Terrain 2016

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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Sam 2 Avr - 4:29

Vendredi 1er Avril

Malgré un réveil tôt, on part vers 9h pour la montagne qui surplombe Dali. La journée commence avec un petit déjeuner (bouillie de riz, petits baozi et œufs au thé) et une petite marche jusqu'à la porte Ouest. Je ne sais qui m'appelle au moment où un chauffeur aborde Renaud, qui visiblement s'est arrangé pour qu'on soit déposés devant le parc qui mène au télésiège, pour 20yuans. Je peste un peu contre les prix des attractions touristiques, et des attrapes touristes, car le télésiège coûte 60yuans et on ne peut y accéder qu'en passant par le parc à 30yuans. L'endroit reste joli, et nous montons à mi hauteur de la montagne où se trouve un petit temple. Les panneaux surestime 3fois plus le temps de marche de la promenade que nous avons prévu de faire ; et le chemin est large et bétonné. Tout est un peu fermé, en fait le coin est aussi un parc Unesco, et le télésiège que nous avons pris avait visiblement fermé il y a quelque années pour rouvrir il y a moins de deux ans. En descendant, on passe par des forêts de sapins, des cimetières, et on croise quelque touristes à cheval.
En bas, une autre attraction touristique payante nous attends, on évite ces nouveaux frais ; c'est donc un peu amers -surtout moi- que nous rentrons en taxi -après refus d'un chauffeur de 3mao-.

Arrivés à l'auberge, après avoir mangé au même endroit que le matin, nous essayons de nous organiser pour la suite du périple. En fait Renaud n'a qu'un guide du routard pour proposer des lieux ; et on se rend bien compte que la réalité fait beaucoup moins rêver. Surtout quand on veut savoir comment se déplacer, comment loger, et combien ça coûte. On renonce à QiaoTou puisqu'il n'y a pas de logement sur place et que les bus sont déjà chers. On pense donc se rabattre uniquement sur Lijiang, mais les auberges de jeunesses sont aussi très chères. Sachant que le budget commence déjà à nous inquiéter. On s'apprête à réserver quelque chose quand je reçoit un appel.

En effet, pour joindre mon sujet de recherche à ce voyage, j'ai pris contact avec une connaissance de TT qui vit dans une communauté à Dali. Au départ, TT me parlait « d'éco-village », mais la personne que je contacte sur weechat me précise : « In the Taiwan maybe we can call an eco-village, but in Dali we rent a house only. We are far from a eco-village ». Je prévois une visite du lieu pour comprendre un peu les démarches de ce coté ci.
On se donne rendez vous devant la porte ouest du vieux Dali pour nous y rendre en voiture. ChunXia vient du Sichuan, elle a 24ans et parle un peu anglais, XiuYu vient de Taiwan et appartient à une minorité ethnique -dont elle connaît la langue- de l'île, et semble plus âgée que ChunXia. QingHua, que j'ai contacté, est encore au village puisque « aujourd'hui c'est son tour de s'occuper de la cuisine ».
Sur la route, nous nous arrêtons au marché pour prendre des légumes. Il y a beaucoup de variétés de fruits et légumes dans le Yunnan ; lorsque je demande comment ils connaissent la qualité des produits (sans pesticides etc), elle me répond « on ne sais pas ». En repartant, on fait quelque kilomètres puis on emprunte une petite route de terre entre de vieilles maisons en pierre.

La maison qu'ils louent est ancienne et un balcon en béton y a été ajouté pour agrandir l'espace et accéder aux chambres qui sont en haut. Il y a une petite cour bétonnée, sur laquelle est posé un muret de briques qui permet de contenir un peu de terre et faire un petit jardin. Les variétés de légumes sont mélangées entre eux. On voit aussi des petits emballages jetables pour les nouilles à emporter, qui contiennent de la terre et des petites pousses. De même, des bouteilles coupées et remplies de terres sont accrochées à divers endroit.
En entrant, on passe une grande porte en fer, à droite des toilettes « hommes/femmes » assez modernes et propres, sont décorées avec les moyens du bord : récupération de carrelages cassés, et quelque plantes. À droite de l'entrée se trouve donc la maison, avec les chambres à l'étage, deux grandes pièces ouvertes : une « salle à manger/salle de réunion » et un petit salon dans lequel on entre en chaussettes. Au fond à gauche, vers la cuisine, il y a une salle d'eau. Ils n'ont pas de chauffe-eau solaire car le soleil n'est pas suffisant au flan de la montagne. La cuisine est un très petit bâtiment d'un étage, situé en face de la porte donnant sur la cour.

Leur organisation s'appelle « son of man » (Ren Zi) - http://isonofman.net/ - et a été créé à Taïwan en 1998. Celle ci se focalise plus sur les relations entre les hommes plus que pour l'environnement, qui s'apparente comme une évidence pour ce type de mode de vie (faire pousser ses légumes, être autosuffisant, ne pas avoir besoin d'argent).
Ils ont commencé à s'implanter dans le Yunnan en 2000 où ils ont deux espaces : celui ci et un autre vers Lijiang que je pourrais peut être visiter. Il y a aussi un troisième lieu en Chine continentale (Zezhiang?)

C'est une ONG enregistrée à Taiwan, ce serait difficile en Chine, et ChunXia qui a étudié dans le domaine des ONG me confirme qu'on ne peut pas, en Chine, avoir deux ONG sur le même domaine. Je parle des statuts, et on me dit à nouveau que « ce qui compte ce n'est pas le statut mais ce qu'on fait : d'abord, on fait ». On me donne aussi un proverbe qui se traduirait par « les montagnes sont hautes et l'empereur est loin ».

C'est intéressant de voir comment ces espaces géographiquement très éloignés permettent malgré tout la vie de la communauté. Ils se déplacent régulièrement. 20 personnes de la communauté sont déjà venues ici pour vivre ensemble dans cette maison à Dali. Les personnes appartenant à la communauté ont tout âge : de 90ans à des nouveaux nés. Les familles ont parfois beaucoup d'enfants ; et quelque étrangers à Taiwan ont aussi rejoint la communauté.
Ils promeuvent l'école à la maison pour les enfants, -ce qui est possible à Taïwan mais pas en Chine-, la découverte et l'apprentissage de savoirs faire, chacun participe et partage sa spécialité. QingHua ajoute que ce qu'ils cherchent, c'est de vivre en « symbiose ». Être autonomes et vivre avec peu d'argent, ce n'est pas toujours chose facile. Au sein de la communauté, « certains travaillent » mais beaucoup ne s'impliquent que dans l'organisation. Lorsqu'ils ont besoin d'argent pour financer un voyage à Taiwan ou ailleurs, ils font des objets à la main -comme des poupées de chiffon- qu'ils peuvent vendre parfois pour 20yuans.
A Taiwan, ils peuvent être propriétaires du lieu, qu'ils ont récemment acheté à 400yuans le m2, chacun a participé. Prochainement, le petit groupe que je rencontre ce jour là, va partir à Taiwan pour rejoindre les autres. Ils passeront d'abord par Lijiang en voiture, puis ils feront le voyage jusqu'à l'île.

A part les trois personnes que j'ai présenté, il y a aussi une femme et sa fille, et une autre femme. Il y a quand même quelque hommes dans la communauté, qui rassemble des familles. ChunXia a été volontaire chez Li Ri, puis a connu cet endroit. Dans le futur, elle aimerait, retourner vers ChengDu et vivre dans la vieille maison de ses parents pour faire pousser des légumes, et avoir un « autre mode de vie ». Avant ça, elle était étudiante dans le domaine des ONG, et c'est une amie à elle qui lui a fait connaître la possibilité d'être volontaire à Damuoyu (Li Ri). On me reparle aussi de l'ONG « partenership community developpement » à Hong Kong. (écologie, système agricole, food safety, culture traditionnelle ; le monde est petit).

On me raconte leurs journées, avec un réveil à 6h30, ils se rassemblent dans le salon pour chanter ensemble. Les mêmes chansons qu'à notre arrivée « Kingdom of love », « let the wind carry you » dont les paroles sont en chinois traditionnel. Puis vient l'heure du déjeuner ; la répartition des tâches, avec une liberté de choix etc. [transcription à venir]
Le soir, nous mangeons ensemble, une « pizza chinoise » avec du riz en guise de pâte ; ils sont végétariens « pour les animaux ». Nous nous arrangerons peut être pour partir à Lijiang ensemble et visiter le second lieu.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Dim 3 Avr - 19:08

Dimanche 3 avril

Malgré un réveil à 7h30, on prend notre temps pour préparer les valises, acheter des fruits pour le voyage, et prendre un petit déjeuner ; à 10h on retrouve les 5 personnes de « RenZi » qui prennent aussi la route pour Lijiang. Il y en a pour plus de 2h de route, en comptant les pauses. Les paysages sont jolis, notamment quelque sommets enneigés visibles depuis la route. Il y a aussi beaucoup de carrières et de tailleurs de pierres (ce type de tigres qu'on retrouve devant les grands établissements). La guitare et le djembé font partis de leurs bagages.

ChunXia me montre des CDs de musique « all hand-made by ourselves », de la pochette aux chansons différentes que chacune contiennent. Elle montre aussi un mouchoir qu'elle a teint et brodé à Damuoyu, la teinture verte est faite avec des plantes.
Leur second espace au Yunnan est plus grand et agréable, c'est un corps de ferme avec trois bâtiments qu'ils ont loué pour 10ans, il leur reste 4 ou 5ans « mais il y a l'endroit que nous venons de trouver à Dali ». Le bâtiment à droite en entrant sert de lieu stockage, mais on voit aussi des prises d'escalade de toutes les couleurs et des peintures faites par et pour des enfants. En face, un petit jardin et à gauche des sanitaires récents et décorés comme à Dali, ensuite une grande salle à manger et derrière un salon, puis des chambres derrière une terrasse. À gauche en entrant je suppose d'autres chambres ; trois balançoires sont accrochées sous l'avancée du 2nd étage.
Le premier réflexe en arrivant est de regarder comment les cultures qu'ils ont fait pendant le « spring festival » ont poussées, tout le monde est heureux de voir le résultat et les arbres qui ont fleuris. Puis il faut voir ce qui ne marche plus au niveau du réseau d'eau : des tuyaux ont cassés, sûrement à cause du gel.

Je profite de cet instant pour commencer l'entretien avec Chunxia.
Elle a aussi grandi avec ses grands parents « j'ai deux mères et deux pères », pendant que ses parents travaillaient à Chengdu, elle vivait à la campagne.
Pour le choix de ses études, ses parents ont voulu pour elle qu'elle ne quitte pas le Sichuan ; alors qu'elle voulait étudier les mathématiques ou l'agriculture, elle a du faire un choix dans les possibilités proposées à Chengdu. Elle a alors trouvé « NGO management » en espérant pouvoir continuer les mathématiques.
Son arrivée en ville pour ses études l'a marquée « ici tout est payant, la vie est très dure, il y a du monde et c'est si grand qu'on ne peut se déplacer que par bus. »
Elle échoue son examen final de licence, à un point près. Elle travaillait en même temps que ses études pour pouvoir vivre.
Elle a aussi trouvé un travail dans deux ONG, la première pour l'aide aux personnes âgées, et la seconde pour la protection de l'environnement.
Elle y a travaillé un certain temps puis elle est partie parce qu'elle voulait « faire quelque chose avec ses mains ». Puis une amie à elle lui a parlé de Li Ri à Damuoyu où elle est partie pour être volontaire alors que le projet commençait.
Cela a changé beaucoup de choses pour elle puisqu'elle a vu ce qu'on pouvait faire, elle s'intéresse à la fois à l'architecture et à l'agriculture. Jusque là elle ne se sentait pas très bien dans sa peau et a toujours été réservée ; mais elle s'est sentie de mieux en mieux.
Dans ce lieu ils échangent souvent entre volontaires et avec les personnes qui viennent de l'extérieur. Ils partagent des savoirs faire (cuisine etc), et discutent de sujets tels que l'environnement.
C'est là qu'elle a rencontré la personne qui a créé RenZi et par l'intermédiaire de Li TingTing a demandé à les rejoindre à Dali. Elle avait prévu quelque mois au départ, mais elle se demande si elle ne va pas prolonger puisqu'il y a beaucoup de choses à organiser, décorer et mettre en place dans le futur endroit.
Comme cause de la pollution, le « désir » et la « peur » des hommes. Qui veulent accumuler beaucoup de choses et qui ont peur de ne pas avoir ce qu'ils veulent s'offrir, alors il faut travailler et gagner de l'argent pour l'avoir.

Une transcription viendra, mais je n'ai pas eu le temps de terminer l'entretien puisqu'au bout d'une heure, on nous dit qu'on doit partir pour un autre endroit. J'espère le reprendre le lendemain.


On nous emmène dans un autre espace du même genre. La personne qu'on me présente a passé une demi année dans cette maison qu'il loue et où il fait de la permaculture. Il a travaillé 5ans pour PCD puis a rejoint RenZi. Il a quitté l'ONG puisqu'il voulait faire quelque chose de ses mains, et il a cherché et choisi cet endroit pour vivre. Il a appris la permaculture 2semaines à PCD, avec des personnes de Taiwan que QingHua connaît aussi.1
Alors qu'il venait d'une grosse ville chinoise il a choisi de vivre dans le Yunnan. « les viles sont trop grandes aujourd'hui » et on ne peut pas y avoir de ferme.

A son tour, la fille qui l'accompagne se présente aussi. Elle parle très bien anglais et va très vite. Elle a passé son enfance dans la campagne, au calme et a passé trois ans à Chengdu. Elle a été volontaire pendant 3mois (où?), « happt time, work together ». Après ses études (quelles études?) « Je ne sais pas quoi faire plus tard ». Pour elle, il est « difficile de vivre en ville, c'est trop bruyant,il y a beaucoup de voitures », le trafic est mauvais et il faut du temps pour se déplacer.
Elle aussi veut « faire quelque chose » de ses mains, chaque jours. Et a totalement changé sa voie. Ses parents sont déçus et ne comprennent pas ses choix. Elle était une bonne étudiante, et ils attendent d'elle d'avoir un bon travail. « Je peux mais je ne veux pas vivre comme ça », alors elle essaie une autre vie ici.
Cet endroit se présente encore comme « un espace ouvert ». Créé d'abord pour soi, pour vivre dans un endroit calme et manger sain ; puis aussi pour les autres, qui peuvent venir ici apprendre et échanger. L'homme ajoute que dans la culture chinoise, les choses partent de soi vers les autres et l'environnement, et tout s'influence dans cet ensemble. L'homme fait partie de l'environnement, donc s'il se soucie de la nature, il se soucie de lui même. L'homme et la nature communiquent et sont ainsi liés, connectés. Ils se disent influencés par les idées de R. Steiner et d'autres dont je n'ai pas eu le temps de comprendre les noms.
Pour eux, beaucoup de gens questionnent leur vie en ville, mais ont peur de faire des choix dans leur vie. Ils se sentent dans une situation d'inconfort mais ne savent pas quoi faire. Les parents ont peur pour les jeunes qui font ce genre de choix de retour à la campagne. Mais on me répète « je crois qu'on peut faire quelque chose quand on veut ». Ainsi, les choses peuvent s'améliorer par l'action des individus.

Tout a été mis en scène autour de mon projet pour que je puisse poser des questions, mais en trop peu de temps pour la valeur d'un entretien. Je n'ai rien pu enregistrer mais j'ai pris leur contact weechat.
Comment continuer ces discussions ? Je m'interroge sur les fonctionnalités weechat puisqu'on me répète sur l'air d'évidence que « pas besoin de se déplacer, on a internet » pour les entretiens…
Je suis bien obligée de m'arrêter et d'accepter ces temps limités, je suis déjà reconnaissante de ce qu'ils font pour moi en me permettant ces rencontres.


On reprend la voiture puisqu'ils veulent aller dans un magasin acheter de nouveaux tuyaux pour l'eau. Allant jusqu'à nous aider à trouver l'auberge de jeunesse que nous avons réservée avec Renaud, au centre de Lijiang.
Le soir, on se promène ; heureusement le coin est calme et magnifique. Mais la nourriture est chère. En marchant plus loin on retrouve le bruit et les touristes qui se prennent en photos. Lijiang me paraît tout de même d'un niveau plus « luxueux » que Dali.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Lun 4 Avr - 18:15

Lundi 7 avril

Réflexe habituel, je me réveille et je regarde weechat. ChunXia m'écrit qu'elles ont décidées de leur programme et que je devrais venir le matin pour terminer l'entretien. Je prépare donc rapidement mes affaires et le trajet qui me paraît chaotique : traverser le vieux Lijiang pour prendre un bus qui n'est indiqué nul part puisque la ligne est très récente. Par conséquent je n'ai aucune idée du temps que ça va prendre et j'estime plus d'une heure. Renaud m'accompagne et nous demandons des conseils au réceptionniste de l'auberge de jeunesse ; il est très bien renseigné et nous conseille de prendre d'abord le bus 2 pour rejoindre le marché au sud, puis prendre le bus 30 qui désert des villages de campagnes.
Cette situation me stresse un peu mais ça se passera bien, on attends une 15aine de minutes le premier bus puis une fois à l'arrêt, aucune indication du bus 30. Comme il est déjà 9h et que j'ai peur qu'on n'aie pas l'occasion de manger après, on prend deux bols de nouilles de blé à 10yuans. De l'endroit où nous mangeons, on aperçoit le bus 30 de l'autre coté de la route. Je doute d'abord qu'on ai le temps de l'avoir mais celui ci s'arrête et on peut finir de manger juste avant son départ. Le trajet se révélera très long, plus d'une heure à traverser campagne, montagnes et villages.
Je suis un peu inquiète mais un homme nous dit qu'il nous indiquera la sortie, il nous rassure aussi lorsque le bus fait un monstrueux détour, évitant la route que nous reconnaissons. Une fois à l'arrêt indiqué, on marche mais c'est difficile de reconnaître la route ; j'envoie des photos du lieu via weechat à ChuXia qui nous rejoint. Il est 11h passé.


La fin de l'entretien prend une bonne heure, elle parle parfois en chinois lorsque l'anglais ne suffit pas. Je ferais une transcription, mais c'est intéressant de voir comment son choix de vie influence aussi celui de ses parents qui dans un premier temps ont trouvé ça « totalement fou ». De revenir à la campagne, alors que leur idéal de vie était de gagner de l'argent à Chengdu et y avoir un appartement. Mais après des dizaines d'années à vendre du riz, la vie est toujours de plus en plus chère, et ils ne sont pas de plus en plus riches. Au contraire, vendre est devenu de plus en plus dur ; et un des gros problèmes des paysans est que la terre est de plus en plus pauvres, ils ajoutent donc de plus en plus d'engrais, qui sont toujours de plus en plus chers. Cette vie à la campagne leur paraît donc difficile et chère, alors ils veulent tous partir. C'est cette espèce de pression qu'il faut réussir à identifier, dans cette Chine qui a sauté très vite dans un développement économique sans limites, qu'une génération de 20-40ans remet déjà en question.


