Une opération de spéléo-secours dans le Guizhou (5/2/2009)

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Une opération de spéléo-secours dans le Guizhou (5/2/2009)

Message  Admin le Sam 7 Fév - 13:08

Si une jolie fille vous téléphone le soir pour vous dire qu'elle est dans les belles fleurs et vous demande où vous êtes, a quoi vous attendez-vous ? Sans doute pas à ce qui suit.

4/2/2009 19h, Yiyi me téléphone, commence à me dire "I am in the beautyful flowers, where are you ?". Je lui répond que je suis chez Sunkening, du coup, elle poursuit en chinois avec lui. Un fois raccroché, il m'explique que Yiyi, Qianzhi et Haixia sont dans le conté de Qianxi (Guizhou, au nord-est de Guiyang) (dont le nom se traduit par "belles fleurs", Qianxi étant effectivement célèbre pour ses montagnes fleuries au printemps), mais surtout qu'ils y sont parce qu'une personne est tombée dans un puits de 200 à 300 m.
D'autres appels suivent, Qianzhi notamment nous explique qu'ils ont du mal à équiper, que les amarrages tiennent mal et que la roche est abrasive et menace de couper les cordes. Il nous précise qu'il fut amener une corde de 200 m. Nous prenons donc la route. On a eu raison de faire le plein la veille au retour du Schuan ! 6 heures plus tard, temps nécessaire pour parcourir quelques 500 km d'autoroute et de prendre du matériel à Chongqing, nous arrivons à l'hôtel de Qianxi où des chambres nous ont été réservées.

Le lendemain, alors que nous organisons un peu le matériel dans le coffre de la voiture sur le parking, une voiture de police vient nous chercher. Nous les suivons jusqu'à une boutique à nouilles pour le petit déjeuné et glanons quelques informations : il y a une semaine, un jeune homme a disparu. Au stade où en est l'enquête, il a pu être assassiné et jeté dans un grand gouffre au bord de la route. Mais personne n'arrive à y descendre. On nous demande donc juste de vérifier.
Nous les suivons ensuite en voiture, pendant une heure de route en mauvais état vers le nord du conté. Juste après une barrière de péage, les voitures de police et les rubans de signalisation nous indiquent que nous sommes arrivés. Nous retrouvons avec plaisir nos amis du Guizhou. Vu de la route, le gouffre a tout ce qu'il faut pour ne pas donner envie d'y descendre. En effet, c'est une décharge publique dont le cône se déverse dans un précipice. La brume ne nous perment pas de distinguer bien plus. Qianzhi, la veille, est descendu d'une centaine de mètres, il s'est arrêté faute de pouvoir placer un amarrage pour éviter le frottement de la corde. Il signale en insistant bien que la corde est trop courte et sans noeud d'arrêt. Il reste peut-être plus de 100 m à descendre...

Le premier but étant de savoir si oui ou non la personne recherchée est en bas du puits, si possible sans y passer la semaine, je pars avec le perforateur, de lourdes batteries, une tripotée d'amarrages et la corde de 200 m de diamètre 8 mm.
Un sentier descend à coté de la décharge et permet d'arriver à la lèvre inférieur du puits, que l'on peu considérer comme la terminaison d'un grand canyon. A ce niveau, l'entrée fait une quinzaine de mètres de long et cinq de large. Au passage, les pompiers et policiers qui sont bien gentils de vouloir faire du feu, sont priés de s'abstenir pendant que je descend dans le trou, ne sachant pas trop s'il est bien ventilé ou non.
Je demande à Haixia d'ajouter également un amarrage pour doubler la sécurité du départ de la corde.

L'équipement installé la veille est original, pas franchement pratique, mais ne pose aucun problème particulier de sécurité. Les deux derniers fractionnements reprennent l'idée de "la corde à frotter" mais dans une version inédite. La corde sur laquelle nous progressons à la descente comme à la montée a un diamètre de 10 mm. Il est hors de question de la laisser frotter contre la paroi sous peine de la voir s'user prématurément, voir se rompre. C'est pour cela qu'a chaque fois qu'il est nécessaire, il faut placer un nouvel amarrage et fractionner ainsi la descente. Ici, une solution originale a été utilisée : Une énorme corde que les pompiers chinois ont fait descendre dans le gouffre sert de point d'amarrage. Cette corde, de 32 mm de diamètre touche bien entendu la paroi, mais la roche étant lisse, ce frottement est négligeable, et surtout, la corde de progression ne frotte pas. Mais ce système a sa limite, Qianzhi s'est donc arrêté au premier point de frottement au dessous de la fin de cette grosse corde. De là, on distingue le fond du puits.

