de pétards étaient signe d'un mariage récent. (photo de la maison où a lieu l'enterrement)

Tombe aperçue non loin quelque jours plus tôt.

Rizières alentour :




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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Jeu 16 Juil - 18:29

Jeudi 16 Juillet

Toute la journée, l'enterrement n'aura pas cessé. Il y a toujours autant de monde, qui, le soir venu rentrent chez eux. J'entends de loin ou de près les chants, les timbales et les tambours. Mon père part en spéléo, il retourne dans la grotte de la dernière fois et parvient à faire la jonction avec une autre en dessous. Mais comme il pars seul, il faudra y retourner pour récupérer les cordes et tenter quelque autres passages. Nous avons prévu d'aller dans des trous non loin de cette grotte le lendemain.
Je ne le suis pas, je me dit que j'aurais d'autres choses à faire, comme me décarcasser pour savoir ce que je projette de faire pour mon master. Mais finalement d'avoir tant de temps, le temps passe vite. Je passe la matinée à continuer la lecture du livre d'Evan Osnos, et à me renseigner sur le forum bonjourchine.

Vers une heure, Xuelian vient me proposer d'aller manger au chalet avec elle. Nous nous rendons aux cuisines mais tout le monde est très occupé. Le groupe est sûrement encore là, ou bien des premiers touristes, ce qui fait que le personnel est toujours aux fourneaux. On attends un peu puis le cuisinier prépare quelque chose pour nous tous. Mais au moment de déposer les plats sur la petite table pliante de la cuisine, quelqu’un entre et annonce que trois personnes viennent d'arriver et qu'il faut leur servir à manger. Ce que nous faisons, c'est que nous montons ces plats ainsi préparés et mangeons tous ensemble, avec le groupe de trois, dans la grande salle à manger.

L'après midi, à nouveau je me plonge dans ma lecture. Je tente aussi d'upload quelque photos pour illustrer le compte rendu, mais c'est extrêmement long. On achète aussi quelque fruits en rentrant du chalet. Des raisins, des pommes et des pèches. Les fruits ne m'ont jamais l'air très murs lorsqu'on les achète, sûrement parce que le vendeur fait de la route jusqu'aux différents villages et évite ainsi les pertes.
Quand mon père rentre, il s'attaque rapidement à la topo sur l'ordinateur, tandis que je bataille avec mon orientation en master. Si bien qu'il est déjà tard lorsqu'on va manger. On cuisine quelque bricoles et prenons quelque restes dans les frigos, puis nous marchons un peu dans la nuit noire pour rentrer.
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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Ven 17 Juil - 18:42

Vendredi 17 juillet

Nous avons prévu de partir en spéléo ce jour ci. Comme la dernière fois, je pars seule prendre le petit déjeuner ; je préfère avoir le ventre plein et je sais bien que mon père mange rarement dans la grotte. Sur le chemin, à l'aller, je vois un groupe de touristes et la patronne qui se font prendre en photo. Au retour, un petit camion et trois personnes dont deux avec le ruban blanc, qui déchargent des moellons, sûrement pour construire la tombe. L'enterrement durera encore toute la journée jusqu'au soir, toujours rythmé par de la musique qui change suivant l'avancée dans la cérémonie, et par quelque feux d'artifices.

Une fois en route, nous retournons à la ferme où nous étions allés la dernière fois. Mais nous partons à pieds sur un autre sentier à travers les cultures. Tabac, riz, courges, haricots sont entre autre cultivés. Si dans le passé les paysans avaient jugés utiles de se mobiliser pour construire de solides murs en pierre pour construire les terrasses et cultiver ; en marchant à travers la campagne nous trouvons de plus en plus de champs abandonnés.
On trouve aussi deux grands arbres « sacrés/protégés » sur le chemin. Juste en face de deux tombes, l'une est récente, l'autre est devant une arche en pierre de ce qui ressemble à un caveau ou une chapelle. Nous ne savons pas très bien tellement la végétation cache le bâtiment.
La spéléologie en Chine souffrira elle aussi des conséquences de l'exode rural. Parce qu'aujourd'hui encore nous pouvons trouver quelque paysans et les questionner sur leur connaissance de la terre qu'ils connaissent depuis leur enfance. Ils savent où sont les grottes et nous guident. Ce savoir disparaîtra avec eux.

Après avoir traversé quelque cultures, nous entrons dans une jeune forêt et parcourons les sentiers jusqu'à une toute petite entrée partiellement murée. Nous nous changeons avant de ramper au dessus de ces quelque pierres et nous voila debout.
La grotte ne paraît ni grande ni étroite, mais commence rapidement à serpenter. C'est moins difficile que la dernière fois, mais nos sacs contiennent des cordes et baudriers « au cas où », qui restent lourds. Nous sommes rapidement pris dans le méandre ni trop haut, ni trop bas, ce qui fait que c'est le vide sous nos pieds que nous serpentons tout en faisant la topographie de la grotte.
Mon père m'indique le point qu'il vient de quitter, avance jusqu'au prochain virage, et mesure la distance entre lui et moi, puis à sa gauche, droite, en haut, en bas. Puis je le rejoins et ainsi de suite…

A un moment nous décidons de partir un peu plus à droite, et nous tombons sur une autre grotte beaucoup plus facile à pratiquer : nous pouvons marcher normalement. Alors on continue la topo, jusqu'à ce que le passage soit bloqué. On remarque des traces de charbon, et des dessins sur le sol. Des hommes sont passés par là, mais comment savoir quand ? Je trouve aussi quelque dents d'animaux, plutôt gros. Un ours ou un panda ? Là aussi on ne peut pas dater.
Demi tour, on continue dans l'autre sens. On trouve de plus en plus de traces humaines, même un bol brisé que je ramasse. Au bout nous sommes sur un puits. Comme on a laissé les sacs, on fait à nouveau demi tour pour tester touts les petits passages qui nous ont échappés. Certains d'entre eux ramènent soit où nous étions la première fois, soit à l'endroit où nous avions laisser les sacs. Nous pouvons le savoir grâce à la carte de la grotte que nous faisons au fur et à mesure que nous avançons : mon père entre les données dans son PALM et schématise chaque lieu.
A nouveau nous voila à marcher accroupis, à continuer la topo. On est juste au dessus de la partie de la grotte où nous marchions tranquillement auparavant. On espère tomber derrière la partie qui était bouchée, en passant par dessus. Mais ça ne donne rien, et nous tombons sur un trou, à quelque mètres du sol. On devrait faire demi tour… On pourrait aussi « sauter ». Même si ça ne se fait absolument pas en spéléo et que c'est à éviter à tout prix, nous tentons le saut. Enfin, mon père descend un peu jusqu'à être pendu par les bras, puis il lâche ; lorsque c'est mon tour, je descend un peu, mais je pose le pied sur son épaule et je descend doucement.

Nous retrouvons donc nos sacs. Contents d'avoir bouclé autant de passages sur la carte, nous décidons de revenir au puits pour accrocher les cordes. Nous savons à l'air qui se réchauffe et aux traces, que la sortie n'est pas loin. Une fois en bas justement, mon père reconnaît l'autre grotte où il voulait aller. On sort donc par un autre endroit que là où nous étions rentrés. Pour couronner le tout, une chauve-souris décide de me faire un câlin à la sortie (En fait, la pauvre bête a loupé son vol et a atterri en plein sur mon visage, on a du être surprises autant l'une que l'autre).
Après avoir retrouvé à pieds l'autre entrée, nous reprenons nos affaires et nous repartons à pieds. Sur le chemin, un paysan nous indique un raccourci. J'en profite pour prendre quelque photos, puis nous rentrons chez nous.


À peine lavés, on nous apprend que QianZi et LiPo sont au chalet. Comme ce sont aussi de vieux amis, nous y allons rapidement. Ils nous accompagnent pour manger à la table qu'ils venaient de quittés. On nous ajoute quelque plats et ils trinquent au saké pour participer au repas.
J'ai du mal à suivre les conversations, tout va trop vite et je ne peux pas écouter les deux en même temps quand ils parlent à mon père ou à moi. QianZi sait que je veux aller dans le Yunnan pour mes études, c'est lui qui m'avait donné le contact d'un professeur à l'université du Yunnan (qui m'avait envoyé tant de documents officiels pour un partenariat que j'avais fini par renoncer). Il décide de rappeler son ami, en lui disant que je « vais aller dans le Yunnan, et qu'il faut absolument m'emmener à Shangri-la (l'endroit a été renommé) une 20aine de jours voir les minorités, rencontrer des gens, loger à l’hôtel ». A nouveau je suis dépassée par les événements et j'ai cette impression de ne rien maîtriser. Li po me pose la bonne question « est ce que je veux vraiment aller à Shangri-la ? », je réponds que je dois aller avant tout à Kunming.
D'autres sujets de conversation tournent autour de la censure, du Hukou (permis de résidence chinois) qui apparemment permet aujourd'hui aux enfants nés hors mariage et peut être au seconds enfants « illégaux » d'exister et d'avoir une identité. QianZi s'amuse à nous dire qu'il a la femme de Xi Jinping en amie sur facebook, et qu'il s'amuse à « like » toutes les publications d'elles et de son mari, l'actuel président de la république populaire de Chine.
Il dit aussi que par ses compétences en secours et spéléo, il est souvent appelé pour ses services. Notamment dans la région du Tibet où il a travaillé. Puis il recommence à me parler des universités chinoises, je pourrais aller à une université à Lhassa, ou bien à Guiyang, ou bien à Kunming ; il sait que les minorités locales m'intéressent, il me parle d'un très bon livre en chinois à ce sujet. Il me perds à nouveau… Et encore plus parce que la suite des événements nous mène au KTV juste dans la pièce à coté. Ça m'ennuie de ne pas réussir à décrocher un mot sur mes projets, et me noyer à nouveau sous l'urgence qu'il y a à réagir.

Nous ne chantons pas, eux si ; puis nous réussissons à nous esquiver. En sortant, la musique de l'enterrement a changé encore d'instruments et de rythmes. Le soir, j'imprime avec l'imprimante qui n'a que très peu servie de mon père, la quasi-totalité de mon mémoire pour me remettre au travail, dès demain.

Spoiler:

La ferme où nous nous arrêtons

Le mausolée et une tombe

Deux grands arbres

Chemin, fermes et autel




Solide muret de pierre, et terrains abandonnés


Entrée de la grotte

Fermes et terrasses abandonnées






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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Sam 18 Juil - 17:29

Samedi 18 Juillet

Peu de choses à raconter pour cette journée que je consacre à remettre au clair mes possibilités d'orientation et mes projets à Kunming. Je décide plus ou moins de partir à Kunming le 27, après l’événement spéléo de Linmingsong qui commence dans deux jours. Demain nous partirons avec Xuelian pour Suiyang où nous feront escale, puis nous arriverons le 20 au matin à Guiyang.

Au petit déjeuner, nous faisons en sorte de retrouver Li Po et Qian Zi pour échanger deux mots et leur passer un appareil utile en spéléologie que j'ai ramené de France. Dans la journée, on me propose d'aller visiter une grotte touristique cette fois, apparemment très jolie. Je décline l'invitation pour avoir trop en tête les différentes questions qui me tracassent, je le regrette un peu puisqu'il m'aura finalement fallu quelque heures pour trouver les réponses.

L'après midi, je décide alors de travailler un peu mon chinois, je prend les quelque infos que je peux trouver dans ce que j'emporte avec moi pour copier des caractères traits par traits et bien les mémoriser. Ça me prend l'après midi, tandis que mon père, assis à coté de moi, travaille à entrer des données et créer les cartes des grottes.
Le soir, suffisamment tard pour que tout le monde ai mangé, on pars aux cuisines à notre tour pour préparer quelque pommes de terre.