C'est tout juste si on fini l'entretien qu'on nous appelle pour manger, elles ont prévu de partir pour un village touristique près de Lijiang vers 3h ; d'ici là Chunxia est à son tour de vaisselle, une personne pars au jardin après nous avoir demandé d'enregistrer quelque phrases courantes en français pour qu'elle puisse apprendre. Elle en prépare même en chinois sur un carnet que, plus tard, Chunxia lira dans la voiture, et que je traduis ensuite en français lent, et français courant. « ma fille est géniale, combien coûtent cette grappe de raisin... ». Nous faisons une sieste avant de partir, je suis épuisée et je dors peut être 30min.
On prend la route pour SuHe, un village au nord de Lijiang qui a aussi conservé son air ancien. Les routes sont de pierres et les maisons en bois ; elles cherchent un endroit où chanter et vendre leurs cd. Mais ce type d'activité est interdite dans le village, de même à Dali. Elles risquent une amande ou bien de se faire confisquer le matériel comme c'est déjà arrivé. Du coup, elles ne restent qu'une heure et choisissent un endroit où elles ont déjà été. Elles installent une petite table en toile tendue, et la bannière de « RenZi » derrière elles ; on peut piocher une chanson qu'elles chantent.

On reste autour pour attirer un peu de monde, on essaie de chanter et on achète un cd pour remplir un peu le panier qui restera maigre. « ça dépend des jours ».

Parfois on se promène un peu ; on mange le fromage qui a bien vieilli, et on trouve du fromage sucré en vente. L'endroit est joli et moins bondé que Lijiang. Lorsqu'elles ont terminées, on prend la voiture ensemble mais elles ne peuvent pas nous ramener à la vieille ville. L'idée est qu'elles nous déposent sur la route principale puis on prendra un taxi ou le bus 30 s'il y a un arrêt. C'est alors que je voie le bus numéro 6 indiqué -unique indication- dans le guide de Renaud. On descend rapidement à ce qui ressemble à un arrêt et je fais signe au bus de s'arrêter.
Celui ci est bondé, de touristes parfois qui ne savent pas non plus si le bus va au vieux Lijiang. Au terminus, le bus est toujours plein et le chauffeur permet un arrêt supplémentaire pour tous les touristes que nous sommes dans une rue plus loin d'où nous pouvons marcher pour rejoindre l'endroit.
Enfin rentrés, on se repose un peu puis on ressort manger. Il est 11h du soir et je suis épuisée, tellement que je ne me voit vraiment pas partir faire de longs trajets en bus pour visiter les beaux paysages du Yunnan…
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Mar 5 Avr - 18:12

Mardi 5 avril

« Journée pownee »
J'essaie de dormir un peu le matin puis vers 9h nous achetons nos billets de bus pour rentrer à Dali d'où on prendra le train pour Kunming. C'est la personne de l'auberge de jeunesse qui commande tout et nous laisse un numéro de réservation.
Aujourd'hui nous avons prévu de visiter Lijiang, ce qui se révélera très coûteux. D'abord il y a un péage de 60yuans pour entrer dans la ville, alors que de nuit l'entrée était gratuite… On paye. Puis il y a toutes les visites qu'on fera. Pour petit déjeuner, on achète à boire et des biscuits dans une petite surface mais ça coûte presque autant que deux bols de nouilles. Bref, Le vieux Lijiang de jour est aussi un bel endroit : de vieux bâtiments accueillent des boutiques en tout genre, qui se répètent sans cesse, vendant les mêmes choses.

Je remarque une autre boutique de vêtements de minorités ethniques, encore une fois, certains ont servies. Comme le vendeur parle quelque mots d'anglais j'en profite pour poser la question qui m'intrigue : pourquoi ces personnes choisissent de revendre leurs vêtements ici ? Il esquive la question au moins 4fois puis il fini par me répondre « je suis Miao ». Les minorités embrassent la modernité, et doivent à leur tour, gagner de l'argent. Plus loin un vendeur de cloches, faites dans un style tibétain cette fois. Au prix de ces jolies cloches, les chèvres de la « ferme du caban » auront des airs de voyageuses.

En rejoignant un parc en haut d'une colline, on aurait presque traversé toute la vieille ville. Après avoir traversé des ruelles en surplomb, l'entrée du parc se révèle payante. Il y a une grande tour en bois que nous visitons et qui offre une jolie vue malgré le temps couvert. Sur la route, on prend deux bols de riz et une bière de Dali, puis on est presque forcés à payer la visite de la (fausse) « résidence mu » d'une riche famille Naxi ; pour redescendre. C'était au programme mais je peste contre le tourisme. C'est une copie de la vraie résidence, c'est une nouvelle enfilade de bâtiments et de cours.

À la sortie, les ruelles sont aussi jolies dans un style dit de la minorité « Naxi », on se promène un peu jusqu'à tomber sur le marché de légumes, il y a aussi toutes sortes d'objets en cuivre et des plats à vendre beaucoup moins chers, mais nous avons déjà manger. Il est peut être 14h et nous continuons notre marche jusqu'au nord où se trouve un parc. Pour y entrer, notre droit de passage dans la vieille ville fait office de billet déjà payé. Il y a un petit lac et l'endroit est joli. On passe devant une école de chant dont la vibration des voix me rappelle les chants bretons.
Si Renaud a dit en rigolant qu'on « allait marcher » en montrant un chemin dans la montagne ; on y va réellement. De nombreux escaliers nous amènent au sommet où la pluie nous surprend. Un homme cours en criant « xia yu ! Da yu ! » ; bref il faut s'abriter pour éviter l'averse qui ne se fait pas attendre. On emprunte un petit chemin de terre pour s'abriter sous une pagode en béton. Une fois la pluie passée, nous redescendons ; on passe à coté de drapeaux à prières tibétains tout près de la pagode.

On rentre à l'auberge après avoir retraversé la vieille ville ; Renaud se repose tandis que je reprend une transcription d'entretien fait en Chinois. Je prévoit de retranscrire l'anglais, pour pouvoir faciliter le travail des personnes qui pourraient faire la traduction pour moi. Même si je n'ai toujours pas trouvé d'aide.
A coté de nous, des français regardent « welcome to gataca » ; on croise un autre français de Savoie dansnotre chambre, on discute pas mal puis on sort manger après 9h du soir. Je prends aussi quelque photos de nuit puis nous rentrons enfin dormir, vers 23h.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Mer 6 Avr - 17:35

Mercredi 6 avril
« Journée flottante »

On se lève tranquillement et on prépare nos affaires avant de faire une dernière visite dans Lijiang. Malgré l'heure passée, la fille du « péage payant » ne nous arrête pas. Pendant notre balade je craque pour du café du Yunnan non moulu à une 50aine de yuans… on voit aussi les personnes qui nettoient la rue à coup de seau d'eau savonneuse si ce n'est pas de pompe à incendie ; ainsi on voit peut être 6personnes qui frottent le pavé à coup de balais brosse. On essaie de se perdre un peu puis on rejoint l'auberge de jeunesse où on pose nos valises auprès d'une petite table où on boit un thé gratuit en attendant 11h pour partir à la gare routière.

Au moment de rendre les clefs, je ne peux pas me retenir de parler de la communauté ridpef ( www.ridpef.org ) à la personne qui travaille à l'accueil puisque je l'ai vu jouer à wow. Tout content de rencontrer d'autres joueurs, j'espère qu'il viendra voir ce qu'il se trame voir connecter la communauté ridpef avec d'autres communautés d'essploration chinoises, qui sait ?
On prend le bus numéro 2 puis je me rend compte qu'à part une pauvre photo de carte, je n'ai rien préparé. Aussi, je me rendrais compte beaucoup trop tard que j'aurais oublié mon manteau sur le porte-manteau avec mon matos « anti stress » dans les poches… Gérer tout ça n'est pas toujours facile. Une fois à l'arrêt de bus je demande plusieurs fois notre chemin puis on tombe enfin sur la gare routière. Renaud n'a pas faim mais j'achète des Baozi et des fruits pour 13yuans. Je retranscris un entretien en attendant le bus, puis j'en commence un autre pendant le trajet. J'ai décidé de transcrire les traductions spontanées qui me sont faites pour aider ceux qui pourraient faire la traduction du chinois au français.
A mi-chemin, je suis très fatiguée, puis je réalise cette question de manteau et j'appelle l'auberge de jeunesse pour savoir ce qui peut être fait : envoi postal avec payement à réception. Mais je dois être là, et j'hésite à donner l'adresse de fay ou une autre auberge où nous seront.

Une fois arrivés à Dali, on descend avec du monde, c'est un arrêt improvisé au « vieux Dali » plutôt qu'à la ville où se trouve la gare etc. On est un peu perdus et on pense d'abord marcher, puis un petit vieux en san mao nous propose le trajet pour 15yuans. « c'est cher ! » je dit, « c'est pas cher » il réponds avec un sourire de quelqu'un qui voit qu'on a remarqué son jeu. Je veux négocier mais Renaud est plus partant à ce prix. C'est être peu de choses en euros, mais le principe de faire payer les touristes me gêne et m'énerve. Ça va qu'il est sympathique, et je préfère payer 15yuans un san mao qu'un gars qui nous appâte avant de montrer son 4x4.

Arrivés à l'auberge de jeunesse, on prend une douche et on se repose un peu ; puis on sort repérer l'arrêt de bus pour le lendemain matin où nous prenons le train pour Kunming. 20Minutes de marche. On a faim et on rentre dans un petit restaurant. J'essaie de lire la carte en vain, on prend deux plats au hasard en regardant les prix. Mais même si nous mangeons bien, j'en sors encore plus énervée et dégoûtée du prix final où on nous parle de « vaisselle » à 15yuans. Même Renaud ne comprend pas ce tarif, mais lorsque je demande il est déjà près à payer et nous avons perdu.

Nous sommes en bas dans l'auberge, et l'endroit est très bruyant à cause de la musique de celle ci. Le lendemain sera difficile, et la nuit promet de l'être aussi…
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Jeu 7 Avr - 16:56

7 avril 2016

« journée flottante »
La journée est vraiment longue mais se limite à des transports, je dors mal et à 5h30 j'attends le réveil à 6h30 pour partir. Bien sûr c'est tôt. Comme je le craignais, personne pour « check out » et quitter l'auberge, je fini par téléphoner à 7h puis nous marchons 20minutes jusqu'à l'arrêt du bus 8 qui nous mène de Dali à la ville où se situe la gare. 40 minutes de bus.
Une fois arrivés je vais directement récupérer les billets de trains avec mon numéro de réservation et les passeports. Un moment de doute puis tout est en ordre. On s'installe dans la rue pour manger des nouilles et acheter des petits baozi pour le midi. On attends le train une bonne heure, j'en profite pour transcrire des entretiens. Le jeune homme de l'auberge de jeunesse de Lijiang envoie les affaires qui étaient dans les poches de ma veste par la poste à Fay, j'aurais voulu lui donner une autre adresse pour ne pas la déranger mais trop tard…

Au moment de monter dans le train, une masse de personnes s'accumule autour des portes, puis on se rend compte que nos places sont aussi en couchette, mais ce sont des places assises. C'est moins amusant ; on en a pour plus de 5h de trajet puisque le train prend du retard, mais on a de quoi s'occuper : Renaud lit, et je transcrit un entretien.
Une fois arrivés, j'ai envie de passer chez Fay pour poser et prendre quelque affaires ; je suis un peu stressée car le dernier bus qui va à Tuanjie est à 19h. Je défais ma valise laissée là bas et je fais aussi les comptes de l'argent qu'il me reste. Ça devrait aller ; je n'ai pas de nouvelles de Li Shuang pour sa traduction d'entretien mais je commence à douter de pouvoir compter uniquement sur elle. C'est pour ça que je transcrit aussi l'anglais des entretiens en Chinois ; pour permettre de donner des indications aux personnes qui pourraient me rendre ce précieux service de traduction.

Une fois la valise refaite, nous repartons dans un bus pour Huangtupo ; on a 40min avant le dernier bus, mais on attendra 50minutes et il ne passera pas. Heureusement, une jeune fille attendais le même bus que nous et nous indique le bus 151 pour prendre une navette qu'on remplit rapidement. Elle pars au village où elle nous dépose, même devant l'auberge de jeunesse pour 10yuans de plus.

Je croise Mr Law avec qui je fais un entretien le lendemain, il me dit qu'il est occupé le matin et on se met d'accord pour l'après midi. Fatigués, on commande quelque chose à manger puis je prend une douche -froide- avant de me coucher. En fait, l'eau est chauffée aux panneaux solaires, et il faut la laisser couler pour que vienne l'eau chaude ; c'est pourquoi ils proposent de remplir des bassines d'eau froide qui serviront de chasse d'eau aux toilettes. Voilà pour une première expérimentation de pratique environnementale.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Ven 8 Avr - 17:15

8 avril 2016

Le soleil du matin me réveille assez tôt, le café à H2H n'est pas très cher et je passe quelque heures à préparer mon entretien de l'après midi. Ce qui est bête c'est que je n'avais pas réalisé que le « meeting » de Mr Law se déroulait dans la pièce juste à coté et impliquait tous les travailleurs présents, dont Xiao He, YY, les deux qui travaillent sur le projet de « éco-farm » et une collaboratrice. Ils discutent entre 10 et 11h sur comment rendre le projet viable et le gérer. Hélas, je ne participe pas, lorsque je veux m'incruster c'est déjà trop tard puisqu'ils ont terminés.
On mange tous ensemble puis on nourrit les chiens. Fay est toujours en Taïlande et personne ne pourra réceptionner mon colis ; c'est un mystère futur.

À 14h je commence l'entretien qui durera 3h. Je m'éparpille un peu mais c'est intéressant d'avoir ce dernier point de vue d'entrepreneur. Mr Law est plus âgé, et a travaillé quelque années en angleterre. Il avait déjà des contacts dans le monde des ONG et auberges de jeunesses. Il est de Hong Kong et n'a découvert la Chine continentale que tardivement. Mais le Yunnan lui a beaucoup plu et il a rejoint H2H community care puis à mis en place ce projet d'auberge de jeunesse.
Comme il s'agit d'une auberge de jeunesse, étant donné que les hôtels chinois doivent signaler à la police les étrangers et chinois hébergés, ils doivent nécessairement être enregistrés; par conséquent, ils se sont enregistrés comme entreprise. Avoir un aspect ONG et un aspect Entreprise pour une même organisation ne pose visiblement aucun souci, c'est presque une question de survie. Presque aucun fond public ne finance les ONG, ils comptent beaucoup sur les fondations ; du coup la solution « entreprise sociale » paraît une « belle voie » pour résoudre les problèmes financiers des ONG. Mais c'est toujours plus difficile dans la réalité. Selon lui, un statut pour les ES créé par le gouvernement serait une bonne chose, par exemple en ayant moins de taxes -car nous restons dans Kunming ici, malgré l'aspect campagnard- ; mais beaucoup tricheraient en se signalant comme ayant un but social.
A nouveau, le statut compte peu mais l'intention plus. Pour la sensibilité environnementale, c'est une évidence ; mais bizarrement parler de pollution est moins facile dans cet entretien. Et je me demande si les personnes plus âgés retiennent plus leurs paroles. Je m'en rend compte avec la question sur la qualité des médias « oui, on ne dit pas tout, mais on peut analyser finement quelque critiques discrètes si on fait attention à la télévision ». Soudain je réalise que je n'ai jamais entendu parler de corruption dans mes entretiens et que je devrais essayer d'analyser les non dits.
Pour lui, les petits gestes quotidiens en Chine peuvent tout changer, du fait de la forte population. La situation peut s'améliorer, qui doit agir ? Les jeunes générations qui sont plus actives et sensibles. La cause des problèmes environnementaux ? L'argent. La soif de l'argent. Les mots de « nature humaine » reviennent aussi souvent. La question du smog en Angleterre comme exemple revient une 2nd fois après YY, la question des JO de pékin revient aussi une 2nd fois, après YY encore.

Souvent, lorsque je sauvegarde l'enregistrement de manière régulière, ce qui permet quelque pauses, il me relance sur mes intentions, ce que je cherche, la longueur de mes questions… D'ailleurs il me fait remarquer, surpris, que j'ai plus de questions sur l'environnement que sur les entreprises sociales, ce à quoi il s'attendait. C'est mon projet de recherche de M1 qui déborde sur celui ci, la sensibilité environnementale…
En tout cas certaines hypothèses tombent à l'eau, d'autres se renforcent. Il n'y a pas vraiment de « résistance », ni une « alternative » à la modernité, mais plutôt une voie complémentaire ou de substitution ; et ces ES se montrent définitivement comme des exemples à donner. Pas de leçons ni de grands discours, pas d'engagement dans la participation, juste l'exemple sur le long terme : si leur projet de ferme écologique, dans 10ans rapporte plus que les paysans et leurs pesticides, alors ces derniers prendront l'exemple de façon convaincue. Et ils auront atteint leur objectifs.


A la fin de l'entretien, quelqu'un l'appelle. Juste à temps. J'ai l'esprit embué et je n'ai qu'une envie : marcher. Alors Renaud et moi partons en promenade vers un village Yi abandonné. On peine à trouver notre route mais nous y parvenons. De nombreuses maisons sont effectivement en ruines, mais d'autres sont nouvellement restaurées. Retour au village ou conservation ? En tout cas c'est plutôt bon signe. On crois aussi un vieillard et son petit fils qui habitent dans une des maisons ; une vieille femme un peu plus en hauteur ; et un homme qui garde un temple taoïste.
On y entrent, curieux, et il nous dit quelque chose que je ne comprends pas, ça n'a pas l'air d'être du chinois. Il nous ouvre la porte du temple. Une grande divinité à plusieurs bras, trois yeux, et de grandes dents nous regarde ; ses deux miroir à la main. Au moins, l'homme peut vérifier que nous ne sommes pas de mauvais esprits sous forme humaine ; mais il semble quand même surpris de ne pas nous voir prier, il nous demande peut être de le faire, mais nous ne savons pas. Pas de photos ici, puis au moment de partir il désigne une boite : dans tout ce qu'il dira je ne distinguerais que ces mots là : RMB. On glisse 10yuans dans l'encoche, et nous pouvons repartir.