Un amarrage bien placé permet de terminer la descente. En bas, les détritus, heureusement essentiellement constitué de terre mêlée de déchets divers non putrescible, forment un cône de très forte pente où il est malcommode de se déplacer. Le jeune homme est bien là. Couché comme un dormeur, sur le ventre, la tête sur ses bras. Il est pourtant décédé depuis suffisamment longtemps pour que sa peau ait blanchie et son corps durci. Un signe de croix et une prière me viennent aussitôt. Puis j'observe les lieux. On voit le ciel. Il semble possible de le remonter à la verticale, car il n'est pas imaginable d'abandonner ici le corps de ce malheureux. Tout au long de la remontée, j'étudie les possibilités et nécessités. Nous sommes peu nombreux, la communication est difficile à cause de la langue et l'équipe présente n'a pas vraiment l'expérience nécessaire. Il faut donc faire au plus simple.

Une fois remonté, après avoir expliqué la situation aux pompiers et à la police, nous mettons l'équipement d'évacuation en place.
Le dispositif est très simple : une corde pour tirer le corps, et une autre, munie d'une poulie, pour dévier cette corde afin de placer sa verticale là où le corps ne se heurtera pas à la roche et surtout ne risquera pas de s'accrocher.


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Re: Une opération de spéléo-secours dans le Guizhou (5/2/2009)

Message  Admin le Sam 7 Fév - 13:10

Haixia installe cette fameuse "poulie largable". En effet, il est important de pouvoir en fin de manoeuvre libérer en douceur la tension de la corde tenant la poulie afin d'amener la charge au bord du gouffre, là où on pourra ensuite le porter. Qianzhi et Sunkening lui viennent en aide, car bien que le principe soit très simple, l'installer sur la bordure d'un grand puits encombré de végétation n'est pas très rapide. Pendant ce temps, j'installe et règle une corde de sécurité pour ceux qui auront à tirer, une corde pour pouvoir descendre à tout moment à la lèvre du puits, elle servira une bonne dizaine de fois, et un triple point d'ancrage pour placer le palan de traction. Tout est installé et préparé avec une corde de 100m, que nous savons trop courte pour atteindre la base du puits, mais qui permet de bien régler l'ensemble. Nous discutons ensemble la manœuvre qui en théorie ne fait appel qu'à trois instructions : tirer "La!", libérer "Fang!" et "Stop!" et à deux noms : Haixia pour la poulie largable et Qianzhi pour la traction. Le plan est simple. Je descendrais avec Sunkening pour préparer la victime, Haixia gère la poulie largable et Qianzhi le palan de traction, constitué d'un assemblage de deux ensembles poulie-bloqueurs et d'une poulie de renvoi. Même la cordelette pour rappeler le bloqueur de traction est en place, on fait une petite démonstration à vide du fonctionnement... pas de question ? Bon, il ne nous reste qu'a casser la croûte en attendant le matériel pour emballer le corps.

C'est le médecin légiste qui apporte ce matériel. Il voudrait qu'on le fasse descendre. En effet, habituellement, il doit être le premier à manipuler le cadavre. Le dispositif en place et surtout l'inexpérience de l'équipe m'amènent à refuser la possibilité de le faire descendre. Ce serait prendre trop de risque. Il confie donc une caméra et des consignes bien précises à Sunkening et nous voilà repartis avec le matériel nécessaire. Je descend le premier avec une houe. Son premier usage est de faire un petit replat en haut du cône et un petit sentier pour se déplacer sereinement sur l'énorme cône de déchets. La salle à la base du puits est prolongée de part et d'autre par une grande galerie. Une exploration de cette cavité serait intéressante, et permettrait peut-être d'ailleurs de trouver un accès pédestre à la base du puits.