L'enterrement aura duré 4jours au total, en repassant le soir on verra de la fumée venir de deux endroits dans forêt, à égale distance de la maison où a eu lieu la cérémonie. On peut alors deviner où ont été placé les tombes. Le soir il n'y a plus grand monde dans la maison, tout est revenu au calme.
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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Dim 19 Juil - 19:31

Dimanche 19 Juillet

Depuis que je suis en Chine, je me réveille toujours à 7h du matin (environ 1 ou 2h en France). Je prépare ma valise pour continuer mon voyage après une semaine à Guiyang. Au programme aujourd'hui, le départ pour Suiyang. La journée sera longue et ennuyeuse, si Suiyang n'est pas très loin, nous partirons très tard, vers 2h.

J'ai le temps de me renseigner sur ce qui change et ce qui ne change pas, ce que je fais, et ce que je ne ferais pas au cours de mon voyage. D'une part, j'ai appris que je suis acceptée dans un master 2 où j'ai postulé sans trop y croire, ce qui -en plus de l'avis de mes professeurs de M1- m'oblige encore à redéfinir mon projet de recherche. Si j'ai acheté un billet d'avion pour rester deux mois en Chine, c'était dans le but, au départ, de réaliser mon enquête.
L'autre chose qui change, c'est que j'apprends que le lieu où je voulais loger -à Kunming- pour réaliser ce travail, n'existe plus. « A Bu's Jean's & family », l'entreprise sociale où je voulais me rendre pour discuter avec les bénévoles, a l'air de se concentrer aujourd'hui sur l'activité « petit restaurant bio et partage d'une éthique écologique ». Je me demande où est passé le coté créativité et réutilisation d'objets en fin de vie, alors je décide de me rendre quand même à Kunming pour en savoir plus sur ce changement.
Je libère la personne qui aurait pu me servir d'interprète -à mes frais-, ne pouvant définitivement que lui proposer un bazar d'improvisation, j'irais seule.
Pour le logement, je ne peux pas non plus dépenser trop d'argent, donc je me penche sur un sujet qui restait uniquement en question au fond de mon esprit : les auberges de jeunesses en Chine. De quoi trouver un dortoir, de 6lits peut être, autour de 30yuans/nuit.

Arrivés à Suiyang, nous laissons encore une fois la voiture au garage pour faire remplacer le pot d'échappement. On s'installe dans un hôtel pas très loin et y restons jusqu'au soir. Je continue de m'organiser pour Kunming, on trouve une auberge de jeunesse qui accepte les étrangers et j'ai actuellement un billet de train -couchette !- pour partir le 27 au soir. Je pense rester une semaine ou plus à Kunming, suivant les circonstances.
Je secoue à nouveau mon réseau, pour voir qui je peux rencontrer et comment, reste à voir quelles questions précises j'ai à poser autour de mon sujet de recherche qui aborde la vaste question de l'écologie en Chine.

Le soir venu, nous marchons dans les rues de Suiyang et enchaînons quelque petits restaurants à ciel ouvert, pour essayer. Je ne sais jamais comment les appeler, mais ils prennent soit la forme de garages ouverts, avec quelque tables en bois et tabourets en plastique ; ou bien à une table plus ou moins décorée, avec une personne derrière qui vous sers un plat (patates, galettes…). Ainsi se termine la journée.
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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Lun 20 Juil - 16:35

Lundi 20 Juillet

Dans la matinée, après avoir mangé deux bols de raviolis, nous prenons la route pour Guiyang. Le pot d'échappement ne fait plus aucun bruit, c'est presque bizarre. Je n'y avais pas prêté attention avant, mais l'endroit où nous sommes garés et d'où nous partons, qui pour moi avait tout d'un parking, était en fait une route. Une route à quatre voies ou plus, arrêtée là, devant une vieille ruelle qui ressemble à un village aux maisons en briques ou en bois, et avec un toit. La séparation entre cet espace plus ancien, qui fait barrière à cette route laissée en construction, et l'espace à coté de la route qu'on peut imaginer continuer est brutale. Le « village » a une vieille route en terre ou en vieux béton, et là où les maisons sont plus récentes et ressemblent à des « pièces de tetris », en moellons, la route est en béton.
Nous partons donc, de ce véritable départ -ou fin- de route, tout droit, vers l'autoroute. Nous en avons pour environ 3-4 heures pour arriver à Guiyang.

À mi-chemin, la voiture aux phares et au pot d’échappement si neufs, nous fait une nouvelle surprise : le levier de vitesse casse. Alors que je lisais tranquillement, je le vois « tomber » d'un coin de l’œil. J’alerte mon père, et c'est alors que commence un concours de bricolage. Il continue de rouler à la même vitesse, tandis que je farfouille dans le matériel derrière (clefs en tout genre et bazar traditionnel de spéléologue). Nous parvenons finalement à remplacer le levier de vitesse par un tube en fer creux, qui rentre parfaitement dans la partie cassée.

Enfin à Guiyang, nous nous arrêtons pour manger une glace et nous balader, nous avons un peu de temps devant nous. Puis nous traversons la ville à travers les bouchons interminables habituels. Nous nous garons devant un restaurant où nous avons rendez vous avec Linmingsong et toute l'équipe. Toute la semaine, nous allons encadrer un petit camp de vacances où les enfants et leurs parents s'initient ensemble à la spéléo.
En arrivant, on nous donne des tee-shirts, un sac et un carnet de notes. Comme nous avons de l'avance, nous nous exilons dans une pièce pour travailler en attendant l'heure du repas. On attendra encore une heure les derniers arrivants, et de tout le repas jusqu'au soir, nous n'en saurons rien sur l'organisation : Linmingsong n'est pas là. On nous guide jusqu'à l'hôtel où nous logeons tous.

Même si je ne la revois qu'à travers des fenêtres, je suis heureuse de retrouver Guiyang.

Spoiler:

Petit imprévu :




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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mer 22 Juil - 3:07

Mardi 21 Juillet

Nous quittons l'hôtel au matin pour prendre la route pour HuiShui où nous devons rejoindre le groupe d'hier. La circulation à Guiyang est suffisamment catastrophique, et les panneaux d'indications rappellent la ville de Lyon où si par malheur on ne voit pas une flèche au sol, on est partant pour faire un détour énorme et revenir sur nos pas. C'est ce qu'il nous arrive, et nous rejoignons l'autoroute qu'après un bon moment dans les bouchons. Après environ 2h de route, nous traversons HuiShui puis prenons une route de terre puis de béton pour finir dans un coin boisé. Je me demande s'il y a une minorité ethnique pas très loin, puisque je vois sur la route deux personnes en costume, je pense aux Buyei sans en être sure.

A notre arrivée, je suis surprise par la « décoration » des bâtiments. Rien « d'ethnique », mais plus tôt des cagettes kaki peut être de munitions en bois, qui servent de murets. Ce n'est qu'une fois garés que je comprends ce que nous faisons là, le car du groupe nous rejoins justement à cet instant. Les parents ne sont plus là. En fait, nous encadrons en quelque sorte, avec les autres, une sorte de colonie de vacances d'une semaine dans une attraction pseudo-militaire. D'où toutes ces caisses empilées qui se retrouvent même contre les façades des préfabriqués. Tout est décoré style militaire ; et lorsque nous passons au centre de la petite base, on croise un groupe de jeunes adultes, en tenue de camouflage, une arme en plastique à la main, à écouter les indications de l'organisateur pour une partie de laser-game dans la forêt.

Nous n'avons toujours pas d'indications sur le programme, mais rien ne semble pressé. D'ailleurs, l'activité de l'après midi sera d'apprendre aux enfants à enfiler un baudrier. Demain, peut être, ils amorceront la montée sur corde. Si nous logeons dans un bâtiment de l'autre coté de la route, les enfants sont -je crois- dans des tentes, en camping. Le soir, nous mangeons un barbecue, les enfants font des jeux avec les animateurs. Il y a un petit coin de wifi dans un bureau. Je n'ai pas grand-chose à faire, alors je me remet à la lecture. Après une douche froide -parce qu'il n'y a pas d'eau chaude-, je repense à Guiyang et j'espère pouvoir y retourner et m'organiser avant de partir à Kunming. L'auberge de jeunesse annonce changer ses prix, et dit ne pas encore pouvoir les donner, on craint une arnaque. Peut être que je resterais moins longtemps, je ne sais pas vraiment.

Spoiler:

Décoration "militaire"


Notre petit groupe

Laser-game en forêt, ça fait des jouets pour les curieux :



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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Jeu 23 Juil - 3:16

Mercredi 22 Juillet

Le matin je marche sur une route de terre qui traverse la forêt pour rejoindre la troupe. Les cordes sont installées et les enfants sont aidés pour mettre leur baudrier. Chacun fera une montée et une descente sur corde, ça prendra toute la matinée. Les animateurs ont l'air de se former eux mêmes, choisissant suivant chacun de faire descendre les enfants au bloqueur ou au descendeur ; mon père se met dessous pour rattraper la chute possible des enfants, surpris par la descente rapide. Je prends quelque photos, tout se passe bien. Quelque chèvres sont dans ce petit coin de campagne investi par le camp, et cherchent quelque chose à grignoter parmi les détritus. Le temps est changeant, entre la chaleur et l'humidité lorsqu'on est au soleil, et les nuages qui laissent présager un orage qui ne vient pas.

Après le repas de midi, je passe la journée à lire, plus qu'un chapitre avant de terminer mon livre… La bonne nouvelle c'est que je ne resterais pas, ce soir mon père et moi partons pour Guiyang où on a besoin de lui le lendemain. Je saute sur l'occasion pour y retourner.

L'orage a éclaté et la pluie est forte, je fais mes valises en vitesse et je monte dans la voiture. Après le chemin en terre, la route de béton, la ville de HuiShui… Nous étions bien partis pour rejoindre l'autoroute pour Guiyang en suivant les panneaux, si mon père n'avait pas à ce moment jeté un coup d’œil au GPS qui nous dit de tourner à gauche. Au feu rouge pour aller en face, il feint la voiture qui ne démarre pas, pour passer ensuite au feu qui permet de tourner à gauche. On ne voit pas très bien à cause de la nuit, je fait remarquer les appels de phare insistants de la voiture derrière nous. Trop tard. Nous voila à traverser à toute vitesse une immense flaque d'eau. Juste assez profonde, on parvient de l'autre coté sous les yeux ébahis des personnes arrêtées devant, ne pouvant passer avec une voiture. On remercie le 4x4 et gronde le GPS, tout ce qu'on a gagné après la traversée, c'est une vieille route abîmée qui donne sur un cul de sac, puisque cette dernière est bloquée.

Après quelque détours on retrouve enfin l'autoroute ; jusqu'à ce qu'on perde à nouveau notre route à cause des indications. De Guiyang à plus rien, à Guiyang City à… Beijing Lu. Guiyang est devenu énorme, elle a explosé de projets immobiliers, je ne compte plus les « nouvelles villes ». Entre XinYang -le nouveau guiyang-, The New Ark -la ville écologique-, on trouve aussi des noms ridicules (ou scandaleux?) intégrant « farytale », « attractive world » ou je ne sais quoi. Ce qu'il a l'air de se passer à Guiyang en matière d'immobilier, cache à mon avis beaucoup de choses. Peut être y a t il des financements pour désengorger la ville qui fait face à de gros problèmes de circulations, mais ceux ci sont très loin d'être résolus et ne le seront pas avec tous ces ponts et tunnels que nous traversons. Les automobilistes de Guiyang ont l'air aussi perdus que nous. Et c'est en sortant d'un tunnel envahi par les bouchons, qui a un trottoir pour les piétons malgré sa longueur, que nous arrivons en perpendiculaire à un pont que mon père connaît. « Ah bah on est arrivés, on est chez Linmingsong. », allez savoir par quel miracle nous nous sommes retrouvés là.
On se gare dans une ruelle, Linmingsong n'est pas là, mais on logera chez lui. Il a aménagé tout un espace avec des lits mezzanines pour accueillir les amis ou la famille ; quand on arrive, un oncle nous ouvre la porte. On sort manger et en rentrant, la mère de linmingsong nous donne les clefs. Quand elle me reconnaît, elle me prend dans les bras, je ne l'ai pas vue depuis 2008.