Sur le retour, il faut bien une heure de marche pour rejoindre le centre de TuanJie ; on trouve un restaurant de nouilles du Guizhou à la chèvre ; ce qu'il y a de mieux pour nous deux. 8Yuans le grand bol, on retrouve des tarifs raisonnables. On rentre de nuit avec le Jolla comme lampe torche pour être vus.
Demain, un groupe d'étudiants américains entre autre viennent visiter l'auberge de jeunesse, on les rejoindra pour le repas. D'ailleurs, Mr Law était persuadé que je connaissais cet endroit via internet ou un réseau étudiant ; quand je lui ai dit que c'était parce que je suis chanceuse, j'ai du finir par lui raconter l'histoire pour qu'il me croit.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Sam 9 Avr - 17:18

Samedi 9 avril

Avec le café du matin, je prévoit de continuer une transcription, puis je me dit que le groupe qui doit venir entre 9h et 9h30 va bientôt arriver. Avant 9h15 YY nettoie les vitrines et enlève des rideaux en plastique accrochés aux portes, le PPT est prêt à être présenté. Finalement le groupe arrive à 10h15.
Ils sont une 30aine, ce sont des professeurs de langue de l'université du Yunnan et parfois leur famille (femme, enfants, parents). Ils sont une 30aine et se répartissent en deux groupes pour la visite : les anglophones et les sinophones. Parmi les sinophones il y a 12 personnes et un enfant, parmi les anglophones. 4 sont typés européens et 4 asiatiques, ainsi que 4 enfants. Il y a à peu près autant d'hommes que de femmes. Les professeurs viennent de Birmanie, Japon, France, Angleterre, États-Unis, Vietnam. Certains, comme le japonais, sont accompagnés d'un interprète.
C'est par le « Bureau des affaires étrangères » de l'université1 qu'on leur a proposé cette visite. « Il y a à peu près une grosse visite comme celle ci par an » m'explique le français qui avoue « ne pas avoir trop su de quoi il s'agissait avant de venir, mais c'était l'occasion de sortir un peu ».

Dès leur arrivée on leur fait une visite des lieux. D'abord la vitrine qui a été ouverte pour l'occasion où on peut voir des vêtements de la minorité Bai et des créations du « workshop » de H2H. Mais Mr Law parle surtout des coutumes locales.
Il explique qu'historiquement les Yi sont arrivés avant les Bai, et lorsque ces derniers se sont installés, ils ont adopté les coutumes des Yi, les costumes, et l'architecture pour s'intégrer. Il y a plus de 600ans, sous la dynastie Yuan, des Bai vivaient dans un village non loin d'ici avant de bouger.

On se déplace, il présente la maison et son histoire : celle ci a abrité 4 générations, les murs font 40cm d'épaisseur et sont fait avec des matériaux de la montagne pour faire les briques. La seconde extension correspond au mariage du premier fils, on voit qu'il y a moins de bois et plus de fer forgé ; et la dernière extension en béton « plus moderne », au mariage du dernier fils.
Il présente -comme YY me l'a présenté- les aménagements faits pour préserver l'eau et l'électricité. Pas d'interrupteur dans les toilettes, utilisation de la lumière du jour ou de la lumière de la pièce pendant la nuit. L'eau de la chasse d'eau est la même eau qui a été utilisée pour la lessive. Par conséquent, pendant 3ans, ils n'ont jamais utilisé de produits chimiques pour le nettoyage.

10h30, nous visitons les chambres : dortoirs, chambre double, « suites familiales ». Il présente les aménagements faits pour acheminer l'eau dans les chambres alors qu'à l'époque les familles descendaient jusqu'à l'entrée pour aller aux toilettes.
10h35, nous visitons le jardin. Plus que 6personnes suivent. Mr Law continue « Environmental practices are our concern » dit il en montrant le récipient énorme qui servait à l'époque pour stocker l'eau, et qui a été réutilisé pour stocker les déchets alimentaires pour faire du composte. Permettant de « reduce rubbish collected every day ».

10h40 il montre la pagode faite à partir de traverses de chemin de fer comme « exemple reuse materials ». Pour la petite histoire, H2H avait stocké ces traverses pendant un moment, dans le but de les réutiliser à Kunming, mais cela a été interdit par le gouvernement local. Ils les ont donc récupérés ici pour montrer que « used materials can be reuse again ». Il montre aussi les cuves pour collecter l'eau de pluie.
Dans le jardin : des pommiers ont été plantés il y a 3ans et ont donnés leurs premières pommes cette année. C'est une variété connue à Tuanjie, qui ne nécessite pas beaucoup d'eau et qui a un coeur sombre et un goût de miel. Il mise sur la qualité, pour qu'elles soient récoltées ici. Étant donné que les pommes vendues sur le marché, dites de « tuanjie » sont parfois des fausses qui viennent d'ailleurs ou qui peuvent avoir été trafiquées. La production de cette variété est donc limitée. Dans le jardin sont plantées différentes plantes pour créer une « biodiversité » et éviter la monoculture.

10h50 on le suit encore pour voir le « nouveau projet » d' « éco-farm » / « organic farm » qui devrait tourner de manière complémentaire avec l'auberge de jeunesse.
À droite du bâtiment, un jardin de fleurs et à gauche, de légumes et des animaux. Ils aimeraient terminer les plantations fin mai et faire tourner le projet en octobre. La maison appartient aux propriétaires, il restera à l'aménager. Au premier étage vivront les travailleurs, au 2nd étage il y aura trois chambres complémentaires à l'auberge de jeunesses ; c'est un « bon compromis pour la famille qui est propriétaire » qui peuvent y vivre et en tirer un revenu.

Il suggère aussi que dans le futur des citadins viennent louer une parcelle de terre pour « grow their own food ». Enfin, il montre un dernier projet que je n'avais pas vu « old hosed accomodation ». On visite donc une maison qui ne payait pas de mine de l'extérieur, mais qui paraît confortable et avec un design attrayant de l'intérieur. Mis à part la cheminée, il ne me semble pas voir d'objets de récupération. Des articles sur Mr Law sont rassemblés sur un des cadres. On trouve une grande cuisine à gauche, un grand salon à droite, puis une grande salle à manger pour finir sur une grande salle de bain. Nous terminons la visite à 11h.

11h10 Mr Law présente le powerpoint sur les minorités locales : Yi, Bai, Miao. 72 % des personnes vivant ici appartiennent à une de ces minorités. Il explique l'histoire des Bai qui viennent de Dali, le royaume de Nan Zhao en 737, La légende de Duan en Ping qui en 937 combat Nan Zhao et devient empereur ; l'homme « sans chapeau, avec une jarre de jade et un miroir brisé : futur empereur, seul du conté ».
Les nombreuses religions des Bai qui ont adopté le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. Il raconte les danses, présente des photos de Bai locaux portant des costumes Yi. Aussi les spécificités du mariage Bai : ici, c'est l'homme qui vient vivre dans la famille de la femme. Les femmes « contrôlent la famille et sont fortes ». Les enfants, une fois plus grands, rejoignent la famille de l'homme. Mais aujourd'hui « on a des mariages normaux ». Il raconte le « torch festival » des Bai et Yi (autour du 25juin ou août suivant le calendrier lunaire). Démonstrations de force parfois dangereuses.
Puis les spécificités des Yi, répartis en de nombreuses branches différentes en Chine. Costumes et coutumes varient. Les femmes avant 16-17ans portent du noir, puis avec la cérémonie & « épreuves de feu » qui correspond à leur passage à l'âge adulte, elles peuvent porter des couleurs. Leur divinité est très liée au feu, d'où des fêtes et des épreuves pour prouver leur valeur ; et batailles pour un bon mariage.
Enfin, les Miao, toujours « hide away » dans leurs montagnes. Qui n'aiment pas se mélanger avec les autres sauf pour aller sur le marché et descendre vendre leurs légumes. Ils ont 5000ans d'histoire. Les femmes ici ont ces cheveux enroulés à l'avant de leur tête ; portent différentes robes. Puis ils présente une photo d'une troupe de danseuses Miao qui voyagent à travers le monde par le biais de l'Unesco pour qui il travaille par ailleurs.
Pour finir, il parle du village Yi abandonné que j'ai visité hier, encore habité par trois familles, mais ayant conservé ses spécificités architecturales.2

11h20 : c'est au tour de YY de présenter son powerpoint sur l'entreprise sociale. Elle se présente d'abord, en parlant du « youth hostel development program » grâce auquel elle travaille ici pendant 5mois avant de partir dans d'autres auberges. Elle explique venir de Guangzhou.
Elle donne la définition des entreprises sociales ; le rôle de l’Angleterre depuis 100ans qui par les auberges de jeunesses se soucient des problèmes sociaux ; l'organisation de l'unesco(?) « hostelling international ».3 Elle parle de l'absence d'aide du gouvernement, le statut d'entreprise privée de l'auberge de jeunesse. La rénovation a eu lieu en 2012 et l'entreprise a commencée à tourner en 2013.

Nous sommes nombreux dans la pièce mais 16personnes ne regardent pas le powerpoint, certains dorment où regardent leur téléphone. Ils semblent avoir entre 35 et 45ans, il y a beaucoup de couples. Dehors une personne s'est installée dès son arrivée à une table pour lire dans un endroit tranquille. Certains ont pris les brochures pour les camps d'été pour les enfants.

Elle parle des programmes d'échange culturel « festival in the grass » où ils ont invité des groupes de musiques. Puis le design du bâtiment pour favoriser la lumière naturelle ». Le « service learning » en juin. On voit sur les photos que YY et XiaoYe s'impliquent aussi beaucoup pour les enfants. Comme l'apprentissage de la danse on la confection de sushis. On voit entre 5 et 7 volontaires.
On voit par le powerpoint qu'ils font de la transparence sur leur finance. Puis elle passe au projet « d'éco-farm ». Dans le village entre 60 et 70 % des familles utilisent des produits chimiques pour fertiliser les champs. Il n'y a pas dans cette entreprise d'aspect lié au végétalisme ; mais ce qui est servi dans les plats est local, comme le poulet qui vient de leur propre ferme en devenir. Le projet vise 2018 pour avoir un début de participation des populations locales, qui se baseraient sur l'exemple -qu'ils espèrent être une réussite- donnée par leur ferme.

12:00 les présentations powerpoint sont terminées, vient l'heure des questions. Un japonais semble s'intéresser plus à YY qu'à l'entreprise « pourquoi elle a choisi de venir ici ? » elle répète qu'elle est là dans le cadre des auberges de jeunesses et n'a par conséquent pas fait de choix particulier. Puis Mr Law ajoute des informations sur leurs objectifs, voyant que ce type de projet existe déjà bien au japon. Il explique qu'ayant travaillé ces 30dernières années dans ce domaine et ayant des contacts dans le milieu des auberges de jeunesses il a pu mettre en place cette entreprise. Puis il ajoute que ce n'est pas seulement de la Chine qu'on parle ici mais du monde et que « leur objectif n'est pas seulement d'être une auberge de jeunesse, mais d'ouvrir des horizons sur le monde » : « that's the main prupose inside ».
Une femme prend la parole pour parler des étudiants de l'université du Yunnan, qui peuvent venir ici comme un moyen « easy to disconnect for students ». Puis Mr Law répète que pas seulement l'université du Yunnan est impliquée ici mais 10universités de Chine et d'ailleurs qui ont rejoint ce programme.

Entre la fin du Ppt et l'heure de manger, YY propose des cours de streat dance aux professeurs, il y a 5-6 personnes qui participent à cette activité. Le « service learning » pourrait s'apparenter à un « service civique », qui peut durer entre 5 jours minimum à 10jours.


Je discute avec le professeur de français, ancien professeur de Li Shuang. Pour lui, tout ceci c'est une sorte de « rêve bobo ». Il raconte une « location pour artistes » qui a été faite dans une vieille maison tibétaine, pour 400yuans la nuit…
Nous n'avons donc pas là de « volontaires » venus ici par intérêt pour les pratiques, mais des professeurs invités (tout frais payés ?) pour découvrir l'endroit. Cependant ce peut être une manière de développer le bouche à oreilles, ce qui reste bénéfique à l'auberge de jeunesse.

Par ailleurs, je profite de l'occasion pour exposer ma situation. Il m'explique le système de « points » qui permet aux étudiants qui accumulent du volontariat, d'accéder à des bourses d'études. Je peux moi même « donner des points » aux étudiants avec un petit papier attestant du service qu'ils m'ont rendu. Il pourrait d'ailleurs me mettre en contact avec d'autres étudiants. Il me parle du « nouveau french coffee » où on pourrait se revoir le lendemain.


J'imaginais poser quelque question à une professeure de français chinoise qui l'accompagne, mais « c'est l'heure de la photo », alors je prend le weechat/ numéro de chacun et on se quitte. Dans l'après midi, ils ont quelque visites d'organisées. Renaud et moi partons pour Kunming dans une petite navette. En fait, une grande ligne vient d'ouvrir et le prix a augmenté à 8yuans.
Une fois à Huang Tu Po, on trouve le bus 233 pour aller à l'auberge de jeunesse ; je trouve facilement l'endroit depuis l'arrêt, en demandant un peu autour de moi. À l'entrée, « no need passeport », et « no need to pay now » ; le jeune nous convainc que c'est mieux de prendre une chambre pour nous deux qu'une place dans un dortoir. Il faut peu de temps pour faire un choix car la chambre est vraiment très bien, même si on paye un peu plus cher. Il n’empêche que c'est bien situé au niveau moyens de transport, et que la vie dans le quartier n'est pas très cher.
Comme il faut de l'argent, on marche jusqu'à la banque, mais à 19h30 après un bon moment de procédures elles disent « qu'on ne peut pas échanger, c'est l'heure de fermer, le logiciel va bloquer ». Tant pis, on payera plus tard. J'explique mon histoire de colis qui devrait arriver -peut être-. Puis on se couche.
Une longue journée nous attend demain, avec 2 entretiens et un passage au french cofee qui vu les horaires, aura peut être plus l'air d'un bar. Avant ça, on est invités à 18h pour manger avec ce même professeur de français et des amis « qui sont intéressés par des traductions ».
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Lun 11 Avr - 17:42

Dimanche 10 avril

Comme à mon habitude, je me lève bien trop tôt comparé à l'heure de rendez vous pour un entretien à A'Bu. Nous sortons vers 8h alors qu'on m'attends à 10h, pour petit déjeuner on prend quelque Baozi et une boisson au maïs. Baidumap a tendance à largement surestimer les temps de trajet puisqu'on arrive en moins de 20minutes au quartier de A'Bu. Il est 8h30 et la banque n'est même pas ouverte.
À 9h, nous entrons puis un homme au guichet s'occupe de nous, enfin… Lorsque je parle chinois il ne m'écoute pas, il ne me parle pas, il ne me regarde pas. Ça sent l'incompétence inavouée. Il faudra 30min ici pour échanger de l'argent, et l'homme fera appel à 3 personnes : les gardiens de la banque pour leur demander de nous dire de remplir les formulaires que j'ai dans les mains, déjà remplis de la veille. Et une fois qu'il voit qu'il ne pourra pas se débarrasser de nous, c'est une femme qui l'aidera ponctuellement à remplir le logiciel. Ce n'est qu'à la fin où, fier de lui, il se met à sourire.

Pile à temps pour rejoindre Li Shuang devant le Starbucks et aller ensemble à A'Bu. Mais Zhang Na n'est pas encore là. Les cours de bouddhisme ont lieu à coté et Li Yuan est absente à cause d'un rendez vous urgent de dernière minute. Elle est aussi toujours malade, je ne sais pas ce qu'elle a exactement, mais ça dure depuis un moment et ce serait lié au surmenage. Je ne terminerais donc pas l'entretien aujourd'hui. Autre imprévu : Bien que j'aie dit à Zhang Na que je ne voulais pas d'interprète externe, elle a quand même fait venir son ami qui a été aussi volontaire à A'Bu. Alors il commence à se présenter ; et je pose la question de ce qu'il a fait à A'Bu, histoire de tuer le temps. Catastrophe ! Il se mettra à parler pendant 30min, même lorsque Zhang Na arrivera, et je n'aurais presque rien enregistré. Il ne laisse même pas de temps à Li Shuang pour traduire.

Monologue mal compris :
Il travaille dans le même journal que Li Yuan, il a été volontaire un an et demi. Li Yuan faisait alors des présentations à l'université.
2013 : Elle avait à l'époque un projet et recherchait des financements. Elle a alors rencontré un patron dans l'immobilier (« foncier »/ construction) qui est devenu partenaire. Celui ci « avait de l'argent » et voulait faire quelque chose « pour le bien public » et c'est pour cela qu'il s'est entendu avec Li Yuan.
Ils avaient pour projet d'aménager un espace à trois étages. Au premier étage des parents d'enfants autistes pourraient venir fabriquer des objets à base de jeans recyclés ; tout en surveillant leurs enfants depuis leur lieu de travail. Des dortoirs au 2nd étage, et au 3ème étage des cours sur la culture traditionnelle classique chinoise. « mais beaucoup de gens critiquent la culture traditionnelle chinoise en disant qu'elle ne permet pas de réfléchir ».
[fait ou pas?] Il aurait lieu vers le lac Dianshi, dans un quartier riche à 20minutes de voiture.
Cependant le partenaire commercial remarque rapidement que ce projet ne rapporte pas d'argent : ils se sont alors fachés avec Li Yuan.
Jusque 2013, ce que Li Yuan a mis en place provenait de l'argent de prix gagnés.
Elle avait , depuis longtemps un projet de restaurant végétarien. Elle s'est donc mis en partenariat avec ce patron pour le mettre en place. Ce projet paraît très prometteur du fait des problèmes d'insécurité alimentaire (produits chimiques, trafics). (+ influence de Li Yuan et de la pratique du bouddhisme du grand véhicule)
Mais le seul aspect restant pour le « bien public » est une journée gratuite. Le commerçant voulait une rentabilité en 2mois et après leur dispute ils ont tout arrêté.1

Comme Zhang Na est là, je veux faire l'entretien avec elle comme prévu. Mais l'homme doit partir à 12h. Cependant ce serait impoli d'avoir programmé cet horaire avec Zhang Na et interroger cette personne - D'autant plus que vu son envie de parler, Li Shuang n'a pas une seconde pour souffler- donc je prévoit un entretien en anglais le 9 avec lui.
Il reste cependant à coté pendant l'entretien, ce qui me dérange franchement. Surtout quand Zhang Na cherche son regard, ou quand il répond carrément à sa place. Je fini par réussir poliment à le faire partir ; en lui disant que c'est l'avis personnel de Zhang Na qui m'intéresse.