Sunkening arrive. Il prend d'abord une série de photos sous tous les angles, puis filme plusieurs fois et sous plusieurs angles. Quand il a finit, je creuse avec la houe un terrain plat à coté du corps. En effet, la pente est si forte que j'a crainte de le voir glisser. La police nous a confié deux de ces sacs spéciaux pour emballer les cadavres. Des espèces de housses noires munies d'une fermeture-éclair. Nous en disposons un au sol. Puis par dessus une sorte de linceul blanc. Il ne reste plus qu'à tourner le corps d'un demis-tour pour qu'il soit directement dans le sac. Une sangle passant sous les bras permettra de le hisser. Le linceul est replié, le premier sac fermé et saucissonné avec des liens de cordelette. Un second sac lui aussi entouré de cordelette vient compléter l'emballage.
Sunkening commence à remonter, je le suit après avoir disposé très précautionneusement la corde de 200m de façon que, lorsqu'on la tirera depuis le haut, elle ne emmêle pas. En effet, même si on ne pratique en général jamais de cette façon, il n'y aura personne dans le puits lors des manoeuvres. Ainsi, nous ne risquerons pas de blesser quelqu'un par des chutes d'objets diverses que l'activité autour du puits ne manquerons pas de provoquer. En montant, je raboute la corde de 200 m à la corde de 100 m arrivant depuis le palan à travers la poulie et je défais les amarrages à l'exception des trente premiers mètres où il risque de falloir intervenir. Quand j'en suis là, je demande à Qianzhi de démarrer la traction "Qianzhi! La !", pour remonter la corde de 200m. Jusque là tout va bien.

Un fois sorti, je constate qu'il n'a pas vraiment compris comment manœuvrer le palan. Immobilisant le bloqueur de traction, il le transforme en simple passage successif de poulies sans démultiplication de l'effort. Par contre, je suis satisfait de constater que toute les personnes à proximité du vide sont effectivement attachés à la corde de sécurité. C'est l'essentiel. Et ce sera le point positif de l'ensemble de l'opération qui, malgré des erreurs et malchances successives, a pu s'enchaîner sans compromis sur le plan de la sécurité. Une fois le fonctionnement du palan rétablit, la corde de 100 m remonte normalement, le noeud arrive en butée sur la poulie largable. Haixia la largue en douceur "Haixia! Fang !" jusqu'à la rendre accessible depuis la lèvre du puits, il faut alors ouvrir la poulie et la refermer au-dessous du noeud, puis... la guigne. En refilant dans le puits avec le sifflement caractéristique que je connais trop bien de cette fameuse poulie à bille, elle attrape au passage un bout de bois que j'avais, et c'est une faute, négligé d'enlever. Le bout de bois se retrouve pendu au milieu de la bouche du puits, accroché par on ne sait quel prodige mais sans bloquer le coulissement de la poulie. Ca va mal. Bon, on continue à tirer sur la corde pour passer complètement la corde de 8 mm à travers le système de palan que d'ailleurs je remplace par un traction directe via un ensemble poulie-bloqueur, vu le nombre de bras vaillant prêts à tirer.