Spoiler:

Balade en forêt :





Je retrouve le petit groupe :

Installation, préparation et c'est parti :




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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Jeu 23 Juil - 15:47



Jeudi 23 Juillet

Au matin, je suis encore en train d'émerger quand mon père me dit qu'il part pour rejoindre Qianzi. N'ayant aucune idée de mon programme, et étant donné qu'on a qu'une seule clef pour l'appartement de Linmingsong, je lui demande comment faire. On se met d'accord pour que je pose la clef sur un tabouret devant une fenêtre qui s'ouvre de l'extérieur.
De leur coté, ils vont vers le « guiyang happy world » trouver une caserne de pompiers et essayer de les convaincre de l'utilité d'être formés au secours spéléo, étant donné le nombre de fois où ils ont du intervenir dans des grottes pour chercher des personnes qui y sont tombées -ou qui y ont été poussées-. De mon coté, j'ai une journée pour Guiyang. Je sais que je veux me trouver une carte SIM pour pouvoir téléphoner et gagner un peu de liberté dans mes mouvements (je considère qu'en Chine sans téléphone, c'est presque impossible de faire quoi que ce soit, et être limité aux spots wifi pour essayer d'accéder à QQ est quasiment inefficace.) Par ailleurs je ne sais pas où je suis. Mon père est parti, et je commence à me préparer sans trop savoir à quelle heure lui ou moi allons rentrer.

Une fois dehors, sans clef, je tourne à droite dans la ruelle. Le coin me rappelle vaguement quelque chose, je suis déjà venue en 2008. Je serpente entre les vieux appartements majoritairement en briques, parfois en moellons, qui sont aléatoirement placés et qui m'offrent souvent le choix d'aller à droite ou à gauche alors que je veux aller tout droit. Le sol est en béton, quelque portes ou fenêtres sont parfois ouvertes d'où je peux voir les intérieurs. Il y a toujours des grilles aux fenêtres pour dissuader les voleurs. Je croise quelque passants, un adolescent, une mère et son enfant, des personnes en âge d'être grands parents, et un homme qui déplace des déchets de cartons, placés dans deux paniers accrochés à la branche de bambou qu'il porte à son épaule. Des petites voitures et des mobylettes sont garées ça et là, lorsqu'elles peuvent passer. Il y a aussi quelque tas d'ordures dans la ruelle qui n'a pas spécialement une bonne odeur. Quand je fini par descendre un petit escalier, entre un muret et un bâtiment, d'où je vois derrière le muret un enfant qui joue dans un arbre, je crois m'être égarée. Un tel endroit de végétation ne me dit rien, c'est alors que je tombe sur la route. Un grand bâtiment a du être détruit ici, et rien n'a du être construit par dessus, tellement que la végétation a repris ses droits.
Au hasard, je tourne à droite, la rue monte. Je vois des personnes assises sur des paniers, souvent des hommes adultes, ni trop jeunes ni trop vieux, qui attendent qu'on leur donne du travail pour les compétences qu'ils proposent. Je croise aussi quelque marchands qui installent leur étalages de fruits ou leur petite cuisine ambulante pour préparer un bol de nouille comme petit déjeuner aux passants. Il y a déjà beaucoup de voitures, et la circulation se bouche régulièrement ; lorsque je veux traverser une rue, je fais quelque zigzagues entre les voitures. Et ce n'est qu'au prochain grand carrefour, que je réalise que j'ai pris la rue dans le mauvais sens.
Je fais demi-tour, mais je change de trottoir. Si je croise un vendeur de journal et quelque clients matinaux dans un petit restaurant à nouilles, ce coté est moins animé, un long muret longe la route tout le long. Il y a aussi quelque poules, énormes, qui sont là, sur le trottoir. A un moment, je réalise que je marche sur ce qui était un ancien sol d'appartement. Je vois les limites des murs dessinés sur le sol, des carrelages et des niveaux différents, et même un toilette turc bouché et suffisamment plat qu'on croirait à une photo sur le sol si on y faisais pas attention.

Je tourne à droite, il y a beaucoup plus de voitures sur cette voie. Le passage piéton est aussi encombré, il se transforme parfois en escalier sur lesquels marchent les vendeurs et les passants, ceux qui tiennent les boutiques ou quelque livreurs. A un moment je vois quatre boutiques de meubles, des meubles en bambous montés. Je me demande s'ils ne les achètent pas démontés et les revendent montés tellement ça me rappelle – de loin – quelque meubles de salle de bain Ikéa. Au fur et à mesure que j'avance, je trouve les même modèles dans des qualités moindres. Le design est le même, mais le matériau, passant d'un autre type de bois bois au métal plus léger les diffèrent.
Comme je me repère aux noms des rues, qui plutôt bien indiquées (à condition qu'on trouve le panneau), je sors une vieille carte de Guiyang et je trouve mon chemin. Encore deux rues et je serais à PengShuiChe, où j'ai vécu 3mois quand j'avais 16ans.

Quand je m'y trouve, je tourne à gauche jusqu'au China mobile où j'ai acheté une carte SIM il y a deux ans. J'y vais l'air faussement naïf, parce que j'ai entendu qu'il n'est plus possible en Chine, d'acheter un numéro de téléphone au coin de la rue et pouvoir utiliser la carte un ou deux mois avant de la jeter. Il paraîtrait qu'ils ne vendent plus que des abonnements, ça aurait pour but de limiter les arnaques au téléphone. Je m'inquiète aussi sur ce que j'ai fais il y a deux ans, puisqu'en débarquant j'avais insisté sur le fait que je ne voulais pas d'abonnement et que je ne pourrais pas retourner à Guiyang pour l'annuler. On avait fini par me vendre quelque chose, et je me souviens avoir signé un contrat. La mauvaise communication -anglais chinois français- aidant, j'ai peut être fait une erreur et c'est pas impossible que je doive de l'argent à China Mobile depuis deux ans que je n'ai rien résilié. Je verrais ça en rentrant en France quand j'aurais l'occasion de farfouiller dans mes papiers…
Bref, j'entre et une jeune femme m'accueille, je lui dit en chinois que je veux acheter une carte Sim. Elle me dirige vers un ordinateur où je choisis mon numéro de téléphone, puis j'attends que je sois appelée au guichet pour finaliser la procédure. Jusque là pas de souci. Quand je suis appelée, comme je m'y attendais, tout se complique : Je veux une carte Sim, un numéro de téléphone, mais pas d'abonnement. (A cette occasion je réalise l'importance du dictionnaire papier pour « abonnement », quand l'application sur le smartphone m'indique un truc incompréhensible dans le contexte). Bref, on me demande si j'ai une identité chinoise, je répond que j'ai mon passeport, mais ils refusent cette possibilité. Je dit « ils » puisque peu à peu je serais en contact avec un ami surement, de la personne qui travaille au guichet d'à coté et qui me tend le téléphone pour communiquer en anglais. Il m'explique qu'il faut une carte d'identité chinoise, que le passeport ne changera rien, et que si je veux un numéro de téléphone il faudra que je revienne avec un ami chinois. J'abandonne, je remercie les personnes en disant que je reviendrais avec un ami.

En sortant, je reprend la route que je connais bien, je traverse Pengshuiche -qui est un grand carrefour, autrefois un rond point- par un passage sous terrain, je tourne à la Zhonghuabeilu, et je marche jusqu'au prochain passage sous terrain, je tourne à droite, puis je monte l'escalier à gauche, et je tourne à la ruelle un peu sale à droite. Je suis presque surprise d'arriver si vite après toute la marche que j'ai eu à faire de chez Linmingsong jusqu'ici.
Ce que je cherche alors, c'est un café où utiliser du Wifi. En 2007 une amie avait ouvert un café ici, puis l'avais revenu. Quand je suis revenue avec mon copain il y a deux ans, le « zoe cafe » c'était transformé en « boe cafe ». Mais aujourd'hui… Je suis surprise de voir un restaurant japonais. Il me faut prendre du recul pour y croire, tout a changé.
Comme je vois écrit « wifi » sur la porte, je reprend l'air naïf et je rentre. Je vois la pancarte wifi et je fais comprendre que j'ai besoin de me connecter. On me répond en chinois qu'à cette heure ci, on ne peut pas encore manger. Je demande si je peux boire quelque chose -sous entendu pour consommer et utiliser le wifi, comme en France-. Mais lorsque je voudrais payer le thé qu'on me sers, on me dit que c'est pas nécessaire. Le wifi n'est même pas encore allumé, les personnes font le ménage. Pour patienter je regarde ma carte pour faire le point sur les endroit que je connais, et où je pourrais aller. Puis une fois le wifi fonctionnel, je vais sur QQ.
Je lance quelque messages, à mon père pour lui dire qu'il est 10h30 et que je voudrais savoir si on se rejoint pour manger. Et à Zoé, l'ancienne propriétaire du café devenu restaurant, que j'ai l'intention de voir parce que c'est une bonne amie. Au passage, je me dit que si elle a le temps pour m'accompagner au China Mobile, ça serait pratique. Mais mes alertes ne donnent rien, je n'ai aucun email, et je me fais remarquer encore cette absence de liberté et ce sentiment d'être « ralenti » dans cette Chine au pas de course, lorsqu'on a pas de moyen de téléphoner.

En partant, je ne manque pas de m'expliquer avec un sourire que si je suis venue ici c'est parce que je connaissais le café que j'espérais retrouver. Je les quitte et je reprend toute une marche jusqu'à chez Linmingsong pour arriver à midi. Cette fois, j'opte pour une autre route, histoire de revenir par le chemin à gauche de la porte que je n'ai pas emprunté : la boucle est bouclée.


Comme je n'arrive pas à contacter mon père, je passe par Qianzi. Vers 13h, mon père me rejoint et nous allons manger tous ensemble. Un petit chat passe pour demander des restes de poissons ; je verrais trois chats roux dans la journée. Je crois que je n'ai pas vu autant de chats que cette année en Chine, même s'ils sont maigres, j'en ai vu plus de cinq. Qianzi et un ami restent à finir leur bouteille de saké, alors mon père et moi partons pour tenter de résoudre de problème de carte SIM, en osant espérer suivant l'idée de Qianzi que son permis de résidence pourrait remplacer la carte d'identité chinoise. On refait donc le chemin que j'ai fais le matin, jusqu'au même guichet de China Mobile.
Finalement, on nous propose pour résoudre notre problème, de tourner à la rue un peu plus à gauche, en face du vendeur de cigarettes, on devrait pouvoir acheter une carte SIM. C'est donc dans un petit magasin qui portent plusieurs logos dont Samsung et Apple ensemble, que nous nous adressons au vendeur pour acheter un numéro de téléphone chinois qui ne servira que un mois.
Rapidement, il sort plusieurs cartes : un numéro est écrit au marqueur de différentes couleurs sur chacune d'elles, et un prénom est noté de l'autre coté, sur une étiquette ; pour avoir une micro SIM, il a un ciseau exprès qui découpe la carte autour de la puce. Pour 150yuans, j'ai ma carte sim et de quoi téléphoner. On se demande plus ou moins si des personnes préachètent des cartes sim pour les revendre de cette façon. Puis nous marchons jusqu'à une petite galerie commerciale pour acheter quelque chose de frais et acheter des bricoles. Enfin, on remonte jusqu'à chez Linmingsong.


De là, je me préoccupe de la suite des événements. Mon père a bien compris que ça m'ennuie de suivre la colo, et que j'aimerais bien rester un peu plus à Guiyang. Même si je n'ai pas réussi à entrer en contact avec Zoé, je vais rester jusqu'au 27 d'où je prendrais le train pour Kunming. Je ne sais pas si mon père repassera par Guiyang, donc je prépare un sac d'affaires dont je n'aurais pas besoin.
Aussi, je m'organise pour la suite. Cette histoire d'auberge de jeunesse me travaille, et comme on n'est jamais mieux servi que par soi même, je vais sur ebooking dans l'espoir de trouver quelque chose. On m'aide en même temps sur IRC pour savoir où elles se situent sur la carte google qui est censurée. J'opte pour une auberge de jeunesse pas très loin de la gare, qui reviendra à 30yuans / nuits jusqu'au 6 Juillet. Je réserve au cas où. Je ne sais pas si tout ça suffira, c'est une première expérience, donc je n'ai qu'à espérer.