=> entretien
Zhang Na est née en 1993 à Kunming, dans un village appartenant au district de Yiliang ; elle est Han. Ses parents ont un niveau de collège et sont agriculteurs. Elle a une licence en gestion/management du tourisme.
Elle rejoint A'Bu en avril 2014 qu'elle a connu dans le cadre d'une activité pour le bien public [service civique?/service learning ?] dans l'université du Yunnan en 2012 pour aider les enfants de migrants.
Son village d'origine était pauvre, mais on pouvait pêcher et pique niquer ; mais l'environnement s'est dégradé et est devenu pollué. Notamment le lac DianShi non loin de chez elle : on y trouve une pollution due à l'industrialisation sur la rivière de Penlongjiang. S'y ajoute les déchets qui sont jetés dans la rivière, au sol ou bien qui sont enterrés. Il y a aussi une usine de fabrication de papier qui pollue la rivière, mais à sa connaissance « il n'y a pas de gens malades ».
Les cultures de riz ont laissé place à des cultures de fleurs, pour gagner plus d'argent. Mais « la terre a changée », les gens utilisent du plastique pour garder l'humidité du sol, et il y a de moins en mins d'eau. Il y a trois ans elle a connu la première sécheresse ; de plus, la coupe des arbres et la culture du raisin appauvrissent le sol. Avant, il y avait des barrages dans le village, aujourd'hui il n'y a plus d'eau dans le second barrage en aval, et cet espace sert maintenant pour cultiver.
Ses parents l'ont laissé étudier ce qu'elle voulait, elle ajoute que beaucoup d'agriculteurs choisissent de migrer. Mais plus tard, elle aimerait retourner au village car « les jeunes sortent », ce qui crée des problèmes comme les enfants orphelins ou les personnes âgées restées au village.
Elle aimerait ouvrir une entreprise. Elle donne les exemples d'une femme nutritionniste qui a commencé une « ferme au village » pour faire un commerce ; et elle parle d'un couple de Taiwan qui proposent un espace [dont logement?] à 500yuans/jours [?] pour des jeunes qui viennent cultiver bio.
Elle a commencé son travail de volontaire chez A'bu l'année dernière, juste après ses études. Et a travaillé jusque mi-novembre. [4mois et demi?] Elle veux être guide et a postulé dans une nouvelle entreprise.
Aujourd'hui elle travaille comme « tour opérateur » dans le tourisme, et organise les trajets pour Xihuangbanna (trajet, logement, nourriture etc). Elle ajoute qu'à Xihuangbanna on trouve des ethnies Dai, Bai et Buyei qui, de part leur tradition bouddhiste du petit véhicule, protègent la terre et la forêt. Car dans leur conception, ils retourneront à la terre après leur mort. Mais le tourisme a beaucoup dégradé l'endroit.
Pendant son temps libre, elle étudie le bouddhisme. Elle s'y intéresse depuis longtemps mais beaucoup plus depuis que Li Yuan lui a proposé des cours ici.

Je lui demande de m'en dire plus sur l'influence du tourisme sur l'environnement mais l'homme intervient pour donner son point de vue. Elle me dit que « oui, ça influence l'environnement, par exemple les déchets jetés par les touristes, et la construction des hôtels et des sites touristiques »
L'homme intervient en disant que « comparé aux usines, le tourisme dégrade moins fortement ; par exemple la fabrication du papier crée des déchets mais on peut les trier ». Elle ajoute en regardant parfois l'homme de manière hésitante, « Oui mais le tourisme a une influence sur la culture locale », il donne l'exemple lors de la fête du printemps, d'un éléphant sauvage qui a détruit des voitures ; selon les médias c'était « une frustration parce qu'il n'a pas trouvé de femelle » ; mais selon lui, la présence de 2 millions de touristes est la véritable raison. Zheng Na ajoute qu'elle pense qu'il faut surtout sensibiliser au tri des déchets.
Vu la situation, je programme un entretien le 9 mai avec le garçon, qui pars enfin assister aux cours de bouddhisme.

Elle connaît A'Bu par une activité de volontariat à l'université. Des organisations sociales et universitaires permettent à des gens de venir, et c'est ainsi que Li Yuan a présenté A'Bu. Ce qui lui a plu, c'est l'alimentation végétarienne, le « low carbon lifestyle ».
à la fin de ses études, elle s'est sentie nerveuse en commençant une « vie occupée mais l'âme vide ». Alors que lorsqu'elle est volontaire elle se sent joyeuse. D'autant plus que dans le bouddhisme, aider les gens donne du sens aux choses.
Elle a appris des choses sur le changement de l'environnement, et diffuse autour d'elle l'idée de la protection pour un meilleur futur.
Selon elle, les ES visent à résoudre les problèmes sociaux, et « font réfléchir aux problèmes de la vie et du développement durable. » elle est encore volontaire aujourd'hui et aide autant que possible.
(résumé à finir)

Une fois l'entretien fini, lorsque je lui parle de H2H, elle me dit que c'est « un exemple à suivre » pour elle. Cependant elle ne connais pas d'autre personne qui prévoit ce type de « retour à la campagne ».

Je paye le repas à Li Shuang, ce sont des raviolis végétariens faits par le frère de Li Yuan. Avant de partir, j'essaie d'avoir plus d'informations sur A'Bu. A cause de l'état de santé de Li Yuan, les événements se font rares. Lorsqu'ils ont lieu cela se passe à la librairie « elephant bookstore ». Les seuls événements qui ont lieu ici sont les cours de bouddhisme. S'il y a quelque chose ici et qu'elle est disponible, Zhang Na propose son aide. Le forum sur les entreprises sociales a eu lieu dans un endroit plus grand appartenant au propriétaire de la librairie.


Comme on n'a rien de prévu à cause de l'absence de Li Yuan, Renaud et moi partons à un parc vers le lac. On y trouve un « jardin de bonzaïs » et un parc d'attraction où se trouve la fameuse grande roue qui me sers plus ou moins de point de repère depuis mon quartier. On décide de faire un tour pour profiter de la vue, elle va très lentement et les fenêtres sont teintées ; c'est même climatisé… Pendant les premières minutes la carte SD de l'appareil est remplie ; je sors rapidement mon pc pour transférer les photos et en prendre de nouvelles. On voit des bâtiments partiellement détruits, au milieu de quartiers totalement rasés.

A la sortie du parc, nous prenons un bus pour rejoindre le professeur de français rencontré la veille. Baidumap surestime vraiment les temps de trajet puisqu'on arrive avec 40min d'avance au lieu de rendez vous. J'en profite pour relire ma problématique et hypothèses, voir ce qui tiens la route et ce que je dois abandonner. Je suis très ennuyée d'avoir des projets en fait naissants, et une « population » manquante : les populations vulnérables et les « clients ». Ces espaces sont terriblement vides comparés à mes espoirs… Je prévois d'en parler à ma directrice.

Lorsque Jan-Mark nous rejoins, il est accompagné d'une chinoise et de deux français. On fait connaissance en marchant jusqu'au restaurant.

Concernant leur après midi à H2H, ils ont visité le village en ruines et marché sur « la plus grande piste de pelouse du monde où on peut marcher pieds nus, inscrite dans le livre des records ». Ils ont donc marché pieds nus sur l'herbe. Il y a de quoi s'interroger sur la présentation de l'entreprise, qui a finalement fais une publicité par cet intermédiaire. Il m'explique que généralement ce genre de sorties sont plus amusantes et n'a pas bien compris pourquoi ils ont été emmenés là bas. Je suppose la publicité, le bouche à oreilles, l'idée de faire venir des enfants aux camps d'été « oui un américain et sa copine chinoise ont dit qu'ils pensaient revenir ici avec leur enfant » ; je les ai aussi vu prendre la brochure.

Le couple de retraité s'est installé un moment dans le Yunnan, ils voyagent en Chine depuis 89. Elle est étudiante maintenant en Chinois, après avoir longtemps enseigné le français FLE en France. Ils collectionnent des bricoles parfois ; par exemple, son mari a acheté des « panneaux » traditionnels chinois en « bois ou en ivoire » dont les villageois se débarrassent. Mais ils en ont trop maintenant, et veulent les revendre.
On parle aussi des chinois en France, des couples sino-occidentaux, puis de démocratie en Chine… Là je retrouve chez le professeur le discours habituel du « nous on a une vraie démocratie », contre le discours que j'ai eu à une époque de la femme sur « oui mais en Chine ce serait dur vu la taille du pays » ; propagandeS quand elles nous tiennent. Je préfère ne pas prendre part à la discussion.
La vie d'expatrié m'attire de moins en moins ; lorsque nous bougeons au « nouveau french café », la femme vient me questionner sur mon avenir. Thèse ou pas thèse, « ne pas attendre trop pour entrer sur le marché du travail », dans ses questions l'idée que ma mère soit entrepreneuse ou que Renaud soit à son compte était la réponse la plus probable. Je me défends, je dis ce que je pense, elle ne saisis pas le sens de mes réponses. « oui la protection de l'environnement ça peut être un métier ».
Puis j'essaie de revenir à mon sujet, la chinoise qui est avec nous est en 3ème année de master (cycle de 3ans) et vient de déposer son mémoire sur la chanson engagée francophone dans le domaine de l'immigration. Enfin, elle l'a déposé sur internet où trois professeurs vont la lire ; si un des trois considère que c'est mauvais, elle ne peut pas passer sa soutenance. Et d'ici là, elle peut attendre 1mois et demi.
On parle du système de bourse des étudiants et le comptage injuste de points à l'université du Yunnan. Les étudiants en étant volontaires ou bien en écrivant des articles gagnent des points -je pourrais attester pour Li Shuang qu'elle m'a aidé-, mais certains vont publier des articles dans des revues que personne ne lit, faites uniquement pour faire rapporter des points.

J'oublie sûrement beaucoup de sujets qui ont été discutés ; nous rentrons assez tard le soir, trop tard pour avoir le courage de faire un CR.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Lun 11 Avr - 17:59

Lundi 11 avril

Au réveil, j'aimerais pouvoir m'organiser pour des entretiens le week end ou dans la semaine ; et j'ai la mauvaise surprise d'apprendre que les volontaires de damuoyu auront fini ce vendredi. J'essaie de mobiliser Li Shuang ou la chinoise rencontrée la veille pour m'accompagner faire des entretiens, mais évidement après 17h le soir dans la campagne, personne ne peut. Cette dernière me propose de demander à des camarades : « en M2 ils ont du temps, en M3 ils n'ont plus envie de travailler » ; elle me demande combien je paye. La veille ils m'ont dit que 100yuans/ heure traduite sur les enregistrements était très bien payé pour ici, alors je propose 70 + frais de transport compris. Mais j'ai peur de vite me ruiner en faisant comme ça. (il me reste 1800yuans pour 2mois)
Je relance TingTing en disant qu'il y a deux autres possibilités : soit on bouge à H2H et YY m'aide pour traduire ; soit je fais des entretiens avec quelque volontaires parlant un peu anglais, en montrant les questions en chinois ; je me débrouillerais. J'attends toujours des nouvelles. Il y a 10volontaires, j'aurais peut être un peu de chance…
Elle m'apprend aussi que dès le 18 c'est plutôt la décoration des dortoirs qui sera l'activité principale, pas avec des volontaires mais avec les gens du villages que « je pourrais alors interviewer à ce moment là ». Je regrette d'avoir du décaler d'une semaine ma participation…

Je passe la matinée à écrire un mail à ma directrice, et à avancer un peu le CR du jour précédent. Puis il y a cette histoire de colis : Fey m'a dit avoir reçu un appel et que le transporteur reviendra dans l'après midi. On sors manger puis en rentrant, les jeunes de l'auberge de jeunesse me dit que c'est arrivé ; je leur demande le prix, « il a oublié de faire payer, s'il revient on te dira, s'il ne revient pas, tant mieux ». Du coup je contacte Fey pour lui dire que l'adresse a été changée et que j'ai tout récupéré (même le manteau !).
On est un peu plus tranquilles pour partir, on prévoit une après midi au centre ville pour que Renaud puisse acheter quelque bricoles pour la famille. On passe chez Fey où je récupère 300yuans sur l'argent laissé là bas, et poser/ récupérer quelque affaires ; avant de partir vers le centre ville. On passe devant le french café, toujours aussi plein d'étrangers ; mais on s'arrête au parc.
En achetant quelque patates au piment à 7yuans, je me rend compte que Kunming devient vraiment cher (ou c'est moi qui ressemble plus à un touriste que d'habitude?). On remonte la rue et on retrouve le marché aux fleurs et aux oiseaux, on traîne dans les parages, je renonce à acheter des graines. On s'achète à boire, on discute. On regarde 5policiers expérimenter une petite parade pour aller quelque part, c'est amusant à regarder : un petit chef, et 4 apprentis à morphologie très différentes : un grand, un petit-gros, un fin, un petit. Bref, après quelque achats, on prend le bus pour rentrer à l'auberge de jeunesse.
Comme de toute façon demain, YY n'est pas disponible et que Renaud en a très envie ; nous prévoyons de faire une dernière visite à Shilin demain. Mais j'accumule quand même du retard dans mes transcriptions, et j'ai peur de ne jamais m'en sortir niveau traduction.
Cependant, je suis rassurée par la motivation que met Li Shuang à ce travail, elle a commencé à traduire l'entretien avec Li Yuan, et me dit qu'elle « voudrait traduire les entretiens où elle a participer ».
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Mer 13 Avr - 13:10

Mardi 12 avril

« journée pownee »
Malgré un réveil à 7h30, le temps de se préparer, déjeuner, trouver l'arrêt de bus et faire le trajet ; nous arrivons à la station de bus de l'Est de Kunming vers 9h. Le trajet en bus est très long mais ne nous aura couté que 2yuans par personnes ; puis après avoir acheté nos billets de bus pour Shilin, nous avons encore 1h30 de trajet.
C'est Renaud qui me guide, le bus fait un trajet spécial pour la forêt de pierres et même au retour, quand des personnes veulent monter depuis un second arrêt proche de la ville, le bus est plein. Je me demande à nouveau pourquoi ils ne séparent pas les trajets pour touristes des trajets pour locaux. A l'arrivée de nombreuses navettes proposent le trajet pour 35yuans, c'est cher, nous choisissons donc de marcher le long de leur route. Il faut 30min pour arriver à l'entrée. Ce qui est étrange c'est que le trajet fait une boucle et qu'il y a sûrement un moyen de « couper la boucle » facilement. S'il y a un secret il est facile à deviner : une longue route a été aménagée spécialement pour ces navettes qu'il faut payer. On a le sentiment que c'est loin. Vers l'entrée on passe devant un musée qui fait château fort : 120yuans l'entrée, indépendamment du site principal. En regardant les photos on croirait à un pillage de stalagmites exposées au musée ; le choix de ne pas y aller est vite prit. À 175 yuans l'entrée unique à Shilin, les 35 de la navette complète pour revenir aux 200 du pass annuel. Je maudit encore le tourisme, ses pelouses bien arrosées et tondues régulièrement.

C'est donc à midi que nous sommes enfin sur le site, prévenus des tarifs, on mange des bricoles qu'on a acheté la veille avant de commencer la visite. On ne prend pas les navettes mais on marche à nouveau pour se perdre dans ces lapiaz immenses, et unique dit on, de cette taille. On évite les touristes, on se perds un peu, puis on en ressort vers des espaces aménagés et bien tondus où les pierres sont plus espacées. À la fin, on fait un dernier tour en navette -gratuite- avant de rentrer à Kunming. On aura pris 3-4h pour visiter.
Fatigués, le soir, on espère retrouver le restaurant à raviolis du Heilongjiang, mais c'est fermé. On mange donc quelque brochettes et des nouilles sautées dans la rue.


Pendant la journée, je me suis aussi organisée pour les prochains entretiens -je remercie mon père d'avoir mis 100yuans sur ma carte téléphonique, ce qui me permet d'utiliser la 3G de temps en temps-.
Sur 10 volontaires à Damuoyu, 6 veulent bien faire des entretiens. Le souci : ils ne sont disponibles que le 14 à partir de 17h. La bonne nouvelle : l'un d'entre eux parle anglais. Je prévois donc de faire un entretien en anglais avec lui puis choisir un autre volontaire et faire 2entretiens. Ils terminent leur travail ce vendredi et je n'aurais pas d'autre occasion de les voir.

L'autre bémol, c'est que j'ai manqué un événement à H2H, on ne m'avait pas mis au courant.
Un groupe de 4 personnes d'une fondation à Beijing (Ai You Foundation 爱佑慈善基金会) sont venues dans la matinée est ont mangé là bas. YY leur a fait la même présentation des lieux et le powerpoint.

« 小雨 20:08 : Is there is more people who came for visit than living ?
YYY 20:09 : It depends. There will be many teams to live here since June. Esspecially in July.
小雨 20:09 :I've seen that visiting is around 10yuans / people isn't it ?
YYY 20:10 : yes. ¥10 for day visit.
[…]
小雨 20:11 : Maybe this people from fondation were more interesting in h2h ?: /:Smile
Last time i was thinking it was like a day for teachers and their family to go outside of kunming . And maybe they were more interesting in summer camp and quiet place than in social entreprise
YYY 20:17 : last time, it was an activity for teacher of Yunnan University. they really didn't care much about h2h. they just went outside to play and relax. »

« 小雨 20:14 : Which fondation was it ? and do you know how does they know about this place ?
YYY 20:18 : Ai You Foundation 爱佑慈善基金会
YYY 20:20 : they are willing to support heart to heart community care. so they visit different projects of h2h, including our hostel.
YYY 20:21 :the Executive Director of h2h bring them here today.
小雨 20:21 : how many were they ?
YYY 20:23 : just four. and several colleagues of h2h »

J'ai l'impression que les visites sont une part importante de l'activité. J'en profite pour planifier ma visite dimanche, malgré le départ de Renaud le soir. Mais je peux difficilement faire venir un interprète et être là tout le long -de 9h30 à 17h- à cause de ça…

« YYY 20:24 : there will be a meeting here this Sunday, all the colleagues and board of directors of h2h will come here. I wil be extremely busy that day. too many people to serve.
小雨 20:26 : I will do my best to come this sunday !
YYY 20:34 : they will have lunch here. you can just join them ; and they will leave in the afternoon »
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Mer 13 Avr - 13:30


Mercredi 13 avril

Je regrette de ne plus travailler à un rythme régulier ; je prend quelque heures dans la matinée pour finir la transcription de l'entretien avec XiaoHe. Je m'embrouille pour ce qui est des traductions, j'ai peur… Le professeur de français me propose de demander de l'aide à ses étudiants, ce qu'il fait « sur la base de volontariat, mais les choses se savent vite ici et s'ils savent que tu a payé Li Shuang et pas eux, ça sera bizarre ». Je répond que je n'ai toujours pas reçu ma bourse et que tout dépend de ça. Puis Li Shuang m'explique qu'elle préfère qu'on traduise ensemble, je dois prendre du temps avec elle, et je me sens alors gênée d'avoir demandé de l'aide à coté. Je me sens aussi gênée d'avoir décalé mon travail de volontariat à Damuoyu car plutôt que le torchis, je ferais la décoration des dortoirs avec des populations locales tandis que les volontaires seront partis. Faire venir un interprète là bas paraît définitivement compliqué, et je ne sais pas non plus comment faire le 17. Le 17… je regarde les bus pour aller de la campagne à l'ouest de Kunming, à l'aéroport à l'est de kunming : il faudra bien prendre 3h pour le trajet, ou payer très très cher le taxi.