Il faut alors régler le problème de cette branche suspendue dans le vide, épée de Damoclès prête à mettre le bazar. Il n'y a pas de bonne solution. En effet, elle est assez grosse pour s'emmêler dans d'autres cordes plus bas et nous empoisonner la vie, voir pire endommager le corps que nous entendons ressortir de l'abîme le plus dignement possible. Haixia ne parvient pas à la hisser jusqu'à lui, le poids de la branche et de la corde réunis, sa position inconfortable et le fait surtout qu'il tente de la tirer à travers le noeud italien, sorte de noeud coulissant permettant de freiner régulièrement une charge, mais pas du tout convenable pour tirer. Cette tentative hélas lui donnera une très mauvaise idée : remplacer le noeud italien par une traxion, poulie spéciale intégrant une fonction de blocage, mais qui ne convient absolument pas pour larguer... Du coté de la traction, curieusement, si on tire sur la corde, elle coulisse dans la poulie comme si de rien n'était. Nous sommes donc obligé de hisser le corps dans le puits "La! La! La! ..." et de nous en servir de lest pour pouvoir amener la branche de notre coté en larguant encore du mou sur la poulie "Haixia! Fang !"... Mais là, ça ne marche plus. La charge est trop forte sur la poulie largable, le poids de la victime, de la corde et la démultiplication des force à cause de son angle de passage font qu'il ne peut pas débloquer sa traxion, ce qui démontre que, comme son nom l'indique, elle est bien faite pour tirer et non pour larguer.
Bon, On fait donc marche arrière au niveau de la traction "La ! ... Fang ! Fang! Fang !". On redescend doucement la charge au sol, Haixia peut remplacer la traxion par un noeud italien. Nous reprenons alors la manoeuvre, pas très orthodoxe, qui consiste à utiliser la charge comme lest afin de rapprocher la poulie et sa branche suspendue d'une zone accessible, soit 30 m plus bas. Je l'élingue avec une cordelette et la bloque en attente sur la corde qui avait permis de descendre dans le puits.

Je me trouve à une bonne place pour voir si tout se passe comme il faut, après tout, tout devrait bien aller maintenant. Il suffit de mettre du mou sur la traction est de ramener la poulie largable au bon endroit. "Qianzhi! Fang !"... ben non, rien ne se passe. Je dois donc remonter libérer le bloqueur "la !" puis on peu redescendre la charge au sol "fang, fang, fang" et donner du mou afin que Haixia puisse enfin replacer la poulie à sa place optimale au milieu du puits "Haixia, La ! La ! La ! Stop" . L'évacuation peut enfin commencer !
Les bras ont beau être nombreux et vaillant, 130 m, c'est long. Mais on voit enfin le corps arriver, suspendu au milieu du puits, et a son tout venir en butée sur la poulie. "Haixia! Fang !" Hé bien non, rien ne se passe. On l'entend forcer, mais ça ne le fait pas. Qianzhi va l'aider, on n'arrive pas bien à comprendre ce qui se passe, mais ça ne va toujours pas. Je me rend donc sur place et je dois dire qu'il m'est impossible de comprendre comment ils ont pu mettre une simple poulie largable dans une telle situation de blocage. L'ensemble Haixia, Qianzhi, leurs longes et bloqueurs et la poulie largable créent un système sous tension assez infernal. Haixia étant lui-même coincé derrière l'arbre qui heureusement était bien enraciné au sol. Bon, finalement, c'est un casse tête chinois dans lequel les muscles des protagonistes contribuaient grandement à bloquer le système. Elément par élément, on arrive à désolidariser Qianzhi, Haixia et la poulie largable afin de rendre à chacun sa liberté de mouvement. La suite s'est parfaitement déroulée. Larguant progressivement la poulie alors que la traction continuait constamment son effort, le cops est remonté jusqu'à l'endroit prévu où il a suffit de placer rapidement une nouvelle corde pour le hisser transversalement jusqu'au sol du bord du puis. Les pompiers l'ont alors porté un peu plus loin.

Le déséquipement de la cavité n'a pas non plus posé trop de problème ou presque. Il aurait normalement suffit de dévisser deux amarrages et de faire tirer sur la grosse corde chinoise pour tout récupérer, mais il y avait toujours cette foutue branche à gérer. Connaissant son aptitude à nous casser les pieds, nous avons pris le temps, même si c'était moins pratique, de retirer les cordes au-dessous avant de la balancer définitivement au fond du trou.

En remontant à la route, nous passons une clairière où le médecin légiste a dévêtu le cadavre et est en train de l'inspecter. En haut, les habitants des environs, qui s'étaient massés et observaient la manoeuvre depuis les collines environnantes sont là, tenus à l'écart par quelques policiers. Les proches de la victime arrivent, nous prennent les mains, l'un d'eux est en larmes, ils se met à genoux devant nous. Nous sommes bouleversés par leur reconnaissance. Plus tard, a table, le médecin légiste nous dira que l'hypothèse d'un crime est désormais écartée. Le jeune homme, qui lorsqu'on l'avait vu pour la dernière fois était à moitié ivre, est probablement tombé accidentellement dans le gouffre. Je suis moi-même convaincu qu'il y a survécu au moins quelques minutes, la position qu'il avait étant celle que toute personne commotionnée mais consciente aurait adopté. Une intervention immédiate aurait-elle permis de le sauver ? Depuis la route, il a du tomber de 200 m, c'est une belle chute mais le tumulus de détritus est plutôt mou et sa forte pente est un facteur d'amortissement idéal.