Le soir venu nous repartons à la recherche de raviolis, on reprend la ruelle. Les chiens aboient, les enfants jouent, quelque personnes sont à la porte à regarder leur téléphone et se rafraîchir. Mon père partira le lendemain pour un endroit plus à l'Est de Guiyang.
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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Ven 24 Juil - 21:46

Vendredi 24 Juillet
(comme j'ai bu un peu, l'écriture peut être différente)

Je me réveille assez tôt, et je tente de me rendormir. Je n'ai jamais eu de sommeil bien profond. Quand mon père se réveille à son tour, vers 8h nous prenons notre temps. Linmingsong lui a donné le lieu de rendez vous, mais pas l'heure. Pour petit déjeuner, je lave le raisin acheté la veille. Puis mon père prends les sacs pour préparer son départ pour un endroit à l'ouest de Guiyang où le groupe continue son périple. Linmingsong s'y rend lui même, et mon père doit le rejoindre pour faire de la spéléo avec les enfants.
Mais il y a un souci, mon père revient en me disant que deux pneus de la voiture sont à plat. Après avoir réfléchi 5min à la situation, il pars à la rencontre d'un garagiste, mais tout deux, ils ne parviennent pas à avoir un taxi pour la route d'en face (preuve que Guiyang est une catastrophe niveau circulation). Après quelque coups de fils pour faire savoir la situation à Linmingsong, il retrouve un autre garagiste qui peut se déplacer jusqu'au véhicule. Si je n'accompagne pas mon père, j'ai jeté un coup d’œil aux pneus, et ils sont vraiment à plat, ça ne peut qu'être l’œuvre d'une personne mal attentionnée. Mon père m'expliquera plus tard ce qu'a constaté le garagiste, les pneus ne sont pas crevés, mais dégonflés. Quelqu'un a mis coincé un gravier pour que tout se dégonfle, le garagiste explique comment cela est possible, et j'en déduis que ça arrive plutôt souvent. Bon, un étranger qui se gare dans un coin avec son 4x4, ça peut être mal vu, mais il faut être bête (mais avoir peur des ennuis) pour faire ça. Une fois les pneus gonflés, mon père me quitte en me souhaitant un bon séjour à Kunming.

Je suis seule donc. Il déduit vite que je m'ennuie, et l'évidence est là, je reste à Guiyang. Je passe la matinée à upload les photos pour le compte rendu, j'écris même un poème en attendant (et espérant) que mon petit ami m'appelle. Ensuite, je fais mon sac et je monte la rue à gauche. Comme un ami me l'a conseillé, je prend la carte de l’hôtel juste à coté pour pouvoir demander facilement à un taxi de me ramener. Puis je redescend la ruelle après avoir pris un kawai, je sens qu'il va pleuvoir. Avant de partir, j'ai appelé Zoe, une amie que je connais depuis 2006, elle me dit qu'on pourra se voir le soir pour dîner vers 19h.
Je ne veux pas rien faire, alors je pars vers 14h sans avoir mangé. Je marche jusqu'à PenShiuChe, puis je prends la rue pour le café. Là j'achète un bol de nouilles à un marchand de rue. Comme je suis « enfin » seule (c'est à dire confrontée à moi même pour le quotidien), je vois que même si mon chinois est plus sur, je ne fais pas l'effort de faire de belles phrases grammaticalement correctes. Enfin, par ailleurs je n'ai aucun problème à commander un bol de nouilles avec pas trop de piment, à 8yuans. Ensuite, je marche en direction de « sushi lu » (je l'appelle comme ça parce que c'est le nom phonétique que je lui connaît depuis 2006). J'ai beaucoup de temps devant moi, et à part revoir les endroits que je connais, je ne sais pas trop quoi faire. En plus de ça, vu le prix et la qualité des vêtements en France, je ne m'oppose pas à l'idée d'acheter de quoi m'habiller en Chine, Suchilu est en quelque sorte le plus grand « bazar marché » -planqué sous un pont d'autoroute- que je connaisse.
Mais la pluie décide de tomber. Alors pour lui échapper, je tourne dans une galerie commerciale jusqu'au retour du soleil. Je suis plus une marcheuse qu'une consommatrice, alors après avoir bien tourné, je suis heureuse de retrouver le soleil et repartir jusqu'à mon bazar de marché, nettement moins luxueux que l'endroit que je quitte.

Je n'ai même pas besoin de sortir ma carte, je sais où je vais. Arrivée à DaShiZi, je tourne à droite, je continue jusqu'à une passerelle en métal fatigué d'usure, et me voila sous l'autoroute, à Sushilu. J'ai du temps à tuer, alors je me balade tranquillement sous l'autoroute, à l'étage « vêtements ». Je m'arrête à un étalage qui me plaît, je prends mon temps pour regarder, et j’achète une robe à 99yuans. J'essaye de négocier, mais la vendeuse me montre un petit écriteau en rouge « pas négociable ». Ok, je prends. Quand elle voit que je range mon porte monnaie dans la première poche de mon sac, elle me dit « c'est pas sur ». Comme je comprends pas ce qu'elle veut me dire, elle l'écrit sur sa main -réflexe que j'ai souvent vu-. Mais pour une fois, ce « réflexe » qui permet à tous les chinois de se comprendre (qu'ils parlent GuiyangHua, Zhuang ou quoi que ce soit tant qu'ils sachent lire), ne me fait pas rire. D'apprendre le chinois je réalise l'ampleur du travail qu'il me reste à fournir pour savoir lire. Si avant on pouvait s'amuser en tant que « Laowai » (étranger) à répondre « wo ting bu tong » (moi entendre, pas comprendre), puis ensuite après le message écrit sortir en riant « wo kan bu tong » (moi voir, pas comprendre), quand on est dans l'ambition d'apprendre le chinois, on s'amuse beaucoup moins devant l'ignorance à laquelle on fait face devant un message aussi « simple » pour un chinois.

Elle me conseille donc, de mettre mon porte monnaie dans le sac de vêtement que je viens de lui acheter, au plus profond de mon sac à dos. Je remonte la rue, puis je regarde mes textos :  zoé me donne rendez vous à 19h à telle adresse en chinois. Je lui demande comment m'y rendre, elle me donne un arrêt de bus. Je lui dit où je suis, elle me dit de prendre le n°7. Je passe 5min à scruter ma carte puis je décide de rejoindre Dashizi. Une fois là bas, je vais dans une boutique de bijoux où les vendeuses ont l'air de s'amuser à ne pas travailler, alors je leur demande en chinois comment me rendre où je vais : c'est à l'opposé. On me conseille de prendre le bus n°9 (j'ai marché trop vite).
Une fois à l'arrêt, j'attends, j'ai repéré mon itinéraire. Quand j'entre dans le bus, je ne comprends pas trop pourquoi la dame devant moi m'arrache 1yuan des mains pour en mettre 5 dans la fente pour payer le bus. Si j'étais chinoise, j'aurais peut être compris qu'elle me payais 1 yuan sur les 5 pour permettre à sa fille d'entrer dans le bus, qui coûte 2yuans. Bref, je met 1yuan dans la fente, je l'interpelle en disant que j'ai pas compris ce qu'elle avait fait, puis je m'abandonne à ma réflexion.
Quand je vois la vitesse du bus, je me dit que j'aurais été plus rapide à pieds. En face de moi une dame prends en photo une connaissance à l'arrêt en face, de manière insistante ; je ne sais pas si c'était mal intentionné ou non, mais sur Weechat elle envoie l'ensemble des photos à quelqu'un. Je me demande quelle est l'utilisation divers d'internet des chinois. Plus tard, zoé m'epliquera que tout Guiyang est couvert par un wifi gratuit, de la ville. On est loin de là en France. Est ce que ça peut témoigner d'un « besoin » d'internet de la population à assouvir ? Besoin qui, même si internet peut partiellement être l'ennemi du gouvernement, est assouvi dans des sites ou des chats (en tout cas des fonctions) peu risqués politiquement… ?

Une fois à ma destination, je rejoins zoé. Sa première réaction lorsqu'elle me voit, c'est « tu n'as pas changé depuis la dernière fois » (ni maigri ni grossi, être plus gros étant signe de bonne santé). Elle m'invite à manger dans une « pizzeria » avec sa mère, ses cousines et son mari. Ils commandent les plats comme en Chine, plusieurs plats qu'on partage tous ensemble. La petite cousine, de 6ans peut être, n'arrête pas de me regarder. Elle rigole, elle veut discuter avec l'étranger que je suis. On s'amuse, on parle chinois, après le repas elle me prend la main pour marcher ensemble. Sa grande sœur parle bien anglais. Elle a sûrement l'âge du lycée, pas plus. Je lui demande si les jeunes à Guiyang apprennent le Guiyanghua avant le mandarin. Elle acquiesce.
Lorsqu'on se quitte, j'offre à la petite mon 2nd cadeau : un sachet de lavande. Puis Zoé et moi prenons le taxi pour un studio de musique. On parle des formations et diplômes, de la recherche d'un emploi, de mon frère et de moi. Puis on arrive.

Elle me laisse avec un groupe d'amis à elle, quand elle fais une réunion plus loin. C'est agréable. Il y a deux étrangers, les autres sont chinois. Dans ce petit groupe de 7personnes, qui jouent du tambour ou de la guitare en fonction de l'envie ; qui se partagent du thé chinois via un service à thé, aussi facilement qu'un joint ou quelque bouteilles d'alcool chinois bon marché, j'essaie de m'oublier.
Je suis parmi des gens qui ne se regardent pas, qui ne se jugent pas ; je n'ai pas besoin de chercher le regard des autres pour savoir comment me comporter, je suis libre. Et entre cette ambiance de musique reggae, et ce lieu aussi simple qu'inattendu, je me remet en question.
Quand zoé reviens, nous sommes dans le studio, les autres ont aussi bu que fumé, et moi je ne fume toujours pas parce que ça me paraît inutile. Mais je tente un peu leur alcool, bon à la première gorgée, mauvais aux autres. Mais on m'apprécie pour ça. Puis il faut tester la nourriture épicée de Guiyang, un des non chinois m'offre un verre d'eau -il est à Guiyang depuis 6ans-.

Ensuite, zoé m'emmène dans un bar. On retrouve quelque personnes qui étaient avec nous il y a peu. Dans ce bar nommé « local » et situé en haut d'un immeuble, il n'y a pas beaucoup de monde. Quand j'entre, certains sont en train de soigner leur chien de compagnie en le tenant sur la table. L'espace est grand et éclairé, d'un style « moderne-vieux », calme et agréable. Ici, ils font leur propre bières, mais beaucoup de bières d'Inde, de Belgique, ou de Nouvelle-Zelande sont en vente. J'opte pour une bière locale, proche de la TsinTao mais un peu meilleure en goût, même si, toujours peu satisfaisante. Zoé et ses amis parlent en chinois avec l'accent de Guiyang, je n'arrive pas à les suivre. Mais nous sommes installés à une terrasse juste en haut de l'immeuble, et c'est agréable de voir le ciel, entouré de bâtiments plus grands, et du bruit des klaxons.

Mais le bar ferme vers 00h30, les bières ne sont même pas finies. Les chinois ont du mal à boire la brune locale. Je propose d'échanger, mais je ne finis pas tous les verres pour autant (moi qui n'aime pas le gaspillage). Nous partons pour un autre bar qui devrait fermer plus tard. C'est gagné, on fini dans un semblant de discothèque (où ils ne sont pas plus de deux à danser). J'attrape le wifi pour m'occuper. Quand j'ai fini ma bière, un ami chinois me demande de finir la sienne parce qu'il n'y arrive pas. Une étrangère « laowai » est aussi ici, elle danse, et se fait photographier. Je n'ai pas le temps de lui parler. Zoé et moi attrapons un Taxi qui me dépose chez Linmingsong.
Je suis contente que Zoé ai tant de contacts, et j'aime bien cette ambiance, sans laquelle je m’ennuierais sûrement, à Guiyang.

Spoiler:

Quelque immeubles que je connaissais, disparaissent pour laisser place à de nouveaux. On peut voir des maisons épargnées :

Musique, thé et alcool :

Bières de tout bord, un nouveau "type de bar" pour une autre population?