Bref, je ne tiens pas à ma « journée de travail » et je me laisse distraire pour aller au musée des minorités avec Renaud. J'avoue que je ne me sens pas de l'abandonner en pleine ville avec tous les trajets de bus sans qu'il parle chinois. Et puis, ça m'intéresse aussi alors…
J'étais déjà allée dans le coin cet été, le musée est très complet (costumes, instruments, poteries, écriture) sur les « 26 minorités du Yunnan ». Bien que certaines ethnies ont été regroupées dans des mêmes catégories réductrices. À la sortie, on va dans le village proche du « parc des minorités » : encore plus réducteur, puis nous mangeons dans l'endroit le moins cher qu'on aura trouvé, au milieu de toutes ces nouvelles boutiques à touristes. On prend le bus du retour pour rentrer et je rattrape mon retard en compte rendu.
Je dois encore simplifier les guides pour le lendemain ; nouvelle journée de compromis.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Ven 15 Avr - 6:08

Jeudi 14 Avril

On bouge pas mal ce jour là, au matin on quitte l'auberge de jeunesse où les jeunes nous avaient fait un tarif pour une chambre. Les bus nous sont de moins en moins inconnus, on prend le 80 en partance de la gare pour aller chez Fey où on pose nos valises. Petit déjeuner dans la rue pour retrouver les nouilles au tofu, ensuite on prépare les valises : Renaud pour rentrer en France dimanche, et moi pour commencer une semaine de volontariat à Damuoyu le lendemain. On ressort pour faire des courses : des fruits à offrir aux volontaires et à la famille qui prépare le repas et des nouilles en sachet pour me nourrir pendant ma semaine de volontariat. (Oui je sais, c'est pas top, mais c'est pas cher. On aurait pu payer par carte au « wallmart », mais dans le pays de l'argent liquide, on y pense jamais). On prend un repas dans le restaurant Hui en face, les nouilles sont fraîches et la nourriture semble souvent de qualité dans ces endroits, pour un prix similaire.
Nous partons enfin avec une valise, un sac et deux sacs à dos ; bus 153 pour Huangtupo. On attend le C61 un bon moment mais il fini par arriver -cette fois-. C'est un grand car à présent, et le prix est passé de 6 à 8 yuans pour TuanJie. Il ne part pas plein mais nous sommes contents de pouvoir nous poser le temps du trajet. Surtout qu'à l'arrivée, je veux économiser une nouvelle navette et nous marchons 20min avec tous nos sacs jusqu'à l'auberge de jeunesse. Il est 13h quand nous prenons la clef de notre dortoir. Je suis fatiguée et je dors une 20aine de minutes avant de relire mes guides d'entretien pour le soir.

À 3h moins 10 nous partons, à pieds à nouveau jusqu'à la place d'où partent les bus. Le C61 n'est pas encore là et une femme nous aborde pour proposer une navette pour Kunming ; je lui dit qu'on veux aller à Damuoyu et elle nous propose de partir dès maintenant à 15 yuans pour deux.
Je n'ai pas l'adresse exacte du projet « Li Ri » et elle prend un passager sur le bord de la route ; elle nous dépose donc là où TT avait l'habitude de me prendre en voiture. On marche plus de 20 minutes et on arrive avec 30minutes d'avance, comme je voulais.


L'avance prise me permet de voir l'avancée des travaux. Li TingTing m'avait dit « de ne pas prendre de photo parce qu'ils n'aiment pas être pris en photo pendant le travail » et que « je pourrais leur demander leurs propres photos ».
Le travail de rénovation a très vite avancé, les murs sont terminés et ils commencent à refaire le toit. Toutes les vieilles tuiles ont été descendues, et ils sont en train d'ajouter des plaques de bois sur la charpente pour ensuite mettre de nouvelles tuiles. A un endroit, une gouttière a été installée pour récupérer l'eau de pluie. Il y a 7 volontaires, 4filles et 3garçons. Ceux qui travaillent sur le toit, et à ajouter une couche de torchis sur les briques sont des hommes du villages ; ils sont peut être 4. Comme on m'a dit de ne pas déranger le travail, je passe et repasse pour observer, je prend quelque photos discrètes de l'avancée des travaux. Zoé me reconnaît et me fais signe au loin.

A la fin du travail, Lao Liu -le « seul » qui parle anglais- me reconnaît. Il a fait des peintures « de guerre » avec les doigts sur son visage. « comme c'est notre dernière semaine on se détend un peu et on s'amuse » ; il ne sait pas du tout pourquoi ils arrêtent si soudainement alors que ce n'est pas terminé « je ne fais qu'obéir aux ordres, on ne nous a pas donné de raison ».
Tous les volontaires se rejoignent pour aller manger chez une femme qui habite à quelque maisons d'ici. On attend les autres qui mangeront dans la pièce à coté. Je voulais commencer l'entretien avant mais risquant d'être interrompus pour le repas, on prend le temps de discuter, je propose les fruits achetés à Kunming ramené. On discute un peu.
Lao Liu m'explique qu'il a des troubles de l'attention, donc ça sera difficile pour lui de faire l'entretien sans faire de blague ou dévier le sujet ou bien d'être interprète. Mais deux filles parlent un peu anglais.

Parmi les volontaires, un vient de Xi'An et a 24ans -études dans le domaine minier-, une vient de Chengdu -zoé, autour de 30ans-, deux du Hubei une fille de 20ans et un garçon de 24 -projet futur : faire des maisons avec des matériaux traditionnels avec un design et des méthodes modernes-, les deux qui viennent de Guangdong ont (entre 20 et 24ans) -études de journalisme licence-, et Lao Liu (38ans, divorcé) de pékin.
LaoLiu me dit qu'ils ont tous un VPN, surtout lui qui en a un très efficace qui marche avec une méthode de parrainage pour inviter de nouveaux venus ; et qui a le nom d'un personnage légendaire qui mettait de la boue sur ses chaussures pour monter sur les murs. « comme l'ancêtre de la permaculture »
On parle de permaculture, ils me questionnent sur la France ; sur les « écoles de nature » qui se font de plus en plus en Chine pour les enfants de ville pour venir à la campagne. Un peu comme des fermes pédagogiques. Ils sont tous ici via « Permaculture design ». Lao Liu est venu « parce qu'à cause de son handicap il ne peut que travailler de ses mains, il a fait beaucoup de choses. » Un jour un ami lui a parlé de cet endroit et de ce travail, et il est venu.


Le repas dure longtemps, la personne qui nous accueille a préparé un grand repas pour nous accueillir et rajoute tout le temps des plats. On retrouve souvent ce type d'hospitalité chez les minorités, notamment Yi. Au cours du repas j'essaie de relancer constamment la question « qui fait un entretien avec moi » ; chacun semble hésitant.
C'est à la fin du repas que cela se décidera : Lao Liu propose un jeu qui consiste à taper sur ses cuisses et dans ses mains en disant rapidement un nom de légume qui n'a pas été dit. « On fait souvent ce jeu pour prendre des décisions importantes ; bien sûr ce n'est pas une corvée de faire l'entretien ! ». Le jeune homme de Xi'An perdra deux fois, « alors que d'habitude il ne perds jamais ! Donc c'est qu'il veut faire l'entretien » dit Lao Liu en rigolant. Puis il désigne les deux filles qui parlent anglais pour être toutes les deux interprètes. On s'installe dans la salle d'à coté.


L'entretien durera 2h et sera assez laborieux ; mes questions sont profondes et lui demandent de prendre le temps de réfléchir, les deux filles ne l'aident pas du tout à prendre ce temps. A un moment elles rigoleront même de sa réponse, qu'il changera pour elles, mais je perçoit son intérêt dans la première « version ». Elles essaient de faire une traduction simultanée, je ne comprends pas tout parce qu'elles marmonnent, ne finissent pas les phrases, et lui parle tout doucement. Il faut faire avec et l'entretien sera enrichissant malgré tout.

Entretien :
Il a un petit frère et ses parents sont agriculteurs « farm work », « ils sont ouvert d'esprit et lui ont laissé ses choix dans ses études ». Mais il ne savait pas vraiment quoi faire et a choisi d'étudier dans le domaine minier, il a alors « su qu'il ne voulait vraiment pas travailler là dedans ». C'est mauvais pour l'environnement et la mentalité « fausse, ils portent un masque » le mettent mal à l'aise.
Alors après quelque mois de travail, il décide de « faire quelque chose qu'il veut vraiment faire ». il se met à chercher quoi. De part ses parents et « parce qu'il se sent bon dans ce domaine » il choisi l'agriculture et travaille quelque temps dans une ferme de raisin à Xi'An. Il veut un travail où les choses peuvent « aller plus doucement et où il perçoit les vrais problèmes et les vraies priorités ».
Cependant cette expérience de travail lui montrent l'utilisation massive de pesticides et le mensonge sur l'étiquette « bio ». Les patrons payent les médias pour faire une publicité pour leurs produits qui ne sont absolument pas biologiques.
En août dernier il cherche donc à travailler dans des fermes biologiques. Il entend parler de « food forest », de « sustainable life ». En parcourant Weibo il tombe sur le site de Li Ri, il adore les photos et veut s'y rendre, il contacte TT. Mais c'est trop loin de Xi'An.
Alors il commence par être volontaire 7 jours à Chengzhou, puis un demi mois dans le guangxi. Et c'est par hasard qu'il se retrouve à Kunming Li Ri pour ce travail. Il trouve ces petits moments de volontariat de bouche à oreilles, d'un endroit à l'autre, on lui propose de continuer ici. Weechat est très utile pour connaître ces endroits.
À Li Ri il est « learner volonteer », un rang plus élevé ; dans le cadre de « permaculture design ». ça ne lui plait pas vraiment d'avoir ce grade mais il s'y fait.
En arrivant ici il est surpris « je connais cet endroit, je connais ces photos » ! et il réalise qu'il est à Li Ri, où il voulait aller au départ. Ici il se sent bien « feel confortable », il aime le style de vie ; pouvoir rencontrer et échanger avec des personnes qui partagent le même intérêt. Les « relations entre les gens » sont bien ici, contrairement à ses études et la ville où il se rend compte qu'il était avec des personnes « non sincères ». Il a un vrai « feeling about community » parce que les volontaires sont toujours ensemble. Ce n'était pas le cas dans le Guangxi où c'était plus fermé et singulier.
Cela fait 6mois qu'il est volontaire ici. En 2015 ils ont fait tomber la maison et commencé à reconstruire des nouveaux murs. « le travail physique fait qu'il se sent bien ». et le fait de rénover une vieille maison « design old house » lui semble intéressant.

Cependant, concernant la philosophie de « Li Ri », il en sait très peu. Il semble comprendre quelque chose des échanges avec TT mais rien de précis. Ils sont là pour les travaux de la maison et planter quelque plantes près du dortoir, dans le cadre de « Permaculture design », c'est tout. Il n'y a pas vraiment de discussion sur ce projet. Il a cru comprendre qu'elle veut « héberger des gens et proposer des activités ».
Mais dans la « team de permaculture », il se sent dans un endroit « sustainability ». Il y a trois espaces : la montagne, le jardin vers le dortoir pour cultiver (préparé en hiver pour essayer la permaculture) et la maison à rénover.
Pour les projets et le mode de vie de « Li Ri », il voit que TT fait des présentations et en fait la promotion ; il croit comprendre qu'elle veut inviter des familles et leurs enfants comme une « nature school ». « parce qu'il sait que TT est une personne qui veut des enfants ». Mais il a cru comprendre qu'au bout de 10ans de son projet elle pensait partir chercher un autre endroit, et que c'est pour ça qu'elle fait beaucoup participer les populations locales dans la construction pour qu'ils soutiennent eux aussi le projet. « car les volontaires vont partir, et eux vont rester ». mais aussi pour les faire accepter cette nouveauté, et se mélanger avec les volontaires et les citadins venus d'ailleurs.
« L'Entreprise Sociale » selon lui est une bonne chose pour les populations et l'environnement locale. Le concept de « local food » ne peut que être bénéfique, et des personnes venues de villes pourront avoir de l'expérience pour planter des légumes.

Dans le futur il aimerait vivre une « community life », et retourner dans la campagne. Mais peut être pas la campagne de ses parents. Parce que là bas l'air est pollué et le sol est de plus en plus dur.
Il n'est pas forcément en très bons termes avec ses parents, et ne dit pas non plus à ses amis ce qu'il fait. Il est « une personne qui ne dit rien si on ne lui pose pas la question », « si personne ne demande, je ne répond pas ». Mais il a aussi une forme de peur de la réaction des autres ; ou bien une peur de « ne pas être capable de donner une réponse claire et argumentée ». « Les gens pourraient penser qu'il a un manque de volonté ou un manque de responsabilité » dans ses choix.
Ses préoccupations environnementales sont 1) la pollution de l'air 2) la pollution de l'eau 3) le manque de ressources 4) les produits chimiques.
Il a commencé à s'inquiéter en 2012 avec le scandale du lait en poudre pour bébés. Mais aussi la pollution à Pékin lorsqu'il s'y est rendu. Soudain tout le monde mettait des masques. Enfin, en 2015 lorsqu'il a eu cette expérience de travail dans la ferme il s'est rendu compte de la gravité des problèmes lié à l'alimentation, aux plantes, aux OGM. Il me parle de cancers, mais il n'a pas connaissances de problèmes de santé dans son village.
Concernant le futur en lien avec les problèmes environnementaux, il est très inquiet. Car dans sa campagne natale les gens utilisent de plus en plus de pesticides. La pollution de la terre et de l'eau qui est utilisée pour l'agriculture est de plus en plus grave. Tout le monde, même ses parents utilisent des « chemical fertilizers » et pensent que c'est très bien. Ce qui n'aide pas à leur relation car pour lui c'est un « problème sérieux maintenant », mais ils ne veulent pas remettre en question ce mode d'agriculture. Puis il y a le problème des déchets et poubelles jetées partout dans la campagne.
La cause des problèmes environnementaux ? « economical groth ». Selon lui les politiques ne s'intéressent qu'à ça, et il y a beaucoup trop de personnes en Chine. La seconde cause « people's education ».
Pour lui les problèmes environnementaux vont être de pire en pire. Et le genre de communautés et de sollutions apportées par ce type d'entreprise sociale ne changera pas grand-chose parce que soit c'est trop petit, soit « s'ils grandissent, le gouvernement va s'en mêler et avoir une influence néfaste sur le projet ».
Qui doit agir pour l'environnement ? Tout le monde.
S'il se sent directement concerné par les problèmes environnementaux : c'est la pollution de l'air lorsqu'il est derrière les camions « truck dust », et les déchets. Puis la sécurité alimentaire, car la nourriture n'est pas fiable, la production de nourriture de grands problèmes comme la viande, et la manière dont on fait pousser les légumes ».
Alors il veut éviter les villes. Il « achète les choses dont il a vraiment besoin ». Dans le futur il veut « faire sa propre nourriture » ou aller à des endroits où la nourriture est conforme et où il est sur qu'elle soit saine.
Pour lui, si tout le monde fait des petites actions pour apporter des solutions, les choses pourraient s'améliorer. D'abord en achetant bio dans des marchés fiables « trusted marckets », et ensuite si « les gens vont planter leurs propres nourriture »
Il parle de marchés dans les villes qui encouragent l'alimentation biologique. À pékin, à Shanghai, on trouve ce genre de marchés « et aujourd'hui de plus en plus dans les petites villes ». Dans ces endroits les gens peuvent prendre du temps pour manger ensemble de la nourriture bio, ce qui peut créer des changements d'habitudes.
Mais ces marchés sont « peu nombreux et peu connus ». Ceux qui y vont ont souvent des enfants, et ce sont seulement « ceux qui se soucient de la santé et veulent changer les choses en allant dans ces marchés. Cependant cette nourriture est chère. Et les gens ordinaires « ordinary people » sont très très peu nombreux à s'y rendre.

Concernant les médias, il trouve que l'information mais surtout les publicités ne sont pas crédibles. Car il a eu l'expérience de la ferme où il travaillait : ils utilisaient des pesticides alors qu'ils se disaient « biologiques ». à la télévision locale, « buisnesmen gives money for advertizing. » Il trouve la « vérité » dans son expérience personnelle et celle de ses amis. Il ne prend que des légumes de saison, si non c'est forcément mauvais. Il récupère des informations relayées par ses amis, qu'il considère fiable.
Pour lui le travail des ES et des ONG n'est pas suffisant. Il me donne l'exemple de Taobao/Alibaba et des industries locales [qui sont difficilement freinables?].
Pour lui, me « modern lifestyle » touche « chaque petite parties de la vie », les gens ont un travail « répétitif, ennuyeux, et ne se soucient pas des choses. » [care thing?] . Ces gens là « vivent pour les autres et pas pour eux ».

A son niveau, il se sent confiant dans la perception de son propre futur.
D'abord il me dit qu'il aimerait vivre en « autosuffisance dans une communauté », et faire sa propre nourriture. « own fodd suply and other kind of things ».
Mais les filles se moquent de sa réponse et interviennent. IL répond et alors elles me retraduisent cette ersion « il aimerait faire sa propre nourriture pour sa famille, pas vvire dans une communauté ».
En vue de sa première réponse je lui demande s'il connait ce genre d'organisation : il me parle de Nan Bu ShengHuo (life in south) et m'écrit le chinois sur mon carnet de terrain.
Je lui demande si c'est difficile de faire cela selon lui. Il me répond qu'en Chine sûrement parce que c'est nouveau. Mais au japon et à Taiwan des gens le fond. Je lui parle de RenZi à la fin de l'entretien, il est heureux, et me dit qu'il connaît parce qu'ils sont venus à Li Ri pour présenter leur travail, et il a beaucoup aimé. (en octobre?)
Personnellement, pour son propre projet, il pense qu'il pourrait gagner de l'argent en créant des fours à base de matériaux naurel « earth oven », et partager ce savoir faire avec des gens. Donner des cours pour faire du pain dans sa ville natale. Partager [un mode de vie?] « natural & non poluted [?] to people ».

A la fin de l'entretien, je rejoins ceux qui sont restés avec la personne qui nous a accueillie. J'insiste pour lui laisser les fruits, Zoé m'aide pour le « forcing » car la politesse est dans le refus « pas besoin » « si, j'insiste ». Lao Liu nous ramène à l'auberge de jeunesse, je ne peux pas poser de questions pendant qu'il conduit car il a l'air de devoir se concentrer sur la conduite et ne pas pouvoir répondre en anglais en même temps. On le remercie et nous rentrons nous coucher.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Sam 16 Avr - 4:55

Vendredi 15 Avril

« Journée pownee »
Je commence par retranscrire l'entretien fait la veille, la traduction est « simultanée » ce qui rend très difficile la compréhension de ce qui est dit en anglais par la première personne, en anglais par la seconde, et en chinois par l'interviewé. J'organise aussi une rencontre avec deux étudiantes qui se portent volontaires pour traduire en français, on se verra le lendemain à Kunming.