Nous nous couchons vers 2h du matin, et repartons le lendemain. Les pompiers nous ont remboursé nos frais et donné à chacun une enveloppe rouge avec 300 yuans dedans. Ce n'est pas un salaire, c'est une tradition visant à la fois à exprimer la reconnaissance et souhaiter bonne chance, comme ce foulard rouge qu'un inconnu a accroché au rétroviseur de la voiture.

Nous sommes bienvenus désormais à Qianxi où les cavités sont si nombreuses. Un mur va être construit pour que le bord du gouffre ne soit plus accessible de la route, et que l'on cesse d'y déverser des détritus. La région est en remaniement administratif. Trois contés vont se regrouper autour du thème des fleurs qui sont la richesse touristique de la région, tout celà dans un programme de lutte contre la pauvreté qui est le lot de cette région. Ce programme a été initié il y a quelques années par Hu Jintao suite à une visite dans le district de Bijié. C'est ainsi qu'une voie rapide a été bâtie, défiant une géographie tourmentée, et mettant Bijié préfecture dont dépends Qianxi, à moins de 4 h de route de Guiyang, capitale du Guizhou.

Le gouffre dont il est question est localement nommé Huangyangdong, le village Hualacun, et la commune Jinpoxian. Le calcaire est en fait de bonne constitution, noir, très compact, peu fracturé. Sans les détritus, ce serait une superbe cavité.
Je n'ai pas sorti le GPS, mais j'ai retrouvé sur la carte le village de Hualacun dont les coordonnées sont : UTM 48R 591432 3006219 altitude 1650 m.
L'opération a durée en tout 8 heures environ, auxquelles il faut ajouter le travail d'équipement de la veille, soit 8 heures également.
Nous avons fait un rapide bilan avec une conclusion connue à l'avance : il est nécessaire de s'entraîner pour maîtriser les manoeuvres. Car si l'on peut se permettre des hésitations et reculades pour remonter un cadavre du fond d'un trou, aucun aléa n'est admissible pour un blessé, et la démarche serait totalement différente.
Il est convenu de tenter de demander des aides pour pouvoir se réunir et s'entraîner, et d'utiliser cette même cavité comme lieux d'exercice le jour où nous serons prêt.

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Re: Une opération de spéléo-secours dans le Guizhou (5/2/2009)

Message  Admin le Sam 7 Fév - 13:30

Je vais placer ici une série de photos...
Aucune photo n'est de moi, elles sont de Haixia, Sunkening ou du journaliste de Guiyang dont j'ai oublié le nom.
ATTENTION : ceux que la vue d'un cadavre pourrait choquer ou perturber sont priés de ne pas les regarder.
Merci.

Sur la route entre Qianxi et Huala


L'entrée du gouffre vu de la route, juste derrière les voitures de police. Un pas de coté suffit pour y tomber...



Qianzhi, Yiyi et Haixia. Et l'ami journaliste de Guiyang qui a fait le voyage avec eux et à qui nous devons la plupart des photos. (merci !)



Descente dans la forêt pour atteindre la bordure inférieure.



Nous voici au niveau inférieur, pour descendre plus bas, il faut des cordes.


La lèvre inférieure du puits, où se dérouleront la plupart des manoeuvres.



Vers le haut, le puits se prolonge jusqu'à la route. Le puits correspond à la fin d'un grand canyon.


Haixia a installé les premiers amarages.



Yiyi assistante aux manoeuvres.


Qianzhi, partant pour équiper jusqu'à -100 m


L'équipement passe dans un petit goulet au bord du puits.



On rejoint un peu plus bas le volume principal. Il n'y a aucun vrais palier dans ce puits.