Bar "discothèque"



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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Sam 25 Juil - 18:08

Samedi 25 Juillet

Je suis réveillée par le bruit d'explosion de quelque pétards, comme je ne sais pas à quelle heure je dois rejoindre Zoé, je m'occupe toute la matinée puis je sors acheter deux Baozi pour 3Yuans de l'autre coté de la ruelle. J'en profite pour prendre quelque photos puis je rentre. On se donne rendez vous à 2h, par ailleurs mon père me confirme par texto que l'auberge de jeunesse que j'ai réservé par internet a bien pris en compte ma réservation, je sais donc où je vais loger à Kunming jusqu'au 6, à 30yuans/nuits.
Quand je retrouve Zoé, elle m'attends dans une petite maison gérée par un artiste, il sers le thé et on discute (quelque ustensiles pour le thé sont en vente). Il expose aussi ses calligraphies, j'ai donc l'occasion de tester l'expérience avec mes caractères enfantins; mais je m'en sors mieux pour le dessin, lorsque j'arrête enfin de réfléchir. Il y a aussi trois Guxin, un type de cithare chinoise. Deux jeunes gens viennent jouer pour s'entrainer. Là, mon test est nul, je suis déjà mauvaise à la guitare, le Guxin semble nettement plus difficile. En regardant les partitions, il y a un caractère sous chaque notes qui indique où positionner ses doigts, et quel type de mouvement faire; l'instrument peut faire énormément de sons différents.

Lorsque nous partons, nous marchons jusqu'à PengShuiChe, et nous tournons à une rue -pourtant importante- dont je n'avais même pas remarqué les changements. La route n'existe plus, des murs empêchent de la voir. Nous zigzaguons dans tout cet espace de piétons et quelque voitures, dans les travaux, puis nous arrivons à un endroit plus en hauteur où nous nous installons pour manger une spécialité locale. Le petit restaurant est tenu par un ami de Zoé et a ouvert il y a 2mois. On y passera l'après midi, dehors, sur un fond de musique métal chinois -Je reconnais MuMa-.
En observant les travaux et en questionnant Zoé, j'apprends qu'ils construisent une ligne de métro. Des bâtiments sont complètement coupés et les travaux vont durer longtemps. Je fais toujours l'erreur de parler anglais; mais pour certains mots c'est le chinois que je connait le mieux. Il faudrait que je réussisse à oublier l'anglais, et que je me force à parler chinois, ce qui est difficile quand on retrouve des amis avec qui on a toujours communiqué dans cette autre langue.
Il y a des chiots, le propriétaire en a récupéré un qui était abandonné. Quand le copain de Zoé nous rejoint, il transporte leur chien avec lui. Plus tard dans la soirée, ils discuteront sur ces personnes en Chine qui mangent encore du chien, bien d'accord sur le fait que "it's bad". Le garçon en face de moi (celui à qui j'ai fini la bière la veille), me dit qu'il est végétarien. Quand je demande des précisions, la raison, il m'explique que c'est surtout sa copine : "parce qu'au restaurant universitaire toute la viande est mauvaise". Et que lui a été végétarien pendant sept ans "la raison principale pour moi, c'est pour protéger les animaux". Il y a beaucoup de raisons de l'être, mais je voulais profiter de l'occasion pour me pencher sur ce qu'il en est en Chine.
Ils s'occupent de mon Weechat, pour le lier au compte QQ, même si je ne voulais pas -et que bien heureusement ça ne voulais pas marcher non plus-, je fini par me résoudre à trouver la solution. Par contre, impossible de trouver ma localisation et me donner une carte qui pourrait être bien pratique -mais là aussi, je suis intimement contre-. Les choses ont beaucoup changées, la vie quotidienne des chinois change vite, car maintenant nous pouvons passer quelque minutes sans nous parler, chacun sur son téléphone. Certains regardent même des films pendant qu'on est ensemble autour d'un repas. Et le problème de mon compte Weechat semble très important pour eux.

On se quitte le soir venu, vers 10h. Visiblement, c'est l'heure où les chinois bourrés rentrent (j'en déduis qu'hier, à 1h du matin, une autre population est dehors et ne se fini peut être pas au saké). Ici ce sont des adultes, de la 40aine qui ne tiennent pas debout et qui se crient dessus (ou sur le chauffeur de taxi). Je quitte Zoé et son copain devant chez Linmingsong, en descendant de la voiture, puis je marche un peu avant de rentrer.

Spoiler:

La petite ruelle que je prend souvent :




Calligraphie et musique :





Théâtre et musique de rue :

Le petit chiot adopté :

Spécialité locale : le Chiwawa (euh)

Pas très loin, la construction du métro :

Qui travaille à l'affichage sur les buildings, et comment ? Ils sont sur une espèce de balançoire, là aussi des consignes de sécurité et du bon matériel seraient importantes à donner aux entreprises :


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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Dim 26 Juil - 20:50

Dimanche 26 Juillet

Jusqu'à midi, je prend mon temps pour m'organiser à Kunming, je regarde l'itinéraire pour des trajets qui m'attendent là bas. Ensuite je prend la grande rue pour observer un peu autour de moi, j'aime arpenter les rues que j'ai connu, à la recherche de souvenirs. Je cherche une librairie que je ne retrouve pas. À un moment j'hésite à tourner à gauche dans une ruelle, trop tard, je marche si vite que je ne me laisse pas le temps de prendre des décisions – et je n'aime pas faire demi tour - ; alors je prend la rue suivante.
De là, je repère un marchand de raviolis sur le trottoir d'en face, ça fait une éternité que je n'ai pas mangé de vrais bons raviolis en Chine, les marchands que j'ai connu n'existent plus. Je retrouve à gauche une ruelle qui doit être la même que celle que j'ai vue avant, mais je décide plutôt de traverser. C'est là que je réalise que je ne suis pas très loin de là où j'ai habité 3mois en 2006, je redescend la ruelle par curiosité, puis je remonte ; je trouve aussi la ruelle où j'ai imprimé quelque bouquins, mais je ne redescend pas ; je marche jusqu'au marchand de raviolis pour voir ce que ça donne.

Après avoir mangé, je reprend la rue dans l'autre sens, je m'éloigne un peu des chemins connus ; je remarque de nouveaux endroits où je suis peut être allée une fois dans ma vie, mais les souvenirs reviennent vite. Ensuite, je décide de retrouver la rue et rejoindre DaShiZi, alors je m'engouffre dans les passages sous terrains, remplis de petits vendeurs. Je marche beaucoup à Guiyang, parce que le Guiyang que je connais est petit. Il est petit parce que je m'obstine à ne voir que lui, et ne pas penser au « nouveau guiyang » et aux villes immences qui apparaissent en périphérie – qui aura sûrement aussi vite fait de se combler - . Comme la ville est à 1000mètres d'altitude, il ne fait pas trop chaud. Les passages sous terrain et les passerelles sont nombreux, je préfère les escaliers aux traversées des routes pleines de voitures.
Lorsque j'ai rejoins DaShiZi, je m'arrête dans une boutique de Zippo qui ne fait pas 4mètres carrés. On m'a commandé un briquet, mais l'ironie est que je me retrouve devant des vrais, à plus de 300yuans. Je doute que mon ami me reprenne le briquet à plus de 30euros, qu'il vienne de Chine ou non. Alors je note le prix dans mon carnet et je repars – j'essaie d'apprendre à m'organiser, comme je veux ramener quelque bricoles de chine -.

Je continue de marcher en direction du Sud, je veux aller à la gare pour être sure qu'il n'y ai pas de souci avec mon billet de train. Lorsque je passe devant la grande statue de Mao, je repense à la question de la monnaie, et j'imagine tout le travail qu'il y aurait à réimprimer des billets à l'échelle de la Chine. Mais je ne marche pas devant Mao, mais plutôt de l'autre coté de la route, sur la grande place qui a été transformée depuis 2011 – il me semble - ; maintenant on voit des statues des différents signes astrologiques chinois. Je manque d'embarquer un cerf volant avec moi, je l'enjambe quand je réalise qu'un fil me coupe la route.
J'ai soif d'autant marcher, alors au bout d'une poignée de mètres, je me décide enfin d'arrêter ma course pour une bouteille de thé à 3yuans. J'en bois plus de la moitié quand je m'arrête dans une librairie. Si je n'avais pas commencé l'étude du chinois, cette idée ne me passerais pas par la tête ; mais c'est bon de se remettre à sa place face à l'ampleur de la tâche. Plus tôt, dans un passage sous terrain, j'ai noté quelque prix des dictionnaires, des cahiers d'écriture etc. Les revendeurs, dont l’université, s'en donnent à cœur joie de conseiller les étudiant d'en acheter à plus de 10fois leur prix initial.

Plus j'avance vers la gare, moins les bouteilles d'eau et les mouchoirs sont chers. Je passe un portail de sécurité, je me demande si depuis 'l'attentat' à Kunming, il n'y a pas eu une mesure de barricader les gares. Je ne vois pas ce que ça change, de passer devant un policier dans un minuscule passage.
Je fais la queue pour récupérer mon billet ; une fois mon tour, je crois que mon chinois ne sers à rien devant l'air paniqué de la personne au guichet. Elle pars avec mon passeport, puis revient en sachant quoi faire avec, et me donne mon billet.

Je reprend ma marche dans l'autre sens, mais je prend l'autre trottoir pour changer. Sur une passerelle pleine de petits vendeurs, j'opte pour un briquet style « zippo » à 20 Yuans. Il y a un peu de chinois dessus, des petits bonhommes mignons, ça ira très bien. Mais je suis abordée par deux chinois qui ont décider de s'amuser, ils me montrent un briquet qui représente une femme, et ça m’empêche de négocier mon achat. Je cause un peu « - tu viens d'où ? - de France – tu as quel âge ? - vingt trois ans – tu es ou pas mariée ? - je le suis ». Hop, je m'en vais. Décidément, ça me fait rire ; car tous les exercices et les phrases de chinois en cours avec mon cher prof de grammaire, qui nous apprenait à dire « moi? Me marier avec toi ? Jamais! » ; j'avais du mal à le prendre au sérieux du fait de mes nombreux passages en Chine. D'ailleurs ce même prof, de passage en Chine, va peut être me rejoindre par la suite.
Je redescend la passerelle, et je vois un vendeur de quelque revues journaux récupération. Il me semble apercevoir de loin deux exemplaires bien écornés du petit livre rouge. Une fois encore, je marche trop vite pour vérifier. Alors quand j'ai traversé le fleuve, je tourne à droite histoire de voir d'autres commerçants de rue. Je m'arrête un instant pour écouter un chant – théâtre dans le parc, animé par des personnes âgées qui s'amusent. Ils sont souvent sous les arbres, à jouer à des jeux de cartes chinois, aux échecs chinois, ou à écouter de la musique.
Je croise aussi des diseurs de bonne aventure, et des médecins et dentistes de rue. Un bonhomme me regarde l'air inquiet, la bouche ouverte, à la merci de son « dentiste ». Il y a même des dents et des dentiers sur l'étalage. Mais ce qui me surprend le plus, c'est le « médecin », un peu caché par les buissons, qui applique le système des ampoules avec des canettes de bière vides sur le corps piqué d'aiguilles de son patient. Je commence à avoir peur de la médecine chinoise, alors je choisi de me réfugier dans de nouveaux livres écornés. Je fais genre, « je cherche des livres sur la calligraphie », et je pleure devant la difficulté des exemples. Car j'avais vu un très bon livre hier, avec des exemples de traits, d'ordres, mais aussi de manières de dessiner les feuilles, les arbres, les animaux, les toits, les personnages… Il devait sûrement me manquer le vocabulaire pour la peinture à l'encre ; enfin, de toute façon je quitte le vendeur en lui disant « c'est trop dur ».