Un peu avant midi, on pars pour le « temple des bambous » qui n'est pas très loin ; cette fois le C61 est un vrai bus, à 5yuans. On paye 5yuans l'entrée, c'est un très vieux temple où on retrouve les « 500 arhats » et leurs étranges expressions du visage. Par erreur, on prend des photos alors que c'est défendu. Le temple est joli, mais mon humeur flache très vite quand on veut prendre un repas, et contrairement aux plats et prix affichés (5yuans), on nous sers pour 16yuans du riz froid et des légumes tièdes.
Puis l'entrée d'un parc dont nous ne savons rien nous coûte 8 yuans, ce parc me laisse une terrible impression ; tout cet espace pris pour que les gens visitent en voiture, viennent manger des barbecue ou photographier des fleurs ; il y a des vieilles attractions presque effrayantes, et je plaint les chinois dont la seule façon de « prendre l'air » et sortir de la vile serait de venir ici…
Troisième visite, une espèce de « projet immobilier de temple » ; je me dit qu'un patron doit avoir beaucoup de choses sur la conscience pour lancer un truc pareil, qui prend toujours autant de place. Les statues sont neuves et sans charme, certains pavés sont encore en construction ; et il y a une statue de guanyin géante au milieu de la place.

On prend le bus jusqu'à Tuanjie, j'ai envie de me débarrasser de ce goût amer que m'ont laissées ces visites. Alors on se perds un peu dans la montagne pour retrouver des vieilles maisons et des champs. La prommenade se termine avec les 20minutes de marche habituelles pour retourner à l'auberge de jeunesse.
Pour ce qui est de Damuoyu, je ferais un entretien dimanche soir, puisque les volontaires aimeraient rester plus longtemps, puis je dormirais là bas pour commencer ma semaine de « volontariat ».
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Sam 16 Avr - 15:44

Samedi 16 avril

« Journée flottante »
Pour ne pas partir trop tôt, je prend le temps de trier les enregistrements et les photos que je laisse à Renaud. Il pourra ainsi les ramener en France et les mettre sur le FTP pour pouvoir les partager. Je jongle entre windows et linux pour parvenir à mes fins, je fais le compte rendu du jour précédent en vitesse, puis nous nous mettons en route vers 10h30 pour Kunming. C'est sans compter le temps de trajet et le mauvais trafic qui nous fait arriver à midi au centre ville.
C'est la dernière journée libre pour Renaud en Chine, car il pars demain soir. Dans la journée, puisqu'il y a la réunion annuelle de H2H, on ne pourra pas se balader. Alors on en profite pour aller au centre ville passer un peu de temps, manger des bricoles, acheter des « pin's Mao » pour Zhao ; puis remonter jusqu'au « café français / lan bai hong » où j'ai rendez vous avec des étudiants qui se sont proposés pour m'aider à traduire les entretiens.

Deux sont en 3ème année de licence et une en 4ème année. On discute de choses et d'autres, je montre des photos de Nantes, et je leur donne des enregistrements (non faits avec Li Shuang) tout en leur expliquant comment il faut procéder pour la traduction. L'une vient du Guangxi et habite dans le même quartier que moi, elle parle très bien français et espère venir en France dans le cadre d'un échange dans une autre université. Elle se propose même de m'accompagner à tuanjie le lendemain.
Nous discutons bien jusqu'à 17h puis nous prenons nos bus respectifs pour rentrer. Renaud et moi rejoignons HuangTuPo, le bus C61 nous ramène à Tuanjie, nous marchons un peu dans la ville à la recherche d'un endroit où manger, à nouveau le restaurant des « nouilles aux chèvres du guizhou » ; j'emporte les restes.

Arrivés à H2H il y a beaucoup de monde : des membres de l'ONG sont venus ce soir pour la réunion du lendemain. Il y a même les enfants que j'avais vu à Li Ri, le petit sors « laji zai nali ? » en cherchant la poubelle, puis n'arrête pas de vouloir communiquer avec moi, j'essaie de répondre autant que je peux. Je dis bonjour à XianHong et Mr Law de loin. Une jeune fille vient me parler en chinois. A vrai dire, je ne sais pas vraiment quoi faire…
Mon terrain me sort de la tête, les limites que j'ai données je n'ose pas les franchir, je ne sais pas comment les franchir. J'entre mal dans mon rôle de sociologue, je suis là parce qu'il y a de l'activité, mais je ne sais plus ce que je cherche. Entre les volontaires qui ne sont pas volontaires, les travailleurs que je ne vois pas. Les entretiens que je ne peux pas improviser. Les questions bêtes que je ne sais pas poser… Je ne sais plus ce que j'étudie.
Ces problèmes de langue, d'incertitude sur ce que j'étudie -population etc- me gênent affreusement et j'aurais envie, dès aujourd'hui de commencer à tout faire pour traduire les 9entretiens déjà fait, les analyser, commencer à rédiger.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Dim 17 Avr - 19:25

Dimanche 17 avril


Dernière journée en Chine pour Renaud, j'aurais aimé que cette journée soit meilleure pour lui. Comme il y a du monde à H2H, du fait de la réunion, l'eau des douches est chaude alors il en profite pour la prendre dès le matin, pour sauver l'eau. En effet, les chauffe-eau solaires sont sur les toits du bâtiment situé en face de celui où se trouvent les sanitaires ; et le temps de faire venir l'eau chaude jusque là bas demande de faire remplir 2 bassines d'eau froide. Ensuite, le petit déjeuner est servi pour tout le monde : du riz à l'eau chauffé et des baozi, pour 10yuans.


La réunion commence à 9h30, le mot de « minorités en faible nombre » revient souvent. Je suis au fond de la pièce à gauche avec 3femmes dont 2portant un voile, et un homme. Dans la salle il y a plus de 35 personnes ; je compte 16 hommes et 23 femmes. 6 personnes ont l'air d'avoir plus de 45ans, et 9 ont l'air d'avoir la 20aine ; il y a aussi 3 enfants de moins de 10ans. Au sujet des enfants, dont les deux que j'ai revu, je me pose des questions car il ne me semble pas voir de parents ; n'importe qui s'occupe d'eux. Je me demande s'ils sont orphelins et soudain je me rappelle une photo que j'ai prise dans le quartier de H2H en 2012, d'une pancarte avec la photo d'un enfant… et si… ?

- 9:40 : la personne qui mène la réunion présente les personnes autour de la table centrale. Ils sont 12 dont 4 femmes. Je reconnaît XianRong, Mr Law, et un homme qui me rappelle celui qui avait fait la présentation de l'atelier en 2012. Il y a aussi un « professeur de l'université du Yunnan » (zhuanyi de laoshi) (+à fauche : « sheshu de huan lianxin ») et une femme « lianxin de tuanjing ». 9h45, XianRong qui est la directrice de l'ONG prend la parole pour présenter le travail de l'année. J'entends aussi parler de Taiwan, Beijing ; de « gongyi fazhan » et du fait que « LianXin est grand », est très « anxin (<3) » , et qu'il « n'y a pas de souci à se faire, car tout le monde, ensemble, peuvent arriver à quelque chose », car « chaque personnes peuvent faire plus qu'une personne seule ».
(2006, débuts ?). à 10h la femme prend la parole, à 10h05 un retardataire arrive ; et les présentations commencent.

La première partie de la réunion à laquelle j'assiste concerne chaque branches de l'ONG dont H2H youth hostel en fait partie. Coco arrives vers 11h pour m'aider à comprendre. Elle me dira « c'est très bizarre les réunions chinoises, car les gens disent toujours des choses vagues sans aller dans le détail. » « ce sont des ONG -filières de Lianxin » qui présentent leurs projets respectifs »

Spoiler:
各位理事监事,议程最新版本,请查收! 云南连心社区照顾服务中心
第四届理事会(2016年度)会议 议程

时 间:2016年4月17日9:30-17:30
地 点:连心国际青年旅舍多功能厅
主 持 人:向荣 兰树记
上午议程安排:
9:30-10:00 签到
10:00-10:10 理事长致辞,介绍会议议程安排
minorités en faible nombre ; « shehui gongzuo » -xianrong interrompt-, « étudiants & professeurs d'universités », « shenti fazhan » « fu nude », “社会公兴企业”
10:10-10:30 机构年度工作报告(报告人:兰树记)
2007-2015, grosse année en 2015. « huangbao + shaoshu mingzu », « she hui gongzou » ; travail sociale dans les villages= projet 2016.
10:15-10:30 机构年度财务报告(报告人:徐瑞)
« Design for life » & « green handcraft workshop », 衣民工工会 – ming gong gonghui, enseignement des bases pour utiliser un ordinateur. (remarques de la femme, réponses, rires). « 2015 : première fois « shaoshu mingzhu craft ».
10:30-11:30 机构各团队的工作报告(报告人:各团队负责人)
“益心团队”, l'année la plus dur en 2015 ; logo en forme de cheval ; 度工作汇汇.
Ils ont des programmes 1) la jeunesse, 2) des organisations gouvernementales 3), aide aux femmes. Et un soutien financier, mais la source n'est pas précisée. Pour aider les minorités en faible nombre. (+budget) , « 2016-2017 : projet de l'organisation// enfants activités extra-scolaires. »
11:30-11:40 机构新年度工作计划汇报(报告人:兰树记)
ONG contre les violences familiales et sexuelles. Service d'aide. 2015: résolu 73cas isolés. 2015 : enquête// violences familaies. Diffusion de « la culture vs violence » via weechat, blog et forum. Et réalisation d'un film. Ils forment aussi des volontaires.
+innovation et coopération avec d'autres ONG, ils se procurent des fonds ensemblent. (//circulation ong).
11:40-12:20 理事及监事反馈
« Ludian Shenxin » ; volontaires// reconstruction après tremblement de terre à HuoDeHong (火德红). L'Ong participe à la reconstruction de maison. Fait aussi des aides 1) services aux enfants : boutiques, aide aux études, camps d'été 2) aux personnes âgées : santé, médecine, 3) favoriser les relations // quartiers. (fe 4 relation //quartiers). + Il y a aussi des réunions de villageois ; favorise l'artisanat local. + installation d'un purificateur d'eau dans le village
Les volontaires sont des étudiants et des personnes d'ong différentes. ; le problème : ils sont peu professionnels, et ils sont peu nombreux.
12:20-12:30 合影留念
YY présente H2H youth hostel. « 旅舍”/ partenariats et activitées avec l'université de Hong Kong. Elle présente l'objectif (DD) « développement durable » (réduire les déchets de construction, réduire les gaz d'échappement(?)). Les revenus : 10100 : fonds reçus, 62390 fonds donnés. (pas plus de précisions).
Les étudiants ayant fait un stage/ été volontaires ici : viennent aussi du Canada, Taiwan, Yushi (suisse?) . L' « ong »/ES a exploité comme projet : ferme écologique : « ouverte à tout le monde pour cultiver des légumes et s'occuper d'animaux de ferme ».
Des questions sont adressées ) Mr Law qui répond par son expérience de carrière, et le choix de ce métier au sein de Lianxin
12:30-13:20 午饭
Projet à tuanjie : la personne qui présente le projet vient d'ici. (J'ai vu l'entrée du local H2H en me promenant à tuanjie) ; elle présente le district et l'économie (principalement minière), et montre des photos du local.
Les liens/soutiens avec H2H youth hostel sont : école primaire/ organisation//enfants et familles/ auberge de jeunesse/ lianxin. L'auberge de jeunesse leur apporte un soutien financier. De leur part, ils communiquent/fournissent sur les volontaires pour l'ONG, les services pour les enfants ; le contrôle et la main d'oeuvre.
(cf photo)
13:30-14:00 参观益食农庄
Services pour les personnes âgées + soin. Y compris les isolés (et enfants)+ visites// maison de retraite. + ateliers artisanat// enfants et camps d'été/ (photo// formation en cas d'incendie)
+ Partenaires : université de HK, l'univ de l'économie du yunnan, l'université de pékin, l'univesité de HK en sciences appliquées.
Projet 2016 : s'étendre et proposer plus de services pour les enfants qui restent seuls avec les grands parents à la campagne tandis que les parents travaillent en ville.

Une visite de la ferme est prévue, Coco est contente de se promener un peu à la campagne, moi je reste un peu avec Renaud. Elle me procure le programme et la liste des partenaires, puis nous mangeons ensemble. En réponse aux bières payées le jour précédent, nous lui payons le repas. On discute un peu de l'europe, du voyage organisé qu'elle va faire dans un mois, de ses projets, des attentats « mes parents ne veulent plus que j'aille en france car la sécurité est mauvaise ». Puis la réunion reprend.

Spoiler:

13:30 résumé du travail des responsables, et groupes sur la formation des volontaires
下午议程安排:
14:20-14:40 理事会年度工作小结
en 2015 : 89 volontaires enregistrés dans cette organisation ; aujourd'hui plus de 1800.
+mode de communication : présentations à l'université + publicité sur leur site web officiel.
La plupart des organisations que j'étudie passent par les universités auxquelles elles communiquent leur « besoin de volontaires ». le travail de volontaire est fréquent en Chine car, d'après coco « l'université en chine c'est comme le paradis, tu as beaucoup de temps libre » et beaucoup d'activités de volontariat sont proposées ; notamment dans le domaine de l'environnement1
En fait : l'université du Yunnan est ici centrale. Les ES et les ONG lui communiquent leurs activités et ce qu'ils recherchent ; l'université du Yunnan est en partenariat avec d'autres universités (pékin etc) qui vont, s'ils sont intéressés par ces organisations, passer par l'université du yunnan pour entrer en contact avec les ONG/es.
14:40-15:00 机构重大事项的审议与决议
(Photo inconvénients ONG) ; statut des organisations sociales= 社会组识 ; (发展支持)
(vidéo// ES)
15:00-16:00 机构战略规划与筹资讨论
organisation : séances de classe// formation (nombreuses) de volontaires. + programmes 1) dans le quartier de sishan, 2) investissement projet= coopération avec le gouvernemnt du quartier 3) évaluation du programme
Selon Coco ouest chine : beaucoup d'ong et d'universités extérieures viennent dans ces régions reculées (tibet, xinjiang, yunnan, guizhou, guangxi) pour les développer.
16:00-16:20 理事会新年度工作规划
fin : plan annuel 2016-2017 : 1) améliorer capacités de l'ong 2) améliorer coopération 3) multiplier les branches des activités. (photo budget, photo fonds) -fondations ?- => dons + revenus+dépenses= budget administratif.
16:20-16:30 会议小结
16:30-17:30 各团队与理事、监事自由交流
17:30-19:00 晚饭
19:30- 返程

Je n'assiste pas à la fin , il n'y a plus de powerpoints et Coco doit rentrer. C'est la réunion spécifique aux organisateurs principaux des branches pour discuter de comment améliorer l'ong en 2016.
On accompagne Coco jusqu'à Tuanjie, puis sur la route deux personnes de H2H s'arrêtent et nous demandent où on va : elles proposent de la poser à HuangTuPo, je suis contente qu'elle puisse économiser un trajet, puis Renaud et moi rentrons à H2H community care.

Partenaires :
Spoiler:
以下团队,每个团队准备5分钟的分享内容,以PPT形式呈现,时间7分钟,让理事监事了解认识各个团队及工作。1、益心团队;
2、明心团队;
3、鲁甸顺心;
4、连心综合团队;
5、连心团结社工站及青旅团队;
6、连心沧源团队;
7、云创团队;
8、西山培育基地;
9、研究培训团队;

La femme dont on a réservé le service pour emmener Renaud à l'aéroport pour 200yuans arrive 20minutes en avance. Elle « ne sais pas combien de temps ça va prendre puisque ça dépend du trafic ». Visiblement Damoyu est sur la route et elle peut me poser gratuitement, je m'interroge quand même car baidumap estimait à 1h10 de trajet depuis l'autoroute qu'on prend avant damoyu. Ce n'est qu'en arrivant là bas, avec mes deux sacs à dos, que je vois sur le wifi que sans l'autoroute le trajet est estimé à 2h. Enfin, Renaud a pris largement de temps ; et en aura même en bonus puisque son avion décollera avec peut être 2h de retard, garantissant le manque de la correspondance. Il est 00h20 lorsque j'écris le CR, et les dernières nouvelles que j'ai demandé sans réponse datent de 22:07/22:55. Son vol international est prévu à 00h20. Autrement dit, maintenant.

J'essaie de calmer mes inquiétudes et je fais un entretien avec LaoLiu, qui parle anglais. Je réalise combien les décisions de « changer de vie » lorsqu'il y en a sont faites bien avant l'entrée dans les entreprises sociales. Être volontaire, travailler gratuitement mais nourri logé, c'est un plan de carrière pour une vie lente et simple. « j'ai déjà eu mes expériences de vie de couple, je veux plus de femme, donc pas d'enfants, donc je n'ai qu'à m'occuper de moi ! ».
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Lun 18 Avr - 18:08

Lundi 18 avril

à 7h30, je ne me fais plus d'illusions sur cette question « d'observation participante » et de volontariat. Je pense qu'encore une fois, les possibilités tombent à l'eau. TingTing n'est pas là, prévoit de venir demain puis finalement, après demain. Les volontaires n'ont « plus rien à faire mais restent ici avant de trouver un nouveau plan ». Alors je reste avec eux à Damoyu en attendant d'y voir plus clair.
J'apprends qu'ils ont appris il y a 2 semaines que leur travail allait se terminer vendredi dernier. Bizarrement, c'est il y a 2 semaines que j'ai demandé de participer. En vue des raisons vagues données, j'ai bien peur que ça soit ma faute. Ça me rappelle l'université du Guangxi qui « ne veut pas avoir d'ennuis en ajoutant des personnes ». Les raisons données par les volontaires sont « Je pense qu'ils sont fatigués, qu'ils veulent changer d'endroit », « ils aiment bien pouvoir tout organiser et travailler de leur coté sans être dérangés ». Cette histoire me paraît d'autant plus bizarre que TT me dit que ces deux semaines il faut se « focaliser sur le bâtiment qui doit être fini en mai » ; alors, pourquoi laisser les volontaires en plan comme ça ? J'aurais du être volontaire pendant 2 semaines à partir du 11 « parce que 2 semaines c'est le minimum », alors pourquoi ils s'arrêtent soudainement le 15 juste avant mon arrivée ? Bref…

Les dortoirs de Li Ri ont leur propres règles : aucune personne n'étant pas volontaire dans le projet ne peux entrer pendant la semaine, on y loge donc à condition d'être volontaire.
On y accède à pieds dans les ruelles du village et on entre par une grande porte en fer comme on en voit souvent dans ces villages Yi/Bai. Il y a une cour intérieure qu'on peut décrire en deux parties : la partie devant la porte a un petit jardin aménagé à gauche en entrant, la seconde partie est un peu en hauteur et donne sur deux dortoirs en face, un lieu de stockage vers l'escalier, une salle où on trouve deux bureaux, et une cuisine. Devant le mur à gauche trône le four construit en 2015 à base de briques, de paille et de torchis ; il fait bien 1,50 mètres carrés. Le « jardin » à gauche est aménagé pour être un peu en hauteur, on s'y promène en marchant sur un chemin pavé. Il n'y a que quelque pousses et la terre est recouverte de feuilles de maïs sèches. À droite de la porte se trouve un autre « jardin » cette fois de gros galets gris posés sur des surfaces en plastiques blanc ; des herbes aromatiques sont plantées et très espacées les unes des autres. Puis à gauche se trouvent les douches.
À l'étage, on trouve encore trois pièces qui sont aussi des dortoirs, puis sur la petite cour à gauche de l'escalier se trouve des toilettes sèches qui ont été aménagées sous forme de toilettes turques. Le trou donne sur une bassine de copeaux qu'il faut ajouter après utilisation, et l'autre partie récolte uniquement l'urine. Au dernier étage se trouvent le chauffe-eau solaire et la réserve d'eau.