Petit breifing après notre arrivée. Qianzhi nous explique la situation plus en détail. Puis nous nous préparons et descendons à la lèvre inférieur.





Je descend le puits pour finit l'équipement.



Pendant la petite heure d'attente, Haixia double le premier amarage. Notez les deux cordes côte à côte. La grosse corde des pompiers et la petite corde de spéléologie.



Remonté à travers le goulet.





Mise en place de l'équipement, d'évacuation coté traction.








Mise en place de l'équipement d'évacuation coté poulie largable. La difficulté étant de relier les deux.











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Re: Une opération de spéléo-secours dans le Guizhou (5/2/2009)

Message  Admin le Sam 7 Fév - 20:39

Le cône de déchets en bas du puits, et le corps sans vie.





Comme endormi.



Travail à la houe pour aménager un peu le terrain.


Retournement du corps qui se retrouve posé pret à emballer.





La traction est prète à intervenir, le journaliste à photographier.


Haixia du coté de la poulie largable.


Vue d'ensemble.




Remonté depuis le fond, l'évacuation va pouvoir commencer.


La traction se met en action. A ne pas faire : un palan ne fonctionne pas bien si l'on bloque le mouvement du bloqueur de traction.












Passage dans la poulie du noeud de raccorde entre la corde de 100m et celle de 200m. (La charge n'est pas encore soulevée.)



La poulie est aller se poser sur une branche.



Avant de pouvoir intervenir, elle emmène la branche et la suspend au milieu du puits. Misère !





On voit enfin arriver la victime, l'opération devrait être presque terminée.


Dernier incident de parcours, la poulie largable refuse à nouveau de fonctionner.
On ne va quand même pas s'arrâter là ou faire redescendre la victime de 130 m !




Résoudre le casse-tête chinois...


Le temps passe, c'est le crépuscule.


La dernière phase de l'évacuation peu enfin redémarrer.



Les manoeuvres se terminent à la nuit tombée, les pompiers peuvent enfin prendre le relais. Il ne nous reste plus qu'à ranger le matériel.





Fin.

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Petits commentaire à l'usage des spécialistes

Message  Admin le Sam 7 Fév - 21:16

- Tout ceux qui on pratiqué des secours spéléo se diront "mais comment/pourquoi cette branche était dans la trajectoire de la poulie ?". Ils auront parfaitement raison. Je dois reconnaître que je n'avait pas remarqué sa présence avant que l'incident ne se produise. Et en regardant ensuite les photos, ça paraissait tellement évident que j'en ai honte. Mais dans le feu de l'action, il y avait tant de choses et de monde à gérer que cet énorme détail m'avait échappé.

- Autre auto-critique, considérant que la victime était décédée, j'ai shunté quelques précautions élémentaires comme vérifier de près comment était installé la poulie largable. Le nœud italien étant connu de Haixia. De même, j'ai fait l'éconimie de la phase de nettoyage du puits, si nous avions eu un blessé, nous l'aurions écarté de la base du puits, déséquipé, nettoyé le puits et ré-équipé différemment pour accompagner la remonté de la victime. Cela paraissait trop de temps, trop de travail inutile. Après-coups et au vu du temps que nous avons perdu avec deux petits pépins, je me dis qu'évacuer une victime décédée en appliquant les mêmes principes techniques qu'une victime blessée n'aurait dans ce cas pas pris beaucoup plus de temps et peut-être même moins.

- sur une photo, on note un croisements de cordes entre l'accès à la lèvre du puits et la traction. Contrairement aux apparences, ils ne risquaient pas de produire d'usure prématurée de la première par mouvement de la seconde. Mais c'est à éviter également.

- Comme quoi, une évacuation sur plus de 100 m en traction direct à la main sur de la corde de 8 mm, ça se fait... mais il faut dire qu'il y avait beaucoup de mains ! En dehors du gain de vitesse (complètement négligeable sur l'ensemble de l'opération), c'est surtout de ne pas avoir à gérer moi-même le rappel de traction qui m'a motivé à défaire le palan. Ainsi, je pouvais rester mobile et la manœuvre restait fluide... hors les incidents...

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