Comme je l'ai dit, je n'aime pas faire demi tour et j'aime bien me perdre, alors je prend à gauche. Là, quelqu'un m'interpelle. Je n'arrête pas de marcher parce que j'ai l'habitude des « hello » en tant qu'étrangère. Puis en jetant un coup d’œil, je réalise qu'il s'agit de l'ami de Zoé que je vois pour la troisième fois « jan », à qui j'ai fini la bière. Il y a aussi son frère et deux amis.
Jan m'explique qu'il m'a envoyé des messages sur Weechat en me proposant de les rejoindre pour l’anniversaire de son frère, il croyais même que je passais pour aller à leur rencontre, puisqu'il attendait ma réponse. J'ai un train de retard sur la chine au niveau des communications, et je ne suis pas 24h/24 sur Weechat. Mais j'accepte son invitation à aller à un parc à une heure d'ici, faire du vélo, nager. Nous voila aussitôt dans un taxi qui nous y emmène.

On discute de Pékin, car Jan est originaire de Guiyang mais a vécu quelque années dans la capitale. Pour lui c'est une ville sympa, surtout pour les musiciens de rock. Il me dit que la pollution de l'air est de moins en moins un problème, car l'année dernière le gouvernement a fait fermer un grand nombre d'usines, et maintenant on voit souvent le ciel bleu. -J'aurais presque soudainement envie d'y aller-. On parle aussi du Guiyang qu'il a connu quand il était petit, où quand il avait 8ans, il a attrapé un gros poisson avec son frère ; et quelqu'un leur a proposé de le leur acheter 5yuans : qui équivaudrait à 100yuans aujourd'hui. Il me dit ça parce qu'il y a quelque canards sur l'eau, et qu'il voit de plus en plus d'animaux sauvages, parce qu'à l'époque les gens n'avaient presque rien à manger. On parle aussi communisme, capitalisme, égalité, pauvreté etc. Pour lui la Corée du Nord ne devrait pas tarder à changer totalement. Il me dit aussi que Guiyang est beaucoup plus sur maintenant, parce qu'il y a trois ans, des bandes rivales s'étaient bagarrées et avait fait deux morts. Cela explique peut être le discret changement qui m'avait sauté aux yeux quelque années plus tôt : il y a beaucoup plus de policiers, et beaucoup moins de mendiants.

Nous passons un certain temps à chercher un maillot de bain -finalement j'achète des vêtements avec lesquels j'irais dans l'eau-, des brassards -parce que peu de chinois sont à l'aise pour nager-, puis nous louons des vélos. On roule au bord du fleuve -qui est un peu vert foncé, vaseux- ; on achète quelque bières, puis on se trouve un coin tranquille.
Au retour, comme nous sommes à coté de l'université qui propose un programme pour étrangers, j'en profite pour jeter un coup d’œil. Comme je le dit à Jan, c'est « une sorte de rêve » : « Après mes études en France, j'aimerais m'y inscrire pour vivre à Guiyang. Parce qu'avant l'obtention de mon bac, mon père m'avait parlé de ces programmes non diplômants, auxquels on peut s'inscrire avec un peu (beaucoup) d'argent. Hélas, j'ai eu mon bac, et je ne suis toujours pas sortie de l'école depuis. »
L'université semble plus récente que celles que j'ai déjà visité (Nanning, Kunming), et il y a beaucoup de monde même si nous sommes au milieu de l'été. Au milieu des promeneurs qui cherchent de l'ombre, il y a même des cars qui font le tour du campus avec des familles de parents et d'enfants de tout âge. Pour « donner le goût aux études » peut être… Jan m'explique que c'est aussi comme ça à Pékin, beaucoup convoitent une place. D'ailleurs, des enfants se font prendre en photo devant le nom de l'université, comme l'enfant que je suis, qui « rêve ».


Après avoir rendu les vélos, nous mangeons dans un petit « marché » un peu sale qui me rappelle le marché -aujourd'hui remplacé par des boutiques plus propres- de Fengshan. Puis nous sautons dans un bus pour un coin méconnu de Guiyang. Des bâtiments tous récents, qui entourent d'autres immeubles en construction. On trouve difficilement un taxi, Jan et moi finissons par être conduit par une voiture personnelle, une femme qui propose son service puisqu'elle se rend aussi dans le coin. C'est la seconde fois que je vois quelqu'un remplacer un taxi avec sa propre voiture, contre un peu d'argent. D'ailleurs ce n'est pas systématique, puisque quand elle nous dépose, elle est surprise de voir quelqu'un monter dans sa voiture sans crier gare « oh il y a erreur, je ne fais que déposer mes amis ».
On achète un gâteau (de crème) pour l'anniversaire du frère de Jan, et nous marchons jusqu'à la maison de ses parents. Dans une ruelle sale, cachée, vers la statue de Mao, que je n'arriverais jamais à retrouver. Après une demi bière et un gâteau, il est minuit. Jan me raccompagne pour m'aider à prendre un Taxi. La plupart sont pleins, alors j'en « partage » un avec une autre personne comme je suis sur sa route, mais ça me coûtera quand même 10yuans + 5 parce qu'il fait nuit.

Spoiler:

Raviolis du matin :

Baignade :

Enfin à l'université du Guizhou ?

Gâteau du soir :


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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mar 28 Juil - 5:35

Lundi 27 Juillet

Cette journée est un peu creuse, parce que je suis préoccupée par la question de que faire de mon sac de voyage, jusqu'au départ pour Kunming à 22h30. Je fais ma valise le matin, puis je contacte Jam qui m'avait proposer de laisser le sac chez lui, puisqu'il habite vers la gare. Vers midi, je me met en quête de trouver quelque chose à manger et revenir. Je prend à gauche, pour changer complètement, mais les rues que je traverse ne proposent pas grand-chose. Alors je fais demi tour, et je passe par hasard devant un marchand d'instruments. Comme à une époque je cherchais le prix des Guzheng d'occasion en France, je peux enfin m'informer sur le prix en Chine : Environ 3000 Yuans.
Quand je reprend une autre rue, je me rend compte que je suis à la perpendiculaire, mais en hauteur, de la première. Au final je me retrouve sur la rue que j'ai pris la première fois quand je suis arrivée à Guiyang. Je finis par prendre un bol de nouilles à emporter à 5yuans, puis je rentre à l'appartement pour les manger en traînant sur internet (je prend enfin le temps de lire le forum bonjourchine).

À 15h, Jam et son frère m'attendent non loin d'ici, je laisse donc la clef à l'intérieur, je prends mes valises, et je ferme la porte en sortant. En taxi, nous allons jusqu'au studio où j'étais allée avec Zoé. Comme joue de la guitare il discute avec un ami qui aimerait lui proposer de donner des cours à Guiyang. On laisse mes sacs, et je les accompagne car mon ami et son frère cherchent un appartement. Le hasard fait qu'il est dans le bâtiment où j'ai vécu en 2006, mais je ne le visiterais pas avec eux, car, dans le doute « la présence d'un étranger pourrait faire monter les prix ». L'appartement a l'air de leur avoir plu, puis le frère de Jam s'en va, et je l'accompagne dans sa recherche de baskets de football pas très cher. Mais ça ne donne rien.

Pour passer le temps, où cherche un endroit que je ne connais pas à visiter. En venant en taxi, j'avais repérer une espèce de forteresse qui m'avait intéressé, alors nous nous y rendons. Il s'agit des murs de l'enceinte de l'ancienne cité de Guiyang. Quelque maisons sont cachées là ; à part la pagode, l'intérieur du bâtiment, et les murailles, l'endroit n'est pas très propre. Mais nous restons quand même pour manger quelque brochettes et nous rafraîchir avec un bol de fruits.

Ensuite, nous retournons au studio. Un jeune homme que j'avais déjà vu la première fois, nous rejoint. C'est aussi un étranger, d'un pays d'Afrique, qui vit à Guiyang depuis 6ans. Son chinois et son guiyanghua sont très bons. Il s'amusera à répondre à la vendeuse de raviolis qui lui dit l'air étonné « vous parlez chinois ? -non je ne parle pas chinois ».
Nous partons donc tous les trois pour une salle de sport non loin de la gare. Tout en haut d'un bâtiment, il y a deux terrains de foot et un terrain de basket. Un autre ami étranger nous a rejoint. Et les voila tous les trois qui se lancent dans un match de football, tandis que je me plonge dans une nouvelle lecture.

Le match terminé, il est environ 21h. Mon train est à 22h30 et Jam m'accompagne jusqu'à l'entrée de la gare où nous nous quittons. La gare de Guiyang a été restaurée, sûrement agrandie, j'ai un vague souvenir de travaux il y a deux ans, à présent il y a de nombreuses voies et semble très récente. Avant de connaître mes numéros de siège et de wagon, je dois aussi connaître le numéro de la salle d'attente où je dois me rendre. Une fois là bas, une jeune fille me dira quand je dois prendre le train. A cette occasion j'expérimente mon chinois. C'est désastreux. Je comprends sans aucun souci, mais mon cerveau veut répondre et faire une phrase, en anglais je pourrais me débrouiller ; mais là je sens que j'ai l'air de quelqu'un qui commence à prendre sa respiration pour dire quelque chose, et qui soudain s'arrête en réalisant qu'il en est incapable. Mais j'essaie quand même pour des petites questions sans grand intérêt…

Nous nous quittons pour aller dans nos wagons respectifs. Cette fois j'ai une couchette. Tous les lits ne sont pas pris. En arrivant, une autre jeune fille me propose son aide pour trouver mon lit. Elle parle très bien anglais, et je l'invite à discuter un peu.
Elle vient de passer l'examen du bac, elle est acceptée à une université à Shanghai où elle apprendra l'anglais et le français. Elle vient du Gansu, et sa mère a de la famille dans le Yunnan, ils en profitent pour voir leurs amis et visiter la province. Elle me dit que d'avoir passé 3ans à étudier sans vie sociale -pour réussir les examens-, elle se repose enfin.

Je suis heureuse de la rencontrer, mais je ne peux m'empécher de penser à Lingo. Que j'avais rencontrée dans le train en 2012. Qui a aussi passé ses examens cette année et qui rêve de pouvoir étudier les langues étrangères. Mais elle n'a pas été admise dans une formation de langue, mais en journalisme. Et je pense à tous ces chinois mal orientés en fonction de leurs résultats, ainsi qu'à la pression que représente tout le travail qu'ils ont donné pour une question aussi déterminante dans leur futur. Je m'interroge aussi sur l'origine sociale de ces jeunes, car Lingo appartient à la minorité Buyei et vient d'un coin pauvre du Guizhou.
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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mar 28 Juil - 19:10

Mardi 28 Juillet

La nuit aura été trop courte, les lumières dans le train s'allument vers 6h, et la climatisation est à fond. J’émerge à contre cœur, à Kunming, il pleut. À la sortie du train, je trouve ma route pour me rendre à l'auberge de jeunesse grâce à la carte que j'avais transféré sur mon smartphone ; je me rends compte combien le Jolla m'est devenu indispensable. Au fur et à mesure que je suis en Chine, les caractères chinois me « paraissent » lisibles. C'est à dire qu'à force de vouloir lire tout ce que je trouve, « j'invente » des prononciations qui se révèlent parfois proches de la réelle, c'est instinctif mais je peux me tromper.
Il est à peu près 8h quand, trempée je trouve l'endroit. Avant de monter, je fais un petit tour et quelqu'un m'interpelle en faisant des signes de quelqu'un qui mange des nouilles : « hello ! Yao chi mian ? » . Je m'arrête pour passer le temps, puisque j'ai lu 9h pour les arrivées. Je prends un bon bol de nouilles à 10yuans pour commencer la journée. Le vendeur est bavard, alors je suis bien forcée d'échanger quelque mots et pratiquer mon chinois.

Vers 8h30, je monte l'escalier qui mène à l'auberge de jeunesse, à la réception ils prennent mon nom et photographient mon visa, puis on me montre ma chambre. Finalement je suis dans une chambre de 12 lits, j'opte pour celui le plus haut et loin de la porte -ça me plaît, personne ne prend ces lits-.
La pluie me désespère un peu face à mon programme, alors je visite un peu les lieux. L'auberge de jeunesse est vraiment sympathique, la couleur et les décorations font qu'on s'y sent bien, puis il y a des tables et canapés un peu partout pour se poser. Le wifi est bien desservi, et les résidents y mènent une ambiance sympathique. Je fais rapidement connaissance avec deux coréennes, et une chinoise qui est dans ma chambre et qui reste ici pour travailler. Elle me dit que la plupart des personnes ici ne restent qu'une ou deux nuits, comme étape avant les voyages touristiques du Yunnan.