Il y a parfois des dessins colorés accompagnés de textes explicatifs pour l'utilisation des toilettes, ranger la vaisselle et les légumes. Il y a aussi un tri sélectif à faire : « s'il y a un embalage comme celui ci, en carton avec une poignée et un film en plastique, il faut retirer la poignée et le film afin de trier les matériaux recyclables ou non ».
Lao Liu ajoute qu'en Chine, seules les bouteilles sont recyclées actuellement, et permettent aux personnes de gagner un peu d'argent en les revendant ; il dit aussi que dans la réalité, en cette fin de volontariat « ils font leur propre poubelle et vont jeter les déchets dans le village ».
Pour la lessive ils utilisent un mélange de sortes de noix qui ont une bonne odeur et font une couleur violet sombre dans l'eau ; ils peuvent l'utiliser aussi pour la vaisselle « quand c'est gras, mais généralement on n'utilise que de l'eau chaude ». Il y a aussi des fibres de luffa qui servent d'éponge.
Il me paraît que l'eau de la machine à laver et des douches est aussi récupérée, tout comme l'urine dont une partie très diluée peut servir à arroser le jardin.


Pendant la journée, LaoLiu emmène en voiture les volontaires dont 3 veulent partir au Laos et doivent déposer leur demande de visa à Kunming, et une veut partir à Dali en train. Il reste les deux jeunes filles qui parlaient un peu anglais, qui partiront se promener en fin de matinée jusque dans l'après midi.
Je suis donc seule, sans nouvelles de mon « volontariat », et j'ai beaucoup à faire. Je commence par relire un chapitre du mémoire de Beatrice, puis je transcrit 30minutes d'entretien, puis je fini l'après midi sur la relecture du mémoire dont j'envoie une première correction au plus vite. Contrairement à tout principe de « mode de vie sain et écologique », je mange des nouilles instantanées tout en travaillant.
Le soir j'essaie de négocier une nouvelle interview mais il est tard vers 21h 4 volontaires regardent une vidéo sur les constructions écologiques « build a strawable house » ; le lendemain matin « on va à Tuanjie acheter des légumes », bah, Li TingTing n'arrivera que le 20, c'est une observation participante de consolation.

Puis je m'informe régulièrement de l'aventure de Renaud, coincé à Canton pour la journée. Il est dans un hôtel non loin de l'aéroport, a une navette de prévue à 19h pour l'emmener, les repas ne sont pas compris -heureusement on a réservé 50yuans au cas où-… Bref, une journée à attendre 00h20 c'est long. D'autant plus long que dans la soirée, une fois la douane passée et dans la salle d'attente, il apprend que son vol est décalé d'une heure : 01h20.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Mar 19 Avr - 19:23

Mardi 19 avril

Malgré la fatigue due à quelque réveils dans la nuit, je suis parmi les premiers levés. Je prend mon café en poudre avec le sucre que j'ai acheté et qui est en libre service dans la cuisine commune. Je reprend la transcription de l'entretien fait jeudi, et je la terminerais dans l'après midi. Mes volontaires s'attaquent aux traductions, et une autre s'est présentée entre temps, elle récupère donc cet enregistrement.
J'aimerais vraiment faire un entretien en chinois avec d'autres volontaires, mais quand j'évoque le sujet on me dit « plus tard » ou on cherche l'interprète potentiel qui sera forcément l'autre. Je suis trop polie / j'ai peur de déranger, pour faire un vrai travail de sociologue. Je laisse faire et je reprend sagement mon travail. Visiblement l'entretien avec l'une des filles parlant anglais « n'est pas possible l'après midi car elles ont prévues de voir le spectacle dans la rue », et LaoLiu n'est « pas disponible le matin parce qu'il faut aller au marché acheter des légumes ».

Je les accompagne au marché : au passage on s'arrête devant une compagnie d'envoi de colis car ils envoient les valises pour Dali à l'auberge de jeunesse où ils logeront. Il n'y a pas assez de place dans la voiture. LaoLiu s'occupe des formalités et je suis les filles jusqu'au marché qui ne vends pas que des légumes lors des « jours dont le chiffre termine par 4 ou 9 ».
Ils achètent des légumes à la même vendeuse à chaque fois : car « on sait que ceux là sont sains ». ils refusent tout sac plastique « c'est une règle de notre communauté ».

Les filles jouent à essayer des chapeaux, des sacs et des lunettes qu'elles achètent ou négocient « c'est pas cher » ! Je trouve enfin des cloches pour chèvres/brebis à 20yuans les 4 grosses. Puis la pluie nous surprends, heureusement lorsque nous sommes dans le marché couvert. Mais la plue est tellement forte que même au centre du préau nous sommes arrosés. Tous les vendeurs abritent leur marchandises sous un tissu. On attends tous la même chose : la fin de la pluie.
Se vendent aussi des broderies faites par les minorités ; des fils à coudre, des chaussures, ou bien des rubans ou pièces qui peuvent contribuer au costume final (dans sa forme moderne et locale).


Au matin, un des volontaires arrose un peu le béton, pendant la journée, certains regardent un livre d'éco-construction tout en discutant. Même si le volontariat est fini, ils restent intéressés et veulent apprendre plus dans le domaine. Dans l'après midi, une partie d'entre nous nous lavons les cheveux avec un mélange de trois herbes -savoir faire local-. (on me donne une autre recette : pouces de patate-douce, citron ou orange, et gingembre ). À table, à 14h, 4personnes parlent d'éco construction. Autre recette pour éviter d'attraper froid à cause de la pluie et de l'humidité : Laoliu prépare une boisson chaude à base de gingembre et de sucre.

J'essaie encore d'avoir quelque informations : « pourquoi vous avez voulu être volontaire ? » « -pour faire quelque chose de mes mains -pour nous amuser -pour être dans un environnement sympa ».
J'apprends aussi que le partenaire de « Permaculture Design » a été créé en 2012 par un américain et sa femme chinoise ; et pour la troisième fois que je demande : « ils sont partis parce qu'ils étaient fatigués de cet endroit, et voulaient gérer le travail dans cet espace. Mais TT ramenne toujours du monde pour faire visiter, même s'ils disaient que ça les dérangeait ».


Le soir, j'insiste pour faire un entretien au moins avec une des deux filles parlant anglais. Mais elle a plus envie de se faire masser ou de dévier le sujet comme elle l'a fait la veille que de faire l'interview. LaoLiu insiste encore pour moi, et nous commençons. Le début pourrait être intéressant, mais vient l'heure de manger, on cuisine, puis je dois lui rappeler que nous n'avons pas terminé. À la fin elle ne dit plus rien, fait des réponses courtes, lit le guide, me demande « next question ». Bref, je suis désespérée.

Vers 22h Coco me demande en urgence un mp3 pour son concours de chant le samedi, je réussi à la sauver en mélangeant vpn/youtube/ftp grâce à des amis. Il est 00h quand j'écris ; Renaud est enfin rentré et a eu le courage d'aller au travail l'après midi. La compagnie « china southtern » a aussi dévié le sujet d'un potentiel dédommagement. Enfin, bon retour chez toi !
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Mer 20 Avr - 19:19

Mercredi 20 avril

Je me lève de plus en plus tôt, j'ai du retard à rattraper en transcription, réflexion, lectures et projets annexes et je ne sais plus comment commencer. Alors je m'attaque à Etika-mondo, j'écris un premier mail brouillon en anglais pour parler des articles que je peux écrire ; même si en vérité je ne sais plus vraiment comment m'y prendre pour cet autre projet.
4 des volontaires partent aujourd'hui en voiture pour Dali, au départ, ils ont prévu 10h, puis ils partiront finalement vers midi pour revenir passer faire un bonjour à TingTing puis repartir. Je prévois de faire deux entretiens avec les volontaires restants, alors je propose à Coco de venir, elle peux aussi venir au dortoir donc elle viendra dans l'après midi pour faire les entretiens le lendemain. Ils partiront au Laos peut être vendredi.


Avant le départ des volontaires de l'espace « dortoir » de Li Ri, il faut prendre le temps de vérifier et de nettoyer les différents systèmes écologiques mis en place.
À l'étage, les caisses contenant le mélange d'excréments et de tiges / feuilles de maïs sont ouvertes afin de les humidifier. Ce genre de compost se fait en une demi année. Il faut arroser légèrement le contenu des caisses toutes les 5 semaines. Il n'y a pas d'odeur et quelque champignons et des insectes qui tuent les œufs des mouches font leur apparition.
En bas, les eaux usées de la cuisine sont filtrées dans une première bassine, puis un système traverse les petits espaces aménagés avec des galets et plantes. Il y a des ouvertures pour voir la manière dont le nettoyage naturel de l'eau usée se fait ; celle ci passe par différents stades pour se diffuser ensuite dans le sol où on trouve d'autres copeaux de tiges et feuilles de maïs où poussent d'autres plantes. Ce système devrait être nettoyé une fois par semaine.

« mais on ne l'a pas fait depuis mars ». Ils enlèvent à la main gantée où à l'aide de bâtons les graisses accrochées au filtre, qu'ils rependent dans l'autre petit espace de copeaux et de plantes. Puis une fois le nettoyage achevé, ils rajoutent une couche de copeaux.


Li TingTing arrive vers 11h, elle prend du temps pour discuter avec les villageois qui travaillent à présent à la rénovation du bâtiment. Une fois les volontaires partis pour Dali, il reste 3 volontaires et moi. Nous rejoignons TT qui nous parle de l'avancée des travaux. Ils ont travaillé très vite, les murs sont à présent couvert d'un torchis rouge ou jaune suivant le moment où il a été posé, et 7 personnes travaillent sur le toit.
Les volontaires partis pour Dali reviennent sous prétexte « d'avoir oublié un verre », en vérité ils viennent dire au revoir à Tingting qui prend le temps de leur parler de son expérience à Guangzhou. Entre TingTing comme meneuse du projet et les volontaires, on ne ressent aucune hiérarchie mais de l'égalité et de l'entraide entre des personnes qui discutent ensemble des difficultés et des moyens de les surmonter.

Lorsque nous rentrons à l'espace « dortoir », je lui pose des questions sur la raison du départ des partenaires.
Spoiler:

« Oui, le plan a changé, parce que les responsables de Permaculture Design ne voulaient pas travailler avec les populations locales. Alors que pour moi, pour mon projet, c'est très important de mettre ensemble les volontaires et les populations locales. Mais je ne pouvais pas. Ils voulaient faire valoir leurs propres règles et leur vision du travail, pour eux le projet c'était leur projet de construction avec leurs volontaires.

Mais tu vois, les volontaires ici sont très bien, ils ont bien travaillé et ont échangé avec les populations locales, ils ont symathisé, comme ceux chez qui tu as fait l'interview jeudi.

Tu sais pourquoi on n'a pas pu faire l'interview ici ? On a du faire l'interview dans la voiture parce que les responsables voulaient que l'espace ici reste privé. Bien sûr on a besoin d'espace privé, mais pour moi ce sont les chambres qui sont un espace privé, ici [la cour, la cuisine, la pièce] ça peut être un espace public pour visiter et échanger.

Je voulais faire participer les populations locales parce que pour moi c'est très important. Je ne veux pas que les choses se fassent de manière fermée et sans échanger avec les populations. Ça ne va pas avec mon idée.

Du coup le plan a changé il y a deux semaines, quand tu voulais venir. Normalement on aurait du continuer jusque début mai, mais ils sont partis et la maison n'est pas terminée. Maintenant, il n'y a plus de volontaires parce que les responsables de Permaculture Design [qui les recrutait] sont partis. Mais ce sont des hommes du village qui vont terminer. Il reste le toit à faire. De toute façon les volontaires ne pourraient pas faire le toit, c'est dangereux. Pour moi c'est très difficile parce que je ne sais pas faire ce genre de travail… On doit toujours s'adapter. Trouver un autre moyen. »

Je pense qu'à sa raison s'ajoute celle des partenaires qui n'étaient pas d'accord sur le fait qu'elle fasse venir du monde pour visiter, et le fait que j'aie moi même voulu venir. Ces trois éléments ont du jouer sur ce départ précipité.
Pas d'observation participante donc, du moins pas sous la forme de volontariat. Mon expérience ici reste enrichissante dans les pratiques données. TingTing pars faire visiter l'espace à deux nouvelles personnes pendant que j'écris un mail faisant part de mes difficultés à ma directrice. Elle me répondra gentiment de ne pas perdre trop d'énergie, que ça arrive, qu'on verra ensemble pour les lectures ; et que je devrais rendre le mémoire le 22 août pour passer la soutenance le 1/2 septembre.


Je passe un après midi tranquille à récolter des éléments pour commencer la partie « concepts » de mon mémoire, puis je sors attendre Coco à l'arrêt de bus. Elle a une « pizza » avec elle, mais c'est en fait un gâteau sucré, elle n'aime pas et nous partageons des nouilles instantanées. Totalement contraire à l'éthique du lieu, je suis une mauvaise ethnologue.
Après que les autres aient mangé, Bobo, un des volontaires nous rejoint pour son entretien qu'on a décidé de faire le soir même. De son parcours peu diplômé, aussi fils de paysans, je réalise combien cette « réappropriation » de sa vie en faisant un choix de retourner à la campagne est possible pour les enfants ayant une famille possédant une terre, alors que les citadins sont obligés de louer comme le fait Li TingTIng.


Le soir, nous marchons un peu dans le village puis nous rentrons nous coucher. Coco dors ici pour continuer les entretiens demain. Mais TT est partie alors que je me rends compte que j'aimerais interroger des villageois, et que j'ai oublié de lui parler d'etika mondo…
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Jeu 21 Avr - 17:21

Jeudi 21 avril

On se lève doucement, au chant des oiseaux. J'ai bien dormi, ça faisait longtemps. Le matin je lui partage et je lui fait écouter des chansons françaises, je suis contente de réentendre Brassens et Barbara. Puis on fait l'entretien avec XiuXiu, c'est très intéressant et ça confirme ce que je pensais vis à vis de la propriété et des possibilités d'avenir. Je suis contente des entretiens puis nous mangeons ensemble.

J'aurais voulu faire un entretien avec une villageoise, mais j'ai été bête -une fois encore-… Car TT me disait qu'elle n'était disponible qu'à 19h car elle travaille dans les champs, puis XiuXiu me dit 20h ce soir. Sauf que pour Coco, ce n'est pas pratique. Et on avait convenu qu'on rentrait, on était en train de plier bagages… Je ne veux pas lui prendre tout son temps, elle a eu la gentillesse de venir pour 2 entretiens.
Pourtant mon erreur est que je n'aurais peut être pas deux fois cette chance d'avoir un étudiant qui vient traduire pour moi dans un coin si perdu de campagne ; et que de toute façon ça se serait fait le soir, et qu'il aurait fallu dormir là bas, et qu'il n'y aura plus personne maintenant.

Enfin, au moins le bilan de la semaine aura été 5 entretiens avec des volontaires, et bientôt 14 entretiens en tout. J'ai des transcriptions en retard, et je pense passer du temps derrière mon pc prochainement.

Coco et moi rentrons donc ensemble, en bus. Je l'accompagne Samedi à son concours de chant. En rentrant, je fais donc ma lessive d'à peu près tous mes vêtements, c'est tellement lourd que la tringle casse… Essorer des jeans lavés à la main, c'est une aventure. Je signale le problème à Fay le soir, ces chinoiseries c'est vraiment des chinoiseries… Puis la douche, que j'attendais depuis longtemps. Puis je me remet au travail, je relis la transcription de Li Shuang qui est toute à la 2nd personne et au passé, je désespère un peu. Ce sont mes états d'âme, je suis satisfaite et confiante, ou désespérée et stressée.

Spoiler:
(15:49:11) Eleis: bon je vais me mettre sous ma couette et commencer le CR
(15:56:06) Eleis: enfin ma couette....
(15:56:27) Eleis: j'avais oublié que j'avais passé 1 mois dans deux duvets x)
(15:58:30) Eleis: avec un wifi qui saute
(15:58:42) Eleis: et avec une prise électique inachevée...
(16:00:06) Eleis: t'aleur j'avais envie de rentrer parce que j'avais besoin d'une douche et de laver mon linge, mais la campagne me manque déjà
(16:00:22) Eleis: puis s'bizarre d'être "pressé de rentrer" quand tu te rends compte que...
(16:00:28) Eleis: c'est pas chez toi que tu rentres
(16:00:48) Eleis: la vie d'expatrié c'est déroutant x)

Il me reste un peu plus d'un mois en Chine, j'ai beaucoup travaillé, je suis fatiguée, j'ai envie de rentrer. Ou d'un vrai café. Bref, je vais me coucher. ^^
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Ven 22 Avr - 19:12

Vendredi 22 avril

Le matin, le soleil et le mari de Fey qui pars au boulot me fait regretter la campagne, le quotidien est revenu. Je vérifie weechat, les mails, je fais mon café sucré, je pose mon pc sur la table, je commence le boulot. Je mange des nouilles instantanées à midi qui me vaudront un mal de ventre le soir -insécurité alimentaire quand tu nous tiens dans nos contradictions profondes-, je passe la matinée à faire toute la transcription de l'entretien avec XiuXiu.

Mes relations de colocations m'étonnent, me dérangent, c'est… Silencieux et triste. C'est « bonjour » le matin, « bonjour » le soir. On ne m'adresse pas la parole, et quand je le fais, c'est bof ; alors j'adopte ce comportement asocial qui ne jouera pas en ma faveur puisque si moi je le vit mal, eux aussi peut être. J'aurais aimé pouvoir progresser en chinois, discuter de choses et d'autres, mais non. Je loue la chambre c'est tout. Je suis un peu déçue.