Comme je ne veux pas « rien faire », je sors sous la pluie et je prend deux bus -l'un à 1yuan, l'autre à 2yuan- pour retrouver l'association « A'Bu jeans & family ». Mais une fois devant la porte, je réalise que c'est fermé. Alors j'utilise vite fait la 4g pour voir les nouvelles : Fay, une ancienne employée de A'Bu m'invite à la rejoindre à son bureau. A présent elle travaille dans une ONG chinoise qui agit dans des villages des province où l'ONG est enregistrée, autour des questions sanitaires vis à vis de l'utilisation de l'eau, et l'accès à l'éducation.
Je quitte donc l'immeuble où se trouve le café de A'Bu et je m'avance vers quelque chose qui m'avait sauté aux yeux auparavant : la ruelle « sale et en désordre » qui contrastait tant avec le « buisness center » à la limite d'un ruisseau, est à présent « moderne et bien rangée », pleine de boutiques. Heureusement ça ne va pas loin ! Mais c'est mauvais signe pour la ruelle telle que je l'ai connue.
Je profite d'être là pour demander mon chemin à un « policier » gardien, vis à vis de l'adresse du bureau de Fay que je ne trouve pas sur ma carte. Quatre personnes finissent par se pencher sur la question, puis on trouve, tout à l'est de Kunming, l'endroit recherché. C'est assez loin, et je n'ai plus un yuan en poche (billet de 1, pour le bus). C'est là que quelqu'un me propose de m'emmener dans sa voiture. Un autre chinois rigole, c'est une question de confiance, je dit « peut être ». Il finit deux trois trucs, puis on m'indique sa voiture dans laquelle je rentre. Nous voila partis. Je suis du doigt les rues que nous prenons pour garder un œil sur la direction.
On parle un peu en chinois, je me rend compte que même si mon niveau est très mauvais, ça ouvre énormément de portes de pouvoir dire quelque mots dans la langue locale. Ça met en confiance, ça crée de la sympathie, et on ne gène pas la personne dans son pays (et soi même) en se forçant à parler anglais.


Il me pose où je voulais aller, je le remercie et le voila parti. Renaud m'appelle, je lui raconte mon aventure tout en marchant je ne sais où. Finalement, je fais demi tour jusqu'à l'arrêt de bus où Fay me rejoint. Elle m'emmène jusqu'à son bureau. Là, un homme entre, ils sont en train de rassembler des papiers qui leur permettront de solliciter la possibilité de créer un événement pour leur association auprès du gouvernement local. Ensuite, Fay et moi discutons, elle tente d'éclairer mes difficultés à cerner le statut des ONG en chine, malgré quelque schémas je suis toujours un peu perdue.
Ensuite, nous marchons jusqu'à un petit magasin, une entreprise sociale gère l'affaire pour proposer à des handicapés de créer des objets en tissus, et de travailler dans le magasin. Il y a deux employés dans le magasin, et 20 à la création. J'achète quelque chose pour le geste. Visiblement la plupart des clients sont des étrangers qui sont amenés ici. Les chinois, et surtout les riches, veulent du neuf.
Nous mangeons dans un restaurant végétarien en discutant sur le sujet. Fay a commencé à manger végétarien quand elle travaillait chez A'Bu, puisqu'elle en respectait le principe qu'elle a finalement adopté depuis.


Nous nous quittons lorsque je prend le bus pour la gare. Depuis la gare je marche à nouveau jusqu'à l'auberge de jeunesse où je décide de m'installer dans un coin pour écrire mon compte rendu. Mais finalement on me propose d'aller sur le toit, dans un espace couvert qui sers de « bar ». Je prends une bière puis nous nous installons pour jouer à un jeu de cartes. Nous sommes une 10aine à jouer, les deux coréennes, deux taïwanais, moi qui suis française et beaucoup de chinois. J'ai du mal à comprendre certaines règles du jeu, on nous distribue des valets et des rois, les rois sont des « killers », les valets sont des « policiers ». On ferme les yeux à tour de rôle pour désigner qui est « tué », et ensuite le jeu est de deviner qui a tué qui, en disant chacun pourquoi on soupçonne plutôt telle ou telle personne. Je me perds dans le chinois, mais j'arrive à en saisir les idées.

Je ne ferais pas deux parties, je descends avec les deux coréennes pour discuter. C'est très agréable parce qu'elles ne parlent pas très bien l'anglais ni le chinois ; alors je peux vraiment pratiquer le chinois tranquillement dans ces conditions. Un jeune homme vient avec une guitare, et une des coréennes chante. Parfois j'ai l'impression que le chinois est en train de passer en « langue prioritaire », j'en fais même quelque fois des phrases avec un mot en anglais au milieu sans m'en rendre compte. Le contexte est parfait pour discuter.
Plus tard, une amie de chambre vient me dire qu'une anglaise est arrivée ; on m'a cherché partout parce que comme elle et moi cherchons des compagnons de voyage -dans le cas où je fais un peu de tourisme-, il fallait nous mettre en contact. Cette jeune fille est anglaise donc, elle habite en espagne, parle un peu français, et viens du sud de la Chine pour continuer son périple dans le Yunnan, puis Guilin, puis Shanghaï et HongKong. Elle parle aussi japonais parce que sa mère est sino-japonaise (mais ne lui a pas enseigné le chinois). Bref, de bonne humeur je négocie la possibilité d'un voyage à Dali le lendemain : « partir en train le soir vers 22h, arriver vers 6h, visiter », puis pour elle, partir à Lijiang, peut être aller à Shangrila, puis revenir à Kunming. Comme j'ai payé ma chambre, je réfléchis à la possibilité de rentrer plus tard.

Enfin, rien n'est décidé, mais je me rends compte que cette idée d'auberge de jeunesse se révèle une expérience sympathique et intéressante.

Spoiler:

L'entrée du café de A'Bu :

La ruelle transformée :

Boutique de l'entreprise sociale permettant l'insertion de personnes handicapées :


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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Mer 29 Juil - 16:01

Mercredi 29 Juillet

Je me lève assez tôt et je prends une douche ; je me rends compte que les 100yuans que j'ai donné à la réception n'est pas une caution, mais de l'argent « à dépenser dans l'auberge de jeunesse » ; donc la douche coûte 10yuans pour 60secondes. Je commence un peu à m'inquiéter de mes dépenses puisque je n'ai que 400euros pour le voyage et je n'ai pas encore acheté les bricoles que j'ai promis de ramener. Je pense y aller demain et faire le point.
Comme les autres dorment encore dans la chambre, et que je veux discuter avec Stephanie, la demoiselle qui veut partir pour Dali, je me rendors un peu puis je vais sur la terrasse pour mettre en ligne les photos du compte rendu. Vers 11h30 je me prépare à partir pour voir Li Yuan avec qui j'ai rendez vous à 12h30. Finalement j'explique que je ne pense pas aller à Dali, la première raison étant qu'il n'y a pas de train qui repars dans l'après midi, la seconde raison étant financière. Elle me dit qu'elle est revenue sur sa décision de faire 6h de train debout, et qu'elle ira peut être en bus.

Je pars assez tard pour prendre le bus, et finalement j'arrive pile à l'heure pour retrouver Li Yuan. Comme elle ne parle pas anglais, elle est surprise de me voir arriver seule. On mange ensemble des raviolis et du riz dans le café / restaurant de « A'Bu ». Je tente quelque questions, et on passera l'après midi à essayer de discuter sur mon sujet de recherche, en chinois. C'est extrêmement laborieux, long, et pas très efficace. Elle utilise son Iphone pour traduire ce qu'elle dit à l'oral. Je pose les questions en Chinois et j'ajoute quelque mots anglais quand je ne trouve pas.


D'abord, je demande si A'Bu va bien, « oui » (On voit déjà l'échec, quand je voudrais avoir des précisions sur le développement de l'entreprise, la question et la réponse ne vont pas du tout). Je demande si ils n'ont plus « que cet endroit » (le restaurant/café), elle me réponds d'abord que « oui » puis que « non : une amie à elle a ouvert il y a moins de trois mois un nouvel endroit » ; elle me montre les photos. Je demande « mais si il n'y a plus le premier endroit (le dortoir/atelier), qui fait les sacs et les choses qui sont vendues ? » ; elle me réponds (avec le téléphone) qu'ils sont en partenariat avec d'autres entreprises sociales et ne vendent plus que leurs objets.
Effectivement, quand je regarde d'un peu plus près, les sacs sont mieux finis, et je vois des étiquettes que je reconnaît : « heart by heart family care » (une ONG que j'avais visité en 2012) et aussi « hearts and hands », l'entreprise sociale dont j'ai visité la boutique hier.

Dans la décoration, ça n'a pas énormément changé mais ils vendent peut être plus de choses : des revues, de la nourriture (riz, huiles…), des produits de beauté, les sacs et des livres, des bricoles en tout genre, et toujours les « tableaux en Jeans » dont j'avais participé à la création de l'un d'entre eux en 2012. J'achète des cartes postales qui représentent ces différents tableaux.
Les diplômes et certificats de Li Yuan (en tant qu'entrepreneur social, ou qui félicite les idées de A'bu dans le cadre d'un concours etc), sont maintenant affichés sur ce mur. (je les avais vu dans le « bureau ».) Il y a aussi des diplômes d'une université catholique taïwanaise. Je repense à l'ONG où travaille Fay, dont elle m'a dit qu'elle s'était rendue compte après coup qu'ils en défendaient les idées. De même, l'entreprise « hearts and hands » l'est aussi.
Je devrais m'interroger en fond sur la place de la religion dans ces différentes actions. Fay me disais adopter des principes bouddhistes mais ne pas y être assidue puisque ça nécessite un long apprentissage. Li Yuan me dit qu'ils donnent des « cours de bouddhisme » dans A'Bu (Il y a une pièce dédiée à quelque autel orienté vers le bouddhisme tibétain, on y entre pieds nus sur les tapis ; de même, de nombreux livres avec le Dalai Lama en photo sont visibles.)


Petit à petit, j'essaie des questions de plus en plus dures et larges. Je les écris sur son téléphone, et elle écoute la version traduite. Lorsque je lui demande pourquoi elle a choisi de créer une entreprise sociale qu'une ONG, elle me réponds d'abord que « créer une ONG est beaucoup trop dur » ; puis comme la questions est large, je lui propose de répondre en chinois, et d'enregistrer ce qu'elle dira pour le traduire après. On fera ça deux fois, la seconde fois lorsque je demande « Si les NGO en Chine reçoivent des financements de la part du gouvernement, le statut d'entreprise sociale, du fait de leur indépendance financière, sont aussi plus libre ? » elle me réponds « non », puis enregistre une longue réponse.
Je suis étonnée par la facilité avec laquelle elle se prête au jeu en prenant le temps de parler dans mon téléphone. Même si je ne sais pas encore ce qu'elle a « dit », les réponses sont longues et semblent intéressantes. Je me demande même si cette méthode peut être plus intéressante que les « récits écrits » en sociologie -qui supposent un style littéraire qui change du langage oral où on est plus fluide et instinctif dans nos idées et dont le type d'expression est plus naturelle-. Cependant je me verrais mal répondre à une question de cette façon ; -quoique le fait de savoir que la personne en face peut aussi aider dans l'expression « libérée » du jugement de l'autre- ; et je me demande si cette façon de faire marcherait plus facilement en Chine qu'en France, du fait de la rapidité avec laquelle les téléphones et « l'oralité » s'y est inscrite dans la vie de tous les jours.