Au fur et à mesure de la transcription je corrige Coco sur weechat. Elle apprend de nouveaux mots, puis elle me dit que les enregistrements que je lui ai passé ont un problème, alors on se propose de se voir à la terrasse du coin pour travailler ensemble. Comme elle est du même quartier. Ce resto pour étrangers est toujours cher, Coco prend a manger, mais elle dit que ce n'est pas si bon.

Vers 6h, on en a marre de travailler, et je l'accompagne à l'arrêt de bus. Quand je lui propose de payer si ce travail devient trop lourd, elle me regarde avec un air triste voire choqué « mais pourquoi ? On est amies ! ». Décidément c'est pas un bon plan, je l'inviterais elle et son copain manger une pizza.

Je n'ai toujours pas de plan pour Damuoyu et je regrette un peu, j'aimerais finir les entretiens, vite. Au moins en faire 3-4 en plus. Le soir j'ai surtout envie de ne plus penser à tout ça, et je me pose devant un film avant de traîner un peu sur internet. Un ami me partage ce colloque : https://www.univ-rennes2.fr/system/files/UHB/UNITE-RECHERCHE-CIAPHS/prog-chine-env-web.pdf où ma directrice de l'an dernier m'avait proposé de postuler pour participer. Je prend cette occasion pour reprendre contact avec les professeurs de Caen et le petit réseau que j'avais fait mobiliser.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Sam 23 Avr - 18:30

Samedi 23 avril

Je me réveille tôt, et mal, parce qu'un moustique inoffensif mais bruyant a passé la nuit a me narguer. Café, sucre, je m'attaque à mon mémoire et aux concepts, je bricole des phrases. Décidément c'est tout ce que je sais faire plutôt que lire, citer, trouver des choses que je comprend et restituer ce que j'ai cru comprendre. Bref, j'essaie d'avancer un peu.

A 11h je rejoint Coco à son arrêt de bus, on achète des pains sucrés et à la fois trop salés pour le déjeuner et nous prenons le bus pour un campus tout à l'Est de Kunming. Pour le concours de français où je retrouve Chloé, Betty et Saphir, petite troupe d'étudiants en français. Le concours dure de midi jusqu'au soir. Et chacun d'eux a gagné chacun des prix (or, argent, bronze).
D'abord il y avait une épreuve par groupe de deux : l'un voyait à l'écran un mot en français et l'autre devait l'expliquer en chinois pour que son ami le devine sans voir l'écran. Ensuite, une forme de dictée qui consiste à épeler les mots en français dont la première lettre et la définition en chinois sont donnés. Les étudiants qui ne trouvent pas sont peu à peu éliminés, et sur plus de 20 participants, ils étaient les 3 derniers à tenir encore le jeu.

On nous a distribués des tickets pour la cantine, puis la dernière partie du concours était le concours de chant français tant attendu. Certains avaient traduit des chansons chinoises comme Saphir, Chloé a chanté « Coeur de pirate », et Coco « Laisse tomber les filles ».
à la fin du concours, nous prenons un taxi sans réfléchir, même si on voit le 75 qui rentre chez Coco, je choisis de payer le taxi car je ne suis pas sure de trouver ma correspondance pour le 80, on sera aussi plus vite arrivés.

Pour mon organisation, je revois Li Shuang demain pour discuter de la transcription. Et le 27 je retourne à Damoyu avec Coco pour l'entretien avec « Aunt » -une autre-, qui travaille pour Li Ri. Je prévois aussi un entretien avec la femme qui travaille au projet de ferme de H2H ; mais je dois déprogrammer la date du 27 pour la décaler au 28 ou 29 et faire l'entretien avec YY comme interprète, car je ne veux pas trop en demander à Coco qui fait déjà énormément pour moi.
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Lun 25 Avr - 14:59

Dimanche 24 avril

« journée flottante »
Le matin, je fais la transcription de la seconde partie de l’entretien avec Li Yuan. Je n’ai toujours pas de nouvelles si ce n’est que ses problèmes de santé persistent… L’après midi, je rejoins Li Shuang à 15h et je lui donne le reste des enregistrements et des transcriptions.
C’est un peu le bazar dans mes fichiers : je me suis améliorée, je ne fais pas d’extraits d’enregistrement, c’est une catastrophe pour s’y retrouver ; mais je note les minutes à transcrire dans un encadré où il faut mettre la traduction, et en dessous la traduction simultanée sers à mieux connaître le contexte de la discussion.

On discute un peu, elle s’est lancée dans un travail de traduction de médecine chinoise à des étrangers, elle stresse un peu et me dit qu’elle n’aime pas les repas à la Chinoise où il faut respecter les protocoles en même temps elle sait qu’elle doit s’y habituer si elle veut travailler à l’université.
L’université chinoise paraît la même qu’en France : il faut être bien vu, ne pas rendre les directeurs de recherche jaloux, faire le petit travail d’organisation de colloque, recevoir les gens, être en première ligne…

Je rentre encore plus confortée dans ma décision de ne pas faire de thèse, ce mode là me répugne.

Comme je meurs de faim, je marche à la recherche de raviolis, deux restaurants où je veux entrer n’ont personne pour m’accueillir, alors je continue de marcher parce que je ne suis pas avenante. Puis je tombe dans un restaurant de « raviolis à l’eau du heilongjiang », je mange là. Ce n’est qu’après qu’en traduisant un caractère que je ne connaissais pas et précédant le mot « viande » que je comprends que manger des raviolis à « mélanges de viandes » n’est pas une bonne idée. Plus loin je vois un caractère pour l’âne, j’ai peut être mangé de l’âne et d’autres choses ce soir là. Et c’est dans ces moments que je me demandes bien pourquoi je ne suis pas les bons conseils de mes amis dans ces entreprises, et que je ne me met pas au végétalisme. Insécurité alimentaire, et ma contradiction.

J’appelle mon père, qui me propose de venir dans le Guizhou cette semaine ou à partir du 16, je commence à regarder les trajets pour Zunyi. Je pense que j’aurais suffisamment travaillé pour me permettre d’aller le voir. D’ailleurs, d’après Beatrice, ma directrice elle même aurait lancé un jour que « Colette devrait aller voir son père, ça la détendra ». Moi et ma réputation de stressée. Je passe la soirée à repenser au plan de mon mémoire avant d’enfin m’endormir.




Lundi 25 avril

« journée flottante »
Je me lève vers 9h pour commencer la transcription de l’entretien de Bobo, ça me prend l’après midi. j’envoie le fichier à Saphir. L’après midi, je fais la transcription de l’entretien de Zhang Na, que j’envoie à Li Shuang.
Dans la matinée, un changement de programme s’impose : Coco ne peux plus venir m’accompagner le 27. Comme mon père m’avait proposé un voyage dans le Guizhou tous frais payés pour une histoire de figuration, mettre des étrangers parce que ça fait bien pour un événement de développement de tourisme ; je décale aussi l’entretien à H2H pour le lendemain. Comme ça j’ai quelque jours au cas où cette occasion se concrétise.
J’étais un peu stresse de changer de programme, j’essaie de contacter en vitesse mon père par des numéros improbables, puis une fois la situation débloquée, je me détends. Je termine les transcriptions, je bois une boisson chaude dehors, puis je rentre écrire un article pour Etika-mondo et récupérer quelque photos sur le disque dur à Lyon, via le FTP+VPN, y’a pas à dire, c’est très pratique.
Il me reste 4 entretiens en anglais à transcrire, et j’ai hâte de passer à une autre étape de la recherche.

Article Etika : http://www.blog.etikamondo.com/2016/04/25/organisation-ethique-en-chine-comment-exister/
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Mar 26 Avr - 16:19

Mardi 16 avril

Je me réveille fatiguée, je vérifie mon Weechat quand mon père m'appelle pour réserver des billets d'avion pour aller le voir dans le Guizhou. Li TingTing me partage des photos d'une activités d'agriculture parents/enfants qui a eu lieu… hier. Je regrette de ne pas avoir bien fait comprendre que je voulais être au courant et participer aux activités. Alors je dit à mon père que peut être je partirai plus tard si ces activités continuent cette semaine. Tingting m'annonce : hier, aujourd'hui et samedi. Je fais mes affaires en vitesse pour venir aujourd'hui.
Après avoir acheté des bricoles à emporter pour déjeuner j'attends le bus 153 puis C61 qui chacun tardent à arriver, je craque pour une navette à 10yuans pour Damuoyu plutôt que le bus qui n'arrive pas, et j'arrive enfin à 11h.

Li TingTing est avec son mari et la femme aussi appelée « Aunt », c'est elle qui leur loue ce terrain. Ils bêchent le sol tandis que je récolte les plastiques et les racines des récoltes précédentes. Ils utilisent ce genre de plastiques pour humidifier le sol depuis une dizaine d'année. Pour les agriculteurs c'est « plus facile, plus rapide » et « très bon marché ». Gagner du temps sur le travail des champs permet de cumuler une autre activité, un autre travail, et gagner plus d'argent.

À 11h20, Aunt et Li TingTing préparent des tpetits trous dans le sol, dans lesquels ont met 4 graines de maïs (à la moitié du champ, on ajoutera des graines de haricots), puis on rajoutera plus tard de la terre, du composte, et enfin de l'eau. Le but de Li Tingting est d'ainsi donner un exemple aux paysans locaux. C'est la première année qu'elle fait ça, elle va utiliser du compost et si ça fonctionne bien, elle espère que les paysans abandonneront le plastique à l'avenir.
Les graines qu'elle plante sont des vieilles variétés offertes par un ami du Hunan. Elles ont été plantées la première fois chez sa mère à Dali l'année dernière, ce sont donc les graines récupérées à Dali que nous plantons cette seconde année.
En Chine, il n'y a pas de loi contraignante sur les vieilles variétés comme on peut en trouver en Europe ou aux Etats-Unis, mais les familles achètent quand même des graines à usage unique parce que selon elles, récupérer les graines chaque année est une « perte de temps ».

Concernant les familles venues hier et qui reviendront samedi, celles ci viennent une ou deux fois par mois, si fois par an, pendant un an pour étudier tout le processus depuis la préparation du terrain à la récolte. Il y a 14 familles et chaque famille a un champ qu'elles louent 280yuans pour un jour d'activité. Le repas dans le dortoir est compris et c'est Li TingTing qui fournit les outils. Toutes ces familles sont citadines, il y a des enfants de 4-5ans à 8ans. Elles connaissent cet endroit via une coopération entre Li Ri et un « family club ».

à 12h30 nous mangeons avec « Aunt ». Je me demande comment est définie la permaculture, comment les choix des plantations sont faits, et la longueur du chemin qui commence pour parvenir à une véritable permaculture. Est ce que chaque espace est attribué à une activité ou bien est pensé pour ses propriétés ?
J'offre un moule à gâteau pour le dortoir, je l'avais emporté suite à une expérience où ça avait manqué chez A'Bu. Puis Li Tingting me dépose à Tuanjie où elle doit acheter de la « terre rouge » pour finir la façade de la maison en rénovation. Celle ci a beaucoup évoluer, les tuiles sur le toit arrières sont posées.


J'arrive à 14h à H2H, je commence tout de suite l'entretien avec la femme qui travaille au projet de ferme, elle a plus de 60ans et j'ai pensé que son témoignage serait intéressant. L'entretien dure moins de 2h, YY est pressée car ils doivent partir à Kunming dans l'après midi pour fêter son départ -dans une semaine-.
Ça se déroule bien, en fin d'après midi je sens le soleil qui a tapé sur ma tête pendant que je travaillait dans le champ, malgré un chapeau qu'on m'a prêté ensuite. La femme me remercie, je sens qu'elle aurait voulu en dire plus. Elle est contente de partager ces actions et de faire savoir ce qu'il se fait en Chine.

Je fais le début du trajet jusqu'à l'arrêt de bus avec Mr Law, sa femme, YY et Xiaohe et je prend le C61 d'où j'écris par avance mon compte rendu. J’ai la chance d’assister aux premières loges à un blocage obstiné de trafic routier : les voitures de la voie en face se faufilent sur la voie du bus à contre sens pour doubler deux taxis, une voiture passe, le bus avance, une voiture passe, le bus avance, une voiture essaie de passer, ha ? Le bus a avancé. L’homme ne recule pas, il rigole, sort son téléphone, attends. Le chauffeur de bus coupe le moteur. On attends comme ça 5minutes, bloquant toute la route, jusqu’à ce que le chauffeur d’en face cède et se rabatte sur le coté.

J'ai donné des dates hasardeuses à Xuelian, en échangeant des textos en chinois, pour rejoindre mon père : du 27 au 3, car il part le 3 de Chongqing, et j'ai pensé l'accompagner. Je vais donc prendre une semaine dans le Guizhou ; j'ai beaucoup d'entretiens à transcrire, ça m'occupera. J'espère que mes amis iront à bout de leurs traductions. Je manquerais un événement, peut être le seul que j'aurais eu l'occasion de voir à Li Ri… à mon retour, je dois terminer l'entretien avec Li Yuan qui donne peu de nouvelles ; avec le volontaire bavard le 9, et avec « Aunt » de Damuoyu, un jour, avec Coco. Puis je passerais à l'analyse, j'espère, avec les documents traduits.

Le soir, les employés de la compagnie de tourisme jouent avec mon cœur en se trompant sur l’orthographe de mon prénom deux fois pour la réservation, j’attends toujours que ça soit rectifié. Je ne veux pas faire 2h de bus demain pour me faire refouler à l’aéroport… [21:18 c'est ok]
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Re: Terrain 2016

Message  mystheria le Ven 29 Avr - 3:26

Mercredi 27 avril

J'ai peu dormi, j'ai même fait un cauchemar, c'est rare. Après avoir fait ma valise, je prend quelque heures pour commencer la transcription de l'entretien avec Mr Law, qui se révèle très longue mais assez riche.
À 11h40 j'attends le car pour l'aéroport qui ne tarde pas à arriver, j'ai la chance qu'il passe juste à coté de chez moi. En fait, tout un réseau de bus pour l'aéroport est déployé dans la ville. Baidumap a estimé le trajet à 2h, il en faut en fait 1h et quelque. On traverse tout kunming, pendant un temps on prend des passagers debout, qu'on dépose plus loin pour qu'ils prennent un autre bus qui a des places assises. J'arrive donc avec trois heures d'avance. Peu importe, j'ai mon ordinateur et ma transcription à faire.

J'enregistre mon bagage pour Zunyi, beaucoup de passagers semblent venir de Dali, Lijiang, je le reconnaît aux bricoles achetées et accrochées aux cheveux. D'ailleurs, mon vol a pour destination finale Shanghai, Zunyi n'est qu'une étape.
Dans l'avion, je continue d'être surprise par l'impatience et l'absence de discipline chez certains chinois ; si c'est un bien ou un mal, la question n'est pas là. Mais les téléphones restent allumés malgré les rappels, une jeune fille se met à traverser la ligne pendant le décollage, et certains se lèvent à l'atterrissage pour regarder le hublot. L’hôtesse de l'air ne peut pas dire grand-chose, sauf « tante, tu es bien assise ? », « oui oui je suis assise » réponds la femme encore debout.

Lorsque j'arrive enfin à Zunyi, il n'y a personne pour m'attendre. Le chauffeur, un petit homme l'air impatient arrive un peu plus tard. Il m'annonce qu'on attend quelqu'un d'autre. J'attends dans la voiture en continuant ma transcription. Il met la clim et s'obstine à penser que je ne comprend pas le chinois. Quand il me demande si j'ai faim, je dis bêtement que non. En fait c'est lui qui a faim, et moi je ne sais pas qu'on attendra plus d'une heure l'autre passager… Il rentre dans la voiture en vitesse en démarrant et en disant « bon on va manger ». Il me paye un plat de nouilles et en mange deux. Je continue ma transcription.
Puis on revient à l'aéroport, le second passager tarde à se montrer ; puis nous partons. Mon père m'appelle et me demande de tendre le téléphone au chauffeur, ça ne me rassure pas, il conduit déjà vite et je trouve ça dangereux, mais je le fais une première fois. Qianzi lui dit où me déposer, on estime une heure de trajet : il en faudra deux. Je continue de transcrire dans la voiture.
En ville, on récupère des paquets, puis d'autres. Une voiture se gare devant nous et nous bouche la route, on doit alors déménager la vendeuse de fruits à notre gauche pour passer. Puis une nouvelle heure de trajet. Xuelian veut que je donne le téléphone au chauffeur qui continue de conduire vite et de négocier son passage à coup d'appels de phares. Même le chauffeur m'ignore volontairement en me regardant, et je comprends bien que ce n'est vraiment pas approprié de téléphoner alors qu'il est entre les phares et le levier de vitesse.
Bref, je fini par arriver, fatiguée. Qianzi, Lipo, Carlos, Eric et toute l'équipe de spéléos sont là. Mon père aussi bien sûr. Lipo dit à mon père « ta fille t'aime beaucoup, et ton fils préfère sa mère » ; Qianzi s'amuse à dire « c'est ma fille » ; bref, ils ont déjà quelque verres.

Et moi…
Je ne pensais pas que je reviendrais ici un jour. En 2002 c'était mon second voyage en Chine et je m'étais jurée de ne plus revenir, tellement je m'étais ennuyée ici. C'est toujours le même hôtel, qui n'a pas grand-chose d'un hôtel, toujours cette grande salle avec des tables, où on voit des photos d'une partie de la même équipe de spéléo ici aujourd'hui, affichées à droite. Chacun avec le gérant de l'hôtel, mon père, plus jeune.
Il paraît que les chambres sont un peu mieux qu'à l'époque, qu'il y a des douches. Mais moi je suis de l'autre coté de la rue, dans une « extension » de l'hôtel, il y a un wc turc pour une 10aine de chambres. Comme il n'y a pas de douche, on a accès à la piscine et aux sources chaudes… Là aussi rien n'a changé, les mêmes casiers en bois, les mêmes douches collectives, les mêmes bassins de piscines, le même carrelage, la même décoration ; c'est seulement un peu plus moisi qu'avant.

Revenir ici me donne l'impression de boucler quelque chose dans ma vie. Mais c'est encore dur à expliquer. Notamment à Carlos qui s'attriste de quitter la Chine après demain, déjà. Alors que moi j'ai ce sentiment de ne plus être attiré par ce pays. Je lui parle des magouilles des écoles de langues etc. tous les points de vue sont différents ; pour moi, en 14ans, rien n'a changé ; pour d'autres, c'est le contraire.
Comme il n'y a rien, je me brosse les dents dans le caniveau « ici on a l'habitude », puis je me couche dans ma chambre sans cadenas, et j'écris ce compte rendu relativement tard, perdue dans mes pensées.
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mystheria

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