On passera toute l'après midi à communiquer ainsi, lentement. Peu à peu j'ai la certitude que l'optique des entreprises sociales en Chine -qui semble bien liées aux ONG, mais aussi à d'autres entreprises sociales- semblent un terrain de recherche intéressant et méconnu. Moi qui ai orienté mon mémoire de M1 sur « la sensibilité des bénévoles » ; je reviens à ma première idée : interroger les entrepreneurs sociaux sur leur démarche et leurs possibilités d'action autour d'un certain domaine.
Cependant, chez A'Bu -et les entreprises sociales- nous ne sommes pas dans l'unique « protection de l'environnement » ; ce n'est pas le seul but, le but est avant tout de résoudre les problèmes sociaux par ce biais. Aider les personnes dans le besoin, qui sont nombreuses dans cette Chine qui a encore une bonne partie de la population pauvre et exclue. Je prends quelque notes que je ne ressortirais pas ici, et je pense déjà avoir oublié de nombreux éléments intéressants…

En fin d'après midi, elle donne de nombreux coups de téléphone pour que je rencontre d'autres ONG, notamment sur la sensibilisation à la protection de la nature. Elle essaie aussi d'avoir des amis qui parlent anglais ou français pour pouvoir poser mes questions. De mon coté, je maudit le décalage horaire qui fait que personne en France ne peut m'aider. On prévoit de se revoir en début de semaine prochaine. Par ailleurs, SiYin ne pourra pas venir à Kunming parce qu'elle travaille beaucoup, je lui propose d'aller dans sa ville pour qu'on se voie ; peut être ce week end, en bus.
On quitte les lieux, puis on marche ensemble jusqu'à l'arrêt de bus. Comme elle va dans l'autre sens, j'hésite quelque minutes avant de me lancer dans une heure et quelque de marche, pour économiser quelque misérables 4yuans. (Quand je me dit que c'est le prix +1 yuan d'utilisation de la machine à laver, je préfère marcher). Je marche donc, le long du périphérique. Jusqu'à l'auberge d'où j'écris mon compte rendu.

Spoiler:

Appartement / restaurant "A'bu"



Pièce bouddhique :

Li Yuan et moi

L'auberge de jeunesse et ses chatons



Préparation du programme pour le lendemain



Dernière édition par mystheria le Sam 8 Aoû - 18:39, édité 2 fois
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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Jeu 30 Juil - 14:31

Jeudi 30 Juillet

Les deux françaises qui sont dans la chambre partent vers 6h du matin, j'aurais du mal à me rendormir, donc je reste la matinée à l'auberge de jeunesse. Stéphanie pars vers 10h pour prendre le bus pour Dali. La vielle, j'ai essayé de communiquer avec le petit groupe qui vient de Paris, ils sont 10 et fêtent la fin de leur prépa en faisant du tourisme en Chine. Même si on échange un peu, j'ai beaucoup plus de mal avec les français qu'avec les chinois ; il y a cette espèce de tension constante qui empêche de créer des liens… Du coup, le soir, mes copines de chambre me verront chercher mon dictionnaire en leur disant « Les français ne sont pas du tout friendly, alors je vais chercher mon dictionnaire pour discuter avec la taïwanaise ». Cette dernière m'a expliqué comment à Taiwan, fonctionne la transcription phonétique. Ce n'est pas un alphabet, mais un ensemble de code : initiale + finale + ton. C'est très intéressant, et j'envisage de me pencher sur cette méthode. Cette discussion qui visait à me faire parler en chinois et à la faire parler en anglais va attirer au moins 7 chinois qui voudront en savoir plus ; eux non plus n'ont jamais connu cette méthode phonétique, et finiront par engager la conversation sur « pourquoi c'est si dur pour les chinois d'aller à taiwan ? Et vous aimez les japonais ? » ; bref, j'ai de plus en plus de mal à suivre donc je repars, je raconte ma petite histoire au français que j'avais croisé, qui est avec le groupe ; mais ils sont trop occupés à jouer au ping pong et chercher un hôtel à Dali en ronchonnant ; donc je décide de terminer la soirée là… Dommage, toute la nuit l'ambiance devait être pas mal, puisque c'était très bruyant, et je retrouve mes copines coréennes le lendemain matin qui me disent « avoir trop bu hier soir pour faire quoi que ce soit aujourd'hui ».


Je pars donc à midi, en commençant par un bol de nouilles, puis je change mon programme (le centre ville), pour un parc des « minorités du yunnan ». J'ai beaucoup de difficultés à trouver l'arrêt de bus, parce qu'il y en a 2 (allé retour) qui ont le même nom, mais qui ne sont pas dans la même rue. Je demande mon chemin aux passants, on me propose pour 40yuans de m'emmener en scooter. Je refuse « c'est trop cher ! ». Finalement quand je trouve l'arrêt, je demande si le bus va dans le bon sens. D'abord je me trompe, j'interroge quelqu'un qui n'est pas chinois ; ensuite, on me trompe, en me disant que « non non c'est de l'autre coté ». La leçon que j'en tire, c'est que les chinois sont amicaux quand ils en ont envie. Bref, au milieu du passage piéton j'ai la certitude d'être dans la mauvaise direction, et je retourne à l'arrêt où j'attends le bon bus. Le chauffeur me confirme que c'est bien ça.

Arrivée vers le parc, je ne sais pas trop où aller entre le musée des minorités à gauche, et le parc à droite. Finalement j'opte pour le parc et je traverse quelque ruelles touristiques. Je me renseigne sur les prix de quelque bracelets, ça va de 10yuans « je te le donne pour 10yuans » et 100yuans -que je négocie à 90-. Je suis mauvaise à la négociation, même si j'essaie et je prends mon temps. Je dis que je vais voir ailleurs et que je reviendrais. Pareil pour une jupe qu'on baisse à 60yuans, mais quand je repasserais, j'aurais plus que 20yuans en poche. C'est pour les copains en France, qui m'ont commandé quelque petites bricoles. Et je ne veux pas leur acheter n'importe quoi non plus. Donc je demande de quel bois les bracelets sont fait, et je donne mon dictionnaire pour avoir la réponse « cyprès » etc. Je note tout ça dans mon carnet et j'en achète quelque uns.


Quand je suis devant l'entrée du parc, qui est payante, je m'inquiète déjà pas mal sur mes moyens. Je vois que pour les étudiants le billet est à 45 yuans, et 90 pour les autres. Je demande si pour les étudiants étrangers ça marcherait, on me dit oui ; mais évidement, je n'ai pas ma carte étudiante sur moi. Je m'assieds dans un coin et j'hésite beaucoup, je soupire un peu ; quand une demoiselle assise à coté de moi me dit « tu n'as plus d'argent ? », et je lui explique -toujours en chinois- que je suis étudiante mais en France, et que je n'ai pas ma carte (On passe ensuite sur l'anglais). Elle me propose d'acheter un billet avec sa carte étudiant, j'accepte et je lui donne 45yuans. Le billet en poche, j'engage la conversation, elle est étudiante en tourisme, mais me dit que « c'est très dur de trouver du travail alors je pense que je ne ferais pas ça à la fin de mes études » ; je lui parle de mes études en sociologie, généralement quand je dis ça, on me dit que « je suis une bonne personne ». C'est amusant. On échange nos Wechat, pour rediscuter à l'occasion, puis je rentre dans le parc.


J'ai un peu peur de me perdre, alors je vais un peu dans tous les sens mais je sais que je manque pas mal d'endroits. Comme le dernier bus de retour est à 19h, je préfère faire vite. Évidement, mon appareil photo décide de ne plus avoir de batterie à mi chemin. Je continue de prendre des photos avec le téléphone. C'est surtout orienté sur l'architecture, ce sont des « villages » des différentes minorités. Je suis surprises par certains types qui sont, selon le panneau « primitifs ». Il n'y a que ça. Je dilapide mes derniers yuans dans d'autres bracelets pour mes amis, il ne me reste plus qu'à trouver deux peluches de panda et tout le monde sera content. - Sauf moi, en ce moment, qui ai très peur vider mes 400 euros de budget donc certains yuans dorment encore, cachés au fond de ma valise.-
En tout cas, j'aime bien discuter avec les vendeurs, leur dire que « c'est trop cher », « j'ai acheté trop de choses, j'ai plus de sous », « dans le magasin là bas, la même jupe, c'était 60yuans », « ça c'est quoi ? », « ha c'est très joli ! J'aime beaucoup celui là », « non, je suis pas américaine, je suis française ! ». Et je suis surprise lorsqu'on me dit pour la seconde fois que je parle très bien chinois ; ce à quoi je répond que « je n'ai étudié le chinois qu'un an ».


Je rentre par le bus de 17h30, voila pour ma journée de « tourisme » ; celle ci s'accompagne d'une réflexion sur ce genre de lieu, quelque chose m'a surprise. Il y avait dans « le village Miao » une église chrétienne, dans le « village Hui » une mosquée, et dans le « village Tibétain » un temple. Je ne suis entrée que dans le temple, et lorsque j'ai voulu prendre une photo, on m'a dit que c'était interdit. En regardant mieux, je vois qu'il y a des moines. Alors je m'interroge sur « le vrai, le faux » en Chine, qui au final revient peut être au même. Sur « l'importance de l'authenticité ou du contexte -je veux dire « sans tourisme »- pour les religieux qui ont leur propre fonction ici ».
Mais aussi pour ces bracelets que j'ai cru acheter si cher, quand j'ai demandé l'avis d'un autre vendeur en lui disant « pour nous les étrangers, c'est très dur de savoir ce qui est cher ou pas », il m'a dit que non c'était plutôt bon marché pour la qualité des bracelets. J'aurais vu une machine tailler les perles ; mais il y a aussi des perles en corail, en graines, ou dans des bois particuliers -même le vendeur, quand je lui demande le prix de son bracelet, me dira « celui ci est très cher ! ». Où est la « camelote » chinoise ?

Spoiler:

Entrée du parc et chinoiseries





Fabrication de perles pour les bracelets :

à l'intérieur du parc:












La minorité Zhuang a inventé le Quiddich

Fabrication de motifs

"Village Hui"

"Village Yao"

"Village Tibétain"




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Re: Compte rendu Chine 2015

Message  mystheria le Ven 31 Juil - 17:54

Vendredi 31 Juillet

C'est assez dur de dormir car des gens farfouillent dans leurs affaires jusqu'à une heure du matin, quand d'autres allument la lumière très tôt. Quand je sors du lit, je croise une française qui est de passage pour faire du tourisme, elle s'apprête à partir. Je passe la matinée à essayer de travailler, je survole quelque mémoires du M2 Asioc, la qualité du travail m'impressionne, j'ai peur, et je fini par lire une lettre de démission d'un enseignant chercheur.
Je retrouve mes amies coréennes et on mange ensemble. On s'entend bien puisqu'on peut parler chinois tranquillement, et se comprendre. On prend trois bols de nouilles, deux mangues et un fruit que je ne connaît pas. Ensuite, je leur propose de venir avec moi au centre ville où nous partons vers 13h.

Une fois là bas, je retrouve le « marché aux oiseaux et aux fleurs » après 2ans. Ça a un peu changé, les rues sont plus grandes et l'endroit semble réaménagé, pour faire « plus propre » pour les touristes. Il y a du coup, beaucoup moins de choses en vente. On retrouve quand même les scorpions, les chiens et les perroquets ; les plantes, la porcelaine et les bracelets. On en achète quelque uns, j'offre à boire à mes amies puis elles partent parce que l'une d'elle a attrapé froid et ne se sent pas très bien.
Je reste et je vais jusqu'au parc où j'achète les dernières bricoles qu'il manquait pour mes amis en France : deux peluches de panda. Je négocie le coup, et je rentre en bus.

Le soir, j'écris un pavé sur mon parcours universitaire, et je suis préoccupée par la suite des événements puisque ma future directrice de recherche m'a recontacté. Mais je n'ai pas de temps à y consacrer, je pars le lendemain en bus pour voir Siyin, et je resterai peut être le week end, si je peux décommander ma réservation à l'auberge de jeunesse.

Spoiler:

Fruits du Yunnan

Organic food ? et centre ville


Quartier du marché aux fleurs & oiseaux; en rénovation



Un petit parc sur mon chemin, où des personnes âgées jouent à des jeux (échecs chinois etc)


Le parc en centre ville






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